Apparemment, l'annonce de la mort du football italien était grandement exagérée. Après Naples qui a sorti Manchester City pendant la phase de poules, le Milan AC a écrasé Arsenal hier à San Siro. 4 - 0, c'est irrattrapable. Au-delà des explications convenues de typer "nous n'avons pas été bons", cette chronique vise à expliquer d'un point de vue tactique le rouste prise par les gunners et d'en explorer les conséquences.
A priori, le 4 - 4 - 2 diamant du Milan possède une force et 2 faiblesses :
- une capacité à dominer le milieu du terrain (4 vs 3),
- une faiblesse sur les ailes, où Arsenal pouvait facilement se retrouver en 2 contre 1,
- une dépendance plus grande d'un seul joueur, la tête du diamant (ou le "tetraquista"), Kevin-Prince Boateng pour l'animation offensive.
Malheureusement, Arsenal n'a pas su exploiter les faiblesses ni la force du Milan. En voici, selon nous les raisons.
1 - Des latéraux (Sagna et Gibbs) à court de compétition, incapable de porter le danger sur les côtés. Ce fut particulièrement atroce à gauche (Gibbs / Rosicky), 1 centre à eux 2 hier soir !
2 - Un ailier (Rosicky) qui repique vers le centre. Corollaire du point précédent, Rosicky a plutôt tenté d'envahir la zone centrale. Malheureusement, même si le tchèque est un bon joueur et qu'il a eu une occasion de remettre les londoniens dans le match (stoppé irrégulièrement par Mexès), il a plutôt fait le bonheur de Nocerino et Van Bommel en s'enférant dans le milieu milanais ou en jouant derrière.
3 - Un tetraquista, utilisé plutôt comme un troisième attaquant perforant. Boateng est un 10 atypique : plutôt qu'un joueur brillant, c'est quasiment un attaquant, rapide, bon frappeur mais qui manque d'une excellente vision du jeu. Milan s'en sert plutôt comme d'un perforateur qui va, par ses courses, créer le surnombre dans la défense adverse. Le jeu milanais s’organise plutôt de derrière par Nocerino, Emanuelson ou, plus étonnant, Silva (cf. point suivant). Hier, bingo, Boateng s'est enfoncé dans la défense et a marqué le premier but.
4 - La performance des joueurs de derrière. Thiago Silva, 10 passes longes réussies sur 10, et de Van Bommel (91% de réussite dans ses passes, 6 passes longues sur 8). Milan a organisé ses relances, longues et courtes autour de ses 2 joueurs, très peu inquiétés par les gunners, peu présent au pressing dans cette zone (Van Persie, Ramsey).
5 - le mouvement d'Ibrahimovic. Le suédois n'est pas seulement un attaquant exceptionnel : c'est devenu un passeur hors pair. Hier, il s'est enfoncé sur le côté gauche pour délivrer un centre exceptionnel, en pleine course, sur la tête de Robinho puis a dézoné pour donner au même Robinho, juste devant la surface. La défense d'Arsenal n'a jamais su comment le gérer : lui coller un défenseur central ? Mettre Arteta ou Song ? Sans dispositif anti-Ibra, difficile de gagner face au Milan.
6 - L'isolement de Van Persie. C'est dommage mais en dépit des incursions de Rosicky. Van persie est resté isolé pendant toute la première période. Ni Walcott, très excentré mais sans support de son latéral, ni Ramsey, ni Arteta n'ont pu lui apporter un soutien. L'entrée en jeu d'Henry améliora un peu la situation et Arsenal eut plus d'occasions. Malheureusement, le club londonien se déplumait un peu derrière et le payait très vite (Robinho, 49ème).
Conclusion : les loups et les agneaux, les ogres et les enfants, etc. Toutes les métaphores sont bonnes pour désigner la supériorité écrasante du club milanais, en terme tactique, physique et même technique. Arsenal a dominé la possession mais n'en a rien fait (5 tirs à 16). Il est donc temps pour Arsène Wenger de rejoindre l'équipe de France. A voir les performances de son club depuis cette année, pas sûr que cela soit une si bonne idée.
Footballistico
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jeudi 16 février 2012
dimanche 25 décembre 2011
Ancelotti au PSG : pour faire quoi ?
Si le départ d'Antoine Koumbouaré peut choquer, après les 3 points ramenés par Sirigu de Saint-Etienne, qui sacrait le PSG du titre de champion d'automne, il n'a pas dû surprendre le lecteurs de Footballistico, qui annonçait son départ après la défaite à Marseille. Un nom pas assez clinquant, un jeu pas assez brillant, un joueur vedette qui étale ses états d'âme, plus l'élimination en Europa League. Face à cela, le bon bilan d'"AK" en championnat n'a pas pesé lourd. L'objectif de ce billet n'est pas de disserter sur l'"injustice" qui a frappé le coach kanak mais plutôt d'anticiper le jeu que proposera le PSG version Ancelotti.
Tout d'abord, le technicien italien est sans doute le meilleur entraîneur disponible sur le marché actuellement. Sans doute moins minutieux que Mourinho, moins innovant que Pep Guardiola, il dispose cependant d'un bilan impressionnant et il a gagné des titres quasiment partout où il est passé.
Ancelotti a été biberonné par Arrigho Sacchi, lors de la coupe du monde 1994 pendant laquelle l'Italie s'inclinera en finale face au Brésil. Autant dire que l'entraîneur adjoint de la "Nazionale" fut un adepte du 4-4-2 à plat, avec des lignes rapprochées et un pressing intense. Les premières équipes de club qu'il coacha (Reggiana, Parme) portent cette marque, avec un succès certain. Mais, Ancelotti s'aperçut vite que ce système avait un défaut : certains des meilleurs joueurs de l'époque (Baggio, Zidane) ne s'adaptaient pas à ce système : pas vraiment ailier, pas réellement attaquant, ils ne rentraient pas dans les cases du 4-4-2. Ancelotti adaptera son système grâce à Zidane, qu'il trouve à la Juve en 1999, en succédant à Marcelo Lippi. Cette période de 2 ans et demi sera toutefois mi-figue, mi-raisin. La juve finit 2 fois deuxième de Série A et ne gagne pas la ligue des champions Ancelotti gagnera ensuite le Milan AC, où il connaîtra ses plus grandes réussites.
En effet, le Milan AC de l'ère Ancelotti est sans doute l'une des plus grandes équipes de l'histoire récente : elle remportera 2 ligues des champions (2003 - 2007), perdra la fameuse finale de 2005 face à Liverpool, et empochera 1 scudetto et ce, malgré la rétrogradation due à l'affaire des matches truqués en 2006.
Pendant sa première saison complète à Milan (2002 - 2003). Ancelotti met en place un système innovant où Pirlo, protégé par Gattuso oriente le jeu depuis une position assez basse. Plus haut, l'animation offensive et assuré par Seedorf et Rui Costa. Les 2 attaquants sont le rapide Chevchenko et le finisseur Inzaghi. L'équipe qui pratique un 4-3-1-2 est brillante, offensive et comprend 3 milieux créateurs, une espèce qu'Ancelotti apprécie particulièrement. L'arrivée du jeune Kaka, pour la saison 2004 et la blessure d'Inzaghi allait modifier le système, qui allait passer en 4-3-2-1 (un "sapin de Noël"), Kaka prenant numériquement la place du buteur transalpin. Le milan devient plus central, plus créatif mais plus fragile. La défaite face à Liverpool après avoir mené 3 à 0 ne serait peut-être pas arrivée à un Milan plus défensif. Confronté à cette situation, Ancelotti va encore évoluer : en intégrant Ambrosini et en poussant Seedorf plus haut (à la place de Rui Costa), il donna une touche plus solide à son équipe, qui allait encore gagner une ligue des champions en 2007. Mais l'équipe est cette fois en bout de cycle. Et c'est l'un des défauts d'Ancelotti : admiratif de ses joueurs, il a du mal à les remplacer lorsque ceux-ci vieillissent. Il accompagne donc le déclin après l'avoir ingénieusement retardé.
A Chelsea, Ancelotti accomplira une première saison remarquable et une seconde juste bonne (vice-champion), ce qui lui vaudra d'être remercié par Abramovich. Encore une fois, l'italien se signalera par une tendance à rechercher le meilleur système pour les joueurs dont il dispose : il démarra la saison en 4 - 4 - 2 diamant, avec (tout le monde l'a oublié) Deco à la pointe du losange. Mais le manque de largeur inhérent à ce système (et l'absence de Drogba, parti à la coupe d'Afrique des nations) obligea Ancelotti à muter en 4-3-3, 4-3-2-1. En fait, la solidité en défense et au milieu allait construire le succès de Chelsea. Difficile de dire si l'équipe était séduisante mais elle finit avec 103 buts au compteur, le meilleur total depuis l'invention de la Premier League. En 2010-2011, un peu vieillie, jamais adapté à l'arrivée d'un Torres qu'il n'avait pas vraiment souhaité, l'équipe sombra après un départ canon. Deuxième, tout de même.
Qu'attendre d'Ancelotti au PSG, alors que les rumeurs les plus folles courent au niveau de l'effectif (Kaka, Tevez, ....). Quelques constantes tout d'abord.
- d'une part, Ancelotti est passé du tout au tout. Formé à l'école d'un système (le 4-4-2 de Sacchi), il est passé dans l'autre camp : celui des entraîneurs qui bâtissent leur dispositif en fonction des joueurs dont ils disposent. Ancelotti l'a même raffiné : il adapte son équipe en fonction de la forme de chacun.
- d'autre part, le tacticien italien est un fidèle. Il préfère un effectif stable à des changements permanents et il préfère toujours les joueurs qui par le passé lui ont rendu des services. Dans ce sens, la rumeur Kaka n'est sans doute pas vaine. Ancelotti se souvient qu'il lui a rendu des services par le passé.
- enfin, Ancelotti apprécie les manieurs de ballon et n'est pas un fan d'un jeu par les ailes. Il privilégie une construction central où seuls les latéraux (Cafu, Ashley Cole) sont parfois autorisés à donner de la largeur au dispositif.
Qu'attendre donc au PSG ?
Tout d'abord, en homme pragmatique, l'italien voudra tout d'abord jauger son effectif. Il est probable qu'il voit ce que tout le monde constate : une assise défensive (centraux + milieu) assez solide et fournie. Et 4 gars devant avec des possibilités, notamment un brésilien avec un bon pied gauche et un argentin qui lève la tête.
Scénario 1 : Kaka et le 4-3-2-1. Si la rumeur Kaka se confirme on pourrait avoir un 4-3-2-1. Le milieu serait composé d'un homme fort (Matuidi ou Sissoko) protégeant Beckham, qui orienterait le jeu. A gauche, Néné. Le brésilien faisant la navette entre le milieu et l'attaque. Pastore et Kaka seraient chargés de créer le danger et d'alimenter un attaquant (Tevez ? Gameiro ?). Problème de ce dispositif, il semble fragile défensivement car parmi les joueurs offensifs, peu d'entre eux ont l'énergie et le goût pour les tâches défensives. Jérémy Menez serait la grande victime de ce scénario.
Scénario 2 : Un nouvel attaquant costaud (Hulk ?) et un 4 - 4 - 2 diamant. En tête du diamant, Pastore, bien sûr, avec Gameiro et son nouveau copain à ses côtés. Le problème, dans ce cadre, ce sont les 2 milieux qui forment les côtés du diamant : ils doivent être à la fois défesnif et offensifs et suffisamment énergiques pour couvrir de grandes parties du terrain. Bodmer semble un candidat crédible (quoiqu'un peu lent) à droite mais Néné serait un peu court défensivement. C'est d'ailleurs la limite de ce système : outre Menez, peu à l'aise dans les tâches ingrates, Néné devrait aussi faire ses valises, car l'énergie à déployer est encore plus forte que dans le 4-3-2-1. A noter que pour donner un peu de largeur à son système, il apparaît vraisemblable qu'Ancelotti demande un arrière latéral au profil offensif de classe mondiale (à la Cafu, Ashley Cole).
Scénario 3 : le 4-3-3. C'est le 4-3-2-1 en plus écarté, avec au moins un vrai ailier (Néné), probablement un avant-centre musclé et un autre ailier, nominalement à gauche mais capable de repiquer au centre pour animer le jeu (à la Anelka, version Chelsea 2010) : Pastore repositionné plus latéralement. Le milieu comprendrait 3 individus énergiques : Sissoko-Matuidi mais les 2 autres places seraient à prendre (Bodmer ?, Jallet, nouveau venu ?).
Une seule certitude au vu du passé d'Ancelotti, le PSG 2012 sera différent du PSG fin 2011. Ancelotti demande beaucoup à ses joueurs, il aime les équipes à la fois techniques et puissantes mais n'est pas un fana du 4-2-3-1 version AK. Dans tous les cas, il semble que l'arrivée d'un attaquant version déménageur et probablement d'un latéral semblent s'imposer. Le pari de Footballistico est que Menez sera la victime de l'arrivée de l'italien : peu à l'aise défensivement et limité physiquement, le français aura du mal à s'insérer dans les dispositifs, sauf en tant que joker. Pastore (à condition de cravacher) et Néné ont plus de chances de survivre.
Conclusion : 12 millions par pour Ancelotti, 3 millions d'indemnités pour Koumbouaré. Le technicien italien a intérêt à faire progresser le PSG si les qataris veulent rentrer dans leurs sous. Cela fera cher les innovations tactiques. Mais cela devrait renouveler l'intérêt des chroniques de Footballistico, las du sempiternel 4-2-3-1.
Footballistico
Tout d'abord, le technicien italien est sans doute le meilleur entraîneur disponible sur le marché actuellement. Sans doute moins minutieux que Mourinho, moins innovant que Pep Guardiola, il dispose cependant d'un bilan impressionnant et il a gagné des titres quasiment partout où il est passé.
Ancelotti a été biberonné par Arrigho Sacchi, lors de la coupe du monde 1994 pendant laquelle l'Italie s'inclinera en finale face au Brésil. Autant dire que l'entraîneur adjoint de la "Nazionale" fut un adepte du 4-4-2 à plat, avec des lignes rapprochées et un pressing intense. Les premières équipes de club qu'il coacha (Reggiana, Parme) portent cette marque, avec un succès certain. Mais, Ancelotti s'aperçut vite que ce système avait un défaut : certains des meilleurs joueurs de l'époque (Baggio, Zidane) ne s'adaptaient pas à ce système : pas vraiment ailier, pas réellement attaquant, ils ne rentraient pas dans les cases du 4-4-2. Ancelotti adaptera son système grâce à Zidane, qu'il trouve à la Juve en 1999, en succédant à Marcelo Lippi. Cette période de 2 ans et demi sera toutefois mi-figue, mi-raisin. La juve finit 2 fois deuxième de Série A et ne gagne pas la ligue des champions Ancelotti gagnera ensuite le Milan AC, où il connaîtra ses plus grandes réussites.
En effet, le Milan AC de l'ère Ancelotti est sans doute l'une des plus grandes équipes de l'histoire récente : elle remportera 2 ligues des champions (2003 - 2007), perdra la fameuse finale de 2005 face à Liverpool, et empochera 1 scudetto et ce, malgré la rétrogradation due à l'affaire des matches truqués en 2006.
Pendant sa première saison complète à Milan (2002 - 2003). Ancelotti met en place un système innovant où Pirlo, protégé par Gattuso oriente le jeu depuis une position assez basse. Plus haut, l'animation offensive et assuré par Seedorf et Rui Costa. Les 2 attaquants sont le rapide Chevchenko et le finisseur Inzaghi. L'équipe qui pratique un 4-3-1-2 est brillante, offensive et comprend 3 milieux créateurs, une espèce qu'Ancelotti apprécie particulièrement. L'arrivée du jeune Kaka, pour la saison 2004 et la blessure d'Inzaghi allait modifier le système, qui allait passer en 4-3-2-1 (un "sapin de Noël"), Kaka prenant numériquement la place du buteur transalpin. Le milan devient plus central, plus créatif mais plus fragile. La défaite face à Liverpool après avoir mené 3 à 0 ne serait peut-être pas arrivée à un Milan plus défensif. Confronté à cette situation, Ancelotti va encore évoluer : en intégrant Ambrosini et en poussant Seedorf plus haut (à la place de Rui Costa), il donna une touche plus solide à son équipe, qui allait encore gagner une ligue des champions en 2007. Mais l'équipe est cette fois en bout de cycle. Et c'est l'un des défauts d'Ancelotti : admiratif de ses joueurs, il a du mal à les remplacer lorsque ceux-ci vieillissent. Il accompagne donc le déclin après l'avoir ingénieusement retardé.
A Chelsea, Ancelotti accomplira une première saison remarquable et une seconde juste bonne (vice-champion), ce qui lui vaudra d'être remercié par Abramovich. Encore une fois, l'italien se signalera par une tendance à rechercher le meilleur système pour les joueurs dont il dispose : il démarra la saison en 4 - 4 - 2 diamant, avec (tout le monde l'a oublié) Deco à la pointe du losange. Mais le manque de largeur inhérent à ce système (et l'absence de Drogba, parti à la coupe d'Afrique des nations) obligea Ancelotti à muter en 4-3-3, 4-3-2-1. En fait, la solidité en défense et au milieu allait construire le succès de Chelsea. Difficile de dire si l'équipe était séduisante mais elle finit avec 103 buts au compteur, le meilleur total depuis l'invention de la Premier League. En 2010-2011, un peu vieillie, jamais adapté à l'arrivée d'un Torres qu'il n'avait pas vraiment souhaité, l'équipe sombra après un départ canon. Deuxième, tout de même.
Qu'attendre d'Ancelotti au PSG, alors que les rumeurs les plus folles courent au niveau de l'effectif (Kaka, Tevez, ....). Quelques constantes tout d'abord.
- d'une part, Ancelotti est passé du tout au tout. Formé à l'école d'un système (le 4-4-2 de Sacchi), il est passé dans l'autre camp : celui des entraîneurs qui bâtissent leur dispositif en fonction des joueurs dont ils disposent. Ancelotti l'a même raffiné : il adapte son équipe en fonction de la forme de chacun.
- d'autre part, le tacticien italien est un fidèle. Il préfère un effectif stable à des changements permanents et il préfère toujours les joueurs qui par le passé lui ont rendu des services. Dans ce sens, la rumeur Kaka n'est sans doute pas vaine. Ancelotti se souvient qu'il lui a rendu des services par le passé.
- enfin, Ancelotti apprécie les manieurs de ballon et n'est pas un fan d'un jeu par les ailes. Il privilégie une construction central où seuls les latéraux (Cafu, Ashley Cole) sont parfois autorisés à donner de la largeur au dispositif.
Qu'attendre donc au PSG ?
Tout d'abord, en homme pragmatique, l'italien voudra tout d'abord jauger son effectif. Il est probable qu'il voit ce que tout le monde constate : une assise défensive (centraux + milieu) assez solide et fournie. Et 4 gars devant avec des possibilités, notamment un brésilien avec un bon pied gauche et un argentin qui lève la tête.
Scénario 1 : Kaka et le 4-3-2-1. Si la rumeur Kaka se confirme on pourrait avoir un 4-3-2-1. Le milieu serait composé d'un homme fort (Matuidi ou Sissoko) protégeant Beckham, qui orienterait le jeu. A gauche, Néné. Le brésilien faisant la navette entre le milieu et l'attaque. Pastore et Kaka seraient chargés de créer le danger et d'alimenter un attaquant (Tevez ? Gameiro ?). Problème de ce dispositif, il semble fragile défensivement car parmi les joueurs offensifs, peu d'entre eux ont l'énergie et le goût pour les tâches défensives. Jérémy Menez serait la grande victime de ce scénario.
Scénario 2 : Un nouvel attaquant costaud (Hulk ?) et un 4 - 4 - 2 diamant. En tête du diamant, Pastore, bien sûr, avec Gameiro et son nouveau copain à ses côtés. Le problème, dans ce cadre, ce sont les 2 milieux qui forment les côtés du diamant : ils doivent être à la fois défesnif et offensifs et suffisamment énergiques pour couvrir de grandes parties du terrain. Bodmer semble un candidat crédible (quoiqu'un peu lent) à droite mais Néné serait un peu court défensivement. C'est d'ailleurs la limite de ce système : outre Menez, peu à l'aise dans les tâches ingrates, Néné devrait aussi faire ses valises, car l'énergie à déployer est encore plus forte que dans le 4-3-2-1. A noter que pour donner un peu de largeur à son système, il apparaît vraisemblable qu'Ancelotti demande un arrière latéral au profil offensif de classe mondiale (à la Cafu, Ashley Cole).
Scénario 3 : le 4-3-3. C'est le 4-3-2-1 en plus écarté, avec au moins un vrai ailier (Néné), probablement un avant-centre musclé et un autre ailier, nominalement à gauche mais capable de repiquer au centre pour animer le jeu (à la Anelka, version Chelsea 2010) : Pastore repositionné plus latéralement. Le milieu comprendrait 3 individus énergiques : Sissoko-Matuidi mais les 2 autres places seraient à prendre (Bodmer ?, Jallet, nouveau venu ?).
Une seule certitude au vu du passé d'Ancelotti, le PSG 2012 sera différent du PSG fin 2011. Ancelotti demande beaucoup à ses joueurs, il aime les équipes à la fois techniques et puissantes mais n'est pas un fana du 4-2-3-1 version AK. Dans tous les cas, il semble que l'arrivée d'un attaquant version déménageur et probablement d'un latéral semblent s'imposer. Le pari de Footballistico est que Menez sera la victime de l'arrivée de l'italien : peu à l'aise défensivement et limité physiquement, le français aura du mal à s'insérer dans les dispositifs, sauf en tant que joker. Pastore (à condition de cravacher) et Néné ont plus de chances de survivre.
Conclusion : 12 millions par pour Ancelotti, 3 millions d'indemnités pour Koumbouaré. Le technicien italien a intérêt à faire progresser le PSG si les qataris veulent rentrer dans leurs sous. Cela fera cher les innovations tactiques. Mais cela devrait renouveler l'intérêt des chroniques de Footballistico, las du sempiternel 4-2-3-1.
Footballistico
jeudi 26 mai 2011
Petit tour des équipes surprises - Episode 1 : Sochaux
A priori, Sochaux possède tout de l'anomalie tactique de ce début de décennie 2010. En effet, l'équipe de Francis Gillot joue (selon les versions) en 4 – 3 – 1 – 2 ou en 4 – 1 – 2 – 1 – 2 (ouf !). Donc, ne tergiversons pas, en bon français on appelle cela un 4 – 4 – 2 losange, avec un meneur (Martin) derrière les 2 attaquants (Maïga et Ideye). Or, ce dispositif, assez en vogue dans les années 1990 a peu à peu perdu droit de cité dans l'Europe du foot. Seules quelques équipes italiennes l'utilisent encore (typiquement l'Inter avec Sneijder). Pourquoi ? On cite principalement 2 raisons :
- D'une part, l'animation offensive est totalement dépendante du meneur de jeu. Or, il suffit de positionner une bonne "sentinelle" pour l'annihiler. Et l'équipe ressemble dès lors à un poulet sans tête.
- D'une part, l'animation offensive est totalement dépendante du meneur de jeu. Or, il suffit de positionner une bonne "sentinelle" pour l'annihiler. Et l'équipe ressemble dès lors à un poulet sans tête.
- - Par ailleurs, le jeu manque de largeur, ce qui pose des problèmes tant offensifs que défensifs. Les milieux latéraux étant constamment tiraillés entre le désir de prendre la largeur ou de combler les trous défensifs au milieu du terrain. Enfin, particularité de Sochaux, les 2 de devant sont positionnés de façon assez proche, ce qui contredit l'évolution récente du dispositif où l'on est plutôt sur un duo complémentaire (un décroché, un placé à la limite du hors-jeu, par exemple).
Pourtant, les lionceaux possèdent la 4ème attaque de L1, offrent un jeu chatoyant et surtout très écarté, la majorité des buts venant des ailes (Sochaux possède le taux d'attaque par le centre le plus faible de L1). Comment ce miracle est-il possible ?
Tout d'abord, il ne faut pas pas exagérer le "talent" de la génération sochalienne actuelle. Certes, Martin et Boudebouz sont sans doute des joueurs très prometteurs. Mais Maïga jouait au Mans, Maurice-Bellay a été transféré pour 1,5 millions de Monaco et Ideye Brown n'était pas initialement présent dans la liste dans la liste des "23" du Nigeria lors de la dernière coupe du monde.
Pour nous, la réussite de l'équipe tient à quelques paramètres, qui sont d'ordre technico-tactiques :
- Le positionnement des milieux latéraux. Le schéma ci-contre montre que Boudebouz et Maurice-Bellay sont positionnés de façon aussi latérale que dans un 4 – 4 – 2 classique (ici le PSG et son milieu "à plat") ou un 4-2-3-1. Sochaux a donc choisi de déserter le centre de la pelouse. Seul Carlao (ou Anin) reste présent ce qui pose son lot de problèmes défensifs (cf. plus bas).
- Le rôle de Marvin Martin. Le N°14 sochalien reste très proche de ses attaquants et au centre du terrain. Cependant, son rôle dans le fonctionnement des lionceaux est très différent d'un meneur classique qui est le relais de la majorité des actions. Les lionceaux remontent très rapidement les ballons, via les côtés, Martin n'intervient qu'APRES, pour la dernière passe. Lorsque l'action est déjà initiée, le marquage individuel devient beaucoup plus difficile, la sentinelle adverse étant souvent happée par l'action en cours. Le mouvement et la précision des passes sochaliennes fait le reste (taux de passe réussie de 79%, second de L1 derrière Lille). Corollaire du point précédent, Sochaux privilégie les passes longues, qui permettent d'atteindre directement les attaquants. Il est frappant de constater qu'au lieu de recevoir des passes de ses compères du milieu, Martin, les reçoit en retrait de ses attaquants, avant d'orienter le jeu vers un autre de ses partenaires.
- L'efficacité devant le but, particulièrement de la tête. Sochaux a marqué 21 buts de la tête, record absolu en L1. Cette typicité du jeu sochalien est exceptionnelle dans un paysage où les bonnes équipes marquent en moyenne 10-12 buts. On pourrait dire que Sochaux a appris du jeu de Barcelone, qui fait des passes depuis les côtés et pas des centres pour simplement le déplacer en hauteur.
Gillot a donc su tirer parti des prédispositions de ses joueurs (précision de Boudebouz et Martin, jeu de tête de Maïga et Ideye) en le complétant, qu'on ne s'y trompe pas, d'un travail énorme.
C'est défensivement que se situe les faiblesses actuelles des lionceaux. Outre la longue blessure de Richert, l'effectif, derrière est sans doute moins talentueux que sur les autres lignes. Toutefois, il s'agit plutôt d'un prix à payer pour :
- la présence d'un seul milieu défensif,
- le fait que 2 joueurs, voire 3 si l'on compte Martin sont plutôt absents défensivement,
Conclusion : une équipe plaisante, qui joue, une interprétation originale du 4 – 4 – 2 losange… et des fautes défensives à la pelle. Ci-dessous, la vidéo face à Caen illustre bien les 2 visages du FC Sochaux Montbéliard, notre Janus du foot hexagonal.
http://www.goalsarena.org/video/france-ligue-1/16-04-2011-sochaux-caen_de.html
http://www.goalsarena.org/video/france-ligue-1/16-04-2011-sochaux-caen_de.html
Libellés :
4-4-2 diamant,
Boudebouz,
Gillot,
Marvin Martin
mercredi 8 septembre 2010
Bosnie soit qui mal y pense
L'EdF a battu la Bosnie-Herzégovine (0-2) et la France est prise d'un indicible espoir. Et si Laurent Blanc avait trouvé son équipe ? Son système ? Sa foi ?
On va se calmer 5 minutes et analyser tranquillement tout ça parce que Footballistico (qui s'était trompé dans son prono) aime bien prendre le contre-pied des thuriféraires comme des haineux.
Comme annoncé, les bleus se présentaient en 4-5-1/4-3-3 qui ressemblait plus à un 4-1-4-1, avec Alou Diarra en sentinelle devant la défense et Benzema seul en pointe. L'originalité du système (et sa faiblesse) reposait sur l'absence d'un véritable "playmaker" au centre. Pour pallier ce défaut, Malouda repiquait très souvent vers le milieu du pré, ce qui privait l'équipe de largeur, à gauche.
De leur côté, les Bosniaques étaient fidèles à leur 4-4-2 diamant, avec Misimovic en soutien de ses deux attaquants Dzeko et Ibisevic. Que croyez-vous qu'il arriva ? Les Bosniaques avaient la (relative) maîtrise du ballon mais totalement stérile. Les Français les attendaient à l'entrée de leur camp. L'infériorité Bosniaque au milieu de terrain leur coûtait cher (4 vs 5) et ils se montraient quasiment incapables de trouver leurs attaquants. Le positionnement central de Malouda aurait pu leur donner des idées sur leur côté droit mais jamais ils ne l'exploitèrent à cause de la timidité de leurs arrières et de l'obligation des milieux latéraux de ne pas trop s'excentrer pour ne pas trop dégarnir le centre. Les bleus se contentaient (ce qui est déjà très bien), de gratter des ballons et de jaillir vite en profitant des espaces. Valbuena fut d'ailleurs particulièrement teigneux dans ce rôle. En phase offensive, toutefois, la France se retrouvait avec un problème, l'absence de milieu offensif axial empêchait d'offrir un soutien à Benzema. Diaby, en dépit de sa technique de passe et de sa bonne volonté souffrait d'un manque de précision dans le dernier geste.
Les 2 équipes tenaient leur 0 - 0 à la pause (et Footballistico son prono) et le plus incroyable est que Safet Susic n'ait pas réajusté son dispositif à la pause alors qu'il ne fonctionnait visiblement pas. La qualité du jeu s'étiolait à la reprise et les français entrevoyaient le cauchemar sur un coup-franc de Pjanic. Pourtant, la fin du match allait s'avérer fatale aux Bosniaques. Pour une simple raison, la fatigue. Footballistico y voit 2 raisons, le même 11 a joué 2 matches en 3 jours (contrairement à l'EdF) et, surtout, le 4 du milieu bosniaque s'étant retrouvé en infériorité numérique pendant toute la rencontre a dû batailler pour couvrir les espaces. A la 72ème, la France, pour une fois, prenait les ailes (où la vie est belle) et Clichy réalisait l'un des seuls centres du match. Benzema faisait alors un geste de classe (qui échappe à l'analyse technique). But. Les Bosniaques se ruaient à l'attaque et effectuaient 2 changements mais se replier était trop leur demander d'où cette situation où 3 bleus se retrouvent dans les 16 mètre adverses, sans opposition.
0-2 à la 78ème minute. Le match était plié. Une victoire méritée tant les bleus ont dominé en nombre d'occasions, de tirs, de corners, etc.
Conclusion : au delà du bilan comptable et moral, que faire de cette victoire ? Le paradoxe est que la Bosnie a perdu dans le système préconisé par Blanc lors de son premier match officiel (avec Nasri en pointe du diamant).Dès lors, il est difficile de préjuger du dispositif que la France emploiera lors de ses prochaines sorties. Et dire que Ribéry et Gourcuff vont bientôt resonner à la porte... Un vrai casse-tête. Heureusement, Footballistico est là pour épauler notre sélectionneur dans ses choix difficiles.
On va se calmer 5 minutes et analyser tranquillement tout ça parce que Footballistico (qui s'était trompé dans son prono) aime bien prendre le contre-pied des thuriféraires comme des haineux.
Comme annoncé, les bleus se présentaient en 4-5-1/4-3-3 qui ressemblait plus à un 4-1-4-1, avec Alou Diarra en sentinelle devant la défense et Benzema seul en pointe. L'originalité du système (et sa faiblesse) reposait sur l'absence d'un véritable "playmaker" au centre. Pour pallier ce défaut, Malouda repiquait très souvent vers le milieu du pré, ce qui privait l'équipe de largeur, à gauche.
De leur côté, les Bosniaques étaient fidèles à leur 4-4-2 diamant, avec Misimovic en soutien de ses deux attaquants Dzeko et Ibisevic. Que croyez-vous qu'il arriva ? Les Bosniaques avaient la (relative) maîtrise du ballon mais totalement stérile. Les Français les attendaient à l'entrée de leur camp. L'infériorité Bosniaque au milieu de terrain leur coûtait cher (4 vs 5) et ils se montraient quasiment incapables de trouver leurs attaquants. Le positionnement central de Malouda aurait pu leur donner des idées sur leur côté droit mais jamais ils ne l'exploitèrent à cause de la timidité de leurs arrières et de l'obligation des milieux latéraux de ne pas trop s'excentrer pour ne pas trop dégarnir le centre. Les bleus se contentaient (ce qui est déjà très bien), de gratter des ballons et de jaillir vite en profitant des espaces. Valbuena fut d'ailleurs particulièrement teigneux dans ce rôle. En phase offensive, toutefois, la France se retrouvait avec un problème, l'absence de milieu offensif axial empêchait d'offrir un soutien à Benzema. Diaby, en dépit de sa technique de passe et de sa bonne volonté souffrait d'un manque de précision dans le dernier geste.
Les 2 équipes tenaient leur 0 - 0 à la pause (et Footballistico son prono) et le plus incroyable est que Safet Susic n'ait pas réajusté son dispositif à la pause alors qu'il ne fonctionnait visiblement pas. La qualité du jeu s'étiolait à la reprise et les français entrevoyaient le cauchemar sur un coup-franc de Pjanic. Pourtant, la fin du match allait s'avérer fatale aux Bosniaques. Pour une simple raison, la fatigue. Footballistico y voit 2 raisons, le même 11 a joué 2 matches en 3 jours (contrairement à l'EdF) et, surtout, le 4 du milieu bosniaque s'étant retrouvé en infériorité numérique pendant toute la rencontre a dû batailler pour couvrir les espaces. A la 72ème, la France, pour une fois, prenait les ailes (où la vie est belle) et Clichy réalisait l'un des seuls centres du match. Benzema faisait alors un geste de classe (qui échappe à l'analyse technique). But. Les Bosniaques se ruaient à l'attaque et effectuaient 2 changements mais se replier était trop leur demander d'où cette situation où 3 bleus se retrouvent dans les 16 mètre adverses, sans opposition.
0-2 à la 78ème minute. Le match était plié. Une victoire méritée tant les bleus ont dominé en nombre d'occasions, de tirs, de corners, etc.
Conclusion : au delà du bilan comptable et moral, que faire de cette victoire ? Le paradoxe est que la Bosnie a perdu dans le système préconisé par Blanc lors de son premier match officiel (avec Nasri en pointe du diamant).Dès lors, il est difficile de préjuger du dispositif que la France emploiera lors de ses prochaines sorties. Et dire que Ribéry et Gourcuff vont bientôt resonner à la porte... Un vrai casse-tête. Heureusement, Footballistico est là pour épauler notre sélectionneur dans ses choix difficiles.
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