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lundi 13 avril 2009

Lyon victime du complot du Sud

31ème journée : l'indicible (Lyon pas champion) s'est profilé, l'inconcevable a pris forme de façon évanescente, le fantôme d'un rictus de Jean-Michel Aulas s'est matérialisé l'espace d'un souffle vers 23 H Dimanche soir (12 Avril). Lyon est second et semble mal en point.

Les parisiens ont acheté une Notre Dame de la Garde sous la neige, les marseillais un Sacré Cœur, les toulousains ont acquis une bouteille de Médoc à crédit, les Bordelais ont bu un verre de Gaillac (ils l'ont craché juste après). Bref, en dépit des arguments assénés par footballistico, la dernière journée a laissé une désagréable odeur de fin de règne du côté du Rhône.

Pendant que Marseille mettait sa rossée à des Grenoblois dépassés en seconde période (ça ressemblait presque à un Barça Lyon, dis donc), on a vu une série d'événements proprement incroyables à Gerland :
- aucun membre de l'équipe de Monaco n'est sorti en boite la veille du match. Et, ça, c'est fort. Dépité par la défaite face au Havre, Modesto faisait le guet devant les chambres de ses co-équipiers pour les empêcher de prendre la tangente à "la Traboule".
- Lyon a presque joué en 4-4-2, pour la première fois depuis Alain Perrin. Sauf que Claude Puel ignore totalement ce que représente ce concept. Alors, il a eu du mal à à l'expliquer à ses joueurs, notamment à Ederson
- Frédéric Piquionne a marqué pour la première fois depuis qu'il a quitté Monaco,
- Lyon a perdu la première place pour la première fois depuis le 19 septembre,

On a donc des chances d'entendre davantage Erik Gerets à partir de la saison prochaine que Jean-Michel Aulas. On ne s'en plaindra pas car le Belge gouailleur possède plus de charme que le président Lyonnais engoncé dans sa parano et la défense de son capital. Essayons donc d'anticiper ce que pourrait donner la traduction geretsienne des interventions aulasiennes sur les principaux thèmes du foot (les déclarations d'Aulas sont authentiques, celles de Gerets sont imaginées par notre rédaction).

OL Land / Futur Stade marseillais

Aulas : "Si les travaux sur le site du Montout n’ont pas commencé dans deux ans, année de la Coupe du monde, je quitterai la présidence du club et partirai ailleurs. Et pas tout seul. Si pour des raisons politiques ou politiciennes, il faut mener mon projet ailleurs, je le ferai"

Gerets (à propos de l'hypothétique création d'un nouveau stade à Marseille) : "Ah mais c'est pas possible, ça, monsieur Gaudin , de jouer dans un stade comme ça, avec un vent pareil... On peut pas mettre de "goal". J'ai même dû acheter Brandao pasque Koné, y s'envolait comme un fétu de paille. Alors, venez jouer pour voir".

Météo
Aulas : "Avec ce genre de décision (de faire jouer le match), on transforme un match de football en partie de poker menteur. J'ai fait constater par huissier l'état du terrain avant la rencontre et je demande à être entendu par la commission d'éthique, avec l'arbitre Mr. Derrien et le délégué du match."

Gerets : "bon, on va pas se servir du temps comme escuse, non ? Chez moi, en Flandre, on dit que seuls les chats souffrent de la flotte. Si on n'a pas gagné, c'est qu'on était mauvais, nuls, tous, sauf Zubar. Bon, il a fait une ou 2 mauvaises relances et on prend 2 buts dessus mais on va pas lui en vouloir, hein. C'est toute l'équipe qui doit défendre."

Pronostics :
Aulas : Tous les spécialistes pensent que le Barça est favori et ils ont raison! Tout comme ils ont raison de penser que Bordeaux, l'OM et le PSG pratiquent un meilleur football que nous. Pour en revenir à l'Europe, je préfère offrir à la France un OL-Barcelone plutôt qu'un, laissez-moi réfléchir, un OM-Twente. Je dis ça au hasard..."

Gerets : Allez, tsais, si on joue pas un match pour le gagner, on n'a qu'à rester couché, hein. Alors, moi, je dis qu'on doit mettre 2 "goals" à Donietsk, sinon, je transfère Taïwo et Ben Arfa à Gend. Là, ils vont voir les entraînements durs, ce que c'est.

Arbitrage :
Aulas : (à propos d'un crachat de Kalström, qui lui vaut une explusion) "On ne peut pas arbitrer à ce niveau là et ne pas connaître la personnalité des joueurs. Il y a des réactions étonnantes".

Gerets : "L'arbitre, je lui ai dit à la fin du match, allez tu t'es trompé c'est pas si grave, hein. La prochaine fois avant de siffler un penalty, tu viens prendre une bière à la maison".

Concurrence :
Aulas : "Lyon est là où il est parce qu’il a fait les investissements et bien travaillé depuis 20 ans. Il ne faut pas que la médiocrité se regroupe pour essayer de pénaliser les gens qui font bien leur travail."

Gerets : "Je lui ai dit à Laurent Blanc et à Paul Le Guen, allez, vous cachez pas derrière votre petit doigt, faut avoir la courage de ses ambitions, hein. Nous, on veut être champion paskon attend depuis trop longtemps et que si jamais on ne l'est pas, je me retrouve à entraîner l'équipe nationale de Belgique et ça, je veux pas, hein".

Bon courage, Erik, mets des "goals", continue de tancer Taïwo quand il marque 2 buts et n'oublie pas de brûler quelques cierges avant Bordeaux - Lyon, Lyon - PSG et Toulouse - Lyon.

mardi 13 novembre 2007

14ème journée : l’OM, ce mystère

Pour ceux qui n’ont pas la chance de vivre à Marseille, les prestations de l’OM, vues à la télé, se résument à peu de matches : Porto (2 fois), Liverpool et donc Lyon, dimanche soir. Pour ceux là, un regard en contreplongée vers le classement de la L1 a dû les immerger dans des abîmes de perplexité : soit la L1 est devenu le meilleur championnat du monde pour que l’OM s’y retrouve à osciller entre 17 et 19ème place, soit l’équipe phocéenne est une bande d’ectoplasmes qui retrouve vie et football lors des grands rendez-vous (les nuits de pleine lune ou d’halloween). La première hypothèse étant infirmée par les brillantes performances de Rennes et Toulouse face à des cadors norvégeo-tchéques la semaine dernière, il nous reste la seconde. Que peut-il vraiment se passer pour que cette équipe passe en une semaine d’un bloc compact (comme dirait Eric Gerets) avant de s’auto-mutiler face à Sochaux dans un mélange joyeux d’autogols et de pénaltys loupés ? Certes, l’OM nous a déjà habitués à des alternances contrastées au cours d’une même saison, souvent brillants en coupe, parfois décevants en championnat mais là, on atteint une dimension jamais égalée. Les analystes rationnels de footballistico ont beau y perdre leur latin, ils doivent une tentative d’explication à leurs lecteurs. Nous avons ci-dessous énuméré 3 motifs possibles : à vous de choisir.

- Contrairement à une légende bien ancrée, les couleurs de l’OM ne sont pas le ciel et blanc mais bien le noir et blanc, couleurs à la fois complémentaires et opposées telles qu’on les retrouve dans le yin et le yang, Cissé et Nasri. Unité donc (Taïwo joue avec Rodriguez, Zubar avec Givet) mais dualisme (Taïwo joue plus mal que Bonnard, Mandanda mieux que Cheyrou). L’OM porte cette opposition traditionnelle au plus haut, le noir peut ainsi être alternativement bon (Niang) et mauvais (Cissé) comme le blanc (Cana - Cheyrou), rendant ainsi illusoire une quelconque analyse ou une répartition des rôles lune/féminin/défaite, soleil/masculin/victoire. Cette opposition se retrouve au sommet entre Pape Diouf en charge du secteur sportif et Thierry de la Brosse qui endosse la responsabilité du marketing et du financier (plutôt risqué comme job à l’OM) et qui se mettent des peignées en coulisses. Alternativement éclipsé par ses plus médiocres adversaires ou éclatant devant les cadors de la scène européenne, l’OM possède donc une nature Tao post-moderne. Et nous qui croyions que la Ligue 1 était un spectacle médiocre joué par des buses (comme le dit Canal+) !
- Gerets tente de reproduire la dualité de la Belgique par les performances du terrain. Issu d’un pays double, Gerets en est le digne symbole (flamand de naissance mais wallon, le Standard de Liège, d’adoption) et cherche à reproduire sur le terrain les antagonismes que connaît actuellement le royaume entre néerlandophones et francophones. Il y a donc un OM Wallon et un OM Flamand, sans que l’on sache bien quel OM va jouer lors du prochain match ni d’ailleurs qui a joué lors du dernier.
- A l’OM, les bons joueurs sont les rebuts : les joueurs recrutés cheap pour faire office de bouche-trou (Mandanda, Bonnard), les jeun’s issus du centre de formation (Ayew et surtout Valbuena) ou les anciens parisiens (Cana, Mbami) + Niang. Au début forcément, ça surprend, Emon ne s’y est jamais fait, lui, pauvre garçon qui persistait à titulariser Cissé, Zenden et Nasri. Eric Gerets, en dépit de toute son expérience commence juste à y voir clair : laisser enfin les joueurs coûteux en tribune ou à la limite sur le banc s’ils se tiennent bien sages en encourageant leurs camarades. Ce n’est qu’à ce prix, que l’OM, avec une équipe type de hasard, qui symbolise tout ce que Paul Le Guen voudrait réussir au PSG, pourra gagner cette saison. Une saison de transition (comme toutes les précédentes) à n'en pas douter.

Et ce n’est pas le moindre paradoxe que cette équipe, que l'on souhaiterait haïr, à cause des turpitudes de ses dirigeants, de ses coups bas et du mistral qui souffle sur son stade mais que l’on se surprend parfois à aimer pour la seule chose qui compte, son football.

Aristotelicien

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