Affichage des articles dont le libellé est Conte. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Conte. Afficher tous les articles

mardi 7 janvier 2014

Juve - Roma : les turinois impériaux

 Plutôt que d'effectuer une chronique du match complète, voici quelques leçons sur le match au sommet de la Série A Dimanche soir entre la "Juve" et la Roma de Rudi Garcia.

Les 2 équipes se présentaient quasiment dans leur onze type. Seul Balzaretti était absent côté Louve. Les 2 équipes offraient aussi leur dispositif habituel : 3-5-2 pour l"équipe de Conte, 4-3-3 pour les visiteurs.


  • La Juve a défendu très bas, à onze. Ce fut peut-être la plus importante des caractéristiques du match. Les 2 latéraux descendirent au niveau des 3 centraux et le duo d'attaque Tevez / Llorente était positionné également très bas : au niveau des 40-45 mètres. Cette caractéristiques a fonctionné au-delà du possible et a été servie par les événements du match.
    • A 1-0, les turinois étaient encore moins incités à effectuer un pressing et descendirent encore plus bas dans leur moitié de terrain
    • la sortie du Pjanic sur blessure fut une catastrophe pour l'équipe de Rudi Garcia : le joueur le mieux à même de créer des décalages dans un petit périmètre fut rapidement mis hors d'état de nuire et dès lors, la Roma fut quasiment incapable de tenter un tir
    Les tacles de la Juve : très bas (source : Foufourtwo)
  • La Roma fut capable de créer le danger pendant environ 20 minutes, notamment via un contre (Ljajic) et via des actions sur le centre du terrain : 
    • Ici, la Roma a prouvé qu'elle était capable de créer sans avoir énormément d'espace via la créativité de Pjanic et la position de 9 1/2 de Totti. Le meneur de jeu romain joua son rôle en décrochant puis en orientant le jeu depuis les 30 mètres et créa 3 occasions pour les siens pendant que Ljajic essayait de plonger au centre.
    • Cette domination de Totti fut permise par la relative faiblesse défensive de Pirlo, incapable de marquer le romain pendant la première demi-heure du match. Ensuite, Totti baissa pied physiquement et Bonucci fut plus à l'aise pour monter sur le capitaine de la Louve.
  • Inversement, au-delà de Totti, qui essaya bien de contrôler le "regista" turinois pendant 20 minutes, la Roma n'avait pas de dispositif anti-Pirlo. Or, TOUS les clubs qui ont réussi face à la Juve ou à l'équipe d'Italie depuis 3 ans ont mis en place un marquage serré du meneur barbu. Limite du 4-3-3, si l'avant-centre est défaillant dans son rôle défensif, personne ne peut assurer le contrôle d'un meneur reculé. 
  • A priori, les romains pouvaient espérer posséder une supériorité sur les ailes (2 contre 1) mais le travail de coulissage des 3 centraux turinois rendit cette supériorité quasiment vaine : à eux 4, les joueurs de couloir romains ont tenté (et incidemment raté) 7 centres.
  • Au contraire, les romains ont semblé dominés sur des actions venant par les ailes, surtout sur les phases arrêtées : 
    • sur le premier but, une action provenant d'une touche, Tevez assura une protection parfaite pour effectuer une remise sur Vidal, excentré.
    • sur le second, Castan lâche Bonucci au marquage (bel appel / contre-appel), sur un coup franc de l'inévitable Pirlo.
    • sur le troisième, enfin, c'est encore un centre qui provoque la main de Castan, toujours lui.
Conclusion : 

Rudi Garcia aura du mal à se remettre de cette défaite. Outre le bilan comptable et humain (2 expulsés, un blessé), cette débâcle a mis en évidence les limites de la Louve : 
  • un banc plus limité que certaines des grosses écuries de Série A. 
  • l'impossibilité de trouver un plan B valable : la sortie de Pjanic pour passer en 4-2-3-1 a révélé une équipe inoffensive. 
  • enfin, face à un mur défensif placé bas, la Roma a semblé désemparée, sans solution au bout de 20 minutes. Il est à parier que d'autres équipes sauront utiliser cette tactique. D'autres désillusions en perspective.
Footballistico

mercredi 30 novembre 2011

Naples v Juventus 3 - 3 : la vieille dame et le chien fou

En termes d'opposition de style, il est difficile de trouver plus dissemblable en série A que Naples et la Juventus, dans le match qui les a opposés, hier, à San Paolo.

  • depuis l'arrivée de Polo Conte et de Pirlo, la "vieille dame" joue de passes orientées depuis le milieu du terrain tandis que Naples joue un jeu plus direct et plus explosif, qui utilise énormément les ailes (340 passes contre 520 mais 74 balles longues contre 43)
  • le dispositif de Naples est immuable (leur 3 - 4 - 3 copyright Mazzari) avec ses 2 joueurs de couloir, qui font la navette le long de la craie alors que la Juve s'adapte à ses adversaires et oscille entre un 4-4-2, un 4-1-4-1, un 4-3-3, un 4-2-3-1 et, donc, hier, un 3-5-2. 
Avec ce dispositif, inédit cette saison, l'idée de Conte était de contrer les joueurs de couloir adverses (hier Maggio et Zuniga) avec leur équivalent en énergie : Lichsteiner (qui est peut-être le meilleur latéral en Série A, actuellement) et Estigarribia. Le problème auquel le coach turinois a été confronté était d'une double nature :
  • d'une part, il copiait à la volée un dispositif pour lequel ses joueurs étaient peu préparés,
  • par ailleurs, les défenseurs turinois étaient 3 face au 3 de devant napolitain (où Pandev remplaçait l'immense Cavani). En outre, Pirlo, le milieu le plus reculé de la juve n'est pas un N°6 au sens Makélélien du terme et il fut à la fois incapable d'apporter de l'appui à ses défenseurs, à la Busquets, ni d'effectuer son rôle de demi défensif.
En revanche, le positionnement des attaquants de la Juve a posé des problèmes à la défense de Naples, qui a eu du mal à s'en dépétrer : Matri était au centre mais Vucinic clairement à droite et les 3 napolitains ont eu tendance à dériver sans cesse vers le côté de Vucinic, laissant leur côté droit grand ouvert.

Avec de tels dispositifs, il était peu probable que le match soit ennuyeux et il fut attrayant au-delà de toutes les plus espérances. Voyons cela :
  • la première mi-temps fut entièrement à l'avantage de Naples : 2 buts et 1 penalty raté. Sur le penalty et le second but, la responsabilité de Pirlo est clairement engagée : il tacle sauvagement Lavezzi sur le pénalty et perd la balle face à Maggio sur le second. Clairement si Pirlo permet d'organiser le jeu de loin et de relancer calmement et proprement la balle, sa faiblesse défensive (à 32 ans) va constituer un problème pour la Juve.
  • à la mi-temps, Conte ne fit aucun changement mais allait positionner Estigarribia un soupçon plus haut et faire redescendre Lichsteiner dans un 4 - 4 - 2. 
Les conséquences étaient rapides : la dérive de la défense napolitaine allait occasionner le premier but de la Juve : Matri s'élançant côté opposé. Sur le 3ème but napolitiain, Maggio centrait sur Pandev en profitant de nouveau positionnement d'Estigarribia...qui se vengeait 5 minutes plus tard, tout seul au second poteau (Maggio n'ayant plus d'énergie pour le suivre).

L'égalisation de la Juventus allait bénéficier à Simone Pepe, l'un des joueurs les plus énergiques de l'équipe, qui profitait de l'avantage que les turinois avaient acquis sur le côté gauche au fil du match...et d'un gros une-deux avec un adversaire.

Conclusion : ceux qui prétendent que la Série A est ennuyeuse depuis que les italiens n'ont plus que 3 représentants en Ligue des Champions seront punis par un exil estival à Manchester : des batailles tactiques épiques, des attaquants de feu (Pandev, Matri), des buts à foison. Que demande le peuple ?

Footabllistico

Qui sommes-nous ?

Footballistico est un club d'amis dont le but est d'apporter un regard original et décalé sur le football. Une lampée de tactique, une pincée d'ironie, un peu d'économie du sport, une dose d'histoire et un glaçon de respect pour le rugby et l'Argentine, secouez et c'est parti pour un blog à la fois populaire et élitiste.

Suivez nous aussi sur Twitter (footballistico)