mardi 14 septembre 2010

Analyse tactique d'avant-match : AC Milan / AJ Auxerre

Parmi toutes les rencontres de Ligue des Champions qui nous attendent pendant ces 2 journées, celle opposant le prestigieux Milan AC et la sympathique Association de la Jeunesse Auxerroise  apparaît, sur le papier, comme l'une des plus déséquilibrées. Le prestigieux club milanais face aux débutants Icaunais, le pot de fer contre le pot de terre, etc. Pourtant, Footballistico préfère s'appesantir sur cet affrontement que sur nos représentants plus solides, l'OM et l'OL, car le goût du risque tenaille notre rédaction.

Et, pour une fois, allons-y, osons carrément un pronostic kamikaze : Milan AC 1 - AJ Auxerre 2. Pourquoi et comment risquer cette côte à 500 contre 1 ? Voici les motivations de Footbetlistico.

1) Le Contexte. Le Milan vient de perdre contre Cesena (0 - 2). Pour bien comprendre la nature de cette défaite, il faut savoir que Cesena est un peu le Arles-Avignon transalpin : promu et 19 recrues.

2) L'analyse tactique. Les locaux possèdent une batterie de stars (Ronaldinho, Pirlo, Gattuso, Ibrahimovic, Pato, etc) impressionnante sur le papier. Cependant, Milan a aussi 2 problèmes : l'age de ses joueurs et leur complémentarité sur le pré.

Face à Cesena, le Milan s'est présenté en 4-3-3. Le 3 de devant était composé de Ronaldinho (à gauche), Ibra + Pato. Au milieu, et c'est peut être le plus intéressant, Pirlo est au milieu mais dans une position très reculée qui lui permet d'orienter le jeu. Devant lui, se trouvent Gattuso et Ambrosini. Les défauts de Milan sont de plusieurs natures. Tout d'abord, le 3 de devant travaille peu défensivement. Ibra a toujours été allergique au fait de presser, Ronaldinho a pris quelques années et Pato se contente de fixer son défenseur latéral. Plus bas, les problèmes sont les mêmes, les 3 du milieu ont dépassé leur prime jeunesse. En outre, Pirlo n'est pas un très bon défenseur ce qui pose des problèmes au centre quand Milan n'a pas le ballon. Notons cependant qu'à gauche, le coach Leonardo dispose d'une alternative avec Robinho.

Que faire face à Milan ? En un mot, c'est simple, du rythme et de la vitesse. Détaillons.

L'AJA va probablement se présenter en 4-4-1-1 à San Siro, système que Jean Fernandez semble favoriser depuis le début de saison, avec un attaquant décroché derrière Jelen. Le 4 de derrière ne fait guère de doute (Hengbart - Coulibaly - Mignot - Grichting). Pas de doute non plus sur les 2 du milieu (Pedretti à droite, Ndinga à gauche). Jelen en pointe, donc, et Oliech en ailier droit. Bien. Les 2 postes restant à pourvoir sont ceux du milieu gauche et d'attaquant décroché. L'absence de Roy Contout, suspendu est un vrai coup dur pour l'AJA car le gaucher pouvait grâce à sa rapidité terroriser ses vis-à-vis (Gattuso et Bonera). A sa place, on aura probablement l'occasion de découvrir Steven Langil. Car, et c'est notre pari, nous privilégions Valter Birsa en 9 1/2. Pourquoi ? Pour 2 raisons simples : sur ce match, le fait de neutraliser Pirlo sera important et Birsa, qui sera la joueur le plus proche du métronome italien est meilleur défenseur que Le Tallec. En outre, il est plus fin footballeur et pourra donc mieux orienter le jeu de contre vers Jelen / Oliech / Langil.

Le jeu d'Auxerre pourra donc déployer son jeu de contre selon 2 axes :
- un axe central Pedretti - Birsa - Jelen
- un axe à droite, soit le côté de Ronaldinho. Défendant peu, le brésilien a en plus tendance à dériver ver le milieu où il sera pris en charge par Pedretti. Cela devrait ouvrir des boulevards à Cédric Hengbart, qui s'est révélé capable de les prendre, avec son compère Oliech. Evidemment, si Robinho était titularisé, le scénario pourrait changer mais il n'est pas dit que le jeune brésilien soit encore apte physiquement. Et puis, il faudra saisir les occasions sur coup de pied arrêté comme face au Zenit.

Conclusion : Un match déséquilibré sur le papier. Mais pour peu qu'Auxerre ne soit pas trop impressionné et que les milanais ne marquent pas d'entrée, il est possible que nos gentils bourguignons raflent la timbale à San Siro en imprimant du rythme à une équipe vieillissante, qui est encore en tout début de championnat.

Quelques commentaires de nos valeureux héros après leur victoire :

Benoit Pedretti : ils nous ont pris pour des jambons, on leur a joué un tour de cochon.

Ireneusz Jelen : moi très content jouer ici, San Siro beau stade, bonne ambiance, Milan belle ville. Maintenant shopping avec femme. Mieux que Auxerre.


Jean Fernandez : cette victoire nous a pompé énormément de ressources physiques et mentales. Je crains énormément pour le match de Dimanche à Lille.

Footballistico

lundi 13 septembre 2010

OM - Monaco : Rémy, en futur sauveur ?

Le match d'hier a offert une opposition de style, de coaching et d'ambition. Il laisse un goût un peu inachevé tant les 2 équipes ont semblé riches d'un potentiel qu'elles n'exploitent pas totalement. A la décharge de l'OM, les indisponibilités d'Ayew, Diawara, Remy et Cissé ont empêché Didier Deschamps d'aligner son équipe type.

L'OM se présentait sur sa pelouse avec un 4-3-3 assez ambitieux avec Lucho à la baguette, côté droit, derrière une triplette d'attaquants Brandao-Gignac-Valbuena.

Monaco de son côté était dans un système un peu hybride entre 4-5-1 et 4-4-1-1. Les hommes clés du dispositif de Lacombe étaient Dieumerci M'Bokani, en 9 avancé et Niculae juste derrière. Les 2 ailiers Aubameyang et Park furent assez vite confinés dans des tâches défensives. Nous y reviendrons.

Le début de partie fut plutôt dominé par les Monégasques, au moins en termes de percussions, les 2 ailiers rouge et blanc prenaient bien la largeur et Niculae glissait lui aussi sur les côtés. Les monégasques procédaient pas passes rapides sur les aile et s'appuyaient sur M'Bokani, en pivot, qui parvenait sans trop de difficultés à se défaire du marquage des centraux. Le premier but (15ème), allait venir dans cette configuration : un dégagement vers l'avant-centre monégasque, qui échappait à Hilton et frappait. Son tir contré était suivi par l'attaquant roumain, qui marquait dans un angle fermé.

Le problème des monégasques à ce moment fut de se replier en priant pour sauvegarder ce résultat alors que Marseille s'exposait à leurs contres. M'Bokani était un joueur d'appui intéressant mais il lui est difficile de s'exprimer lorsqu'il est aussi isolé. De leur côté, les ailiers redescendirent pour s'acquitter de tâches défensives et l'on ne vit quasiment jamais Adriano et Muratori aux avant-postes. Marseille allait donc prendre la direction du jeu. Les locaux furent longtemps confrontés à un problème face à cette défense regroupée : le manque de complémentarité entre Gignac et Brandao. En 4-4-2, l'idée d'avoir 2 attaquants, l'un dans la profondeur, l'autre en appui a du sens. En 4-3-3... Notons que le Brésilien s'est acquitté de sa tâche avec conscience, délivrant un nombre impressionnant de centres (une constante marseillaise hier soir)...trop longs, alors que ses co-équipiers s'échinaient à plonger au premier poteau. Évidemment, la performance de Valbuena sur son côté droit qui avait l'avantage en outre de bénéficier de l'appui de Lucho, était beaucoup plus convaincante. Muratori, d'abord teigneux, finissait par prendre un carton et comme une conséquence, l'égalisation venait peu après, sur coup de pied arrêté. A noter que les 2 milieux défensifs monégasques, assez actifs, étaient très réticents à venir défendre sur les côtés ce qui poussait Marseille à attaquer sur les ailes et a donc généré un nombre de centres impressionnant (33 hier, un record cette saison)

Les Marseillais poussaient (tirs de loin, centres, corners) et les monégasques dominés s'en remettaient à la vitesse d'Aubameyang, qui faillit bien tromper Mandanda.

Le tournant du match allait survenir à la 72ème lorsque Guy Lacombe procéda à un double changement. Niculae et M'Bokani laissaient leur place respectivement à Igor Lolo (qui gagne chaque année le trophée du nom le plus rigolo de la L1) et Chris Malonga. Park montant à la pointe de l'attaque et Lolo devenant le milieu en soutien du 4-4-1-1. Cela signifie que l'on passait d'une attaque avec un avant-centre en pivot (avec plus personne vers qui pivoter depuis un bon moment) à un avaleur d'espace. Ce réajustement allait payer immédiatement, la défense marseillaise ayant mis du temps à prendre la mesure de la nouvelle donne tactique. But de Park, sur une relance d'Aubameyang depuis une action partie de la surface monégasque. Entre le tacle d'Hanson et le ballon franchissant la lign de but de Mandanda, 3 joueurs monégasques toucheront le ballon (comme sur le premier but) et moins de 12 secondes s'écouleront. On ne peut pas faire plus direct.

Dans la foulée, les marseillais inscrivaient un but (mérité) sur un centre de l'hyperactif Valbuena détourné dans ses filets par Adriano.

Toujours sur un centre, Marseille manquait l'estocade à cause d'une faute de Brandao sur Hanson. A noter que Marseille aura effectué 33 centres dans ce match, record à notre connaissance, cette saison en L1.

Que retenir de ce match ? Que les 2 équipes ont bien des raisons d'espérer une belle saison.
Étonnamment pour un match de L1, Didier Deschamps n'aura procédé à aucun changement sur le match. Ce manque de banc, causé par les blessures et les départs lui a sans doute coûté la victoire, tant un dispositif avec une solution alternative à Brandao à gauche (Rémy ?) aurait pu améliorer la complémentarité de l'attaque marseillaise. En outre, les erreurs de sa charnière centrale (Hilton / M'Bia) lui ont coûté les 2 buts. Là encore, avec Diawara, les choses auraient peut-être été différentes.

Guy Lacombe doit se dire de son côté que son équipe, en dépit de sa jeunesse, possède un potentiel offensif intéressant tant dans un dispositif conquérant (4-3-3) que calibré pour le contre (4-5-1 avec Park en pointe, qui nous semble plus à l'aise que M'Bokani dans cet exercice). Une faiblesse toutefois, les latéraux. Adriano et Muratori nous ont semblé peu à l'aise en situation offensive, ce qui est rédhibitoire en 4-3-3. Vivement Bonnard !

Footballistico

dimanche 12 septembre 2010

PSG - Arles-Avignon

Arles-Avignon arrivait au Parc des Princes nanti d'un buzz tenace de plus mauvaise équipe de L1 depuis des lustres, renvoyant Grenoblois, Messins et Strasbourgeois à leurs chères études. Ils se sont montrés dignes de leur réputation.

Disposés en 4-5-1, avec Meriem en soutien de Dja DjéDjé (passé par le PSG, Strasbourg et Grenoble !), c'est peu dire que le promu n'a rien montré de cohérent offensivement. Mais c'est défensivement que les sudistes semblent totalement dépassés, malgré sa charnière passée par le Real Madrid. Incapable de suivre les déplacements des attaquants parisiens, très faible sur leur flanc gauche, coupables de fautes bêtes à 20 mètres du but, ils ont grandement facilité la tâche de parisiens. C'est d'autant plus étonnant qu'on attendait une équipe avec certaines qualités individuelles mais des problèmes collectifs. En fait, ils ont des soucis tant collectifs qu'individuels.

De leur côté, les locaux se présentaient dans leur 4-4-2 à plat, avec Giuly et Chantôme en lieu et place de Sessegnon et Bodmer, suspendus. Edel et Armand reléguaient Coupet et Camara sur le banc, victimes des colères présidentielles.

C'est donc peu dire que les parisiens ont dominé. Avec(pour une fois) une possession de balle supérieure (56%), et des milieux incisifs, les parisiens terrorisaient l'arrière-garde Arlésienne, notamment sur le côté droit où la paire Giuly- Jallet se montrait particulièrement convaincante. C'est sur ce côté que la première action allait commencer avant de revenir sur Giuly, qui servait en profondeur Hoarau sur un petit ballon en cloche. Mauvais placement de la défense Arlésienne (2 parisiens seuls et pas hors jeu). But.

Sur un corner côté gauche, but de Sakho du plat du pied. C'est le premier but du PSG sur coup de pied arrêté et c'est à signaler.

En fin de mi-temps les locaux laissaient un peu venir Arles mais sans danger.

Les parisiens allaient enfoncer le clou à la reprise. Une faute un peu bête aux 20 mètres. Coup franc direct de Néné, but. Puis, belle action à gauche. But. Le PSG allait ensuite accumuler les occasions de but (ratées) par Hoarau, Erding (dont l'impuissance devant le cadre commence à devenir inquiétante), Giuly puis Kezman. Cela aurait dû se finir à 6/7 à 0. Ou 7-1, car les visiteurs eurent 2 occasions dont 1 sur corner, ce qui devrait encore engendrer des séances de travail au Camp des Loges.

Paris s'est un peu rassuré et Giuly se pose en alternative de plus en plus crédible à Sességnon au moins face aux équipes, supposées plus faibles.

Quant à Arles-Avignon, son entraîneur doit, paraît-il, "réfléchir à ce qui n'a pas trop fonctionné". Ca risque d'être long.

Footballistico

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