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vendredi 23 mai 2008

Un doublé sinon rien

Les serial squatteurs du football français remettent ça demain
soir :
- à ma droite, l'OL, ci-devant septuple vainqueur du championnat de France, mais au palmarès en Coupe étique
- à ma gauche le PSG, terreur des finales mais absent des courses au titre depuis des années,

L'OL part hyper favori de ce match, qui représente un peu notre équivalent des MU - Chelsea d'outre-manche. Après des déconvenues en Coupe ces dernières années, notamment l'an dernier où Henrique avait "injustement" puni les champions de France, il semblerait incroyable que cette équipe laisse une chance à un PSG soulagé, déjà qualifié pour la Coupe de l'UEFA et où beaucoup de joueurs sont déjà sur le départ. D'autant plus que lors des derniers affrontements, l'OL a paru nettement supérieur aux parisiens, dans le jeu et dans les têtes. Sentant le coup, Aulas a mis la pression sur ses joueurs en promettant "un cabriolet" s'ils ramenaient la Coupe dans le Rhône. Simon Tahar, pour sa part, a promis un pot au Champomy, pour arroser la victoire (et son départ par la même occasion).

Cependant, au vu des exploits incroyables auxquels nous a habitué le PSG ces dernières années lors des parcours en Coupe, (victoire face à Carquefou, buts de Mendy et de N'Gog, arrêt propre de Landreau), l'équipe de Footballistico ne partage pas le diagnostic du monde du foot : Lyon dominera, outrageusement même, mais ne s'imposera pas.

Voici le déroulement (anticipé) du match :

Avant-match : des supporters parisiens porteurs de morceaux de banderoles sont arrêtés avant d'entrer dans l'enceinte du Stade de France. Le message reconstitué était à peu près celui-ci : "Ici, c'est Paris". Ecoeurée par un tel comportement anti-provincial, la ministre de l'intérieur promet "des sanctions exemplaires" et prône la dissolution immédiate de tous les clubs parisiens de football.

1ère mi-temps :

- 2ème minute : Govou chipe un ballon à Ceara et le transmet à Benzema qui s'avance et frappe. Alonzo se détend magnifiquement et capte le ballon qui prenait la direction de la lucarne. Le gardien serre un gant rageur sur lequel on peut lire : "Landreau avec la réserve"
- 9ème minute : faute de Clément sur Keita, à 30m. Juninho le frappe mais le ballon s'écrase sur la barre.
- 15ème minute : Yepes ceinture Fred dans la surface, qui tombe, avant de relever les bras en signe d'innocence. L'arbitre hésite mais fait signe de continuer à jouer après que Camara se plante devant lui d'un air méchant.
- 23ème minute : seul au second poteau après un débordement de Keita, Govou loupe l'immanquable, après avoir vu Raymond Domenech prenant des notes en tribune alors que ce dernier était censé être à Tignes.
- 35ème minute : les Lyonnais commencent à perdre un peu le fil après une première demi-heure menée tambour battant.
- 37ème minute : passe d'Armand à Rothen, qui donne à Clément. C'est la première fois du match que les parisiens alignent 2 passes sous les applaudissements du Stade de France.
- 45+2, Benzema s'échappe sur le côté gauche et centre pour Fred, qui contrôle. Yepes, distancé fait un tacle désespéré de 3 mètres, et vient contrer le brésilien au moment où celui-ci arme sa frappe. Le colombien se signe juste après. Le public décide de brûler 30 sièges du SdF à Marie pendant la mi-temps.

2ème mi-temps :

- 53ème : 234ème débordement de Keita, qui centre en retrait pour Juninho, étrangement seul. Le meneur de jeu Lyonnais reprend du plat du pied : but. Lyon 1 - PSG 0
- 57ème : premier ballon non hors-jeu pour Pauleta en profondeur. Le portugais frappe à 25 mètres mais le ballon s'envole en tribune.
- 65ème : remplacement de Keita, visiblement éprouvé, par Ben Arfa
- 66ème : un truc de dingue. Ben Arfa s'emmêle dans ses dribbles et perd le ballon, Ceara relance immédiatement pour Mendy. Le milieu droit parisien, comme habité, efface 3 joueurs, repique au centre, passe à Chantôme qui lui remet la balle en une-deux, un peu en l'air, le parisien frappe de volée, le ballon ricoche sur Clerc et prend Coupet, médusé à contre-pied. Lyon 1 - PSG 1
- 69ème : sur son banc, Perrin s'énerve, visiblement après Ben Arfa, qui ne fait aucun effort défensif.
- 72ème : pression terrible de l'OL, qui obtient son cinquième corner de suite. Au cinquième, Alonzo met un bon tampon à Benzema. Faute pour le PSG.
- 76ème : Fred met un coup de coude à Yepes, pour un énième tirage de maillot sur un ballon dégagé par Coupet. Rouge. Lyon va finir à 10.
- 79ème minute : Grosso s'avance et plonge dans la surface parisienne, effleuré par Rothen. Penalty.
- 80ème : Arrêt d'Alonzo, qui réussit à déconcentrer Juninho grâce à 2/3 grimaces. Le gardien parisien a changé de gants à la mi-temps. Sur celui-là on peut lire : "Landreau, retourne à Nantes"
- 83ème : l'OL continue pourtant d'attaquer mais Camara réussit discrètement à piétiner Benzema puis Govou, afin de calmer les ardeurs lyonnaises. L'arbitre était "mal placé".
- 84ème : sortie de Pauleta, remplacé par Luyindula. Le public est en transes : "Pedro, Pedro". Cela dure 5 minutes.
- 89ème minute : Enervé par le peu de considération du public, Luyindula tâcle Grosso, récupère la balle et frappe aux 20 mètres. Coupet repousse sur Diané, qui n'a plus qu'à mettre le ballon an fond.
- 92ème : Toulalan met une claque à Rothen, qui le chambre depuis 3 minutes. Début de bagarre générale.
- 95ème : Dernier corner Lyonnais. Coupet monte mais Chantôme s'arrache une fois de plus pour contrer la frappe de Bodmer. Paris gagne la coupe.

Après-match : Aulas s'insurge contre l'arbitrage, l'esprit anti-Lyonnais, l'arbitrage, la tactique du PSG "venu pour détruire", l'arbitrage, les rumeurs concernant Perrin et les marchands de cabriolet du 69, qui refusent d'annuler sa commande.

Toujours la magie de la Coupe.

vendredi 23 mars 2007

Faut-il sauver le soldat PSG ?

D’habitude, les mauvais résultats du PSG font plutôt se gausser le peuple du Foot. Voilà un exemple de la France d’en haut qui se vautre lamentablement dans son recrutement, sa gestion, son organisation et finalement, ses résultats. Que du bonheur. Pour peu qu’en sus de ses déboires en Ligue 1, le club de la capitale se fasse sortir par Clermont Foot en Coupe de France et notre beau pays, qui n’aime rien tant que les sans-grades et les sans-culottes, surtout quand ça ne prête à aucune conséquence, bruisse littéralement de bonheur. Cette saison, riche en mauvais résultats dans toutes les compétitions, en matches médiocres et en faits divers d’une tristesse insondable (avec mort d’homme, quand même), ravissait donc les plus blasés. C’est que même si le fric domine depuis longtemps la planète foot (genre 8 plus gros budgets d’Europe = tableau des ¼ de finale de la Ligue des Champions), rien de plus flatteur pour notre égalitarisme que de voir un puissant à terre.

Pour les 4 derniers supporters du PSG (6, depuis l’arrivée de Paul Le Guen), donc, rien à faire, sinon aller au Parc et espérer le réveil de Pauleta, un coup franc dans la lucarne de Rothen ou un joli tacle glissé de Mendy (sur le ballon, le tacle). Aucune alternative sinon encaisser en silence les quolibets de tous : marseillais, lensois, beaux esprits, bien-pensants, anti-footeux, femmes, LICRA, guignols, … Bref, de quoi vous donner envie, des fois, de rejoindre les Boulogne Boys pour aller haïr en paix le reste de la planète.

Et puis, brutalement, depuis que l’équipe de la capitale, s’est incrustée à une belle 19ème place, les « mouches changent d’âne » et les beaux esprits susnommés se mettent à déplorer la descente prévisible du club haï, « au nom de l’intérêt du football français ». C’est que tout le monde a fait ses comptes. Paris, en tant que club unique de l’élite francilienne (soit un bassin de supporters potentiels de 10,4 millions d’habitants) est la première audience de la France du Football. Le PSG est le club le plus diffusé par Canal+ (plus que l'OM ou l'OL). A titre, d’exemple, le dernier OM/PSG a rassemblé 2,3 millions de téléspectateurs, soit 45% des abonnés de la chaîne cryptée. Si l’on ajoute les diffusions en Coupe de France, Coupe de la Ligue, Coupe de l’UEFA + TeleFoot, il est difficile de trouver une chaîne (de TF1 à Paris Première) qui ne trouve pas son compte à la présence du PSG au sein de l’élite. Et puis, pas de bol, cette saison correspond justement au lancement de l’appel d’offre pour la diffusion du championnat de France pour la période 2008-2011. Canal+, qui a perdu avec le rachat de TPS, une bonne raison de surenchérir, va pouvoir consacrer tout son argent aux exclus de Desperate Housewives, Saison 4 ou du championnat du monde WBFAXT, catégorie Super Walter. Bref, quand Aulas déclare « pour le Football Français, il est indispensable que le PSG reste en Ligue 1 », il n’est pas uniquement dans le domaine de l’affrontement symbolique.

Le pire, c’est que le monde du football étant petit, il n’est pas du tout impossible que cette trouille des dirigeants et des financiers n’affecte pas le corps arbitral. Insidieusement, bien sûr. La corruption, tout comme le dopage, est réservé aux autres. On pourrait ainsi de nouveau mettre en avant la « malchance » du PSG depuis le début de saison où les aléas des décisions d’arbitrage avaient « défavorisé » l’équipe de la capitale (les tirages de maillot de Yepes punis de penalties, Cissé impuni, Frau condamné à perpet, …). Tout cela méritant « compensation » bien sûr. Et puis, pour l’intérêt du championnat…

Et bien, moi, je dis non. J’ai beau soutenir le PSG de tout mon cœur, j’aime trop ce club pour le voir sauvé autrement que par ses mérites propres. Si le foot reste beau, en dépit de l’argent qui y coule, des schémas tactiques dignes du jeu d’échec, de ses supporters racistes et bornés, c’est justement grâce à ça : un gamin des favelas ou un club d’une petite cité du nord de la France peuvent humilier les riches et les puissants. Une bande de tocards décriée peut se prendre, l’espace d’une douce soirée d’été, pour les dieux de l’Olympe, et même les français peuvent gagner une grande compet’ face aux armadas d'Amérique Latine ou d'outre-Rhin. Alors, non, le PSG n’aura pas de traitement de faveur, il vaincra en héros face à Nantes ou Lorient ou mourra en brave…avant d’ajouter peut-être, dès la saison prochaine, une ligne à son glorieux palmarès, celle de champion de L2 !

Aristotelicien

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Footballistico est un club d'amis dont le but est d'apporter un regard original et décalé sur le football. Une lampée de tactique, une pincée d'ironie, un peu d'économie du sport, une dose d'histoire et un glaçon de respect pour le rugby et l'Argentine, secouez et c'est parti pour un blog à la fois populaire et élitiste.

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