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dimanche 6 avril 2014

PSG - Chelsea : les argentins prennent leur revanche sur les malouines

Le PSG est à un match d'un véritable exploit : sortir une équipe entraînée par Mourinho au niveau des 1/4 de finale, après 7 succès du portugais.

Les parisiens se présentaient dans leur 4-3-3 traditionnel. Seul Van Der Wiel, remplacé par Jallet, manquait à l'appel. Côté Chelsea, le Special One avait nommé une équipe "annihilatrice". Schürrle profitait de la blessure d'Eto'o. David Luiz et Ramires occupaient le 2 du 4-2-3-1 des visiteurs.

Première mi-temps :

Bien entendu, la bataille du Parc ne peut pas se résumer à un affrontement tactique, les erreurs / exploits individuels eurent énormément d'influence sur le résultat. Mais 2 phénomènes tactiques méritent d'être décrits.

1 - Le milieu qui s'excentre : nouveau paradigme des coachs intrépides

Comme l'a souligné Zonal Marking dans son analyse de Real -Barça. Il est extrêmement contre-intuitif pour une équipe de déserter le centre du terrain pour aller contrer un milieu qui prend l'aile (en l'occurrence Di Maria). Celui-ci crée le surnombre (ailier, latéral + milieu) et peut s'enfoncer librement sur l'aile avant de centrer. A Paris, Di Maria, c'est Matuidi.

Démonstration : au bout de 3 minutes de jeu, Matuidi prend l'aile gauche. Le défenseur le plus proche, Willian, est à 5 mètres. Ivanovic est dans la surface pour marquer Lavezzi. Le français centre (mal) sur Terry mais le défenseur central anglais repousse sur un Lavezzi haineux qui coule une première fois les londoniens.

2 - Comment contrer un 4-3-3 ou le resserrement défensif

Paris possède 3 plaques tournantes : Motta, Verratti et Thiago Silva. Les 2 premiers tournent à 100 passes par match. Dès lors, Mourinho avait conçu un dispositif propre à enrayer cette belle mécanique :

  • un marquage individuel strict sur Motta. Oscar fut le joueur désigné pour s'y coller. 
  • un resserrement général du dispositif pour bloquer les parisiens. L'objectif est de contrôler le jeu de passes, dès l'origine. C'est ainsi que Schürlle, Hazard et Willian se recentrent pour couper les trajectoires. 
  • une montée des milieux défensifs (notamment de David Luiz) pour prêter main forte, notamment sur Verratti. 
  • une agressivité de tous les instants, dans le camp parisien. Sur 18 fautes de Chelsea, 14 ont été commises dans le camp parisien. 
Chelsea (en rouge) : dispositif ramassé (source whoscored)
Le prix à payer de ce dispositif était au moins double : d'une part, lors des récupérations, les joueurs londoniens se trouvaient souvent à proximité de leur homologue parisien. D'autre part, le positionnement central laissa des espaces sur les ailes à Paris. Outre le but, Jallet, notamment, bénéficia d'espaces incroyables qui manquèrent de faire mouche à 2 ou 3 reprises : 
  • centre de Matuidi sur la tête de Lavezzi (52ème)
  • remise sur Ibra de Jallet, dont le tir est contré (63ème)
  • centre de Jallet sur Cavani, qui loupe sa reprise (81ème).
Il est intéressant de noter que les parisiens, un peu décontenancés en première période ne restèrent par les 2 pieds dans la même predator. L'évolution du positionnement du Matuidi, notamment, fut intéressant. En se recentrant, le milieu parisien fit perdre à Paris des opportunités offensives mais permit à son équipe de remettre le pied sur le ballon en offrant une solution de passe simple à Thiago Motta. 

Matuidi en 1ère mi-temps : faux ailier (source squawka)
Matuidi en 2de période : vrai milieu

La fatigue aidant, Chelsea allait relâcher son pressing et s'en remettre à des fautes pour stoppe les parisiens. L'évolution de Chelsea en seconde période est symbolisée par David Luiz. Au fur et à et mesure de l'avancement du match, le brésilien commit d eplus en plus d'erreurs (3 fautes en 45 minutes) et son influence offensive disparut.

Pastore pouvait frapper, Chelsea avait perdu le fil du match depuis 20 bonnes minutes, lorsque l'Argentin ondoya entre les défenseurs londoniens comme des plots.

Conclusion : la première mi-temps de Chelsea est un modèle du football "réactif" : comment annihiler une équipe, qui n'aime rien temps que dominer la possession. Mais le PSG n'est pas Arsenal. Les parisiens ont du répondant physique et possèdent des plans A (Ibra), B (les ailes) et C (contre et coups de pied arrêtés). Au total, les londoniens devront montrer un tout autre visage que celui qui les a vu se construire au final une seule occasion (le poteau de Hazard) avec un effectif offensif acheté 110 millions d'euros.

mardi 4 février 2014

Manchester City - Chelsea : tout n'est que tactique



Toute la planète foot n'en avait que pour Manchester City et son léché, tourné vers l'offensive, lui promettant la Premier League et la ligue des champions avec le Barça en apéritif. City n'a pas encore tout perdu mais Pellegrini devra retourner à son tableau noir tant son équipe est apparue sans solution face à un Chelsea redoutable d'efficacité.

Les citizens se présentaient dans leur 4-4-2 fétiche. Confronté à l'absence de Fernandinho et Javi Garcia, Pellegrini avait sélectionné De Michelis aux cotés de Touré dans son double-pivot. José Mourinho affichait son 4-2-3-1 avec David Luiz et la nouvelle recrue Matic au centre du terrain.



Première mi-temps :

On pourra s'interroger longtemps sur la composition des 2 double-pivots présents sur le pré. Au-delà de la bizarrerie qui consiste à sélectionner des arrières centraux à ce poste stratégique (l'exact contraire de Pep Guardiola dont l'obsession consiste à mettre des milieux de terrain partout), on peut penser que City fut l'équipe qui en souffrit le plus car elle devait prendre l'initiative. De Michelis se tira honorablement de sa première titularisation mais "honorable" est clairement insuffisant si l'on compare sa performance à celle d'un Fernandinho. L'argentin est apparu trop lent, constamment dépassé par les courses de Willian ou les dribbles de Hazard (seulement 5 tacles réussis sur 15 tentés). En outre, limité techniquement, il se contenta souvent d'effectuer des passes latérales, ralentissant le jeu. Avec le recul, on se demande pourquoi Pellegrini ne l'a pas remplacé, avec Rodwell, un spécialiste du poste, sur le banc.

City tenta de prendre le commandement du jeu dès le coup de sifflet initial face à un Chelsea positionné très prudemment : les latéraux demeuraient très reculés ainsi que le duo Matic / Luiz. En outre, Eto'o et Willian effectuant un pressing fort sur la relance des locaux.

Silva : En l'absence de Nasri, l'espagnol était le principal créateur des citizens. Assez rapidement, il cessa d'occuper son aile gauche nominale pour se recentrer, voire rejoindre son compatriote Navas à droite pour combiner. C'est donc sur ce côté que City se procura les meilleures occasions en profitant en outre du relatif manque d'implication défensive de Hazard :
  • à la 12ème minute, un corner de Navas donnait une occasion à Negredo,
  • à la 15ème minute, une percée du même Navas centrait en retrait pour une jolie frappe de Touré à l'entrée de la surface, 
  • enfin, à la 18ème minute, Touré s'enfonça dans la surface et centrait vers Silva, dont la frappe rasait le poteau droit de Cech.
Mais Chelsea avait réagi en recentrant rapidement Ramires pour pérenniser son avantage numérique au centre du terrain (4 contre 3) et le centre du pré devient très encombré pour Silva. En outre, un des effets collatéraux de la désertion de l'espagnol fut la relative liberté dont put jouir Ivanovic, qui allait avoir un effet dévastateur sur le but, le Serbe prenant de plus en plus l'initiative au fur et et à mesure que son côté se trouvait déserté. En outre, le duo d'attaquants, Dzeko et Negredo, dont le placement était trop proche n'offrit que peu de possibilités de passes pour l'espagnol. 

Silva : ailier gauche ? (source FourFourTwo)


Ivanovic : le serbe tenta plus de passe depuis la moitié de terrain mancunienne (source FourFourTwo)
Au-delà de la 20ème minute, City relacha la pression et Chelsea fit jouer sa première arme, les contres. Entre un Ramires très actif, un Willian très rapide et un Hazard très adroit en dribble, la défense de City allait rapidement souffrir. L'occasion la plus emblématique reste ce contre modèle ou les "blues" se présentèrent en 4 contre 1 avant que Ramires, au bout d'une course de 80 mètres n'échoue sur Hart.

Hazard : s'il ne fut pas le plus appliqué en terme de pressing, le belge fut l'attaquant le plus inspiré de son équipe. Très mobile, il n'hésita jamais à dribbler, faisant passer une sale soirée à Zabaleta et De Michelis. Surtout, la fluidité de ses mouvements fut admirable. Sur le but (32ème), il lance l'action depuis la gauche, avant de recevoir la balle à droite, limite hors-jeu, et de centrer sur Eto'o, avant qu'Ivanovic ne conclue. A la 35ème minute, il lance Eto'o depuis la droite, avant d'intercepter la relance de City et de tenter sa chance. Enfin, à la 43ème, il déborde Zabaleta depuis le côté gauche avant de centrer au second poteau vers Eto'o pour le premier poteau de Chelsea.

Seconde Période : il est étonnant de constater que Pellegrini ne changea pas son dispositif avant la 57ème minute (Jovetic pour Negredo) et que cela fut son seul changement. Le monténégrin mit un peu de temps à trouver le tempo mais il offrit un jeu différent de l'attaquant espagnol, en décrochant et en provoquant son vis-à-vis. Ce fut suite à une faute sur Jovetic que City eut sa meilleure occasion sur un coup franc de Silva. 

Cependant, le dispositif défensif des locaux devint pire. Touré et Silva se positionnaient aux 40 mètres et il suffisait qu'un des milieux de Chelsea prenne la profondeur pour que le danger se précise comme sur la frappe de Matic sur l'arête. 

Dans les 10 dernières minutes, Mourinho renforça son dispositif défensif avec des joueurs frais (Oscar) ou physique pour contrer l'avantage de centres qui se précisait (Obi Mikel / Demba Ba). Mais, les londoniens conservèrent jusqu'au bout leur avantage sur les ballons aériens, tant offensifs (tête de Cahill sur le poteau) que défensif.

Conclusion : si les citizens n'ont pas démérité, ils semblent avoir atteint une de leurs limites : un côté un peu têtu d'une équipe sure de sa force mais bourrée de certitudes, tandis que Chelsea s'adapte constamment et réunit une escouade de joueurs extrêmement travailleurs, prêts à mourir sur le pré pour leur entraîneur déifié. Le paradoxe, c'est que si City met régulièrement des raclées aux seconds couteaux de Premier League (comme le Barça en Liga), il souffre régulièrement face aux top teams. Le cas de Chelsea est exactement inverse. Très à l'aise quand il s'agit de désorganiser une belle mécanique, ils souffrent mille maux pour vaincre un West Ham. Une belle victoire de Mourinho en tout cas, méritée et dans le plus pur style mourinhesque.  

Footballistico

dimanche 26 août 2012

La métamorphose de Chelsea

Di Matteo est-il en train de réussir là où Villas-Boas avait échoué. Etonnant homme que ce Di Matteo : appelé à restaurer les fondamentaux de Chelsea (puissance, jeu offensif simple s'appuyant sur un attaquant pivot), il a entrepris après le plus grand succès du club de transformer le jeu de celui-ci.

La performance du club, hier après-midi à Stamford Bridge face à Newcastle fournissait donc une démonstration sur le nouveau Chelsea :

  • en termes d'effectif : exit Drogba, Kalou, Anelka. Au loft, Malouda. Remplaçant, Lampard. De l'équipe championne en 2010, il ne restait hier que Cole, Ivanovic, Cech et Obi Mikel.
  • en termes de système de jeu : fini du 4-3-3 instauré par Mourinho et reconduit par ses successeurs. Di Matteo a franchement opté pour le 4-2-3-1.
  • en termes de style de jeu. Désormais, ça passe moins par les ailes (13 centres contre 27 en mars 2012) et surtout, ça combine plus. 
La seule concession de Di Matteo semble être de renoncer au pressing haut. Ceci dit, tout le monde participe à la récupération même Torres.


Chelsea se présentait donc dans un 4-2-3-1. Hazard nominalement derrière Torres mais dans les faits très mobile, n'hésitant pas à dériver à gauche et à droite pour apporter le danger. Le jeune prodige belge a d'ailleurs bonifié tout le jeu de son équipe:

  • Torres se retrouve à faire des appels avec des ballons qui arrivent dans les pieds
  • Mata trouve un partenaire en remise et en combinaisons
Di Matteo avait positionné Bertrand devant Cole afin de contrer la menace Ben Arfa.

Première victime expiatoire, Newcastle. Il y a quelques mois, les Magpies avaient maltraité Chelsea à Stamford Bridge. En se présentant hier en 4-4-2, l'équipe acceptait de laisser le jeu à l'initiative de son adversaire mais espérait que Ben Arfa et ses 2 attaquants réussiraient à transpercer la défense des blues.

Première période :

Newcastle allait donc subir, assez bas (trop ?), le jeu de Chelsea. De façon étonnante, si la remontée de balle de Chelsea passait souvent par les ailles, la conclusion des attaques se déroulait au centre. La positionnement de Hazard, en particulier, fut un problème insoluble pour le 2 du milieu (Cabaye / Anita). Suivre le jeune belge c'était laisser les défenseurs seuls mais ne pas le suivre c'était offrir un point d'appui pour les attaques des blues. Souvent celui-ci se portait donc à gauche pour échapper aux défenseurs. Par contrecoup, la paire Meireles / Obi Mikel était laissée relativement libre pour distribuer le jeu.

Autre point d'importance à noter, si le côté gauche de Chelsea était très prudent, le côté droit (Mata, Ivanovic) se portait devant. C'est ainsi que l'espagnol fut impliqué sur les 2 buts des blues :
  • sur le premier, c'est lui qui transmet à Torres, qui s'infiltrait dans la défense avant de subir une faut d'Anita
  • sur le second, Ivanovic lance l'action et après un échange Mata / Meireles, l'avant-centre déclenche un une-deux avec Hazard.

Offensivement, Newcastle semblait compter sur les longs ballons vers ses attaquants. Cela faillit réussir, notamment sur un coup de pied arrêté. Ben Arfa, calé à droite fut bien pris par Cole, notamment. A noter que les londoniens se méfaient comme de la peste du français car souvent un troisième blues (Hazard) se mêlait au duo  Bertrand / Cole.

Seconde période :

En seconde période, Allan Pardew allait donner tout liberté à Ben Arfa pour errer sur le terrain à sa guise. Nominalement, cela aurait dû créer des situations de 2 contre 1 sur le côté droit de la défense des Magpies. Dans les faits, Bertrand n'est pas un très bon attaquant et Simpson ne fut pas mis en danger. A ce titre, il est d'ailleurs étonnant que Di Matteo n'ait pas cherché à exploiter davantage cette situation en faisant entrer Sturridge.

Si Ben Arfa fut plus percutant avec notamment une belle action à l'heure de jeu (durant une bonne période pour les Magpies), le problème de Newcastle restait entier. Chelsea dominait la possession et laissait peu de munitions à Newcastle.

Pardew allait tenter d'apporter plus de peps sur les côtés en remplaçant Simpson et surtout Santon Par Marveaux mais sans succès. Les latéraux de Chelsea sont bons défensivement et Ramires rentré à la place de Mata faisait le boulot défensivement. Le jeu de Newcastle se délitait progressivement et on en restait là.

Conclusion : tant en termes de créativité offensive que de gestion de ses temps faibles, Chelsea semble avoir progressé énormément sans perdre sa solidité défensive. De quoi rattraper 25 points de retard sur les Manchester ? Peut-être.

Footballistico

mardi 14 février 2012

Lille tombe sur le Bordeaux nouveau

Dans cette rencontre de la 23ème journée, Lille se présentait dans son 4-3-3 habituel. Depuis quelques matches, Francis Gillot a adopté un système qui est décrit en fonction des commentateurs soit comme un 5-3-2, soit comme un 3-5-2. Les 2 hommes clé du système sont bien sûr les latéraux, le nouveau venu Mariano et le revenant Trémoulinas. Ceux-ci "mangent la craie" sur les côtés de la défense et viennent porter le danger sur les ailes.

Les spectateurs gelés du stadium nord n'allaient pas avoir le temps de s'ennuyer.

Assez vite, le problème lillois allait apparaître en pleine lumière : la lenteur de sa charnière centrale, composée de Rozenhal et Chedjou. Sur un premier ballon long, sautant le milieu lillois, le revanchard Obraniak héritait du cuir et frappait : Maurice-Bellay reprenait le ballon, but. Évidemment, les dispositifs tactiques soigneusement posés par les entraîneurs avant le match allait être rapidement bouleversés, Bordeaux allait être plus défensif qu'anticipé (plus 5-3-2 que 3-5-2, donc) et Lille devait se découvrir pour revenir au score.


Au-delà de ce fait de jeu qui va imposer son rythme échevelé au match, voici selon nous les clés de la rencontre :

- privée de Basa (blessé) et de Rami (parti faire les beaux jours de Valence), la charnière centrale du LOSC est rapidement débordée lorsque qu'il s'agit de contrer des joueurs rapides. Sur les 5 buts bordelais, Rozenhal est impliqué sur 3 d'entre eux. Maurice-Bellay a réussi 4 dribbles dans ce match ce qui est une stat assez rare (Hazard, un spécialiste, est à 3)
- au-delà de l'aspect revanche, l'apport d'Obraniak (milieu de terrain excentré et offensif) est sans doute le chaînon manquant pour Bordeaux qui dispose dans son milieu, du triptyque magique : un bosseur + un passeur + un joueur décisif.
- le pressing bordelais a payé : c'est sans doute l'une des leçons du match : pressé au milieu, l'énergique milieu lillois jamais su se dépêtrer de l'emprise girondine : 2 ballons contrés dans les 30 mètres et 2 buts. 4 joueurs très actifs (Gouffran, Maurice-Bellay, Obraniak et Plasil)
- défensivement, Bordeaux a dominé les ailes. Lille de façon assez atypique a privilégié le centre du terrain, notamment en première mi-temps où Hazard et Payet ont systématiquement repiqué venant rejoindre un centre du terrain bordelais très occupé (les 3 centraux + N'Guemo). Bordeaux a donc gagné le match du jeu ouvert, où Lille n'a marqué qu'une seule fois (la jolie combinaison qui permet à Nolan Roux d'égaliser)...
- ...mais a perdu la bataille des coups de pied arrêtés. Alors qu'on pourrait penser qu'empiler les défenseurs centraux de métier (Henrique, Ciani, Planus) permet de dominer ce genre de situation : il semble qu'il y ait encore des problèmes de coordination dans la défense bordelaise. C'est criant sur le troisième but où Debuchy est laissé isolé à 15 mètres de Carasso.
- les changements opérés par Rudi Garcia à la 52ème minute (entrées de Cole et Bruno à la place de Balmont et Payet), c'est à dire 1 minute après le 3ème but bordelais, puis à la 62ème (remplacement de Rozenhal par le jeune Lucas Digne), 1 minute après le 4ème allaient profondément changer la donne du match :
  • l'équipe Lilloise passait en 4 - 4 - 2, ce qui accentuait la pression sur l'arrière garde bordelaise mais limitait le pressing sur les relances. Au contraire, le 4 de devant girondin se trouvait face à un adversaire de moins et piquait le ballon sur une relance de Béria : but.
  • mais Lille accentuait la pression et remontait au score, toujours sur coup de pied arrêté, avant d'égaliser. Ici, la fatigue du milieu bordelais, très sollicité, apparaît cruciale.
  • le dernier but d'Obraniak tenait à la fois à l'épuisement général des acteurs mais aussi du remplacement de Balmont, qui a ouvert des espaces importants sur la droite de la défense Lilloise.

Conclusion : pour les 2 entraîneurs, ce match ressemble à la croisée des destins. Alors que Francis Gillot semble avoir trouvé un dispositif qui optimise l'effectif (de qualité moyenne) dont il dispose, Rudi Garcia semble ne pas avoir su renouvelé les joueurs partants, nécessaires à son 4-3-3. Le "recrutement malin" (Sow, Basa, Landreau) semble avoir trouvé ses limites avec l'arrivée de joueurs,  (Pedretti, Payet, Rozenhal), qui ne remplacent pas qualitativement les partants (Cabaye, Rami, Sow et donc Obraniak). Lorsque Eden Hazard partira, qui sauvera Lille ?

Footballistico

lundi 7 mars 2011

OM - LOSC : Eden et Lille au paradis

Le sommet d'hier soir voyait les 2 équipes s'affronter en 4 - 3 - 3 même si l'OM sembla souvent plus proche du 4 - 2 - 3 - 1. Lille affichait sont 11 majeur avec sa fameuse triplette offensive Hazard - Sow - Gervinho. Deschamps était plutôt prudent avec un milieu Lucho - Kaboré - Cissé en appui de Ayew (nominalement à gauche), Brandao et Remi.

 1ère mi-temps :
Dès le début du match Lille pressait haut et Marseille avait toutes les peines du monde à développer son jeu. Le premier but de Hazard ne doit pas qu'au talent du jeune belge mais aussi à la domination lilloise au centre du terrain.

Les marseillais allaient essayer de construire et développer leur jeu mais Lille les bloquait remarquablement bien. Il est vrai que l'OM insista dans l'axe alors que :


1°) les joueurs de cette zone (Kaboré / Diawara) ne sont pas les plus adroits. Seul Stéphane M'Bia est assez précis avec le ballon.

2°) La compacité Lilloise où le trio Cabaye, Mavuba, Balmont fit merveille mais où les 3 attaquants firent leur part de travail, même Sow, redescendant souvent pour bloquer les relances de Diawara ou Kaboré.

3°) Les choix de Deschamps au milieu -Kaboré + Cissé- laissaient augurer d'un milieu assez peu créatif, d'autant plus que Lucho sembla diminué.

L'alternative, les ailes, était quasiment impossible. En fait l'équipe a un double problème : à gauche, Heinze (auteur d'un match catastrophique par ailleurs) n'est pas un latéral au profil très offensif et par conséquent André Ayew, se retrouva souvent seul face à Debuchy, sans partenaire. Cette faiblesse sur les ailes permit à Gervinho et Hazard de bloquer encore plus le centre du terrain. De l'autre côté, problème inverse, Rod Fanni est plutôt porté sur l'attaque mais Rémy n'étant pas un ailier, il eut tendance à prendre la profondeur sans considération pour son latéral. Ayew et Remy ont essayé d'inverser, de plonger, de repiquer au centre (c'est là où Ayew fut sans doute le plus dangereux en obtenant 2 coup francs très dangereux pour l'OM en première période) mais rien n'y fit.

Lille n'avait donc qu'à attendre. Les dogues eurent en contre (sur des ballons récupérés à 40 mètres de leur but) 3 occasions très nettes et c'était un petit miracle que l'OM s'en sorte à si bon compte en retournant au vestiaire.


2de période :

Lucho retenu pour un problème aux ischios, Didier Deschamps lançait Gignac à sa place et l'OM passait en 4 - 4 - 2. La situation offensive des marseillais n'allait pas changer par ce coup de baguette mais insensiblement, Lille reculait et laissait davantage d'initiatives aux locaux. Cheyrou faisait son entrée à son tour et tout de suite l'entre-jeu marseillais s'en trouvait fluidifié et les coups de pied arrêtés gagnaient en précision. Lille lançait ses flèches en contre (Gervinho encore). L'OM allait revenir dans la partie grâce à un Rémy jusque là bien invisible, qui reprenait un centre mal dégagé par Debuchy. L'OM marquait quasiment sur sa première occasion.

On l'a déjà dit sur ce blog, la façon de jouer du LOSC demande une débauche d'énergie assez forte, tant de la part des attaquants (appels incessants) que des milieux et des latéraux. A ce moment de la partie, on ne donnait pas forcément cher de la peau des lillois. Pourtant, la physionomie du match changeait peu : l'OM dominait légèrement la possession mais Lille avait les occasions les plus franches : Gervinho, poussé dans le dos, Cabaye, sur le poteau. Seul, Ayew, sur un coup de pied arrêté et sur une jolie frappe, aurait pu inverser la tendance. Les changements opérés en fin de match par Rudi Garcia allaient remporter le morceau, Emerson centrant pour Frau pendant que De Melo occupait Diawara au premier poteau.

Conclusion : Lille rompt avec la série de résultats médiocres face aux grosses écuries (défaite à domicile face à l'OM, matches nuls face au PSG et plus récemment à l'OL) et se positionne en candidat crédible pour le titre, avec la meilleure attaque en prime. Le cas de l'OM est plus délicat, certes l'équipe est toujours en lice pour conserver son titre de champion (et se qualifier en quart de la LDC) mais l'animation offensive fait toujours défaut et les performances individuelles (Ayew, Valbuena) ne masquent pas toujours la relative pauvreté collective. Reproche encore plus sérieux, Deschamps semble s'accrocher à certains titulaires (Heinze, Cissé, Rémy) alors que leur niveau de jeu (et l'analyse froide des carences marseillaises) devrait les confiner sur le banc. Lorsque l'entraîneur olympien est arrivé à Marseille, il voulait muscler le jeu marseillais et en confier les clés au seul Lucho. Il devient urgent de trouver un plan B.

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