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mercredi 5 juin 2013

Quel rôle pour l'avant-centre dans la Ligue 1 2013 ?

A l'heure des bilans, une analyse rapide des meilleurs buteurs de L1 (supérieur à 10 buts) montre un certain nombre de phénomènes persistants qui montrent le rôle toujours clé de l'avant-centre.

Sur les 10 meilleurs équipes de L1, toutes (à l'exception de Bordeaux, 7ème) possèdent au moins un buteur au-dessus de 10 buts. L'immense majorité de ces joueurs sont des avant-centres, ou plus exactement sont les plus avancés de leur équipe, que ce soit en 4-2-3-1, 4-3-3 ou 4-4-2 (PSG, Lorient).  2 exceptions : Payet (LOSC), positionné ailier gauche, et Belhanda, derrière son attaquant à Montpellier. Il s'agit justement des équipes pour lesquelles 2 joueurs se partagent le titre de meilleur buteur. Notons qu'il s'agit plutôt d'un résultat par défaut :

  • pour Lille, Salomon Kalou a pallié l'inefficacité de Nolan Roux et de Tulio de Mello,
  • pour Montpellier, le départ de Giroud n'a été que partiellement comblé par Herrera et Charbonnier, Camara devant faire des piges, devant Belhanda, donc.
En synthèse, les entraîneurs de L1 cherchent toujours le "killer" devant et n'innovent pas de ce côté là. Les dispositifs en 4-6-0 (Roma 2007) n'ont pas pris en Ligue 1. Cela ne signifie pas que ces joueurs possèdent tous le même profil.

Footballistico en distingue 3 :
  •  Dario Cvitanich. Une catégorie à lui tout seul. L'argentin ressuscite une espèce que l'on croyait disparue : le renard des surfaces. Pas très grand, n'effectuant aucun travail défensif, l'argentin est en revanche redoutable dès qu'il touche le cuir à moins de 20 mètres. Un ballon qui traîne dans la surface ? Un coup franc mal repoussé ? Dario est là. Pas beau ? Pas très, c'est vrai. Mais, en L1, cela suffit, en s'appuyant sur une défense redoutable (plus, c'est vrai, Eric Bauthéac). Autre caractéristique de "super Dario", le faible nombre de passes décisives (2), de touches de balles (une vingtaine par rencontre) et un ratio incroyable de but sur frappes. Presque un sur 3 (un des meilleurs en Europe).
  • Les attaquants qui participent au jeu. Souvent présents dans des dispositifs en 4-4-2, ils profitent de leur aisance technique et de leur rapidité pour participer au jeu de l'équipe ou foncer sur l'aile, se décaler et centrer. Ils exécutent un grand nombre de passes décisives (8 ou 9) et leur nombre de touches de balles se situe également plutôt dans le haut de la fourchette. Outre Ibrahimovic, on peut citer Aliadière et Aubameyang. 
  • Les pivots. Ils se situent souvent très en avant de leur équipe, isolés, et servent de points d'appui lors des relances. Ils tirent assez peu mais la plupart du temps depuis l'intérieur de la surface, en se ruant dans la surface pour faire jouer leur physique. Leur pourcentage de buts de la tête est élevé (Gomis, Brandao, Kalou). Le pressing qu'ils imposent aux défenseurs est fort mais leur participation au jeu (passes décisives/centres) est réduit (entre 2 et 5 "pass déc"). Gignac sort de cette épure sur un critère car le marseillais tire dans n'importe quelle situation depuis n'importe où : plus mauvais ratio but / tir des N°9 (10%).
Finalement, dans un monde où tout change, il est rassurant de voir que le triptyque renard / armoire / guépard reste toujours d'actualité. On pourrait même dire que grâce à Dario, la Ligue 1 a connu un retour en arrière (l'époque de Carlos Bianchi, par exemple) en remettant au goût du jour un profil de joueur que l'on croyait disparu au profit d'avant-centres ayant développé des caractéristiques complémentaires (construction du jeu ou rôle défensif) au fameux "instinct" du buteur.

Enfin, juste un mot sur les relégués : Sébastien Puygrenier (7 réalisations) est le meilleur réalisateur de Nancy. Les lorrains ne pouvaient pas décemment s'en sortir. Quant à Brest, ils étaient condamnés avec l'exil de Ben Basat à Toulouse. Indispensable numéro 9.
Footballistico

mercredi 14 mars 2012

Inter - OM : la rédemption de Brandao

Il y a certaines fois où la dynamique intrinsèque d'un match et les événements qui le parsèment sont plus éloquents que toutes les considérations statistico-tactiques. C'est ce qui s'est passé hier sur la pelouse de San Siro.

Car que dire du match avant la 88ème minute ?
  • que l'Inter se présentait en 4 - 4 - 2 diamant avec Sneijder à la tête du diamant, en soutien des 2 attaquants ?
  • que l'OM affichait une configuration dans un 4-2-3-1 "physique" avec Diarra et M'Bia en sentinelle. Valbuena était au centre de l'attaque marseillaise, en soutien de Rémy?
  • qu'après 10 premières minutes un peu folle pendant lesquelles l'OM a eu du mal à se positionner, les olympiens ont à la fois su poser le jeu et museler Sneijder, ce qui a annihilé le lien entre le milieu et l'attaque milanais. Qu'ensuite l'OM a pu développer quelques attaques, sur la droite notamment : le duo Azpi / Amalfitano fonctionnait bien et que Valbuena avait tendance à dériver sur ce côté pour aider ses 2 collègues ?
  • Que le début de la seconde période allait reproduire le schéma de la première avec un OM défendant bien et un Inter peu à l'aise dans le jeu ? Ranieri allait alors dégainer le premier la carte changements. Avec l'entrée d'Obi à la place de Sneijder, l'Inter changeait de système, passait en 4 - 4 - 2 "à plat" et mettait plus de rythme dans le match. Parallèlement, l'OM faiblissait physiquement et ne parvenait plus à tenir le ballon. Sans être remarquable, les intéristes se procuraient de nombreuses situations de coup de pied arrêtés. C'est sur l'un d'eux que Milito, plein d'opportunisme, pensait gagner le droit d'envoyer l'Inter en prolongation (75ème).

C'est à dire avant l'entrée de Brandao (88ème). On pourra épiloguer longtemps sur ce remplacement si tardif, alors que Rémy semblait épuisé depuis une bonne demi-heure.

La ligne de statistiques ci-dessus montre les performances de Brandao (source whoscored) :






Aucune passe, aucun ballon touché, aucun centre. Rien. Mais un but sur une passe de Mandanda, après un contrôle du dos (qui lui vaut cette note de 7 sur 10). Le brésilien, seul au monde, a eu le mérite de croire en sa bonne étoile alors que même son entraîneur ne semblait pas posséder une grosse foi en lui. Il prouve au monde que, même à une époque qui valorise les Xavi et les Messi, les gros costauds un peu patauds mais avec un mental énorme demeurent une valeur sûre.

Sinon, il s'agit évidemment d'un acte de rédemption pour Brandao : accusé de viol (instruction toujours en cours), renvoyé au pays comme un vulgaire malien pris en flagrant délit de deal par Claude Guéant, moqué par les chroniqueurs hexagonaux et les supporters de Porto Alegre qui voient en lui un attaquant aux pieds carrés au pays du Jogo Bonito et finalement rapatrié à Marseille pour cause de portefeuille vide.

D'ailleurs la réussite de Brandao hier possède aussi cette part mystique qui transforme des faits de jeu en miracle. Écoutons l’intéressé : "Sur le but, je ne sais pas comment le ballon est arrivé, je n'ai pas regardé, j'ai frappé." Il aurait pu ajouter "Dieu a guidé le ballon au fond des filets".

On serait presque tenté de le croire.

Footballistico

lundi 13 septembre 2010

OM - Monaco : Rémy, en futur sauveur ?

Le match d'hier a offert une opposition de style, de coaching et d'ambition. Il laisse un goût un peu inachevé tant les 2 équipes ont semblé riches d'un potentiel qu'elles n'exploitent pas totalement. A la décharge de l'OM, les indisponibilités d'Ayew, Diawara, Remy et Cissé ont empêché Didier Deschamps d'aligner son équipe type.

L'OM se présentait sur sa pelouse avec un 4-3-3 assez ambitieux avec Lucho à la baguette, côté droit, derrière une triplette d'attaquants Brandao-Gignac-Valbuena.

Monaco de son côté était dans un système un peu hybride entre 4-5-1 et 4-4-1-1. Les hommes clés du dispositif de Lacombe étaient Dieumerci M'Bokani, en 9 avancé et Niculae juste derrière. Les 2 ailiers Aubameyang et Park furent assez vite confinés dans des tâches défensives. Nous y reviendrons.

Le début de partie fut plutôt dominé par les Monégasques, au moins en termes de percussions, les 2 ailiers rouge et blanc prenaient bien la largeur et Niculae glissait lui aussi sur les côtés. Les monégasques procédaient pas passes rapides sur les aile et s'appuyaient sur M'Bokani, en pivot, qui parvenait sans trop de difficultés à se défaire du marquage des centraux. Le premier but (15ème), allait venir dans cette configuration : un dégagement vers l'avant-centre monégasque, qui échappait à Hilton et frappait. Son tir contré était suivi par l'attaquant roumain, qui marquait dans un angle fermé.

Le problème des monégasques à ce moment fut de se replier en priant pour sauvegarder ce résultat alors que Marseille s'exposait à leurs contres. M'Bokani était un joueur d'appui intéressant mais il lui est difficile de s'exprimer lorsqu'il est aussi isolé. De leur côté, les ailiers redescendirent pour s'acquitter de tâches défensives et l'on ne vit quasiment jamais Adriano et Muratori aux avant-postes. Marseille allait donc prendre la direction du jeu. Les locaux furent longtemps confrontés à un problème face à cette défense regroupée : le manque de complémentarité entre Gignac et Brandao. En 4-4-2, l'idée d'avoir 2 attaquants, l'un dans la profondeur, l'autre en appui a du sens. En 4-3-3... Notons que le Brésilien s'est acquitté de sa tâche avec conscience, délivrant un nombre impressionnant de centres (une constante marseillaise hier soir)...trop longs, alors que ses co-équipiers s'échinaient à plonger au premier poteau. Évidemment, la performance de Valbuena sur son côté droit qui avait l'avantage en outre de bénéficier de l'appui de Lucho, était beaucoup plus convaincante. Muratori, d'abord teigneux, finissait par prendre un carton et comme une conséquence, l'égalisation venait peu après, sur coup de pied arrêté. A noter que les 2 milieux défensifs monégasques, assez actifs, étaient très réticents à venir défendre sur les côtés ce qui poussait Marseille à attaquer sur les ailes et a donc généré un nombre de centres impressionnant (33 hier, un record cette saison)

Les Marseillais poussaient (tirs de loin, centres, corners) et les monégasques dominés s'en remettaient à la vitesse d'Aubameyang, qui faillit bien tromper Mandanda.

Le tournant du match allait survenir à la 72ème lorsque Guy Lacombe procéda à un double changement. Niculae et M'Bokani laissaient leur place respectivement à Igor Lolo (qui gagne chaque année le trophée du nom le plus rigolo de la L1) et Chris Malonga. Park montant à la pointe de l'attaque et Lolo devenant le milieu en soutien du 4-4-1-1. Cela signifie que l'on passait d'une attaque avec un avant-centre en pivot (avec plus personne vers qui pivoter depuis un bon moment) à un avaleur d'espace. Ce réajustement allait payer immédiatement, la défense marseillaise ayant mis du temps à prendre la mesure de la nouvelle donne tactique. But de Park, sur une relance d'Aubameyang depuis une action partie de la surface monégasque. Entre le tacle d'Hanson et le ballon franchissant la lign de but de Mandanda, 3 joueurs monégasques toucheront le ballon (comme sur le premier but) et moins de 12 secondes s'écouleront. On ne peut pas faire plus direct.

Dans la foulée, les marseillais inscrivaient un but (mérité) sur un centre de l'hyperactif Valbuena détourné dans ses filets par Adriano.

Toujours sur un centre, Marseille manquait l'estocade à cause d'une faute de Brandao sur Hanson. A noter que Marseille aura effectué 33 centres dans ce match, record à notre connaissance, cette saison en L1.

Que retenir de ce match ? Que les 2 équipes ont bien des raisons d'espérer une belle saison.
Étonnamment pour un match de L1, Didier Deschamps n'aura procédé à aucun changement sur le match. Ce manque de banc, causé par les blessures et les départs lui a sans doute coûté la victoire, tant un dispositif avec une solution alternative à Brandao à gauche (Rémy ?) aurait pu améliorer la complémentarité de l'attaque marseillaise. En outre, les erreurs de sa charnière centrale (Hilton / M'Bia) lui ont coûté les 2 buts. Là encore, avec Diawara, les choses auraient peut-être été différentes.

Guy Lacombe doit se dire de son côté que son équipe, en dépit de sa jeunesse, possède un potentiel offensif intéressant tant dans un dispositif conquérant (4-3-3) que calibré pour le contre (4-5-1 avec Park en pointe, qui nous semble plus à l'aise que M'Bokani dans cet exercice). Une faiblesse toutefois, les latéraux. Adriano et Muratori nous ont semblé peu à l'aise en situation offensive, ce qui est rédhibitoire en 4-3-3. Vivement Bonnard !

Footballistico

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