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jeudi 21 août 2014

Bordeaux - Monaco : un seul être entre en jeu et tout est repeuplé


Le dispositif en début de seconde période
Il est toujours amusant de constater qu'un simple changement tactique peut changer le cours d'un match. Et, paradoxe, c'est en remplaçant son avant-centre par un milieu de terrain que les girondins sont devenus une équipe offensive. Voyons cela.

Les 2 équipes se présentaient en 4-4-2 au stade Chaban-Delmas, dans sa version à plat, avec Sala derrière Diabaté pour les girondins, en version losange avec Ocampos à la tête de celui-ci. Jardim avait changé la moitié de l'équipe qui avait été défaite à Louis II par Lorient la semaine dernière, incorporant dans son 11 titulaire Germain, Toulalan, Fabinho, Elderson et Raggi.

Les monégasques dominaient la possession dès l'entame du match : leur milieu à 4 faisait tourner sans rencontrer d'opposition au centre du terrain. Sala avait bien comme instruction de descendre pour marquer Toulalan mais Moutinho et Kondogbia n'avaient la plupart pas d'opposant avant les 30 mètres Bordelais. Heureusement pour les locaux, Monaco ne fut pas très performant offensivement. Le côté gauche (Elderson / Kondogbia) était assez inoffensif. Ocampos, à la tête du losange, se montra assez peu à l'aise. Il tenta plutôt des percussions mais fut bien pris par Sertic. Seul Valère Germain, en se décalant constamment, introduisit de la variabilité dans le jeu de l'ASM. C'est justement sur un décalage de Montinho, que Germain centra pour son compère d'attaque, Berbatov, pour un coup de tête de renard.

Fin du premier acte.

Le coup de génie de Willy Sagnol fut de faire entrer Jaroslav Plasil à la pause et de transformer son dispositif en 4-3-3. Le tchèque est un joueur sobre et économe mais intelligent tant dans son placement que dans l'orientation du jeu. En 25 passes à peine, il changea le cours du match.

L'entrée de Plasil eut des effets qui détruisirent le dispositif Monégasque :

  • Bordeaux va rééquilibrer les débats au centre du terrain : les milieux latéraux de l'ASM n'avaient plus d'espace. Les girondins ont d'ailleurs su faire un pressing serré en fermant les possibilités de passes.
  • Effet collatéral de cette fixation, les girondins se retrouvaient dominateurs sur les ailes, souvent en 2 (Rolan + Faubert/ Contento + Maurice-Belay) contre 1. Les locaux surent exploiter l'un des défauts du 4-4-2 losange : son manque de latéralité.
  • Surtout, et cela allait devenir l'élément clé de la rencontre, Kharzi, jusqu'à présent obligé d'être très sage derrière, se projetait vers le camp monégasque (cf. schéma)
Le positionnement de Khazri : première mi-temps (à gauche) vs seconde mi-temps, à droite
En face, Jérémie Toulalan se retrouvait sans adversaire direct pour orienter le jeu, Sala étant seul devant et du coup déchargé de ses tâches défensives. Malheureusement, les solutions de passes bloquées (cf. plus haut) et la répugnance du 6 monégasque à se projeter ont empêché les visiteurs de bénéficier de cette situation.

Les buts bordelais sont à l'image de cette configuration introduite par l'entrée de Plasil :

  • sur le premier but, Faubert déborde et centre sans opposition vers Contento (le second latéral, c'est dire la crainte qu'inspirait les contres par les ailes monégasques). A noter que sur le centre, 5 girondins sont dans la surface.
  • sur le second, le pénalty (généreux) sur Khazri est causé par un déboulé de Contento, qui passe à Sala dans la surface, qui remet à Maurice-Bellay, libre de tout marquage sur l'aile gauche.
  • sur le troisième, c'est une faute de Kondogbia sur Rolan sur l'aile droite qui déclenche le coup franc à l'origine de la tête de l'uruguayen (probablement hors-jeu).
  • le dernier but viendra récompenser Khazri de son activité incessante pendant toute la seconde période et mettre en exergue les errements d'une défense monégasque quelque peu aux abois.
Bien sûr, la victoire est flatteuse car Bordeaux a bénéficié de décisions arbitrales favorables... mais surtout de la passivité de Leonardo Jardim. Le coach monégasque a laissé son équipe sombrer avant d'effectuer un changement poste pour poste (Falcao pour Germain). Lorsque le premier changement tactique intervient (70ème), l'ASM est menée 3 à 1. La messe était dite. 

Conclusion : derrière Bielsa, Leonardo Jardim était la nomination la plus médiatique de l'intersaison. Ces 2 coachs se retrouvent "pires nouveaux entraîneurs de L1", à la 17ème et 19ème place du championnat, respectivement. Le meilleur est Willy Sagnol. Si Bielsa a des idées et du temps, Jardim devrait lasser rapidement la patience de l'actionnaire principal du club, si le chaos (notamment défensif avec 1 carton rouge et 3 pénaltys en 2 journées) constaté dans les 2 premières rencontres perdure. 

lundi 2 septembre 2013

OM - Monaco : le règne du prince Ranieri ?



En termes d'équipe, l'AS Monaco est un curieux animal composé de stars (Moutinho et surtout Falcao), de vieux briscards (Carvalho, Abidal, Toulalan) et de jeunes formés au club ou achetés à l'étranger car "prometteurs" (Fabinho, Ocampos, Pi, Kurzawa).

Bref, un attelage étrange. C'est peu dire que sous la houlette de Claudio Ranieri, la mayonnaise a déjà pris et que, globalement, les monégasques se sont montrés supérieurs à de très bons marseillais.

L'OM de son côté, se présentait avec un dispositif identique à la saison dernière même si certains changements à des postes clés (Payet, Mendy, Imbula) démontrent  l'activité de Vincent Labrune sur le marché des transferts cet été.

Les 2 équipes affichaient un 4-2-3-1 mais en livraient une version très différente, à cause de leur animateur au centre du trident offensif : 

  • Valbuena, côté marseillais est un "ailier central". L'objectif est de porter le surnombre alternativement de chaque côté.

  • Moutinho est un N°10 plus classique qui se concentre sur l'animation depuis le centre du terrain.
    Moutinho : présent sur tout le terrain
    Valbuena : le "central winger"




Après quelques minutes de jeu marquées par les blessures de Diawara puis de Toulalan, l'OM imposait son rythme et son jeu sur les côtés aux visiteurs. L'ASM paraît au plus pressé mais se retrouvait souvent en infériorité numériques sur les ailes (3 contre 2) et l'OM concrétisait de nombreux centre. Cependant, l'OM se retrouvait face à un problème, ces centres ne trouvaient pas preneur à cause d'un manque de présence dans la surface. Gignac devait se débrouiller seul avec Abidal et Carvalho sur le dos. Aucun des 2 milieux défensifs marseillais ne prenait d'initiative, focalisé sur la perturbation du lien Moutinho / Falcao et la couverture du latéral (Fanni / Mendy), parti à l'assaut de son aile. Souvent pressés et perturbés par le rythme des marseillais, l'ASM ne céda jamais à la panique mais proposa peu. 

  •  Falcao : la déception monégasque de la première mi-temps. Le colombien, souvent, dut décrocher pour venir toucher le ballon et donner un peu de liant aux actions monégasques. Mais problème, sans support proche, à 45 mètres dos au but, il ne pouvait terminer ses actions que par une timide passe en retrait.

Dans ce schéma, il est donc logique que l'OM marque sur un coup de pied arrêté. Les locaux menaient 1 à 0 et au vu de leur première période et c'était mérité.

Evidemment, le but pris dès le retour des vestiaires fut une catastrophe, vu du côté marseillais s'entend. Si l'on peut attribuer le but de l'ASM à une faute d'inattention, on peut aussi mettre en lumière la présence de Moutinho ET Falcao ensemble à 10 mètres du but de Mandanda, ce que l'OM n'était jamais parvenu à faire.

Afin d'éviter une autre déconvenue, l'OM se rua à l'attaque et effectue un pressing plus haut. Pendant encore 10 minutes, l'ASM fut étouffé et cette bonne période phocéeene se conclut par l'occasion d'Ayew sur le poteau. Mais la technique monégasque allait peu à peu prendre le dessus grâce à 3 phénomènes :

  • Un  bagage technique et une maîtrise incroyable de la passe de l'intérieur du pied  (le geste le plus facile et le plus difficile du football
  • Le pressing marseillais qui découvrait l'arrière-garde et offrait des espaces
  • Enfin, l'entrée de Rivière. Confronté à un pressing haut, son profil de joueur d'espace était plus précieux que celui de Falcao. 
Dans les fait, l'OM ne tentera plus une frappe  après la 53ème minute. Pendant ce temps, Monaco se créait des occasion énormes, notamment sur des passes perforantes :

  • 63ème, Kurzawa met une tête sur le poteau, sur corner,
  • 65ème, Ocampos trouve Falcao tout seul dans la surface, qui manque son contrôle,
  • 75ème, Ocampos met une frappe de mule détournée par Mandanda,
  • 76ème, Rivière manque une première occasion, en profondeur.
Après le second but de Rivière, l'OM n'avait plus les moyens physiques de réagir : peut-être Elie Baup aurait-il dû effectuer ses 2 derniers changements avant mais toujours est-il que les phocéens avaient subi une démonstration en seconde période et qu'ils ont touché leurs limites : un jeu qui est devenu trop stéréotypé et une paire du milieu dont l'apport offensif est trop faible.

Quant à Monaco, Laurent Blanc a dû rêvasser dimanche soir devant sa télé : ah, si j'avais Ocampos à la place de Pastore...ah, si j'avais le talent de Ranieri...

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