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mardi 6 mars 2012

Bordeaux - Nice : Gillot dominé tactiquement

Parfois, des matches a priori sans intérêt proposent un affrontement tactique passionnant. Samedi soir dernier, Nice, qui n'a jamais gagné à l'extérieur cette saison, affrontait un Bordeaux en état de grâce depuis le passage en 3-5-2 et l'arrivée de Mariano et d'Obraniak.

Pour ce match, Francis Gillot avait choisi un dispositif très offensif, anticipant sans doute un rideau niçois. Plasil jouait en milieu reculé (à la place de N'Guemo), et jouait avec 4 joueurs au profil offensif.

Mais le principal intérêt réside dans la réaction de Marsiglia, qui s'est déclinée de 3 façons :

  • il a dupliqué le dispositif Bordelais : Didier Digard est descendu entre ses 2 centraux pendant que Monzon et Clerc montaient sur les côtés : 3-5-2
  • le positionnement du second attaquant :  décalé sur le côté gauche en début de match, Mouloungui permit d'occuper à la fois un des 3 centraux tout en étirant la défense et/ou de neutraliser Mariano sur son couloir. Guié Guié allait occuper la même position dès son entrée en jeu suite la blessure de l'attaquant niçois, mais de l'autre côté. Avec le recul, ce changement fut peut-être la chance des niçois car Guié Guié se positionnait du côté de Trémoulinas, qui passa la partie aussi haut que ses attaquants, sans la prudence de Mariano,
  • des longs ballons permettant de sauter le milieu girondin sans trop de problème pour se retrouver dans des positions en 2 ou 3 (souvent Coulibaly) contre 3.
En première mi-temps, les 3 actions déterminantes ont toutes été construites sur ce modèle :
  • 18ème minute : Julien Sablé adresse un long ballon à Guié Guié. La défense girondine se dégage comme elle peut et après un relais avec Clerc, Mounier se fait sécher par Ciani.
  • 30ème minute : Ospina pour Clerc, qui transmet à Coulibaly pendant que Ciani est attiré par Guié-Guié sur le côté. Carrasso intervient.
  • 38ème minute : long ballon de Digard pour Guié Guié, en profondeur, but de l'attaquant azuréen.
En seconde mi-temps, Francis Gillot réagissait en passant en 4 - 4 - 2. Jussié avançait ainsi que Sané, pendant que les 2 latéraux reprenaient leur place "naturelle", plus bas. Bien aidé par des niçois qui reculaient sensiblement, Bordeaux allait se montrer dangereux, notamment sur coup de pied arrêté. Trop tard. Ospina et un peu de maladresse devant allaient permettre le premier succès niçois à l'extérieur.

Conclusion : les entraîneurs de L1, qui ont déjoué les plans tactiques de Francis Gillot ne sont pas légion. René Marsiglia fait désormais partie de ceux-là et sa stratégie a parfaitement fonctionné même si Bordeaux s'est ressaisi en seconde période, en revenant à un 4-4-2 plus traditionnel.

Footballistico

mardi 14 février 2012

Lille tombe sur le Bordeaux nouveau

Dans cette rencontre de la 23ème journée, Lille se présentait dans son 4-3-3 habituel. Depuis quelques matches, Francis Gillot a adopté un système qui est décrit en fonction des commentateurs soit comme un 5-3-2, soit comme un 3-5-2. Les 2 hommes clé du système sont bien sûr les latéraux, le nouveau venu Mariano et le revenant Trémoulinas. Ceux-ci "mangent la craie" sur les côtés de la défense et viennent porter le danger sur les ailes.

Les spectateurs gelés du stadium nord n'allaient pas avoir le temps de s'ennuyer.

Assez vite, le problème lillois allait apparaître en pleine lumière : la lenteur de sa charnière centrale, composée de Rozenhal et Chedjou. Sur un premier ballon long, sautant le milieu lillois, le revanchard Obraniak héritait du cuir et frappait : Maurice-Bellay reprenait le ballon, but. Évidemment, les dispositifs tactiques soigneusement posés par les entraîneurs avant le match allait être rapidement bouleversés, Bordeaux allait être plus défensif qu'anticipé (plus 5-3-2 que 3-5-2, donc) et Lille devait se découvrir pour revenir au score.


Au-delà de ce fait de jeu qui va imposer son rythme échevelé au match, voici selon nous les clés de la rencontre :

- privée de Basa (blessé) et de Rami (parti faire les beaux jours de Valence), la charnière centrale du LOSC est rapidement débordée lorsque qu'il s'agit de contrer des joueurs rapides. Sur les 5 buts bordelais, Rozenhal est impliqué sur 3 d'entre eux. Maurice-Bellay a réussi 4 dribbles dans ce match ce qui est une stat assez rare (Hazard, un spécialiste, est à 3)
- au-delà de l'aspect revanche, l'apport d'Obraniak (milieu de terrain excentré et offensif) est sans doute le chaînon manquant pour Bordeaux qui dispose dans son milieu, du triptyque magique : un bosseur + un passeur + un joueur décisif.
- le pressing bordelais a payé : c'est sans doute l'une des leçons du match : pressé au milieu, l'énergique milieu lillois jamais su se dépêtrer de l'emprise girondine : 2 ballons contrés dans les 30 mètres et 2 buts. 4 joueurs très actifs (Gouffran, Maurice-Bellay, Obraniak et Plasil)
- défensivement, Bordeaux a dominé les ailes. Lille de façon assez atypique a privilégié le centre du terrain, notamment en première mi-temps où Hazard et Payet ont systématiquement repiqué venant rejoindre un centre du terrain bordelais très occupé (les 3 centraux + N'Guemo). Bordeaux a donc gagné le match du jeu ouvert, où Lille n'a marqué qu'une seule fois (la jolie combinaison qui permet à Nolan Roux d'égaliser)...
- ...mais a perdu la bataille des coups de pied arrêtés. Alors qu'on pourrait penser qu'empiler les défenseurs centraux de métier (Henrique, Ciani, Planus) permet de dominer ce genre de situation : il semble qu'il y ait encore des problèmes de coordination dans la défense bordelaise. C'est criant sur le troisième but où Debuchy est laissé isolé à 15 mètres de Carasso.
- les changements opérés par Rudi Garcia à la 52ème minute (entrées de Cole et Bruno à la place de Balmont et Payet), c'est à dire 1 minute après le 3ème but bordelais, puis à la 62ème (remplacement de Rozenhal par le jeune Lucas Digne), 1 minute après le 4ème allaient profondément changer la donne du match :
  • l'équipe Lilloise passait en 4 - 4 - 2, ce qui accentuait la pression sur l'arrière garde bordelaise mais limitait le pressing sur les relances. Au contraire, le 4 de devant girondin se trouvait face à un adversaire de moins et piquait le ballon sur une relance de Béria : but.
  • mais Lille accentuait la pression et remontait au score, toujours sur coup de pied arrêté, avant d'égaliser. Ici, la fatigue du milieu bordelais, très sollicité, apparaît cruciale.
  • le dernier but d'Obraniak tenait à la fois à l'épuisement général des acteurs mais aussi du remplacement de Balmont, qui a ouvert des espaces importants sur la droite de la défense Lilloise.

Conclusion : pour les 2 entraîneurs, ce match ressemble à la croisée des destins. Alors que Francis Gillot semble avoir trouvé un dispositif qui optimise l'effectif (de qualité moyenne) dont il dispose, Rudi Garcia semble ne pas avoir su renouvelé les joueurs partants, nécessaires à son 4-3-3. Le "recrutement malin" (Sow, Basa, Landreau) semble avoir trouvé ses limites avec l'arrivée de joueurs,  (Pedretti, Payet, Rozenhal), qui ne remplacent pas qualitativement les partants (Cabaye, Rami, Sow et donc Obraniak). Lorsque Eden Hazard partira, qui sauvera Lille ?

Footballistico

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