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mardi 14 mai 2013

Paris champion : le champagne et la castagne

Le PSG a donc conquis le titre national à l'issue d'un match qui fut à l'aune de sa saison : parfois brillant, notamment face aux grosses écuries, à l'aise dans la récupération mais sans marge exceptionnelle sur ses opposants.

Paris se présentait dans son 4-4-2 traditionnel depuis décembre : Menez récupérait sa place devant à cause des problèmes de Lucas et Thiago Motta profitait de l'exclusion de Verratti (l'"imbécile", dixit Carlo Ancelotti). Lyon se présentait en 4-2-3-1. Rémi Garde avait préféré Gomis à Lisandro. Le jeune Benzia était sélectionné à droite du trident offensif lyonnais.

1ère mi-temps :
Le match commençait très fort : Lyon pressait haut. Mvuemba s'occupait de Matuidi et Grenier marquait Motta (positionné devant la défense en première mi-temps). L'OL allait planter sa première banderille sur corner par Gomis. Au bout de 10 minutes, c'est Benzia qui tirait de loin. Les parisiens étaient étouffés. Malheureusement, les lyonnais ne le savaient pas encore, mais ce sera leurs 2 seules frappes cadrées du match.

Le problème du pressing haut est qu'on offre toujours des espaces une fois le premier rideau passé. C'est ainsi que Paris profitait en contre des faiblesses lyonnaises. Un des problèmes récurrents des gones fut l'isolement de Jallet. De par le positionnement prudent de Dabo, Gourcuff se retrouva soudain à marquer à la fois Pastore et le latéral parisien (3ème de son équipe au nombre de touches de balle). Ce dernier offrit donc une solution permanente de coutournement du pressing lyonnais et fut à l'origine de la meilleure occasion parisienne de la première mi-temps. L'autre arme parisienne fut Thiago Motta, si l'italo-brésilien se signale toujours par ses tacles méchants, il constitue toujours une rampe de lancement inégalée : 6 passes longues réussies sur 6. Par ailleurs, le 2 de devant parisien (Ibra / Menez) demeure selon nous inégalé. Chacun des 2 attaquants décroche tout à tour pour offrir une solution différente :
  1. Ibrahimovic se sert de sa puissance physique et de sa précision de passe pour relayer les attaques parisiennes,
  2. Menez demande le ballon en profondeur et se sert de sa vitesse pour percuter.
Heureusement, Paris fut stoppé par l'excellente prestation du duo Koné / Umtiti. 

2de mi-temps : 

L'OL tenta de refaire le coup du pressing en tout début de seconde période mais fut cueilli à froid par le but parisien. A noter qu'Ancelotti demanda à Motta de se positionner plus haut sur le terrain afin d'éviter à son joueur un second carton pendant que Matuidi occupait le poste de sentinelle. Très vite, Gonalons perdit le ballon face à l'italo-brésilien, qui après un relai avec Ibra transmettait à Menez pour l'ouverture du score.

On voyait l'OL mal embarqué car les gones, visiblement usés physiquement, éprouvaient des difficultés à remettre du rythme. Rémi Garde fit entrer Lisandro dès la 64ème minute et les gones passaient en 4-4-2. Dans les faits, l'argentin n'eut pas un seule occasion de tir pour s'illustrer (0 tir !).

C'est Paris, toutjours via Menez se montrait le plus dangereux, notamment par un cadrage-débordement-centre sur Pastore (65ème).

Garde faisait donner sa jeune garde (Martial, Bahlouli) mais cet OL là n'avait plus la force de revenir au score.

Conclusion : Le PSG a confirmé dans ce match au sommet sa qualité lors des rencontres face à des gros : 2 victoires face à l'OL, 2 nuls face au Barça, 1 victoire et 1 nul face à Valence, 1 nul et 2 victoires face à l'OM. Seul Porto et Nice ont réussi à battre Paris cette saison parmi les "gros". Le club de la capitale a montré sa capacité à jouer en contre et sa motivation lors de ces chocs. Il lui reste à monter un plan B (marquer face à une "petite" équipe regroupé en 8-1-1) pour finir la saison prochaine avec 20 points et fêter ses futurs titres dans une enceinte sécurisée.

Footballistico

lundi 23 août 2010

PSG - Bordeaux : injuste ou simple retour des choses ?

En surface, la défaite du PSG sur sa pelouse possède toutes les apparences du hold-up : comment les parisiens ont-ils perdu ce match qui leur tendait les bras au vu des occasions très nombreuses qu'ils ont eues ? Comment des girondins en perdition, qui se privaient de Gourcuff et de Cavenaghi, ont pu renverser cette équipe, au jeu si sûr ?

Certes, toutes les analyses sur la faiblesse des parisiens sur coup de pied arrêté sont valables. Sur les phases de corner, notamment, le dispositif parisien est étrange (nous y reviendrons).

Pourtant, ce match prouve ce que Footballistico prévoyait depuis un certain temps. Résumons : la stratégie du PSG est plutôt de laisser le ballon aux autres et de déployer leur jeu en contre, soit sur les ailes soit en alimentant rapidement les attaquants qui partent dans le dos de la défense. Depuis le début du championnat, les parisiens n'ont que la 18ème possession et le 17ème total en nombre de passes (moins que des équipes comme Arles-Avignon, Brest ou Sochaux). Or, une vérité du football demeure : plus vous avez le ballon, plus vous diminuez le nombre de chances que l'adversaire vienne vous mettre un but en même temps que vous accroissez celles d'en inscrire un. Bien entendu, dominer n'est pas gagner et une possession peut s'avérer stérile. En outre, les parisiens disposent de statistiques flatteuses en termes de corners et de tirs cadrés mais, ici, on atteint, les limites du supportable. En gros, nous avons une équipe qui dispose de joueurs talentueux, qui n'ont pas de problème à se créer des opportunités sur les rares ballons qui leur parviennent. Mais, il suffit que la mécanique de base se grippe sur les 3/4 joueurs clé (hier, un Erding, particuliérement mal inspiré) et le match dérive. Au contraire, Bordeaux, a donné l'impression qu'on pouvait faire sortir / entrer n'importe lequel de ses joueurs offensifs sans changer grand chose. 

Autre défaut du système du PSG, en étant en infériorité numérique au milieu face à un 4-5-1 (Jussié / Fernando /  Diarra - face à Makélélé / Bodmer), il imposait une charge de travail énorme aux parisiens tout en laissant de la liberté à l'un des milieux bordelais.

En fin de match, on a ainsi pu voir un "Maké" lessivé qui laissait filer Fernando sous son nez. Même plus assez d'énergie pour mettre un bon taquet, c'est dire s'il était épuisé. Le remplacement de Bodmer avait réglé le problème Bodmer. Il aurait fallu faire entrer Chantôme mais Kombouaré n'a pas su s'y résoudre. La rencontre a duré 10 minutes de trop pour les parisiens.

Dernier défaut, donc, les coups de pied arrêtés indirects. Cela semble une évidence mais si Paris continue dans son système, il lui faudra exceller dans cet exercice et hier le dispositif défensif appliqué sur les corners n'a pas bien fonctionné. Celui-ci fonctionne sur 3 base, apparemment.

- marquage individuel strict,
- un homme au premier poteau pour couper mais pas au second,
- Hoarau est une sorte d'homme de base au centre de la surface, qui descend pour couvrir le but lorsque le ballon le dépasse pour filer au second poteau.


Ce dispositif exige 3 choses :

- une combativité forte car on est souvent susceptible de se trouver en un contre un,
- une rigueur qui exige de marquer tous les attaquants présents dans la surface,
- des corners plutôt tendus mais les bordelais les ont tirés intelligement long, un peu flottant au second poteau.


Sur le premier but, Diarra (pourtant le bordelais le plus dangereux sur corner) n'est pas marqué par un parisien. Le défenseur du PSG le plus proche est Sessegnon (1m72) et il est derrière...

Le second est bien en 1 contre 1 (Ciani vs Camara) mais le défenseur bordelais prend simplement le dessus sur un corner feuille morte.

A noter qu'un troisième corner, frappé de la tête par Modeste (tout seul...au second poteau) aurait logiquement dû, déjà, finir sa cours à l'intérieur des filets.

Il serait sans doute plus utile de :

- mettre Hoarau au marquage du joueur de tête adverse le plus dangereux,
- défendre avec 1 parisien à chaque poteau quitte à diminuer la menace en contre,

Conclusion : n'écoutez pas les médias qui crient au "braquage". Le PSG récolte d'une certaine façon les fruits de ce qu'il a semé. Pas assez de possession et système d'animation trop dépendant de 2 ou 3 joueurs. En fait, on peut sans doute argumenter qu'avec un arbitrage moins "compréhensif" (léger hors-jeu sur l'égalisation de Hoarau et penalty sur Jussié), Paris aurait pris 0 - 3.

Des défauts à corriger au plus vite si Paris ne veut pas vivre une nouvelle saison-désillusion. Quant à Bordeaux, il est frappant de constater que l'équipe a mieux joué sans ses leaders offensifs habituels. Ca commence à devenir embêtant pour Gourcuff, qui voit systématiquement ses partenaires s'en sortir mieux quand il est absent. En tout cas, les girondins semblent avoir retrouvé une assise au milieu et un gardien qui les sauve en cas de coup dur. En attendant le retour de Planus pour solidifier une défense centrale qui a tout de même souffert.

Footballistico

jeudi 19 février 2009

Bordeaux et Paris, destins croisés

Au soir du 11 Janvier, Bordeaux écrasait Paris et gagnait ainsi son trophée de dauphin officiel de l'OL, tandis que Paris retombait dans ses doutes ataviques. Plus d'un mois après les situations se sont curieusement inversées : les girondins sont en plein doute alors que les parisiens écrasent tout sur leur passage, sans doute et sans brio. Depuis ce soir fatidique ou magique, c'est selon, les parisiens n'ont plus perdu un point en championnat et les bordelais n'ont plus gagné à domicile.

Les tactiques des 2 équipes sont fondamentalement différentes et aident à apprécier le degré de réussite des uns et des autres. Le PSG fonde sa réussite sur les éléments suivants :
- une base défensive solide : un demi récupérateur (Makélélé) qui s'essuie les crampons sur les chevilles des attaquants adverses afin de les mettre en échec.
- une tactique offensive simple : on centre haut sur Hoarau (le meilleur passeur décisif est Sylvain Armand), quelle que soit la position du ballon (y compris Landreau, et Armand, donc, sur des dégagements). Hoarau frappe au but ou, amusante variante, dévie pour Giuly, qui frappe.
- Enfin, un lutin, Sessegnon, qui affole un peu les défenses afin d'éviter une massification des arrières sur l'avant-centre parisien. En résumé : le mince qui cogne, le grand qui score, le petit qui tricote. Simple et efficace comme un scénario de western spaghetti. Pas forcément moral (les chevilles de Belaouane en témoignent) mais attachant. Un bon vieux kick and rush, en somme.

Bordeaux affiche une variété de jeu bien plus riche, avec au moins 4 joueurs qui peuvent marquer à tout moment (Cavenaghi, Chamakh, Gourcuff, Bellion), des passeurs décisifs (Wendel, Gourcuff, encore) et d'autres qui peuvent animer leurs couloirs (Gouffran, Chalmé, Jussié). Comme défensivement, on a aussi des grands blacks qui impressionnent (Diarra, Diawara), ça fait un peu invincible armada.

Pourtant, ceux qui aiment l'histoire savent que l'armada en question a fini au fond de la Manche. Si, face à Paris, le fait de pouvoir proposer des solutions offensives variées a mis en échec la tactique du tâcle au garrot. Il a fallu qu'en fait la paire Gourcuff - Cavenaghi (la moitié des buts en championnat à eux 2, tout de même) se grippe pour que les défauts de Bordeaux réapparaissent dans toute leur horreur :
- un recrutement à moitié raté, malgré l'exception Gourcuff (Gouffran, Placente)
- une complémentarité Wendel / Gourcuff jamais trouvée
- des jeunes doués mais qui resteront éternellement des espoirs du foot (Obertan, Ducasse, Marange)

Bref, une belle mécanique déréglée. Qui, à part face à Paris, ne réussit plus grand chose et voit Toulouse, les roturiers du sud, leur passer devant.

Le jeu parisien plus frustre permet une plus grande efficacité face à des équipes faibles (60% des équipes de L1). Surtout, le jeu offensif n'a aucune importance. Ce qui compte c'est de balancer haut, on l'a dit. Seul problème, la Hoarau-dépendance. Il est remarquable de constater que la seule fois de la saison où les parisiens montrèrent un jeu alléchant fut le match à Nantes, où les parisiens ont dû démontrer qu'ils savaient parfois jouer au ballon sans leur échalas. Il faut dire qu'avec Luyindula devant, il vaut mieux se montrer créatif. Cependant pas de risque de déréglage dans ce type de tactique : Paris, c'est robuste comme une vieille Lada.

Quel bilan en fin de saison pour ces 2 équipes ? Bordeaux aura sa coupe de la ligue, le PSG fera un beau parcours en coupe UEFA et gagnera SA coupe de France. Lyon sera champion devant Toulouse et Lille. Et Gourcuff retournera à Milan, accompagné par Hoarau, destiné à épauler Inzaghi.

Footballistico

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