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mardi 22 janvier 2008

21ème journée de L1 : Le Lyon est-il mort hier soir ?

Hier soir, une bande sympathique de nordistes reléguable a donc mis KO l'ogre Lyonnais (3 - 0).

En championnat, ce score n'était pas arrivé depuis 2004 et la raclée prise à Monaco. En Ligue des Champions, c'est plus récent, avec la déculottée subie à Barcelone en Octobre ou face à Glasgow. Footballistico en est encore tout retourné. Comment cette équipe composée d'internationaux peut-elle flancher à ce point, quelques jours après avoir pris un bel avertissement face à l'équipe réserve du Mans (but de Matsui, qui perdait sa chaussure, donc).

Tout le monde y va de son explication psycho-tactique. En vrac :

- (fataliste) sans Juninho, y a plus d'OL, comment on f'ra quand y sera plus là ?
- (technique) : les difficultés récurrentes de l'OL à stabiliser son dispositif défensif tiennent aux blessures qui empêchent les joueurs de travailler leur coordination, essentielle à ce poste, comme sur les hors-jeu ou les glissements qui permettent à la défense de se déporter vers l'attaque adverse.
- (parisino-marseillais) : depuis le temps qu'on vous dit que c'est des couilles molles ces Lyonnais.
- (déclinologue) : l'OL paye le manque d'attrait de la L1. Même pour 15 millions d'euros, les joueurs maliens y veulent plus venir.
- (calendaire) : Janvier c'est dur pour nos brésiliens, on a une baisse de rendement chaque année pendant cette période. A mon avis, on devrait compenser avec plus de suédois.

A notre avis, il n'y a que 2 explications qui tiennent :

- toujours sensible au résultats financiers du produit qu'il vend, Jean-Michel Aulas est particulièrement soucieux d'entretenir le suspense du produit qu'il domine, la L1, sur tout en ces temps troublés d'appel d'offre et de tourmente boursière. Il essaie donc de faire croire que Lyon pourrait louper son septième titre. Surtout, qu'un "vrai" adversaire semble se profiler, Bordeaux. La ficelle est un peu grosse, Jean-Mimi, Bordeaux n'est pas vraiment un adversaireà ta taille et à moins de noyer Cris entre Saône et Rhône, le "dispositif défensif" devrait retrouver toute sa cohérence et son agressivité.

- le surnom de Daniel Leclercq "le druide" ne tient pas qu'à sa ressemblance avec Panoramix. Il détient réellement la recette de la potion magique : point de dopage dans tout cela mais une bonne dose d'amour du foot, une pincée de passion pour le terroir de l'Artois (il n'a franchi les frontières du Nord de la France que pour jouer des matches de foot), une bonne lampée de compréhension pour les joueurs et un vrai trait de communion avec le public. La recette semble éprouvée mais elle aussi inusable que le mojito des "cocteleros" de Cuba. Peu importe la qualité de la canne à sucre tant qu'on a l'amour du métier.
Cela donne une scène hallucinante lors de la conférence d'intronisation de Leclercq au poste de Directeur Technique: "je suis très ému" déclarait-il les larmes aux yeux. Papin avouait serein "je suis un jeune entraîneur, je suis encore en apprentissage, Daniel pourra m'apporter les astuces qui me manquent". Toute la France du foot s'était alors gaussée. Les couleuvres qu'il avale le Papin ! Quel niaisou. Et puis qui peut être heureux d'entraîner un pôv club de L1. Avec le recul, pourtant, on se dit que leurs déclarations étaient à prendre au pied de la lettre : Papin espère réellement apprendre des choses du vieil enchanteur et Leclercq serait ému même s'il était jardinier du stade de l'Artois.

Quelqu'un a dit "heureux les simples en esprit parce que le royaume des cieux leur appartient". On ne sait pas si Leclercq et Papin s'assiéront ensemble à la droite de Zizou mais au panthéon des mecs que le foot comble, ils ont déjà effacé tous les Roussey et les Halhilodzic de la terre.



mercredi 21 mars 2007

La meilleure attaque, c'est la défense

La dernière journée de championnat a mis en lumière un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur au fur et à mesure des saisons : l’impossibilité chronique pour une équipe qui domine de planter un but et la facilité déconcertante avec laquelle il est aisé d’en mettre en contre. La 29ème journée en a offert une illustration parfaite :
- Lille / Le Mans : les manceaux, « bien regroupés » derrière, ont battu de frêles dogues 2 à 0.
- Sedan / Bordeaux : l’équipe girondine, « opportuniste », a mené en première mi-temps avant de se faire rejoindre à cause d’une mésentente entre Jurietti et Ramé : 1 à 1
- Nancy / Lyon, après avoir été maltraité, Lyon a retrouvé son « réalisme de champion » grâce à un premier but (du genou) de Baros avant d’asseoir son succès dans le dernier quart d’heure (0-3)
- Monaco / Nantes : 2 actions, 2 buts : c’est le réalisme à la monégasque a permis à l’équipe du rocher de gagner face à des nantais entreprenants (2-1)
- Rennes – PSG : Gallardo glisse et le PSG apprend à ses dépens 10 secondes plus tard que Briant (Jimmy) saute plus haut que Mendy (Bernard) : 1-0.

Bien entendu, aucune journée de L1 ne serait complète sans son score clasico, le 0-0 (Valenciennes – Lorient) ni, même, son joli match Sochaux – Toulouse (4-2), grâce à Grax. Certes, le foot est justement beau à cause de cette glorieuse incertitude où une équipe surdominée, peut l’emporter grâce à la main de dieu ou, de façon moins mystique, à un bon corner bien frappé pour une tête bien placée.

Cependant, en France, on obtient le contraire aujourd’hui, les équipes dominatrices ne l’emportent JAMAIS, à moins de s’appeler Lyon ou par période des équipes comme Lens, Marseille ou Sedan. Sedan, justement est un bon exemple : selon le jugement des observateurs les hommes de Pasqualetti forment une équipe volontaire au jeu ambitieux et porté vers l’offensive (troisième attaque de Ligue 1). Résultat, patatras, les sangliers sont derniers même s’il est probable que les Job, Pujol & Co n’aient pas trop de souci à se recaser. La raison n’est pas évidente. Et pourtant, elle forme le paroxysme du football tactique d’aujourd’hui, l’apothéose d’un monde où la médiocrité s’est bardée de sérieux tactique et où les exploits des attaquants se font rares.

Cette rapide histoire du foot devrait aider à comprendre :
- au début des temps, donc, quand les footballeurs disputaient encore leur match sous le regard des derniers dinosaures : les équipes jouaient en 2-3-5 (pas en 5-3-2). L’objectif était de marquer plus que l’adversaire. On mettait les mauvais joueurs derrière et les gardiens mesuraient 1 m 70. Bref, ça faisait des chouettes matches où les scores à plus de 5 buts n’étaients pas rares. Les buteurs de l’époque s’appelaient Thadée Cisowsky (33 buts dans le championnat 56 -57, à 18 clubs), Just Fontaine, Roger Piantoni. Reims remporta le championnat 1959-1960 en marquant 109 buts. A ma connaissance, c’est le record absolu.
- les choses commencèrent à se gâter dans les années 80. Les clubs français mirent très longtemps à se mettre au diapason des autres pays européens, qui avaient érigé plusieurs principes pour leur permettre d’être plus compétitif. D’une part, les défenseurs, avaient vu leur nombre et leur niveau accru (W-M puis 4-4-2). En outre, les équipes adaptaient leur tactique et leur placement sur le terrain en fonction du score. Un avantage 1-0 était défendu avec acharnement. Un acharnement même limite, avant que la FIFA effrayée par le traitement réservé aux artiste brésiliens en 1966 ne commence à durcir les règles En outre, la préparation physique faisait des progrès de géants et les joueurs, notamment au milieu de terrain, couraient des distances devenues phénoménales, de la 1ère à la 90ème minute privant les attaquants adverses d’espace pendant tout le match. Dans ces années là, la moyenne des buts marqués par le champion devint inférieure à 70 buts, le pichichi baisse à moins de 30 buts (Delio Omnis, Jules Bocande), puis moins de 20 (Stéphane Zénier, JPP).
- Aujourd’hui : où en est-on ? Le nombre de buts a encore diminué. Lyon se mantient régulièrement au-dessus de la ligne de flottaison des 60 mais il est en général le seul. Les autres clubs oscillent entre 50 et 30. Les meilleurs buteurs tournent autour de 20 (Frei, Pauleta, Cissé) mais plus par isolement (on joue en général avec 1 attaquant de pointe, qui plante en contre que par un jeu porté vers l’offensive).
Bref, que faire ?

Après la nalyse, demain les mesures courageuses à prendre.

Aristotelicien

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Footballistico est un club d'amis dont le but est d'apporter un regard original et décalé sur le football. Une lampée de tactique, une pincée d'ironie, un peu d'économie du sport, une dose d'histoire et un glaçon de respect pour le rugby et l'Argentine, secouez et c'est parti pour un blog à la fois populaire et élitiste.

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