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mercredi 2 septembre 2009

Equipe de France - Anti-Direct 8

Pendant cet été, Direct 8 a eu la bonne idée de rediffuser les matches glorieux de l'équipe de France : l'épopée 1998, celle, plus récente de 2006, la finale gagnée de l'Euro 1984, celle de 2000, tout ça, quoi. A footballistico, nous avons eu envie de vous faire revivre les matches les plus piteux de nos bleus, ceux après lesquels, on aurait voulu émigrer en Belgique, en Bulgarie ou dans un pays qui ne joue pas au foot. Forcément subjectif, notre classement obéit à 3 critères. Il doit être lourd de conséquence, face à un adversaire de préférence médiocre et être vraiment calamiteux dans le jeu. Ainsi, nous avons éliminé les matches perdus de la demi-finale de 1982, à Séville ou la finale de 2006, tristes mais glorieuses cependant. Voici notre florilège, notre "worst of", notre programmation "anti-direct8".

1 - France - Bulgarie : 1 - 2 (Parc de Princes - 17 Novembre 1993 - Éliminatoire CM 1994) : le but de Kostadinov à l'ultime minute hantera pendant les siècles des siècles le football français et Eric Ginola. Traversée de tensions internes, l'EdF correspond parfaitement à celles qu'on ne souhaite plus voir : des individualités brillantes (Cantona, Ginola, Papin) mais jouant séparément voire les unes contre les autres (parisiens contre marseillais) et incapable de conserver un résultat. On préfèrera ensuite un bonne escouade de bûcheurs limités mais accrocheurs. Traduction en forme de rédemption, le traumatisme était si grand que l'Edf de Jacquet gagna en 1998 avec un jeu défensif et limité où la seule option tactique était de passer la balle à Zizou. En 1 minute, la France avait donc gagné 30 ans de maturité tactique. Ça valait bien la peine de supporter l'horrible Hristo Stoichov frimer jusqu'en demi-finale de la World Cup ainsi que les commentaires TV d'Eric Cantona.

2 - Chypre - France : 1 - 1 (Eliminatoires Coupe du Monde 1990 - Limassol - 22 Octobre 1988) - Les années en 8 sont alternativement très bonnes (1958, 1978, 1998) ou très mauvaises (1968, 2008). Et donc 1988 ne fait pas exception à la règle. A Limassol, les bleus coachés par Henri Michel livrent un pensum et ramènent un point du match nul, qui leur donne un départ catastrophique dans ces éliminatoires, confirmé par la suite. Car, on l'oublie top souvent mais les 2 premières coupes du monde des années 90 se sont jouées sans les français.

3 - France - Danemark : 0 - 2 (CM 2002 - Incheon - 12 Juin). Après la défaite inaugurale face au Sénégal et le concours de faucheuses avec l'Uruguay, les français ont encore une micro-chance d'accéder aux 1/8ème de finale, s'ils battent les danois. Avec le retour de Zizou, enfin remis à la cuisse tout est possible. Malhereusement, les danois sont plus coriaces que prévu et marquent grâce à Tomasson et Romedahl : Larqué invective Candela et le web se déchaîne de façon rigolote sur les protégés de Roger Lemerre (la position des bleus dans l'avion de retour), dont c'est le dernier match en tant que sélectionneur.

4 - Yougoslavie - France : 5 - 1, (1/4 de finale Euro 1968 - Belgrade) : Décidément, l'année 68 est maudite. A l'époque l'Euro se joue en matches aller-retour, avant les demi-finales. Les français font match nul à Marseille mais se feront écraser par des yougos survoltés à Belgrade 2 semaines plus tard. 4 buts dans la première demi-heure. Les français ne s'en remettront pas avant 1978.

5 - France - RDA : 0- 1 (éliminatoires de l'Euro 88 - 18 Novembre 1987 - Parc des Princes). On l'a aussi un peu oublié mais la France post-Platini a vraiment connu un coup de mou. Témoin, cette lamentable campagne de qualification pour l'Euro 88, où la France récoltera 6 points en 8 matches, avec 1 seule victoire à la clé face à des ogres comme l'Islande, la Norvège et, donc, la RDA. Point d'orgue de cette série, le dernier match de qualification oppose une nation qui allait bientôt disparaître à des footballeurs français qui, eux aussi, ont sombré dans l'oubli (José Touré, Ayache, Fargeon). Le crépuscule des lopettes.

6 - France - Israel : 2 - 3 (Match de de qualification pour la CM 1994 - 14 Octobre 1993 - Parc des Princes). Avant Kostadinov, il y eut Israël. La France la joue facile. Malheureusement, les israeliens s'accrochent; La France prend l'avantage grâce à une merveille de frappe enroulée de Ginola. Papin rate 3 occases de 3 - 1. Berkovich et Atar, à l'ultime minute de jeu (déjà...) permettent à Israël d'arracher la victoire. Michel Platini traitera ce match de "pire résultat de l'histoire du football français". Le ver est dans le fruit : les bulgares n'ont plus qu'à ajouter leur yoghourt pour une grosse indigestion.

7- France - Pays-Bas : 1 - 4 (Euro 2008 - 13 Juin - Berne). Tous les joueurs qui sont aujourd'hui les rebuts du Real ont marqué ce soir là. La France pourra gloser pendant des années sur la "réussite de Robben, qui 99 fois sur 100 loupe son tir" (le 3ème but), celui-là est au fond, condamnant Coupet à couper les citrons pour Mandanda et Lloris. A l'époque, tout le monde voit les Pays-Bas gagner l'épreuve. Pas de bol, ils sont éliminés piteusement par la Russie, juste après... Trop fatigués par les français, sans doute.

8 - France - RFA - 1/2 finale CM 1986 - 0 - 2 Un adversaire de valeur mais une revanche montée en mayonnaise qui débouchera sur un non match des bleus. Platini, diminué, ne peut rien pour ses co-équipiers physiquement éprouvés après le 1/4 gagné contre les brésiliens à l'issue des pénaltys. Brehme a marqué dès la 9ème minute et les français courent après le score pendant toute la partie. Pas de bol, c'est Völler (le bien nommé) qui clôt la marque...

9 - France - Norvège 6 Novembre 1968 - Qualification CM 1970 : 0 - 1 . L'année 1968 ne fut pas terrible que pour les CRS. Ce sont les années noires d'une EdF, sans idées, sans joueurs talentueux, sans palmarès avant la renaissance platinienne. Les amateurs norvégiens viennent rafler la mise à Strasbourg. Ce seront les seuls points des Norvégiens. Trop bête, la France est éliminée.

10 - A vous amis lecteurs de trouver le N°10 : France - Danemark 1992 ? France - Grèce 2004 ? France - Roumanie 2009 ? A vos claviers. Et n'oubliez pas : le pire match est celui que l'on n'a pas encore perdu.

Footballistico

mardi 27 mars 2007

Le bal des maudits (3)


Zico : le "pelé blanc" possède la réputation d’être le meilleur joueur de tous les temps à n’avoir jamais gagné une coupe du monde. Certes, cet élégant N°10, doué à la fois pour organiser le jeu car avec sa vista sans égale, est surtout connu pour avoir marqué dans toutes les positions possibles avec toutes les parties du corps autorisées (dont les 2 pieds). Malheureusement, tous ses talents se purent résister à des choix de carrière médiocres et une fragilité dans les moments importants. Même s'il a connu un franc succès dans le championnat brésilien (4 fois champion avec son club de Flamengo) il ne parvint pas à réitérer son succès local à l'étranger. Il fut transféré à l’Udinese entre 1983 et 1985 mais échoua pour le titre de meilleur buteur face à Michel Platini et ne remporta aucun titre.
Mais les moments clé pour Zico, son chemin de croix, fut les coupes du monde. Aucune de gagnée, aucune finale : un désastre. Surtout, si l’on observe les conditions des éliminations.
- 1978 : la qualification pour la finale se jouait en poule de 4. Le Brésil semblait sur de lui après ses 2 victoires face au Pérou et à la Pologne. Mais il ne put se défaire de l’Argentine (0-0) et celle-ci battit le Pérou 6 – 0 dans l’ultime match, privant la Seleçao de finale au goal-average (cette rencontre a d’ailleurs fait l’objet d’une controverse animée même si les intéressés ont toujours nié). Zico ne marqua qu’un but sur penalty… Il ne sait pas encore que ce sera son meilleur mundial.
1982 : « l’une des meilleures équipes brésiliennes de tout les temps » (donc, en fait à chaque coupe du monde) tombe en ¼ de finale face à l’Italie de Paolo Rossi. Ce matche symbolise pour les brésiliens « le talent face à la tactique ». Il montre surtout que la défense brésilienne est encore une fois à côté de ses pompes. Sur les 3 buts, Rossi se retrouve 2 fois seul face au gardien et le 3ème est issu d’une interception à 40 mètres. Zico met une merveille d’extérieur à Socrates pour le premier but brésilien mais c’est du banc qu’il assistera à la défaite des siens.
1986 : On reprend la « meilleure équipe brésilienne de tous les temps » à laquelle on ajoute quelques années et l’on recommence. Les brésiliens se baladent tranquillement dans leur poule avant de faire taire les quelques critiques grâce à retentissant 4-0 face à la Pologne en 1/8ème de finale. En quart, ils se retrouvent face à la France (qui n’est pas encore leur pire ennemi). Les français jouent en passes courtes alors que les brésiliens font parler leur explosivité avec leurs 2 pointes Careca et Muller. Les auriverde vont rapidement prendre la direction des opérations (but de Careca) mais les français ne s’en laissent pas compter et égalisent grâce à un but de Platini avant la mi-temps. Les brésiliens auront les occasions les plus nettes durant la seconde mi-temps, surtout après l’entrée en jeu de Zico. Sur son premier ballon, celui-ci adresse un amour de passe de l’extérieur du pied (une manie, décidément)à Branco de 35m, paf, celui-ci est fauché par Joël Bats. Dans une scène devenue célèbre, les brésiliens se congratulent dès le coup de sifflet. Zico est préposé et... Bats arrête, les brésiliens loupant même la reprise. Durant les 15 minutes qui restent à jouer, Zico est partout, à la baguette pour l’inévitable Careca ou à la conclusion d’un centre de la tête à 5m du but. Bats, qui a brûlé un cierge sur le Christ du Corcovao stoppe encore. La séance de penalty qui s’annonce est restée dans les mémoires. Bellone marque (après poteau rentrant sur le gardien), Socrates manque, Platoche manque, Luis marque (Zico aussi) et les français sont en demi. Décidément, il était écrit que Zico échouerait au Mundial… Le reste, une fin de carrière dans un club japonais, un part-time job au ministère des sports brésilien est une simple anecdote. Zico est coach aujourd’hui (Fenehrbaçe, tiens, comme notre Nico) : on lui souhaite plus de réussite qu’en tant que joueur.

Demain, dernier maudit : David Ginola.

Aristotelicien

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