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mardi 1 janvier 2013

Les cartons rouges : quel impact sur les résulats ?

Depuis quelques années, la sévérité de l'arbitrage s'est accru sous l'effet d'un durcissement progressif des règles :

  • expulsion directe lorsqu'un joueur annihile une occasion de but (même dans la surface de réparation, c'est la fameuse "double peine"),
  • punition des comportements anti-sportifs (crachat, insulte, etc),
  • critères sur des tacles auparavant tolérés (pieds décollés du sol, par derrière).
L'impact sur le nombre de joueurs expulsés ne s'est pas fait attendre. Alors que l'expulsion était rarissime dans les années 80, leur nombre s'est peu à peu accru et est devenu une constante des divisions européennes.

A mi-saison, quel bilan tirer de cette escalade sur les résultats, le jeu et le classement ? C'est l'ambition de ce post.

En termes de statistiques brutes, les arbitres de L1 ont dégainé le rouge 65 fois lors de 50 matches. Plus d'un match sur 4 a donc vu au moins un joueur expulsé. Une autre façon de le voir est de considérer que pendant 10% du temps de jeu, les acteurs sur le terrain étaient moins de 22.

Notons tout d'abord qu'il n'existe aucune corrélation entre classement à la trêve et nombre de cartons rouges reçus. L'équipe la plus punie (Rennes, avec 7 expulsions, qui est aussi, curiosité, la moins avertie de L1, avec seulement 23 cartons jaunes) est 4ème, devant Lorient, 5ème et Bastia (13ème). L'OL et Marseille (second et troisième) sont plutôt sages (3 expulsions chacun).

Quel est le résultat de ces expulsions sur le résultat final ? Pour mener cette analyse, il faut procéder à un certain nombre de corrections :

  • éliminer de l'échantillon les buts concomitants à l'expulsion, typiquement si le carton rouge a été accompagné d'un pénalty marqué,
  • supprimer les expulsions tardives qui n'ont eu aucun impact sur le résultat. Nous prenons la 82ème minute qui est la plus tardive ayant changé la cours d'un match (de fait, 1 seul but a été marqué après cette limite, sans faire changer la victoire de camp).
Si l'on élimine ces phénomènes, on a les données suivantes :

  • 27 expulsions n'ont pas eu d'incidence sur le terme du match : l'équipe qui menait est restée devant ou le match nul a été confirmé. Sur ces 27 expulsions, 8 ont eu lieu avant la 45ème minute.
  • 4 ont un un impact contre-intuitif : l'équipe qui s'est retrouvée en infériorité numérique a renversé le cours de la rencontre (Rennes à Paris, l'OL à Saint-Etienne, Bordeaux à Nancy et Lorient face à Nice). En passant, 3 de ces 4 exploits ont eu lieu à l'extérieur. 1 seul d'entre eux avait vu une expulsion en première mi-temps.
  • 11 en ont eu un résultat conforme à ce qu'on peut attendre : l'équipe en supériorité numérique a changé le cours du match à son profit. A noter qu'aucune équipe menée au score ne l'a finalement emporté grâce au jeu de carton rouges. Il s'agit d'un mouvement de ou vers un résultat nul. Sur ces 11 résultats, 4 sont particuliers en ce sens que les équipes se sont retrouvées à 9 contre 11 (Toulouse face à l'OM, Rennes face à Nice, Bastia face et à Reims).
On reste avec 7 résultats qui sont intéressants à exploiter. Sur ceux-ci, 6 ont vu l'expulsion d'un joueur en première mi-temps. Seul V.A a dominé Evian grâce à l'expulsion de Koné à la 72ème minute.


Les conclusions sont donc les suivantes :

  • si un joueur est expulsé en seconde mi-temps,  l'équipe réduite à 10 ne voit pas ses chances amoindries, sauf si un second joueur est à son tour exclu ou si l'exclusion a donné lieu à un pénalty (réussi),
  • lorsque l'expulsion a lieu en seconde mi-temps, l'équipe sanctionnée a même plus de chance de renverser la situation que celle qui se retrouve en supériorité numérique (3 cas contre 1 seul),
  • si l'expulsion a lieu en première mi-temps, la "logique" est respectée.
Pourquoi ces résultats contre-intuitifs ? Plusieurs explications sont possibles :

  • une équipe réduite à 10 tend à vouloir conserver le résultat : elle garde donc souvent ses 2 lignes de 4 en laissant un attaquant seul devant. Elle n'est donc quasiment pas affaiblie défensivement. En théorie, l'équipe qui se retrouve en supériorité numérique peut libérer un défenseur. En réalité, cela ne se passe jamais comme cela : la défense à 4 est conservée, la sentinelle devant la défense maintenue. Ce qui nous conduit à la seconde explication.
  • il est frappant de constater que si l'équipe réduit à 10 se réorganise (remplacement, repositionnement), celle qui passe à 11 ne modifie jamais rien. Au vu des résultats, cela semble une erreur : elle sous-utilise ainsi son potentiel offensif.
  • le "facteur psychologique". Il est probable que les co-équipiers du joueur exclu se sentent victimes d'une injustice et aient tendance à dépasser leur rôle au moins pendant un temps avant que la fatigue ne fasse son œuvre.
  • Enfin, au-delà de la fatigue, il est probable que l'entraîneur de l'équipe à 11 ait le temps à la mi-temps de proposer un fonctionnement offensif alternatif qui facilite la victoire.
Il est probable qu'il y ait là un facteur d'optimisation de la part des entraîneurs de L1 : comment profiter d'une supériorité numérique pour emporter le match et, ce, en peu de temps.

Footballistico profite de cette occasion pour souhaiter une excellente année 2013 à ses lecteurs (quel "timing" remarquable !) 

Footballistico

mardi 6 mars 2012

Bordeaux - Nice : Gillot dominé tactiquement

Parfois, des matches a priori sans intérêt proposent un affrontement tactique passionnant. Samedi soir dernier, Nice, qui n'a jamais gagné à l'extérieur cette saison, affrontait un Bordeaux en état de grâce depuis le passage en 3-5-2 et l'arrivée de Mariano et d'Obraniak.

Pour ce match, Francis Gillot avait choisi un dispositif très offensif, anticipant sans doute un rideau niçois. Plasil jouait en milieu reculé (à la place de N'Guemo), et jouait avec 4 joueurs au profil offensif.

Mais le principal intérêt réside dans la réaction de Marsiglia, qui s'est déclinée de 3 façons :

  • il a dupliqué le dispositif Bordelais : Didier Digard est descendu entre ses 2 centraux pendant que Monzon et Clerc montaient sur les côtés : 3-5-2
  • le positionnement du second attaquant :  décalé sur le côté gauche en début de match, Mouloungui permit d'occuper à la fois un des 3 centraux tout en étirant la défense et/ou de neutraliser Mariano sur son couloir. Guié Guié allait occuper la même position dès son entrée en jeu suite la blessure de l'attaquant niçois, mais de l'autre côté. Avec le recul, ce changement fut peut-être la chance des niçois car Guié Guié se positionnait du côté de Trémoulinas, qui passa la partie aussi haut que ses attaquants, sans la prudence de Mariano,
  • des longs ballons permettant de sauter le milieu girondin sans trop de problème pour se retrouver dans des positions en 2 ou 3 (souvent Coulibaly) contre 3.
En première mi-temps, les 3 actions déterminantes ont toutes été construites sur ce modèle :
  • 18ème minute : Julien Sablé adresse un long ballon à Guié Guié. La défense girondine se dégage comme elle peut et après un relais avec Clerc, Mounier se fait sécher par Ciani.
  • 30ème minute : Ospina pour Clerc, qui transmet à Coulibaly pendant que Ciani est attiré par Guié-Guié sur le côté. Carrasso intervient.
  • 38ème minute : long ballon de Digard pour Guié Guié, en profondeur, but de l'attaquant azuréen.
En seconde mi-temps, Francis Gillot réagissait en passant en 4 - 4 - 2. Jussié avançait ainsi que Sané, pendant que les 2 latéraux reprenaient leur place "naturelle", plus bas. Bien aidé par des niçois qui reculaient sensiblement, Bordeaux allait se montrer dangereux, notamment sur coup de pied arrêté. Trop tard. Ospina et un peu de maladresse devant allaient permettre le premier succès niçois à l'extérieur.

Conclusion : les entraîneurs de L1, qui ont déjoué les plans tactiques de Francis Gillot ne sont pas légion. René Marsiglia fait désormais partie de ceux-là et sa stratégie a parfaitement fonctionné même si Bordeaux s'est ressaisi en seconde période, en revenant à un 4-4-2 plus traditionnel.

Footballistico

samedi 2 août 2008

L'OL : l'ombre d'un doute

Après un début d'été passé à tenter de faire écrire "Boum" et à suivre les tristes démêlés de l'équipe de France chez nos voisins suisses, il était naturel que l'équipe de footballistico reprenne la plume pour commenter l'événement de ce week-end de chassé-croisé : la défaite de Lyon dans le trophée des champions face à une bonne cuvée bordelaise (facile, celle-là).

Certes, les lecteurs vont immédiatement nous ranger dans le camp des Aulasophobes, ceux depuis 7 ans trouvent des raisons d'espérer à la moindre passe ratée de Sydney Govou ou à une mi-temps en demi-teinte face à Guingamp, Rennes ou au PSG. Ceux qui tombent sur l'OL comme des gerfauts à la même période de l'année (février-mars) lorsque l'ogre Lyonnais étale son impuissance sur les terrains européens.

Cependant, en dépit de ce parti pris bien excusable et des sempiternelles excuses de saison (mercato incomplet, préparation en cours), la défaite à Chaban-Delmas pour le trophée des champions laisse un curieux goût à ceux qui ont vraiment regardé le match.

On a vu Lyon plutôt dominé tant dans l'agressivité que dans la circulation du ballon. Des bordelais plutôt inspirés qui frappent dix fois au but, M. Layec qui aurait pu siffler un péno, la barre sympa contre pas grand chose côté rhodanien (ah, si, Lloris). Alors, certes, Bordeaux fait partie depuis 3 saisons des bêtes noires de l'OL (remember le but d'Henrique en finale de la coupe de la ligue) et un match raté n'annonce pas le printemps des anti-gônes mais plusieurs raisons devraient inciter à une prise de conscience côté Lyonnais avec plusieurs glissements inquiétants :

- la rotation des entraîneurs. Phénomène classique en L1 mais plutôt nouveau à Lyon : Le Guen avait fait 3 saisons, Houllier 2, Perrin 1 et Puel ? A chaque fois, l'on perd un peu de temps, le mercato se fait à moitié sans le nouvel entraîneur et les joueurs doivent réapprendre un schéma tactique renouvelé. Lyon a en fait créé la stabilité (effectif, dirigeants, staff technique, cellule de recrutement) où l'entraîneur devient le seul élément brownien.
- les mercatos ratés. Le recrutement de l'année dernière ne restera pas dans les annales (Grosso, Keita, Cleber Anderson, Bodmer) contre les départs de Tiago, Abidal et Malouda et celui de cette année semble mal engagé : Makoun, Mensah, Ederson, Lloris, Piquionne contre Squilacci, Coupet et Ben Arfa, ce n'est pas forcément un gain. Surtout, les petites merveilles que sortaient Lyon soit du brésil, soit de son centre de formation, semblent devenues plus rares.
- un appauvrissement du jeu. Au départ, et surtout sous l'ère Le Guen renforcée par Houllier Lyon était une équipe à la fois capable de faire circuler, d'attaquer par les côtés (Govou, Malouda) puis de retrouver un solution au centre ou sur coup de pied arrêté. L'année dernière, l'équipe s'est résolue à un : je passe la balle à Benzema et l'on voit ce qui se passe. Cette tendance ne semble pas s'inverser au vu du match de samedi.
- un vieillissement des cadres : il faut bien s'en rendre compte le rendement de Lyon tourne autour de quelques joueurs clé qui, lorsqu'ils baissent de régime, risquent de laisser le club orphelin. Le plus emblématique à cette aune est Juninho : le brésilien était à la fois l'inspirateur du jeu Lyonnais, son métronome (avec à son service des porteurs d'eau talentueux comme Toulalan ou Essien) et, souvent, son finisseur, capable d'enlever un match sur un coup franc ou un corner bien distillé (vers son compère Cris). Or le rendement de "Juni" baisse lentement mais surement depuis 2 saisons... Si jamais Ederson ne se révèle pas à la hauteur de son compatriote, cela risque de laisser un grand vide...

Mais bien sûr, comme dit tout le monde, pas de conclusion hâtive, Lyon sera encore devant, bla, bla... tout en en tirant une sur Bordeaux qu'ils voient déjà jouer les premiers rôles.

Rendez-vous dans 6 jours avec l'épouvantail toulousain à Gerland.

mardi 1 janvier 2008

Les 11 voeux pour 2008

En cette période propice aux souhaits et aux bonnes résolutions, Footballistico n'a pas voulu déroger à la règle et a voulu formuler ses voeux pour 2008, principalement de santé et prospérité pour notre fragile L1 et de réussite pour l'équipe de France de football.

Notons qu'il s'agit simplement de voeux (parfois pieux nous en convenons), nos prévisions viendront prochainement. Elles seront parfois un peu différentes :

Voeu N°1 : Que les grands clubs anglais lâchent un peu la grappe à Ben Arfa, Benzema, Nasri et Elmander au moins jusqu'à la fin de l'année 2008. Un peu de pitié pour les miséreux.

Voeu N°2 : Que l'Appel d'Offre compliqué de la Ligue pour les Droits du Foot trouve de multiples preneurs, de préférence non cryptés, à des prix pas trop pourris (rapport aux grands clubs anglais sus-mentionnés). Comme ça au milieu des matches de Coupe de la Ligue, d'éliminatoires de la zone AmSud et de coupe de l'UEFA Zagreb-Munich, on pourra mater un bon vieux Sochaux - V.A. Et ça, ce serait bon.

Voeu N°3 : Que Henry, Vieira et tous les trentenaires de l'équipe de France surmontent leurs pépins de santé (mais pas tout de suite) et parviennent au top de leur forme entre le 9 /06 et le 29 /06.

Voeu N°4 : Que Raymond Domenech arrête de critiquer les tricheries de foot italien, il va nous les énerver !

Voeu N°5 : Pour le PSG, ben on sait plus trop, le maintien ?

Voeu N°6 : Que Bordeaux accomplisse l'incroyable exploit d'éliminer Anderlecht et d'inscrire en lettres d'or le nom du football français en coupe de l'UEFA.

Voeu N°7 : Que M.U continue ses parties fines avec "les plus belles femmes de Manchester" jusqu'en février. Aulas pourrait même leur envoyer quelques Rhodaniennes pour relayer les anglaises jusqu'au 20 / 02.

Voeu N°8 : Que les quelques équipes de L1 qui s'attachent à produire du jeu, Lorient, Le Mans et même Valenciennes ne soient pas reléguées.

Voeu N°9 : Que Didier Ollé-Nicolle, qui a amené une équipe de tâcherons (Clermont Foot) aux portes de la L1 trouve un "grand club" à sa mesure. Pourquoi pas entre les méandres de la Seine ?

Voeu N°10 : Que les décès des footballeurs en plein match suite à une crise cardiaque ou sinon, le foot va devenir plus dangereux que la F1 et que les causes sous-jacentes de ces morts (pas de chance, calendriers ou dopage) soient identifiées.

Voeu N°11 : Que footballistico atteigne un million de visiteurs uniques par mois.

Toute l'équipe de Footballistico en profite pour souhaiter une excellente année à ses lecteurs.

lundi 16 avril 2007

Zéro/zéro sur toute la Ligue ?

Téléfoot se délectait ce dimanche matin : la rafale de 0-0 offrait à Thierry Gilardi la possibilité de comparer goulûment le spectacle qu’offre le football anglais et européen avec la médiocrité de la Ligue 1. Sous-entendu évidemment : restez connecté sur TF1 et oubliez cette petite compétition médiocre que nous diffusons assidument depuis 27 ans et qui passera sur le Service Public l’année prochaine. A sa décharge, la première chaîne n’était pas seule à hurler. Tout ce que le France compte d’écrivains du foot s’est déchaîné dans un bel élan unanime, affligé et vengeur.

Même si l’élite du championnat de France offre davantage de buts que les saisons précédentes (moyenne de 2,21 buts par match 2006/2007 contre une moyenne qui frisotait les 2 les saisons passées), il est vrai que la 32ème journée a offert quelques raisons de désespérer. Des 0-0 comme s’il en pleuvait, des équipes paralysées par les enjeux. Et finalement, 8 but marqués dans les 10 matches. Des déceptions à la pelle. En vrac :
- Bordeaux. Incapable de dépasser leur tactique appliquée en finale de la Coupe de la Ligue : défendre et attendre. Malheureusement pour eux, Landreau n’est pas Vercoutre. Le PSG s’en sort avec 1 point.
- Conformément à ce que l’on pensait, l’OM, à 11 contre 11, n’a pas été capable de hausser son niveau de jeu et de battre une équipe de Valenciennes pourtant peu inspirée. 0-0 malgré l’armada Ribery-Cissé-Nasri-Niang-Pagis face au seul Savidan.
- Malgré un dernier quart d’heure enlevé, Lens, qui a débarqué la plupart de ses attaquants pendant le dernier mercato, ne parvient toujours pas à gagner à Nantes où le courage ne pourra plus servir longtemps de paravent au jeu.
- Troyes – Nancy : paralysées par l’enjeu, les 2 équipes se sont livrées à un pauvre spectacle. Mais Nancy prend un point à l’extérieur, ce qui prend des allures d’exploit incroyable à l’heure actuelle.
Seules 5 équipes on réussi à marquer pendant cette journée. Pas brillant.

En fait, les tares et les mérites de la Ligue 1 sont apparus dans toute leur horreur ce week end :
- pas de grands matches sans grands attaquants. Or, ceux-ci sont les joueurs dont la valeur marchande est, relativement, la plus élevée et qui prennent donc la poudre d’escampette le plus facilement vers les clubs Européens plus riches. Le phénomène s’est amplifié ces dernières années avec des départs dès la sortie de la pouponnière.
- une formation au top pour les demis défensifs et les gardiens. Cette année, les jeunes gardiens français sont particulièrement à l’honneur, Pouplin, Lloris, Pelé, des goals de moins de 25 ans. A ma connaissance, aucun autre championnat d’Europe ne peut se targuer d’une telle génération nourrie au grain sur son sol natal mais le prix à payer est le suivant : de belles manchettes et des scores étriqués. Et peu de but casquette (à l’exception de Grégorini) quand ils sont légion en Premier League.
- une tactique qui continue à privilégier la défense. Dernier exemple en date, Bordeaux. Une équipe, qui prétend à la ligue des champions, rencontre à domicile le 16ème du championnat et joue avec un seul attaquant, alors qu’une défaite ne comporte guère de risque : le club est de toute façon en UEFA grâce à sa prestigieuse victoire en Coupe de la Ligue. J’ai évidemment une explication pour cette distorsion tactique : les clubs français possèdent des entraîneurs qui sont massivement des ex-pros à profil défensif : 1 gardien, 12 défenseurs (Gillot, Der Zakarian, Furlan, …), 4 milieux (Le Guen, Hasek). Pour seulement 2 attaquants : Albert Emon et Pablo Corréa. La raison de cette distorsion dans le recrutement me semble simple : les défenseurs présentent une image de rigueur tactique et de sérieux qui rassure au moment de nommer un successeur dans une période forcément difficile. Avec lui, au moins, on ne perdra plus. Et les nouveaux entraîneurs font ce que l’on attend d’eux : ils massent aux abords de leur propre surface, travaillent le physique, glorifient le "collectif" (c'est-à-dire le repli défensif) et appellent à l’abnégation (pour les rares joueurs de devant, cela signifie harceler les défenseurs adverses et courir après les ballons balancés pendant 90 minutes, histoire de marquer un but de temps à autre). A quand l’instauration d’une discrimination positive au bénéfice des ex-attaquants ?
- la quasi-héroïsation d’Aimé Jacquet en 1998 (il jouait avec 3 milieux défensifs) a fait le reste.

Le résultat est à la hauteur de ce que l’on était en droit d’attendre. La France défend (plutôt bien) mais marque peu, surtout sur action construite. Tout le monde n’a pas Zidane dans son effectif.

Enfin, dernière explication : le hasard. Il est possible, qu’à l’instar de la 4ème journée très prolifique (35 buts), cette 32ème journée soit également « aberrante » avec une surpondération des matches stériles. On fera les comptes à la fin. Mais peu de hurleurs du jour feront réellement cette analyse. C’est moins accrocheur que de s’affliger en Arial 24 gras.

Aristotelicien

dimanche 1 avril 2007

Coupe de la Ligue : le bal des pleureuses

Après leur défaite face à Bordeaux, les Lyonnais ne se sont pas seulement illustré par un niveau de jeu assez faible, ils ont également abandonné une certaine dignité en signant quelques déclarations qui ravalent Houillier et Aulas au niveau d’un Antonetti ou d’un Luis. Encore l’entraîneur niçois a-t-il pour lui la pression des équipes mal classées, à jouer des matches-guillotines chaque week-end. Pour Lyon, on pressentait ce qui s’est avéré samedi soir : grand seigneur dans la victoire mais grinçant dans la défaite. Généreux avec leurs adversaires battus mais en-dessous de la ceinture quand le sort leur est contraire. Qu’on en juge :
"Bordeaux a fait un match fantastique, ils ont eu beaucoup d'occasions et ils n'ont pas fait de fautes" - "Cela ressemble à un hold-up. D'habitude, je rends hommage à l'adversaire mais là, je ne le ferai pas. Bordeaux a pourri le match" - Gérard Houllier.
"Ce soir, on s’incline alors que Vercoutre n’avait pas touché un ballon" - Jean-Michel Aulas.

Pourtant, pour ceux qui ont regardé le match, il s’agit d’un tout autre spectacle que celui d’une équipe de Lyon triomphante. Il est vrai que pendant les 20 premières minutes, les rhodaniens ont privé Bordeaux de ballon en pressant haut. En revanche, au niveau de la construction du jeu, l’OL n’y était pas. Au nombre des occasions on peut en recenser 3 : un bon centre de Clerc pour une madjer de Fred, une reprise de Toulalan aux 25 mètres, un coup-franc bien vicieux de Juninho, que Schilaci aurait pu détourner dans le but. En seconde mi-temps, c’est carrément le désert et Ramé n’a pas touché le ballon. Certes, le dénouement de la rencontre se fait sur un coup de pied arrêté (Vercoutre est aux fraises, Henrique monte jusqu'au ciel) à 2 minutes de la fin. Mais ça n'a jamais gêné Lyon lorsqu'il l'emporte face au PSG dans les mêmes conditions. Là, Houllier loue "la concentration" et la "combativité" de ses ouailles.

En fait, plutôt que de critiquer Bordeaux, Houllier, revenu à son niveau de 1993, aurait pu s’inspirer de la volonté des girondins et du coaching de Ricardo. Un peu débordé sur le côté gauche durant les 20 premières minutes, l’entraîneur bordelais fait rentrer Madrange : le résultat, plus rien, du côté du Rhône. Jamais, en fait, Lyon, n’a paru à la hauteur des enjeux. Malouda, absent, Juninho, inconstant, Fred, geignard, Tiago, qui ça ? Les lyonnais, qui se sont privés de leurs meilleurs éléments aperçus pendant la pause internationale, Benzema et Coupet, ont donc échoué…une fois de plus. Bordeaux n’a certes pas été étincelant (Micoud n’a eu aucune influence sur le jeu) mais à au moins mis tout le monde d’accord : ils avaient la meilleure défense, avec un axe central Planus / Henrique impérial.

Mon pronostic : Aulas va faire le ménage pour la saison prochaine. Houllier, Juninho, Vercoutre, Baros peuvent déjà faire leurs valises. Malouda, Abidal, Tiago et Fred seront sur la sellette. Govou ? Il voudra partir mais ne trouvera pas de club : comme d’hab.

Au moins, l'OL dispose de toute la fin de cette saison pour préparer la prochaine. Gageons que ce ne sera pas de trop : cela permettra d’oublier le manque d’intérêt de ce qui se passe sur le terrain.

Aristotelicien

mercredi 21 mars 2007

La meilleure attaque, c'est la défense

La dernière journée de championnat a mis en lumière un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur au fur et à mesure des saisons : l’impossibilité chronique pour une équipe qui domine de planter un but et la facilité déconcertante avec laquelle il est aisé d’en mettre en contre. La 29ème journée en a offert une illustration parfaite :
- Lille / Le Mans : les manceaux, « bien regroupés » derrière, ont battu de frêles dogues 2 à 0.
- Sedan / Bordeaux : l’équipe girondine, « opportuniste », a mené en première mi-temps avant de se faire rejoindre à cause d’une mésentente entre Jurietti et Ramé : 1 à 1
- Nancy / Lyon, après avoir été maltraité, Lyon a retrouvé son « réalisme de champion » grâce à un premier but (du genou) de Baros avant d’asseoir son succès dans le dernier quart d’heure (0-3)
- Monaco / Nantes : 2 actions, 2 buts : c’est le réalisme à la monégasque a permis à l’équipe du rocher de gagner face à des nantais entreprenants (2-1)
- Rennes – PSG : Gallardo glisse et le PSG apprend à ses dépens 10 secondes plus tard que Briant (Jimmy) saute plus haut que Mendy (Bernard) : 1-0.

Bien entendu, aucune journée de L1 ne serait complète sans son score clasico, le 0-0 (Valenciennes – Lorient) ni, même, son joli match Sochaux – Toulouse (4-2), grâce à Grax. Certes, le foot est justement beau à cause de cette glorieuse incertitude où une équipe surdominée, peut l’emporter grâce à la main de dieu ou, de façon moins mystique, à un bon corner bien frappé pour une tête bien placée.

Cependant, en France, on obtient le contraire aujourd’hui, les équipes dominatrices ne l’emportent JAMAIS, à moins de s’appeler Lyon ou par période des équipes comme Lens, Marseille ou Sedan. Sedan, justement est un bon exemple : selon le jugement des observateurs les hommes de Pasqualetti forment une équipe volontaire au jeu ambitieux et porté vers l’offensive (troisième attaque de Ligue 1). Résultat, patatras, les sangliers sont derniers même s’il est probable que les Job, Pujol & Co n’aient pas trop de souci à se recaser. La raison n’est pas évidente. Et pourtant, elle forme le paroxysme du football tactique d’aujourd’hui, l’apothéose d’un monde où la médiocrité s’est bardée de sérieux tactique et où les exploits des attaquants se font rares.

Cette rapide histoire du foot devrait aider à comprendre :
- au début des temps, donc, quand les footballeurs disputaient encore leur match sous le regard des derniers dinosaures : les équipes jouaient en 2-3-5 (pas en 5-3-2). L’objectif était de marquer plus que l’adversaire. On mettait les mauvais joueurs derrière et les gardiens mesuraient 1 m 70. Bref, ça faisait des chouettes matches où les scores à plus de 5 buts n’étaients pas rares. Les buteurs de l’époque s’appelaient Thadée Cisowsky (33 buts dans le championnat 56 -57, à 18 clubs), Just Fontaine, Roger Piantoni. Reims remporta le championnat 1959-1960 en marquant 109 buts. A ma connaissance, c’est le record absolu.
- les choses commencèrent à se gâter dans les années 80. Les clubs français mirent très longtemps à se mettre au diapason des autres pays européens, qui avaient érigé plusieurs principes pour leur permettre d’être plus compétitif. D’une part, les défenseurs, avaient vu leur nombre et leur niveau accru (W-M puis 4-4-2). En outre, les équipes adaptaient leur tactique et leur placement sur le terrain en fonction du score. Un avantage 1-0 était défendu avec acharnement. Un acharnement même limite, avant que la FIFA effrayée par le traitement réservé aux artiste brésiliens en 1966 ne commence à durcir les règles En outre, la préparation physique faisait des progrès de géants et les joueurs, notamment au milieu de terrain, couraient des distances devenues phénoménales, de la 1ère à la 90ème minute privant les attaquants adverses d’espace pendant tout le match. Dans ces années là, la moyenne des buts marqués par le champion devint inférieure à 70 buts, le pichichi baisse à moins de 30 buts (Delio Omnis, Jules Bocande), puis moins de 20 (Stéphane Zénier, JPP).
- Aujourd’hui : où en est-on ? Le nombre de buts a encore diminué. Lyon se mantient régulièrement au-dessus de la ligne de flottaison des 60 mais il est en général le seul. Les autres clubs oscillent entre 50 et 30. Les meilleurs buteurs tournent autour de 20 (Frei, Pauleta, Cissé) mais plus par isolement (on joue en général avec 1 attaquant de pointe, qui plante en contre que par un jeu porté vers l’offensive).
Bref, que faire ?

Après la nalyse, demain les mesures courageuses à prendre.

Aristotelicien

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