Affichage des articles dont le libellé est Sneijder. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Sneijder. Afficher tous les articles

dimanche 10 juin 2012

Euro 2012 : premier coup de tonnerre dans le ciel Oranje

L'escouade de Van Marwijk a perdu 0 à 1 et c'est le premier coup de tonnerre de l'Euro. 

Même si tous les commentateurs vont s’appesantir sur l'incapacité des individualités des Pays-Bas à jouer ensemble, le performance notamment défensive des danois fut juste superbe. Certes, les Oranje ont en un nombre incroyable de tirs (27 + 5 contrés) mais la plupart d'entre eux furent non cadrés (22 !). Dans les faits, les coéquipiers de Sneijder ont eu 6 occasions véritables et les danois ont cadré autant de tirs. Pas écrasant, donc.

Les 2 équipes présentaient leur XI attendus : la seule demi-suprise était la tittularisation de Jetro Willems en tant qu'arrière gauche. 

Le match commençait sur un tempo élevé, les pays-bas pressaient haut afin de se mettre rapidement à l'abri. Les 20 premières minutes furent extrêmement longues pour les Danois, avec notamment une superbe action de Van Persie, un tir d'Afellay et une longue balle pour Sneijder dans la surface. De façon étonnante, les danois ne défendaient pas à 10 mais ont conservé leur calme :

  • Bendtner, Rommehdal et Krohn Dehli restaient assez haut sur le pré, fixant Van Der Wiel et Jetro Willems,
  • les danois baissaient le tempo du match en se faisant des passes derrière afin d'attirer les Oranje. A une exception près, le pressing hollandais n'allait pas se révéler payant (le poteau de Robben sur une perte de balle du gardien),
  • les danois réussissaient à isoler Robben à droite. La défense de Poulsen face à lui fut particulièrement remarquable. Le latéral danois a notamment constamment anticipé le repiquage de l'ailier hollandais en demeurant décalé derrière lui en phase défensive. 

Sneijder se porta majoritairement de l'autre côté, celui d'Afellay. Côté hollandais, il fut le grand bonhomme du match avec pas moins de 10 passes ayant conduit à des occasions ou des tir.

Assez vite, les Pays-Bas allaient cependant céder à leur péché mignon, le manque d'implication défensive. Le 4 de devant ne pressait plus, voire manquait de discipline dans le replacement.

C'est ainsi que le premier but danois arriva. Poulsen et Krohn Dehli possédant tout le temps d'effecteur un redoublement, sur une touche, tandis que Robben ne s'était même pas replacé. L'ailier danois exposa aussi toute la lenteur d'Heintinga.

A 0-1, une équipe de Hollande "normale" n'aurait pas eu à trembler. Mais les danois ne baissèrent pas pavillon pour autant, combinant intelligemment, multipliant les passes et donnant des sueurs froides sur leur côté gauche. 50% des actions danoises et 6 tirs sur 8 sont venus de ce côté au fur et à mesure que Robben s'isolait devant.

Seconde mi-temps

La seconde période n'allait pas modifier l'équilibre des forces. Les pays-bas dominaient et multipliaient les tentatives (souvent depuis l'extérieur de la surface) mais sans trouver la solution. Kjaer et surtout Agger multipliaient les tacles et les interceptions.

A noter que si la domination des Pays-Bas fut réelle, elle ne fut pas écrasante (55% de possession, 100 passes de plus que les danois). Et, on avait souvent droit à de nombreuses périodes de jeu viking au milieu de la domination Oranje.

Le premier changement (double) n'intervient qu'à la 71ème minute : Van Der Vaart remplaçait De Jong et Huntelaar, Afellay. Les Pays-Bas passaient donc en 4 - 4 - 1 - 1 avec Sneijder décalé nominalement sur la gauche et Van Persie reculant derrière Huntelaar. Cette fois, Morten Olsen décidait de défendre plus franchement en sortant leur meneur Eriksen pour Schöne et l'énergique Mikkelsen à la place de Rommedahl. Les Pays-Bas manquaient d'énergie pour assurer un pressing suffisant même si Sneijder distillait encore 2 ballons pour des occasions de Huntelaar.


Conclusion : le "groupe de la mort" pourrait bien porter son nom pour les Pays-Bas. Ceux-ci joueront leur vie face à des allemands peu suspects de compassion. Hier, ils ne furent pas catastrophiques mais quelques défaillances individuelles (Van Persie) alliées à l'intelligence défensive des danois les a condamné à l'exploit.

dimanche 3 juin 2012

Euro 2012 : les Oranje, trop de talents dans une seule équipe ?

Depuis la finale de la coupe du monde 2010, l'équipe de Pays-Bas a acquis une maturité encore plus forte. La plupart de ses joueurs parviennent à l'âge d'or des footballeurs (27-28 ans). Certains des cadres, notamment devant (Van Persie, Huntelaar), ont réalisé la saison la plus aboutie de leur carrière et les Oranje se sont baladés pendant les qualifications et les matches amicaux à une exception près, sur laquelle on reviendra.

La principale difficulté de Bert Van Marwijk, comme toujours, est de faire le tri des talents devant et d'équilibrer son équipe pour que son back four, le point faible de la sélection, ne se retrouve pas trop à découvert.

Si l'on en croit les derniers matches amicaux, les préférences du coach hollandais sont claires :

  1. L'équipe affiche un 4-2-3-1 où l'inamovible duo Van Bommel et De Jong est en charge de stabiliser l'équipe,
  2. Van Persie sera titulaire devant, Huntelaar est un joker,
  3. Les clés du jeu sont confiées à Wesley Sneijder, en net regain de forme,
  4. Enfin, sur les côtés, outre Arjen Robben, Ibrahim Affelay semble avoir pris le dessus sur Kuyt, ce qui confère une touche un peu plus technique.
En termes de style de jeu, les Hollandais oscillent entre une rapidité très grande en contre et un jeu par les ailes. Dans le cas de ce jeu de possession, Van Bommel et De Jong distribuent le jeu depuis le milieu de terrain. Dans ces 2 configurations, l'homme clé est est Robben, qui jouit d'une très grande liberté dans l'équipe. Il peut jouer à gauche (donc sur son vrai pied), à droite (ailier inversé) et il est souvent cherché en première intention par ses co-équipiers.

A noter que Van Bommel et De Jong sont très prudents dans leur placement et viennent assez peu supporter le 3 - 1 de devant. Ceux-ci éprouvent de leur côté une relative réticence à défendre, à l'exception d'Affelay. En conséquence, l'équipe est souvent coupée en 2. Van Bommel, notamment, à 35 ans, fait rarement le piston. Seul l'arrière droit, Van Der Wiel vient soutenir ses attaquants.

Enfin, on peut noter l'efficacité remarquable des Oranje sur coup de pied arrêté et les centres.

Défensivement, les oranje, sans être indécents, sont plus vulnérables. La charnière Heitinga/Mathijsen est lente. Si Van Der Wiel est efficace à droite, c'est le poste d'arrière gauche, qui pose le plus de problème aux Oranje. Van Bronckhorst n'a pas été remplacé et Marwijk positionne sur ce poste des arrières centraux (Bouma, Boularhouz) ou un tout jeune (Jetro Willems).

A noter qu'à 2 exceptions près (Affelay, donc et l'arrière gauche), cette équipe est la même que celle qui échoua en finale de la coupe du monde, face à l'Espagne.

Et c'est bien là le problème. Si les Oranje n'éprouvent aucun problème à mettre des raclées aux petites équipes, le 4 - 2 - 3 - 1 conservatif de Van Marwick empêche les Pays-Bas de dominer le jeu face à des équipes plus joueuses. Et le back four hollandais n'est pas assez solide pour absorber la pression pendant 90 minutes.

La défaite subie face à l'ennemi héréditaire, l'Allemagne (3 - 0) en Novembre a bien montré les limites de la tactique du coach Oranje. Dominé dans la possession, sevré de ballons, dépassés par la vitesse de Muller et Ozil, les pays-bas n'avaient pas pesé lourd, ce jour là. On peut aussi citer le match face à l'Angleterre où les Anglais avaient remonté 2 buts avant de s'incliner 3 à 2.

Pourtant, les Pays-Bas pourraient sans doute faire mieux. Lors des matches de qualification face à la Suède, Van Marwick avait positionné Van Der Vaart comme un créateur situé bas aux côtés de Van Bommel : résultat 4 - 0 en moins d'une heure de jeu et des suédois dépassés.

Conclusion : situé dans le "groupe de la mort", avec l'Allemagne, le Portugal et la Danemark, les Pays-bas devraient s'en sortir... pour arriver au moins en demi-finale et perdre face à l'Espagne et l'Allemagne... à moins que, forcé par le destin (une défaite en ouverture), Van Marwijk soit obligé de réagir en sélectionnant ensemble les éléments les plus brillants de son football.

Footballistico

lundi 7 février 2011

Inter - Roma : 4-3-1-2 vs 4-3-1-2 = un spectacle incroyable

Oubliez les rigolos qui vous disent que la Premier League est le meilleur championnat du monde.Méprisez ceux qui vous mentionneront comme match référence à 8 buts du week-end le médiocre Newcastle - Arsenal. Le championnat le plus passionnant à l'heure actuelle se trouve de l'autre côté des Alpes : il est disputé, indécis et au moins 7 équipes (Milan, Inter, Naples, Udinese, Roma, Lazio et Palerme) proposent un jeu construit et alléchant. Chacune d'entre elles (à l'exception peut-être de la Roma, depuis la semi retraite de Totti) possède au moins dans ses rangs un joueur "fuoriclasse" (respectivement Ibra, Sneijder, Cavani, Sanchez, Hernanes et Pastore), des dispositifs tactiques hétérogènes et originaux (footballistico est particulièrement fan du 3 - 4 - 3 de Naples mais le 3 - 5 - 2 d'Udinese n'est pas mal non plus) et d'entraîneurs que ne rebute pas la science tactique et, même, pourquoi pas, l'attaque.

En 1 an, donc, l'Inter est passé d'une mentalité souvent attentiste allié à un killer instinct en contre (Mourinho) à un Leonardo qui a décidé de jouer l'offensive, parfois à tout va. La Roma a dû digérer un Totti vieilli et a confié les clés du jeu offensif à Jérémy Menez. Les 2 équipes avaient donc le même dispositif et des similitudes dans le jeu parfois troublantes même si le style d'animation offensive ne saurait être plus différent.

- les 3 de la Roma (Borriello, Vucinic et Menez) permutent sans arrêt et jouent avec une fluidité assez impressionnante. Mais la plupart du temps, ces 3 là étaient seuls (suffisant parfois pour semer la panique dans l'arrière garde milanaise). Simplicio et le latéral droit Cassetti étaient les seuls à venir parfois leur prêter main forte.
- au contraire, l'Inter attaque plus en nombre (les latéraux, Maicon et Zanetti ainsi que Kharja se mêlent plus souvent au jeu offensif mais les 3 de devant (Sneidjer, Eto'o et Pazzini) évoluent dans des positions plus immuables. Seul Eto'o possédait la licence de tourner autour de son avant-centre.
- les 2 équipes faisaient également montre d'une étonnante faiblesse au niveau du 6. La réponse tactique évidente face à Menez / Sneijder est de positionner un "destructeur" assez bas afin d'annihiler leur apport offensif. De ce côté, ni De Rossi, ni Thiago Motta ne sont dignes d'un bon Makélélé pendant sa période de gloire et cela s'est vu pour notre plus grand plaisir. A ce titre, l'ouverture du score à la 3ème minute laisse rêveur, Sneijder est tous seul à l'orée de la surface et dispose de tout son temps pour ajuster sa (jolie) frappe.

La différence entre les 2 équipes allait se résumer à peu de chose : le tetraquista, l'homme-clé du dispositif est un joueur de classe internationale à l'Inter,qui exploita merveilleusement les ballons qu'il eut (1 but, 1 passe décisive et 2 avant-dernière passes, le tout en 70 minutes). Menez de son côté combina très bien mais le français ne se montra jamais décisif et il ne fut impliqué sur aucun des 3 buts romains.

A 3 - 1, l'expulsion de Burdisso allait précipiter le match, déjà très plaisant vers les rives de l'insolite. A noter, les choix de coaching de Claudio Ranieri, qui décida de sacrifier un Menez, déjà marqué physiquement, par un arrière central (logique) mais surtout ses 2 milieux latéraux (Simplicio et Perrotta) par des hommes frais. Ce choix allait redonner l'énergie à la Roma qui même menée 4 - 1, allait trouver les ressources pour revenir à 4 - 3 (sur 2 coups de pied arrêtés), avant qu'Eto'o (excellent hier) donne une offrande au méritant Cambiasso.

Les 2 équipes ont fait honneur hier à la Lega Calcio : qui a dit que le football italien était truqueur, ennuyeux et qu'il privilégiait systématiquement la défense ? Avis aux amateurs : les 2 adversaires d'hier sont en 8ème de la Ligue des Champions (face à Munich et à Donetsk). Toute absence  devant la TV ces soirs là serait impardonnable : comme punition un "replay" imposé OL - Girondins d'hier soir...

Footballistico

Qui sommes-nous ?

Footballistico est un club d'amis dont le but est d'apporter un regard original et décalé sur le football. Une lampée de tactique, une pincée d'ironie, un peu d'économie du sport, une dose d'histoire et un glaçon de respect pour le rugby et l'Argentine, secouez et c'est parti pour un blog à la fois populaire et élitiste.

Suivez nous aussi sur Twitter (footballistico)