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lundi 23 août 2010

PSG - Bordeaux : injuste ou simple retour des choses ?

En surface, la défaite du PSG sur sa pelouse possède toutes les apparences du hold-up : comment les parisiens ont-ils perdu ce match qui leur tendait les bras au vu des occasions très nombreuses qu'ils ont eues ? Comment des girondins en perdition, qui se privaient de Gourcuff et de Cavenaghi, ont pu renverser cette équipe, au jeu si sûr ?

Certes, toutes les analyses sur la faiblesse des parisiens sur coup de pied arrêté sont valables. Sur les phases de corner, notamment, le dispositif parisien est étrange (nous y reviendrons).

Pourtant, ce match prouve ce que Footballistico prévoyait depuis un certain temps. Résumons : la stratégie du PSG est plutôt de laisser le ballon aux autres et de déployer leur jeu en contre, soit sur les ailes soit en alimentant rapidement les attaquants qui partent dans le dos de la défense. Depuis le début du championnat, les parisiens n'ont que la 18ème possession et le 17ème total en nombre de passes (moins que des équipes comme Arles-Avignon, Brest ou Sochaux). Or, une vérité du football demeure : plus vous avez le ballon, plus vous diminuez le nombre de chances que l'adversaire vienne vous mettre un but en même temps que vous accroissez celles d'en inscrire un. Bien entendu, dominer n'est pas gagner et une possession peut s'avérer stérile. En outre, les parisiens disposent de statistiques flatteuses en termes de corners et de tirs cadrés mais, ici, on atteint, les limites du supportable. En gros, nous avons une équipe qui dispose de joueurs talentueux, qui n'ont pas de problème à se créer des opportunités sur les rares ballons qui leur parviennent. Mais, il suffit que la mécanique de base se grippe sur les 3/4 joueurs clé (hier, un Erding, particuliérement mal inspiré) et le match dérive. Au contraire, Bordeaux, a donné l'impression qu'on pouvait faire sortir / entrer n'importe lequel de ses joueurs offensifs sans changer grand chose. 

Autre défaut du système du PSG, en étant en infériorité numérique au milieu face à un 4-5-1 (Jussié / Fernando /  Diarra - face à Makélélé / Bodmer), il imposait une charge de travail énorme aux parisiens tout en laissant de la liberté à l'un des milieux bordelais.

En fin de match, on a ainsi pu voir un "Maké" lessivé qui laissait filer Fernando sous son nez. Même plus assez d'énergie pour mettre un bon taquet, c'est dire s'il était épuisé. Le remplacement de Bodmer avait réglé le problème Bodmer. Il aurait fallu faire entrer Chantôme mais Kombouaré n'a pas su s'y résoudre. La rencontre a duré 10 minutes de trop pour les parisiens.

Dernier défaut, donc, les coups de pied arrêtés indirects. Cela semble une évidence mais si Paris continue dans son système, il lui faudra exceller dans cet exercice et hier le dispositif défensif appliqué sur les corners n'a pas bien fonctionné. Celui-ci fonctionne sur 3 base, apparemment.

- marquage individuel strict,
- un homme au premier poteau pour couper mais pas au second,
- Hoarau est une sorte d'homme de base au centre de la surface, qui descend pour couvrir le but lorsque le ballon le dépasse pour filer au second poteau.


Ce dispositif exige 3 choses :

- une combativité forte car on est souvent susceptible de se trouver en un contre un,
- une rigueur qui exige de marquer tous les attaquants présents dans la surface,
- des corners plutôt tendus mais les bordelais les ont tirés intelligement long, un peu flottant au second poteau.


Sur le premier but, Diarra (pourtant le bordelais le plus dangereux sur corner) n'est pas marqué par un parisien. Le défenseur du PSG le plus proche est Sessegnon (1m72) et il est derrière...

Le second est bien en 1 contre 1 (Ciani vs Camara) mais le défenseur bordelais prend simplement le dessus sur un corner feuille morte.

A noter qu'un troisième corner, frappé de la tête par Modeste (tout seul...au second poteau) aurait logiquement dû, déjà, finir sa cours à l'intérieur des filets.

Il serait sans doute plus utile de :

- mettre Hoarau au marquage du joueur de tête adverse le plus dangereux,
- défendre avec 1 parisien à chaque poteau quitte à diminuer la menace en contre,

Conclusion : n'écoutez pas les médias qui crient au "braquage". Le PSG récolte d'une certaine façon les fruits de ce qu'il a semé. Pas assez de possession et système d'animation trop dépendant de 2 ou 3 joueurs. En fait, on peut sans doute argumenter qu'avec un arbitrage moins "compréhensif" (léger hors-jeu sur l'égalisation de Hoarau et penalty sur Jussié), Paris aurait pris 0 - 3.

Des défauts à corriger au plus vite si Paris ne veut pas vivre une nouvelle saison-désillusion. Quant à Bordeaux, il est frappant de constater que l'équipe a mieux joué sans ses leaders offensifs habituels. Ca commence à devenir embêtant pour Gourcuff, qui voit systématiquement ses partenaires s'en sortir mieux quand il est absent. En tout cas, les girondins semblent avoir retrouvé une assise au milieu et un gardien qui les sauve en cas de coup dur. En attendant le retour de Planus pour solidifier une défense centrale qui a tout de même souffert.

Footballistico

dimanche 8 mars 2009

Paris, Sûr de Gagner ?

Depuis hier (27ème journée), l'impensable s'est produit : le scénario d'un championnat qui ne se finirait pas en fiesta décalée dans un Novotel, 6 journées avant la fin, et d'un trophée qui pourrait finir ailleurs que sur les bords du Rhône est devenu crédible.

Toute la France du foot est bercée d'un indicible espoir : rabattre son caquet à Aulas. Peu importe que le club qui porte ses espoirs soit le plus détesté de notre pays (hors l'Ile-de-France). Tout plutôt que l'OL.

Si l'on regarde le scénario de 2 matches d'hier, le déroulement laisse clairement à penser que le PSG possède la "réussite du champion". Rentrer à la mi-temps avec un but d'avance au Moustoir s'apparentait clairement au hold-up. Mais Paris a appliqué méticuleusement sa tactique (dans sa variante 2), finement décryptée dans un précédent post de Footballistico : on balance haut (une chandelle de Ceara) sur Hoarau, qui remet dans la direction de Giuly, qui frappe. But. Simple. Lorient de son côté a tout raté même un penalty. On a l'impression que de toute façon, ça ne voulait pas rentrer du côté de Landreau hier même, avec 5 penos.

L'OL de son côté a accumulé les problèmes : Clerc revenu visiblement trop tôt, Benzema re-blessé, Juninho sorti avant la mi-temps. Puel semble chercher la solution. Et Lille qui sans être brillant appuie au moment où ça fait mal et tue le match "à la lyonnaise" à 2 minutes de la fin.

Évidemment, mû par un enthousiasme bien compréhensible, toute le Pays, hors 69, serait bien heureux que ça continue comme ça. Malheureusement, un simple examen du calendrier devrait mettre à bas pas mal d'illusion.

Car Paris a mangé son pain blanc. Sur les 11 journées restantes, il lui reste à rencontrer Marseille, Nice, Toulouse, Lyon, Rennes et Lille. 6 matches quasiment à la suite (avec Le Havre comme seule récré) où le club de la capitale devrait logiquement laisser des plumes. A moins évidemment que Traoré marque souvent de la cuisse ou de l'omoplate lors de ses montées sur corner.

Une fois éliminés par Barcelone, les Lyonnais, hormis le PSG, ne trouvera sur sa route "que" Toulouse, Bordeaux et l'OM. Cela dit au concours du calendrier le plus fastoche, c'est Bordeaux qui l'emporte. Outre les plaisantins du calibre de Lorient, Nancy ou Sochaux, les Girondins n'auront à affronter que Nice, Lyon et Rennes. Il faut ajouter que les Girondins n'ont plus de compétition de coupe, hormis leur finale rigolote de Coupe de la Ligue (face à Vannes, donc).

En computant donc dans notre super-ordinateur, le nombre de points actuels, l'indice de difficulté des matches restants et la dynamique actuelle, on obtient le résultat suivant sur le podium de L1 :
- 3ème PSG. Bon allez, on y croit quand même.
- 2d Bordeaux. Il faudrait cependant que les girondins réapprennent à jouer au foot.
- 1er...et oui, les gars, l'OL. Avec 4 points d'avance. Notre super-ordinateur s'excuse envers la France du Foot.

En dépit de ses bons résultats actuels, notre ordinateur a refusé tout net de placer Toulouse sur le podium en affichant un message "unknown information, please input a football team".

jeudi 19 février 2009

Bordeaux et Paris, destins croisés

Au soir du 11 Janvier, Bordeaux écrasait Paris et gagnait ainsi son trophée de dauphin officiel de l'OL, tandis que Paris retombait dans ses doutes ataviques. Plus d'un mois après les situations se sont curieusement inversées : les girondins sont en plein doute alors que les parisiens écrasent tout sur leur passage, sans doute et sans brio. Depuis ce soir fatidique ou magique, c'est selon, les parisiens n'ont plus perdu un point en championnat et les bordelais n'ont plus gagné à domicile.

Les tactiques des 2 équipes sont fondamentalement différentes et aident à apprécier le degré de réussite des uns et des autres. Le PSG fonde sa réussite sur les éléments suivants :
- une base défensive solide : un demi récupérateur (Makélélé) qui s'essuie les crampons sur les chevilles des attaquants adverses afin de les mettre en échec.
- une tactique offensive simple : on centre haut sur Hoarau (le meilleur passeur décisif est Sylvain Armand), quelle que soit la position du ballon (y compris Landreau, et Armand, donc, sur des dégagements). Hoarau frappe au but ou, amusante variante, dévie pour Giuly, qui frappe.
- Enfin, un lutin, Sessegnon, qui affole un peu les défenses afin d'éviter une massification des arrières sur l'avant-centre parisien. En résumé : le mince qui cogne, le grand qui score, le petit qui tricote. Simple et efficace comme un scénario de western spaghetti. Pas forcément moral (les chevilles de Belaouane en témoignent) mais attachant. Un bon vieux kick and rush, en somme.

Bordeaux affiche une variété de jeu bien plus riche, avec au moins 4 joueurs qui peuvent marquer à tout moment (Cavenaghi, Chamakh, Gourcuff, Bellion), des passeurs décisifs (Wendel, Gourcuff, encore) et d'autres qui peuvent animer leurs couloirs (Gouffran, Chalmé, Jussié). Comme défensivement, on a aussi des grands blacks qui impressionnent (Diarra, Diawara), ça fait un peu invincible armada.

Pourtant, ceux qui aiment l'histoire savent que l'armada en question a fini au fond de la Manche. Si, face à Paris, le fait de pouvoir proposer des solutions offensives variées a mis en échec la tactique du tâcle au garrot. Il a fallu qu'en fait la paire Gourcuff - Cavenaghi (la moitié des buts en championnat à eux 2, tout de même) se grippe pour que les défauts de Bordeaux réapparaissent dans toute leur horreur :
- un recrutement à moitié raté, malgré l'exception Gourcuff (Gouffran, Placente)
- une complémentarité Wendel / Gourcuff jamais trouvée
- des jeunes doués mais qui resteront éternellement des espoirs du foot (Obertan, Ducasse, Marange)

Bref, une belle mécanique déréglée. Qui, à part face à Paris, ne réussit plus grand chose et voit Toulouse, les roturiers du sud, leur passer devant.

Le jeu parisien plus frustre permet une plus grande efficacité face à des équipes faibles (60% des équipes de L1). Surtout, le jeu offensif n'a aucune importance. Ce qui compte c'est de balancer haut, on l'a dit. Seul problème, la Hoarau-dépendance. Il est remarquable de constater que la seule fois de la saison où les parisiens montrèrent un jeu alléchant fut le match à Nantes, où les parisiens ont dû démontrer qu'ils savaient parfois jouer au ballon sans leur échalas. Il faut dire qu'avec Luyindula devant, il vaut mieux se montrer créatif. Cependant pas de risque de déréglage dans ce type de tactique : Paris, c'est robuste comme une vieille Lada.

Quel bilan en fin de saison pour ces 2 équipes ? Bordeaux aura sa coupe de la ligue, le PSG fera un beau parcours en coupe UEFA et gagnera SA coupe de France. Lyon sera champion devant Toulouse et Lille. Et Gourcuff retournera à Milan, accompagné par Hoarau, destiné à épauler Inzaghi.

Footballistico

dimanche 1 avril 2007

Coupe de la Ligue : le bal des pleureuses

Après leur défaite face à Bordeaux, les Lyonnais ne se sont pas seulement illustré par un niveau de jeu assez faible, ils ont également abandonné une certaine dignité en signant quelques déclarations qui ravalent Houillier et Aulas au niveau d’un Antonetti ou d’un Luis. Encore l’entraîneur niçois a-t-il pour lui la pression des équipes mal classées, à jouer des matches-guillotines chaque week-end. Pour Lyon, on pressentait ce qui s’est avéré samedi soir : grand seigneur dans la victoire mais grinçant dans la défaite. Généreux avec leurs adversaires battus mais en-dessous de la ceinture quand le sort leur est contraire. Qu’on en juge :
"Bordeaux a fait un match fantastique, ils ont eu beaucoup d'occasions et ils n'ont pas fait de fautes" - "Cela ressemble à un hold-up. D'habitude, je rends hommage à l'adversaire mais là, je ne le ferai pas. Bordeaux a pourri le match" - Gérard Houllier.
"Ce soir, on s’incline alors que Vercoutre n’avait pas touché un ballon" - Jean-Michel Aulas.

Pourtant, pour ceux qui ont regardé le match, il s’agit d’un tout autre spectacle que celui d’une équipe de Lyon triomphante. Il est vrai que pendant les 20 premières minutes, les rhodaniens ont privé Bordeaux de ballon en pressant haut. En revanche, au niveau de la construction du jeu, l’OL n’y était pas. Au nombre des occasions on peut en recenser 3 : un bon centre de Clerc pour une madjer de Fred, une reprise de Toulalan aux 25 mètres, un coup-franc bien vicieux de Juninho, que Schilaci aurait pu détourner dans le but. En seconde mi-temps, c’est carrément le désert et Ramé n’a pas touché le ballon. Certes, le dénouement de la rencontre se fait sur un coup de pied arrêté (Vercoutre est aux fraises, Henrique monte jusqu'au ciel) à 2 minutes de la fin. Mais ça n'a jamais gêné Lyon lorsqu'il l'emporte face au PSG dans les mêmes conditions. Là, Houllier loue "la concentration" et la "combativité" de ses ouailles.

En fait, plutôt que de critiquer Bordeaux, Houllier, revenu à son niveau de 1993, aurait pu s’inspirer de la volonté des girondins et du coaching de Ricardo. Un peu débordé sur le côté gauche durant les 20 premières minutes, l’entraîneur bordelais fait rentrer Madrange : le résultat, plus rien, du côté du Rhône. Jamais, en fait, Lyon, n’a paru à la hauteur des enjeux. Malouda, absent, Juninho, inconstant, Fred, geignard, Tiago, qui ça ? Les lyonnais, qui se sont privés de leurs meilleurs éléments aperçus pendant la pause internationale, Benzema et Coupet, ont donc échoué…une fois de plus. Bordeaux n’a certes pas été étincelant (Micoud n’a eu aucune influence sur le jeu) mais à au moins mis tout le monde d’accord : ils avaient la meilleure défense, avec un axe central Planus / Henrique impérial.

Mon pronostic : Aulas va faire le ménage pour la saison prochaine. Houllier, Juninho, Vercoutre, Baros peuvent déjà faire leurs valises. Malouda, Abidal, Tiago et Fred seront sur la sellette. Govou ? Il voudra partir mais ne trouvera pas de club : comme d’hab.

Au moins, l'OL dispose de toute la fin de cette saison pour préparer la prochaine. Gageons que ce ne sera pas de trop : cela permettra d’oublier le manque d’intérêt de ce qui se passe sur le terrain.

Aristotelicien

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