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mardi 2 septembre 2014

PSG - ASSE : les verts dans le rouge

Paris a ostensiblement posé sa grosse patte sur la L1 dimanche soir en livrant sa première prestation aboutie depuis la reprise face à un adversaire de bon niveau. Ce n'est pas un hasard si cette performance a coïncidé avec le retour de Zlatan, remis de son problème aux côtes.

Le PSG se présentait dans son 4-3-3 fétiche. Cavani reprenait sa place côté gauche devant Pastore. Cabaye, suspendu, laissait sa place à Thiago Motta. Mais la sensation tactique était du côté des verts qui se présentaient en 5-3-2. Les côtés étaient tenus par Tababnou et Monnet-Paquet. En l'absence de Perrin, la triplette centrale était tenue par Pogba - Sall et Théophile-Catherine.
Fabien Galtier avait sans doute été inspiré par les bonnes performances de certaines équipes d'un rang inférieur la saison passée (notamment Ajaccio venu chercher un nul héroïque) dans un dispositif semblable.  

Première mi-temps : au début du match, le dispositif stéphanois gêna considérablement les parisiens qui eurent du mal à aligner les passes et subirent même la possession, fait notable cette saison. Sur le côté gauche, Monnet-Paquet, Théophile-Catherine et Lemoine bloquaient Pastore, Maxwell et Cavani. L'uruguayen simplifia même le travail défensif des visiteurs en se recentrant constamment ce qui évitait au central stéphanois de se déporter dangereusement. Sur le côté droit, la configuration était sensiblement la même, à une nuance près, Lucas fut beaucoup plus à l'aise dans les mouvements offensifs en n'hésitant pas faire parler sa vitesse. En revanche, Tabanou fut plus disponible sur l'aile droite et fut bien trouvé par ses partenaires.

Offensivement, les verts alternaient donc déboulés sur l'aile de Tabanou et ballons directs vers leurs 2 attaquants. Ceux-ci furent cependant bien pris par les 2 centraux parisiens et ne posèrent pas de grosse difficulté car trop isolés dans le camp parisien. 

Assez vite, cependant, le PSG trouva une solution au problème posé par les verts : Ibrahimovic recula sensiblement sur le terrain et offrit un chemin alternatif offensif. A noter qu'au-delà des 35 mètres, les défenseurs centraux stéphanois ne suivaient pas le suédois et Paris jouissait donc d'un surnombre au milieu (4 contre 3), tandis que les 3 centraux étaient au moins 2 en surnombre.  Le suédois offrait non seulement une solution lorsque les ailes étaient bloquées mais une voie directe de relance, notamment pour Thiago Motta. Les parisiens commencèrent à trouver des options surtout que par contrecoup les milieux latéraux stéphanois durent se recentrer.

Passes reçues par Ibrahimovic (0-22ème)

Passes reçues par Ibrahimovic (23-45ème)

C'est peu après ce repositionnement que Ruffier commit sa bévue. A partir de ce moment, le dispositif stéphanois (défendre et contrer par les côtés rapidement) devenait inopérant. La fatigue aidant, les parisiens dominèrent le côté gauche copieusement : Monnet-Paquet fut moins rigoureux défensivement et les parisiens se retrouvaient souvent en 3 contre 2. Sur un centre de Maxwell, Ibra comma à la parade, crucifia d'un coup de tête le malheureux Ruffier.

Seconde mi-temps : étonnamment, Christophe Galtier ne changea rien à la mi-temps et le schéma de jeu demeura le même avec les parisiens dominant copieusement la possession (72 % durant le premier ¼ d'heure). Peu après la reprise, à un moment où seule la facilité aurait pu perdre les locaux, Galtier procéda à 2 changements poste pour poste (Gradel pour Erding et Corgnet pour Lemoine). Peu après, Monnet-Paquet remit son ballon en retrait, Zlatan anticipa et c'en était fini de la rencontre.

Les 4èmes et 5ème buts devaient corser l'addition pour des Verts qui n'en pouvaient mais. La messe était dite de toute façon depuis longtemps.


Conclusion : il est toujours difficile de jouer dans un système inhabituel. Encore plus lorsque les joueurs sont peu familiers avec le poste qui leur est affecté (Monnet-Paquet). On peut quand même se demander pourquoi Fabien Galtier n'a pas réagi dès la mi-temps en tentant autre chose. En outre, le décrochage de Zlatan était anticipable, le suédois étant coutumier du fait (cf. analyse footballistico Leverkusen – PSG). Au moment où Zlatan inscrivait le 5ème but, Saint-Etienne n'avait résussi qu'une seule frappe, sur un corner. Un match à oublier pour les verts tactiquement, individuellement et collectivement. Bon courage.  

samedi 21 septembre 2013

Saint-Etienne - Toulouse : l'équipe de Casanova séduit

Les compos, après la sortie de Perrin
Avant ce match, Saint-Etienne disposait d'une renommée flatteuse de meilleure équipe française en dehors du Ca$hico de Dimanche soir. A force de rafler tous les joueurs techniques ou rapides d'équipes de seconde zone (Cohade, Hamouma, Mollo, Tabanou, Corgnet), les verts ont constitué une armada offensive impressionnante malgré le départ d'Aubameyang. L'ASSE se présentait en 4-4-1-1, avec Corgnet situé derrière Erding. Un nouveau dispositif, fait pour satisfaire l'ancien lorientais. Mais la principale originalité tactique ne se trouvait pas là mais dans le camp des visiteurs.

Alain Casanova affichait un 3-5-2, assez italien dans l'esprit, avec 2 joueurs de couloir (les "pistons" selon ses propres mots) : Ninkov et Sylla et un milieu assez technique : Didot, Chantôme et l'argentin Trejo.

Première mi-temps :

Le début du match fut totalement à l'avantage des verts qui mettaient une pression très forte sur les visiteurs : pressing haut et passes longues notamment sur les ailes où Tabanou s'attaquait bille en tête à Ninkov et Hamouma à Sylla. En théorie, Toulouse bénéficiait d'un avantage au milieu de terrain (3 contre 2) mais, dans les faits, fut incapable d'en bénéficier :

  • Corgnet se mêla à la lutte, souvent du côté gauche, et occupa Didot, sur le côté stéphanois très menaçant (Tabanou, Ghoulam),
  • Hamouma n'hésita pas à se recentrer  pour bousculer Chantôme. Théoriquement, cette situation aurait dû ouvrir des boulevards à Sylla mais le "piston" toulousain fut emprunté pendant toute la première période et, lors de ses montées, François Clerc put gérer sans problème
Toulouse fut également un peu emprunté défensivement sur les côtés de sa défense à 3 : Aurier eut tendance à dériver sur sa droite, pour obéir à son réflexe naturel de latéral de métier et les toulousains ne savaient pas comment traiter le cas Corgnet. Saint-Etienne se régala donc sur les côtés et commença à adresser des centres vicieux en profitant de ballons rapides transmis sur les ailes suite à une récupération haute.

Sur l'un d'entre eux, Tabanou faillit tromper Ahamada, peu inspiré, puis Lemoine s'enfonça dans un trou avant de centrer sur le malheureux gardien toulousain qui relâcha la balle sur Hamouma.

Les verts voulaient enfoncer le clou et c'est miracle si les visiteurs s'en sortirent sans plus de dégâts en rentrant à la pause :
  • 22ème minute : Hamouma reprit un second ballon de volée juste au-dessus de la barre,
  • 26ème : Sall tente un joli retourné dans la surface toulousaine
  • 33ème : Tabanou effectue un centre tir, que Corgnet est à 2 doigts de projeter dans les filets
Cependant, les visiteurs profitèrent de la baisse de régime des locaux en fin de première période et se mirent à jouer. Insensiblement, la technique de Trejo commença à faire son effet, comme apéritif de la période à venir.

Seconde mi-temps :

Assez logiquement, après 10 minutes assez intenses, les verts baissèrent de pied. Surtout, c'est là que les 3 du milieu toulousain émergèrent physiquement et techniquement. L'une de leurs particularités est la rotation qu'effectuent ces 3 joueurs. Trejo se promène sur tout le front derrière les attaquants. Chantôme est nominalement à gauche mais n'hésite à effectuer des incursions à droite et Didot permute alors avec l'ancien parisien. Enfin, la supériorité toulousaine au milieu s'imposait et Goeffroy-Guichard commença à trembler.

A la 53ème minute, sentant son équipe revenir dans le match, Casanova effectua un changement surprenant : Yago, un jeune défenseur central entra à la place du "piston" Ninkov :
  • Aurier retrouva ainsi son poste naturel
  • le serbe fut sans doute le toulousain le plus sollicité physiquement et sortit éprouvé 
Aussitôt, le changement produisit son effet et le jeu de Toulouse prit plus de profondeur. Tabanou restait défensivement très excentré pour contrer Aurier et les toulousains exploitèrent ainsi l'espace ainsi créé : l'égalisation fut un joli coup de complicité technique entre Chantôme et Didot, qui profita du 3 contre 2 au milieu et de l'écartement des ailiers toulousains.
Sur le second, 10 minutes plus tard, Didot lança Aurier en profondeur qui centra sur un Sylla enfin offensif. Sur les 2 buts toulousains, le surnombre des visiteurs dans la surface est marquant :

  • sur le premier, Aurier se trouve dérrière Braithwaite, sans aucun Vert à l'horizon
  • sur le second, Sylla bénéficie de la présence de Yedder au premier poteau qui occupe Ruffier
A 1-2, sur son terrain, Christophe Galtier réagit en lançant Mollo. Dans son style caractéristique et grâce à des coups de pied arrêtés, l'ancien nancéen tenta de dynamiser les verts face à des toulousains (trop) prudents. Mais les verts manquaient d'énergie pour aller chercher l'égalisation.

Conclusion : depuis plusieurs années, Footballistico cherche un émule de Walter Mazzarri en L1. Après quelques tentatives de Gillot, l'aurait-il trouvé en Alain Casanova ? Les toulousains manquent de talent à certains postes (un 2 de devant trop statique en attendant le retour de Ben Basat, un Sylla trop emprunté) mais de vrais atouts à d'autres postes indispensables pour ce dispositif (Aurier + les 3 du milieu). Quant à Saint-Etienne, on a sans doute un peu trop compté sur les verts cette saison. Surtout, il leur a manqué hier un plan B, leur permettant de gérer leurs temps faibles lorsque l'énergie pure n'est plus disponible suite à une première mi-temps jouée à 100 à l'heure.

Footballistico

dimanche 26 septembre 2010

OL - ASSE : avec les compliments de Payet

On ne sait pas si l'on a assisté au dernier match de Claude Puel sur le banc de l'OL hier soir mais au vu de la prestation de son équipe, ce serait injuste.

Les lyonnais se présentaient sur leur pelouse dans un ambitieux 4-3-3, avec Bastos et Briand encadrant Gomis, qui retrouvait sa place au centre de l'attaque, grâce à la 1157ème blessure de Lisandro. Au milieu, Gourcuff était basé à droite avec Toulalan en milieu reculé et Kallström à gauche. De leur côté, les verts se présentaient, en théorie dans un système hybride 4-3-3 / 4-5-1, qui ressembla de fait à un prudent 4-1-4-1, le 2 ailiers (Payet et Sako) descendant souvent au niveau des milieux. Dans cette configuration, le rôle du N°6, Matuidi, devant la défense est primordial.

Ce qui frappait hier, c'était le mouvement dans l'attaque Lyonnaise, Bastos et Gourcuff, notamment, dérivaient sans cesse antre leur côté et le centre et cela donnait une certaine fluidité au jeu des locaux pendant que la paire Kallström / Toulalan, retrouvée, remontait rapidement les ballons. Dès l'entame, sur un centre de Cissokho, Gomis touchait du bois. L'OL dominait le match et n'allait jamais lâcher la ballon.

Devant les chiffres de la domination lyonnaise (chiffre hallucinant de 44 centres), on est en droit de se demander ce qui n'a pas fonctionné et comment Saint-Etienne est parvenu à surnager. Plusieurs éléments de réponse :

- Lyon n'a pas su étirer suffisamment la défense stéphanoise. A force de repiquer au centre, de permuter entre ailiers "naturels" comme en deuxième mi-temps (un gaucher à droite, un droitier à gauche), l'une des conséquences fut l'innocuité des centres Lyonnais, déclenchés de trop haut, flottants, ils furent un régal pour la défense centrale Marchal / Monsoreau.
- le dispositif stéphanois sur corner. Il est inévitable qu'avec des tireurs aussi doués que Gourcuff et Bastos, les lyonnais allaient se procurer plusieurs occasions de but sur leurs 11 corners. Saint-Étienne a donc remis au goût du jour un vieux dispositif défensif : un joueur à chaque poteau. Le débat est connu : mettre un "piquet" à chaque montant diminue le surnombre en défense ou limite vos capacités en contre. Pourtant hier, Payet a sauvé 2 balles de but (Toulalan puis Briand) alors que Janot était archi-battu. Si le PSG avait adopté un tel dispositif, il n'aurait pas perdu face à Bordeaux.
- les coups francs mal tirés. Si l'OL a plutôt bien tiré les corners, les coup-francs furent une belle catastrophe : envolés, dans le mur, écrasés, toute la gamme des ratés y est passée. Bastos et Groucuff vont devoir réviser leurs gammes à Tola Vologe. Reviens Juni ! A comparer, donc, à l'insolente réussite des verts.
- les remplacements de Christophe Galtier. C'est passé inaperçu mais le but stéphanois intervient respectivement 6 et 3 minutes après les 2 changements opérés par le coach des verts. Cela a permis d'introduire Bergessio, qui, à la différence de Rivière, harcèle les défenseurs jusque très haut sur le pré.

Conclusion : l'OL a, selon nous, trouvé un réel équilibre même si elle doit gagner en efficacité, notamment sur coup franc. Quant aux Verts, footballistico est impressionné par le travail effectué par Christophe Galtier. Avec un effectif très peu remanié sauf en défense (arrivées de Bocanegra, Marchal et Ebondo), le coach stéphanois a su transformer une équipe de relégables en F1 de L1. Respects.

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Footballistico est un club d'amis dont le but est d'apporter un regard original et décalé sur le football. Une lampée de tactique, une pincée d'ironie, un peu d'économie du sport, une dose d'histoire et un glaçon de respect pour le rugby et l'Argentine, secouez et c'est parti pour un blog à la fois populaire et élitiste.

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