mardi 13 novembre 2007

14ème journée : l’OM, ce mystère

Pour ceux qui n’ont pas la chance de vivre à Marseille, les prestations de l’OM, vues à la télé, se résument à peu de matches : Porto (2 fois), Liverpool et donc Lyon, dimanche soir. Pour ceux là, un regard en contreplongée vers le classement de la L1 a dû les immerger dans des abîmes de perplexité : soit la L1 est devenu le meilleur championnat du monde pour que l’OM s’y retrouve à osciller entre 17 et 19ème place, soit l’équipe phocéenne est une bande d’ectoplasmes qui retrouve vie et football lors des grands rendez-vous (les nuits de pleine lune ou d’halloween). La première hypothèse étant infirmée par les brillantes performances de Rennes et Toulouse face à des cadors norvégeo-tchéques la semaine dernière, il nous reste la seconde. Que peut-il vraiment se passer pour que cette équipe passe en une semaine d’un bloc compact (comme dirait Eric Gerets) avant de s’auto-mutiler face à Sochaux dans un mélange joyeux d’autogols et de pénaltys loupés ? Certes, l’OM nous a déjà habitués à des alternances contrastées au cours d’une même saison, souvent brillants en coupe, parfois décevants en championnat mais là, on atteint une dimension jamais égalée. Les analystes rationnels de footballistico ont beau y perdre leur latin, ils doivent une tentative d’explication à leurs lecteurs. Nous avons ci-dessous énuméré 3 motifs possibles : à vous de choisir.

- Contrairement à une légende bien ancrée, les couleurs de l’OM ne sont pas le ciel et blanc mais bien le noir et blanc, couleurs à la fois complémentaires et opposées telles qu’on les retrouve dans le yin et le yang, Cissé et Nasri. Unité donc (Taïwo joue avec Rodriguez, Zubar avec Givet) mais dualisme (Taïwo joue plus mal que Bonnard, Mandanda mieux que Cheyrou). L’OM porte cette opposition traditionnelle au plus haut, le noir peut ainsi être alternativement bon (Niang) et mauvais (Cissé) comme le blanc (Cana - Cheyrou), rendant ainsi illusoire une quelconque analyse ou une répartition des rôles lune/féminin/défaite, soleil/masculin/victoire. Cette opposition se retrouve au sommet entre Pape Diouf en charge du secteur sportif et Thierry de la Brosse qui endosse la responsabilité du marketing et du financier (plutôt risqué comme job à l’OM) et qui se mettent des peignées en coulisses. Alternativement éclipsé par ses plus médiocres adversaires ou éclatant devant les cadors de la scène européenne, l’OM possède donc une nature Tao post-moderne. Et nous qui croyions que la Ligue 1 était un spectacle médiocre joué par des buses (comme le dit Canal+) !
- Gerets tente de reproduire la dualité de la Belgique par les performances du terrain. Issu d’un pays double, Gerets en est le digne symbole (flamand de naissance mais wallon, le Standard de Liège, d’adoption) et cherche à reproduire sur le terrain les antagonismes que connaît actuellement le royaume entre néerlandophones et francophones. Il y a donc un OM Wallon et un OM Flamand, sans que l’on sache bien quel OM va jouer lors du prochain match ni d’ailleurs qui a joué lors du dernier.
- A l’OM, les bons joueurs sont les rebuts : les joueurs recrutés cheap pour faire office de bouche-trou (Mandanda, Bonnard), les jeun’s issus du centre de formation (Ayew et surtout Valbuena) ou les anciens parisiens (Cana, Mbami) + Niang. Au début forcément, ça surprend, Emon ne s’y est jamais fait, lui, pauvre garçon qui persistait à titulariser Cissé, Zenden et Nasri. Eric Gerets, en dépit de toute son expérience commence juste à y voir clair : laisser enfin les joueurs coûteux en tribune ou à la limite sur le banc s’ils se tiennent bien sages en encourageant leurs camarades. Ce n’est qu’à ce prix, que l’OM, avec une équipe type de hasard, qui symbolise tout ce que Paul Le Guen voudrait réussir au PSG, pourra gagner cette saison. Une saison de transition (comme toutes les précédentes) à n'en pas douter.

Et ce n’est pas le moindre paradoxe que cette équipe, que l'on souhaiterait haïr, à cause des turpitudes de ses dirigeants, de ses coups bas et du mistral qui souffle sur son stade mais que l’on se surprend parfois à aimer pour la seule chose qui compte, son football.

Aristotelicien

lundi 29 octobre 2007

PSG : les 3 erreurs de Paul Le Guen

Après 2 parties pénibles au Parc face à Rennes (1-3) et Lyon (2-3) , il est légitime de se demander si Paul Le Guen est bien l’homme de la situation. Pourtant, le breton partait avec une série d’a priori favorables longue comme le bras : ancien joueur des années de gloire du PSG, sauveur d’une équipe en perdition l’année dernière et vainqueur de titres avec l’OL, Le Guen a le C.V qui claque.

Malheureusement, même si avec ce genre d’homme notre patience (et celle des supporters du Parc) est infinie, on doit bien admettre que dans son recrutement et sa gestion des hommes, Le Guen a commis des erreurs, qui ont été aggravée par une gestion financière étrange.

Erreur N°1 : Une politique de dégraissage curieuse. Certes, il fallait dégraisser mais était-il opportun de le clamer sur tous les toits et de mettre les différents joueurs aux enchères. Les joueurs partis correspondaient à un profil-type, les « joueurs pas trop mauvais et pas trop chers » (Cissé, Rozenhal). Les joueurs « mauvais » (à Paris, c'est-à-dire 80% des joueurs de l’effectif)) ou trop vieux ou trop chers ont été bradés (Hellebuyck, Bueno, Rodriguez) ou, pire, sont restés. La machine a failli s’emballer en fin de période quand les vrais bons joueurs (Rothen, Armand) on failli prendre le TGV pour Lyon. Mais Paris les a retenu : à quel prix. Dès lors, il est permis de se demander si l’objectif de qualité au moins égale à coût inférieur a bien été atteint.

Erreur N°2 : un Jeunisme risqué : entre les entrées d’Arnaud à Lens alors que tout le monde attendait Pauleta et le capitanat de Sakho, on a compris que la chance d’être titularisé était inversement proportionnelle à l’âge. Tout cela est bel et bon mais s’il suffisait de titulariser les jeunes pousses pour tout gagner, le Barça, M.U et l’Inter auraient déjà recruté Ngoyyi. Donc, soit le PSG dispose dans son écurie d’une sacrée bande de petits Messi ou sinon…Et puis, Pauleta (avec qui l’entraîneur n’a « aucun problème ») qui score face à l'OL pour rappeler que les cheveux blancs, ça a encore du bon.

Erreur N°3 : une rotation accélérée de tout…Visiblement Paul Le Guen cherche sa formule. C’est un euphémisme. Au PSG, on a 3 couches de joueurs : les anciens (Yepes, Pauleta, Armand, Landreau), les Paulistes, arrivés avec le nouvel entraîneur (Clément, Digard, Luyindula, Bourillon) et les ptits jeunes (Arnaud, Sankharé, Sakho, N’Gog). En termes de compo, on a eu 3 tendances successives : vieux + paulistes, paulistes + jeunes et la dernière jeunes + vieux (Rothen + Pauleta + Sakho + Sankaré + Yepes). En termes de tactique, pas de dispositif très défini non plus : on a commencé en 4-3-3, avant d’enchaîner sur un bon vieux 4-4-2. La dernière tendance au fixing s’appelle un 4-3-1-2, le 1 (le support aux attaquants), étant occupé alternativement par 2 joueurs. Une tournante, en fait.

Le résultat de tout cela, ce sont 26 joueurs (à moins que depuis hier, Paul ait fait signer son premier contrat pro à un gosse de 15 ans, qu’il pense titulariser à la place de Landreau) assez perdus, qui ne savent pas s’ils ont la confiance de leur entraîneur, à quel poste ils joueront, ni avec quel partenaire. Or, le foot, ce n’est pas que de l’envie et de l’enthousiasme, c’est aussi de la complicité et des automatismes.

Bref, soit Paul finit par trouver la bonne mayonnaise entre briscards motivés et jeunes surdoués et le PSG finit en trombe (1-2% de chance) et c’est un génie, soit ça finit vraiment mal et ça fera encore une saison longue et pénible…

Aristotelicien

mardi 2 octobre 2007

A la niche, le Lyon !

Certes, on pourra dire que l’équipe de footballistico possède un biais anti-Aulas marqué. Qu’elle mange du Rhône-Alpin à tous ses petits déjeuners. Que poursuivis dans les traboules en étant jeunes, ils ont nourris une haine partagée pour tout ce qui venait de la capitale des Gaules y compris son football. Pourtant, les faits sont là, cruels. Comme l’année dernière, quand Lyon se baladait en tête du championnat et se faisait battre par la Roma, la défaite ce soir correspond à bien à une humiliation. Rien à voir avec une défaite de l’équipe de France 0-1 sur un coup de dés. Lyon a été dominé, archi-battu, atomisé. Et voila nos Lyonnais avec 6 buts dans leurs valises, dernier de leur poule de Ligue des Champions au moment même où ils viennent de rejoindre Nancy en tête de la glorieuse Ligue 1.

La première défaite de Lyon, face à un Messi en « état de grâce » était excusable, d’autant plus que Perrin, fidèle à une tactique déjà éprouvée avec l’OM face au Real, apprécie les dispositions tactiques totalement inconnues de ses joueurs dans un grand stade (Camp Nou, en l’occurrence) histoire de les perdre un peu. Mais la gifle face aux Rangers va laisser des traces. De ce soir, on peut en déduire plusieurs choses :
- Lyon ne gagnera pas la Ligue des Champions cette année (mais cela footballistico le pronostiquait dès l’année dernière),
- Houllier était génial après tout,
- Perrin a atteint son seuil d’incompétence en Coupe de la Ligue (c’est toujours mieux que Hantz)
- La crise du subfoot : l’OL va se faire chahuter en bourse.

Pendant ce temps, Albert Emon, lui, gagnait face au Besiktas. Honneur à lui, nous ne t’oublierons pas, Albert. Bonne chance à l’OM demain à Anfield, on ne parierait pas grand-chose sur eux, mais sur l’OL, c’est sûr, la moindre cacahuète serait de trop.

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Footballistico est un club d'amis dont le but est d'apporter un regard original et décalé sur le football. Une lampée de tactique, une pincée d'ironie, un peu d'économie du sport, une dose d'histoire et un glaçon de respect pour le rugby et l'Argentine, secouez et c'est parti pour un blog à la fois populaire et élitiste.

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