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mardi 24 février 2015

PSG - Chelsea : match très tactique au Parc


Le PSG se présentait avec de nombreux blessés pour cette confrontation-revanche du 1/4 de finale de 2014. Laurent Blanc affichait son 4-3-3 fétiche mais possédait des options limitées sur le banc. L'équipe-type était celle attendue. Seule surprise, David Luis prenait la place de Thiago Motta en bas de milieu parisien, réplique étonnante du match aller de l'année dernière. Chelsea se présentait en 4-2-3-1 avec Fabregas derrière Diego Costa.

Première mi-temps : le tempo du match allait changer souvent au cours de la première période. Au départ Chelsea possédait une ligne défensive assez haute dont l'ambition était de couper les transmission vers les attaquants du PSG. Mais Paris peut peut justement être redoutable dans la récupération et la verticalité. Dans le premier 1/4 d'heure, Ibrahimovic et Matuidi se procurèrent chacun une occasion, qui allait refroidir considérablement les ardeurs des anglais. A partir de la fin du premier 1/4 d'heure, le PSG laissait plutôt la direction des opérations en reculant sensiblement en comptant sur sa vitesse en contre. Mais Chelsea n'est pas facile à manier et Mourinho eut tendance à faire descendre son bloc défensif (+ Ramires ou Matic).

David Luiz : la présence du Brésilien en lieu et place de Thiago Motta eut sans doute des effet positifs et négatifs pour Paris. D'un côté, il neutralisa totalement Fabregas. L'espagnol, qui est le meilleur passeur décisif de premier league fut inoffensif, ne réalisant que 12 passes dans les 30 mètres parisiens et ne créant aucune occasion. Le brésilien fut aussi un passeur fiable y compris sur certains longues diagonales. En revanche, il fut sans doute plus lent dans les transmissions que Thiago Motta et ne put donner la verticalité suffisante au jeu parisien pour trouver, notamment, Ibrahimovic.

Paris réussit cependant à dominer le jeu par les ailes, les parisiens furent en fait dangereux dans 2 types de situations :
  • les centres, en en réussissant 10 sur 26 (total du match), dont le but égalisateur,
  • les percées de Matuidi qui, prit souvent la profondeur en créant la panique dans la défense anglaise pourtant compacte. Face à celle-ci, Matuidi n'hésita d"ailleurs pas à venir créer le surnombre sur l'aile avec Maxwell. Outre, le centre victorieux vers Cavani, Matuidi créa 3 autres occasions parisiennes et fut aussi à la réception d'un centre. 
Face à cela, Chelsea n'opposa que peu de chose offensivement, Diego Costa fut mal à l'aise dans cette configuration. Face à 3 défenseurs centraux, situés plutôt bas, coupé de Fabregas, l'avant-centre de Chelsea eut du mal à faire parler sa pointe de vitesse et sa combativité, alors qu'il excelle face à un pressing haut. Seul Eden Hazard sembla en mesure  de mettre à mal la défense parisienne grâce à ses dribbles. Les défenseurs parisiens s'en remirent à des fautes face au belge (9 au total), de façon quasi-systématique. Cela dura ainsi jusqu'à la 35ème minute où Cahill dévia un ballon de sur la tête d'Ivanovic. Un peu chanceux mais Chelsea était parvenu à se projeter devant sur un ballon presque anodin avec 2 défenseurs dans les 16 mètres, ce que Paris n'arriva jamais à faire.

Seconde période. La deuxième mi-temps commença différemment. Mal en point, le PSG se devait de réagir et domina dès lors franchement la possessions. Chelsea descendit très bas sans doute pour mettre son plan 1 en marche (attendre et contrer, le pressing haut en moins) mais Paris ne laissa jamais Diego Costa libre et se montra encore très prudent défensivement.

Chelsea central. L'une des caractéristiques des londoniens fut leur côté centralité. Ils se massèrent au centre du terrain, délaissant les côtés. Le but était sans doute de neutraliser les transmissions vers Ibrahimovic, qui tentait, comme toujours de décrocher, et les plongées de Matuidi. Mais, l'une des conséquences fut d'ouvrir les ailes à de longs ballons latéraux depuis le centre du terrain. C'est sur l'un d'entre eux que Maxwell avait transmis à Matuidi, qui centra sur Cavani.

Paris (à gauche) : à l'aile, la vie est belle (source whoscored)

Les longs ballons latéraux du PSG (source fourfourtwo)

C'était la 53ème et on pensait que Paris pouvait l'emporter, surtout en insistant comme il le faisait sur les côtés. Malheureusement, les 2 maux parisiens reprirent vite le dessus :

  • une relative inefficacité offensive. Tour à tour, Ibra, Cavani (2 fois) et surtout Lavezzi manquèrent la cible. Paris aura tenté 10 tirs depuis l'intérieur de la surface de réparation pour 1 seul but avec 2 attaquants de classe mondiale. C'est insuffisant pour prétendre à quoi que ce soit.
  • un manque de précision sur les coups de pied arrêtés (corner ou coup franc). Lavezzi eut systématiquement tendance à le mettre au premier poteau, ce qui marcha une fois mais rata toutes les autres. Ibrahimovic et David Luiz manquèrent chacun un coup franc aux 20 mètres. 
Changements : le premier changement intervint à la 78ème minute (Cuadrado pour Willian, du poste pour poste) ce qui laisse penser que Mourinho était content de la physionomie de la partie. Le seul changement tactique de la partie fut celui opéré par Laurent Blanc en introduisant Pastore à la place de Lavezzi (80ème). Face à une défense regroupée, l'argentin introduisait autre chose, une capacité à créer des décalages dans un petit périmètre. Pourquoi, mais pourquoi, Laurent Blanc ne tenta pas ce changement avant ? Le public du parc pouvait rester avec cette question, le temps qu'Ibra rate une dernière occasion.

Conclusion : sur le papier, il est difficile pour Paris de se contenter de ce résultat. Mourinho doit se frotter les mains. Pourtant, en termes de jeu, les anglais ne peuvent pas se montrer satisfait par leur prestation : 2 tirs, dont 1 contré. En dépit de la prestation de Courtois, ce sera insuffisant au match retour face à un PSG, qui monte son niveau de jeu à chaque fois qu'il est confronté à une échéance européenne. 

Footballistico



mardi 4 février 2014

Manchester City - Chelsea : tout n'est que tactique



Toute la planète foot n'en avait que pour Manchester City et son léché, tourné vers l'offensive, lui promettant la Premier League et la ligue des champions avec le Barça en apéritif. City n'a pas encore tout perdu mais Pellegrini devra retourner à son tableau noir tant son équipe est apparue sans solution face à un Chelsea redoutable d'efficacité.

Les citizens se présentaient dans leur 4-4-2 fétiche. Confronté à l'absence de Fernandinho et Javi Garcia, Pellegrini avait sélectionné De Michelis aux cotés de Touré dans son double-pivot. José Mourinho affichait son 4-2-3-1 avec David Luiz et la nouvelle recrue Matic au centre du terrain.



Première mi-temps :

On pourra s'interroger longtemps sur la composition des 2 double-pivots présents sur le pré. Au-delà de la bizarrerie qui consiste à sélectionner des arrières centraux à ce poste stratégique (l'exact contraire de Pep Guardiola dont l'obsession consiste à mettre des milieux de terrain partout), on peut penser que City fut l'équipe qui en souffrit le plus car elle devait prendre l'initiative. De Michelis se tira honorablement de sa première titularisation mais "honorable" est clairement insuffisant si l'on compare sa performance à celle d'un Fernandinho. L'argentin est apparu trop lent, constamment dépassé par les courses de Willian ou les dribbles de Hazard (seulement 5 tacles réussis sur 15 tentés). En outre, limité techniquement, il se contenta souvent d'effectuer des passes latérales, ralentissant le jeu. Avec le recul, on se demande pourquoi Pellegrini ne l'a pas remplacé, avec Rodwell, un spécialiste du poste, sur le banc.

City tenta de prendre le commandement du jeu dès le coup de sifflet initial face à un Chelsea positionné très prudemment : les latéraux demeuraient très reculés ainsi que le duo Matic / Luiz. En outre, Eto'o et Willian effectuant un pressing fort sur la relance des locaux.

Silva : En l'absence de Nasri, l'espagnol était le principal créateur des citizens. Assez rapidement, il cessa d'occuper son aile gauche nominale pour se recentrer, voire rejoindre son compatriote Navas à droite pour combiner. C'est donc sur ce côté que City se procura les meilleures occasions en profitant en outre du relatif manque d'implication défensive de Hazard :
  • à la 12ème minute, un corner de Navas donnait une occasion à Negredo,
  • à la 15ème minute, une percée du même Navas centrait en retrait pour une jolie frappe de Touré à l'entrée de la surface, 
  • enfin, à la 18ème minute, Touré s'enfonça dans la surface et centrait vers Silva, dont la frappe rasait le poteau droit de Cech.
Mais Chelsea avait réagi en recentrant rapidement Ramires pour pérenniser son avantage numérique au centre du terrain (4 contre 3) et le centre du pré devient très encombré pour Silva. En outre, un des effets collatéraux de la désertion de l'espagnol fut la relative liberté dont put jouir Ivanovic, qui allait avoir un effet dévastateur sur le but, le Serbe prenant de plus en plus l'initiative au fur et et à mesure que son côté se trouvait déserté. En outre, le duo d'attaquants, Dzeko et Negredo, dont le placement était trop proche n'offrit que peu de possibilités de passes pour l'espagnol. 

Silva : ailier gauche ? (source FourFourTwo)


Ivanovic : le serbe tenta plus de passe depuis la moitié de terrain mancunienne (source FourFourTwo)
Au-delà de la 20ème minute, City relacha la pression et Chelsea fit jouer sa première arme, les contres. Entre un Ramires très actif, un Willian très rapide et un Hazard très adroit en dribble, la défense de City allait rapidement souffrir. L'occasion la plus emblématique reste ce contre modèle ou les "blues" se présentèrent en 4 contre 1 avant que Ramires, au bout d'une course de 80 mètres n'échoue sur Hart.

Hazard : s'il ne fut pas le plus appliqué en terme de pressing, le belge fut l'attaquant le plus inspiré de son équipe. Très mobile, il n'hésita jamais à dribbler, faisant passer une sale soirée à Zabaleta et De Michelis. Surtout, la fluidité de ses mouvements fut admirable. Sur le but (32ème), il lance l'action depuis la gauche, avant de recevoir la balle à droite, limite hors-jeu, et de centrer sur Eto'o, avant qu'Ivanovic ne conclue. A la 35ème minute, il lance Eto'o depuis la droite, avant d'intercepter la relance de City et de tenter sa chance. Enfin, à la 43ème, il déborde Zabaleta depuis le côté gauche avant de centrer au second poteau vers Eto'o pour le premier poteau de Chelsea.

Seconde Période : il est étonnant de constater que Pellegrini ne changea pas son dispositif avant la 57ème minute (Jovetic pour Negredo) et que cela fut son seul changement. Le monténégrin mit un peu de temps à trouver le tempo mais il offrit un jeu différent de l'attaquant espagnol, en décrochant et en provoquant son vis-à-vis. Ce fut suite à une faute sur Jovetic que City eut sa meilleure occasion sur un coup franc de Silva. 

Cependant, le dispositif défensif des locaux devint pire. Touré et Silva se positionnaient aux 40 mètres et il suffisait qu'un des milieux de Chelsea prenne la profondeur pour que le danger se précise comme sur la frappe de Matic sur l'arête. 

Dans les 10 dernières minutes, Mourinho renforça son dispositif défensif avec des joueurs frais (Oscar) ou physique pour contrer l'avantage de centres qui se précisait (Obi Mikel / Demba Ba). Mais, les londoniens conservèrent jusqu'au bout leur avantage sur les ballons aériens, tant offensifs (tête de Cahill sur le poteau) que défensif.

Conclusion : si les citizens n'ont pas démérité, ils semblent avoir atteint une de leurs limites : un côté un peu têtu d'une équipe sure de sa force mais bourrée de certitudes, tandis que Chelsea s'adapte constamment et réunit une escouade de joueurs extrêmement travailleurs, prêts à mourir sur le pré pour leur entraîneur déifié. Le paradoxe, c'est que si City met régulièrement des raclées aux seconds couteaux de Premier League (comme le Barça en Liga), il souffre régulièrement face aux top teams. Le cas de Chelsea est exactement inverse. Très à l'aise quand il s'agit de désorganiser une belle mécanique, ils souffrent mille maux pour vaincre un West Ham. Une belle victoire de Mourinho en tout cas, méritée et dans le plus pur style mourinhesque.  

Footballistico

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