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mardi 24 février 2015

PSG - Chelsea : match très tactique au Parc


Le PSG se présentait avec de nombreux blessés pour cette confrontation-revanche du 1/4 de finale de 2014. Laurent Blanc affichait son 4-3-3 fétiche mais possédait des options limitées sur le banc. L'équipe-type était celle attendue. Seule surprise, David Luis prenait la place de Thiago Motta en bas de milieu parisien, réplique étonnante du match aller de l'année dernière. Chelsea se présentait en 4-2-3-1 avec Fabregas derrière Diego Costa.

Première mi-temps : le tempo du match allait changer souvent au cours de la première période. Au départ Chelsea possédait une ligne défensive assez haute dont l'ambition était de couper les transmission vers les attaquants du PSG. Mais Paris peut peut justement être redoutable dans la récupération et la verticalité. Dans le premier 1/4 d'heure, Ibrahimovic et Matuidi se procurèrent chacun une occasion, qui allait refroidir considérablement les ardeurs des anglais. A partir de la fin du premier 1/4 d'heure, le PSG laissait plutôt la direction des opérations en reculant sensiblement en comptant sur sa vitesse en contre. Mais Chelsea n'est pas facile à manier et Mourinho eut tendance à faire descendre son bloc défensif (+ Ramires ou Matic).

David Luiz : la présence du Brésilien en lieu et place de Thiago Motta eut sans doute des effet positifs et négatifs pour Paris. D'un côté, il neutralisa totalement Fabregas. L'espagnol, qui est le meilleur passeur décisif de premier league fut inoffensif, ne réalisant que 12 passes dans les 30 mètres parisiens et ne créant aucune occasion. Le brésilien fut aussi un passeur fiable y compris sur certains longues diagonales. En revanche, il fut sans doute plus lent dans les transmissions que Thiago Motta et ne put donner la verticalité suffisante au jeu parisien pour trouver, notamment, Ibrahimovic.

Paris réussit cependant à dominer le jeu par les ailes, les parisiens furent en fait dangereux dans 2 types de situations :
  • les centres, en en réussissant 10 sur 26 (total du match), dont le but égalisateur,
  • les percées de Matuidi qui, prit souvent la profondeur en créant la panique dans la défense anglaise pourtant compacte. Face à celle-ci, Matuidi n'hésita d"ailleurs pas à venir créer le surnombre sur l'aile avec Maxwell. Outre, le centre victorieux vers Cavani, Matuidi créa 3 autres occasions parisiennes et fut aussi à la réception d'un centre. 
Face à cela, Chelsea n'opposa que peu de chose offensivement, Diego Costa fut mal à l'aise dans cette configuration. Face à 3 défenseurs centraux, situés plutôt bas, coupé de Fabregas, l'avant-centre de Chelsea eut du mal à faire parler sa pointe de vitesse et sa combativité, alors qu'il excelle face à un pressing haut. Seul Eden Hazard sembla en mesure  de mettre à mal la défense parisienne grâce à ses dribbles. Les défenseurs parisiens s'en remirent à des fautes face au belge (9 au total), de façon quasi-systématique. Cela dura ainsi jusqu'à la 35ème minute où Cahill dévia un ballon de sur la tête d'Ivanovic. Un peu chanceux mais Chelsea était parvenu à se projeter devant sur un ballon presque anodin avec 2 défenseurs dans les 16 mètres, ce que Paris n'arriva jamais à faire.

Seconde période. La deuxième mi-temps commença différemment. Mal en point, le PSG se devait de réagir et domina dès lors franchement la possessions. Chelsea descendit très bas sans doute pour mettre son plan 1 en marche (attendre et contrer, le pressing haut en moins) mais Paris ne laissa jamais Diego Costa libre et se montra encore très prudent défensivement.

Chelsea central. L'une des caractéristiques des londoniens fut leur côté centralité. Ils se massèrent au centre du terrain, délaissant les côtés. Le but était sans doute de neutraliser les transmissions vers Ibrahimovic, qui tentait, comme toujours de décrocher, et les plongées de Matuidi. Mais, l'une des conséquences fut d'ouvrir les ailes à de longs ballons latéraux depuis le centre du terrain. C'est sur l'un d'entre eux que Maxwell avait transmis à Matuidi, qui centra sur Cavani.

Paris (à gauche) : à l'aile, la vie est belle (source whoscored)

Les longs ballons latéraux du PSG (source fourfourtwo)

C'était la 53ème et on pensait que Paris pouvait l'emporter, surtout en insistant comme il le faisait sur les côtés. Malheureusement, les 2 maux parisiens reprirent vite le dessus :

  • une relative inefficacité offensive. Tour à tour, Ibra, Cavani (2 fois) et surtout Lavezzi manquèrent la cible. Paris aura tenté 10 tirs depuis l'intérieur de la surface de réparation pour 1 seul but avec 2 attaquants de classe mondiale. C'est insuffisant pour prétendre à quoi que ce soit.
  • un manque de précision sur les coups de pied arrêtés (corner ou coup franc). Lavezzi eut systématiquement tendance à le mettre au premier poteau, ce qui marcha une fois mais rata toutes les autres. Ibrahimovic et David Luiz manquèrent chacun un coup franc aux 20 mètres. 
Changements : le premier changement intervint à la 78ème minute (Cuadrado pour Willian, du poste pour poste) ce qui laisse penser que Mourinho était content de la physionomie de la partie. Le seul changement tactique de la partie fut celui opéré par Laurent Blanc en introduisant Pastore à la place de Lavezzi (80ème). Face à une défense regroupée, l'argentin introduisait autre chose, une capacité à créer des décalages dans un petit périmètre. Pourquoi, mais pourquoi, Laurent Blanc ne tenta pas ce changement avant ? Le public du parc pouvait rester avec cette question, le temps qu'Ibra rate une dernière occasion.

Conclusion : sur le papier, il est difficile pour Paris de se contenter de ce résultat. Mourinho doit se frotter les mains. Pourtant, en termes de jeu, les anglais ne peuvent pas se montrer satisfait par leur prestation : 2 tirs, dont 1 contré. En dépit de la prestation de Courtois, ce sera insuffisant au match retour face à un PSG, qui monte son niveau de jeu à chaque fois qu'il est confronté à une échéance européenne. 

Footballistico



dimanche 6 avril 2014

PSG - Chelsea : les argentins prennent leur revanche sur les malouines

Le PSG est à un match d'un véritable exploit : sortir une équipe entraînée par Mourinho au niveau des 1/4 de finale, après 7 succès du portugais.

Les parisiens se présentaient dans leur 4-3-3 traditionnel. Seul Van Der Wiel, remplacé par Jallet, manquait à l'appel. Côté Chelsea, le Special One avait nommé une équipe "annihilatrice". Schürrle profitait de la blessure d'Eto'o. David Luiz et Ramires occupaient le 2 du 4-2-3-1 des visiteurs.

Première mi-temps :

Bien entendu, la bataille du Parc ne peut pas se résumer à un affrontement tactique, les erreurs / exploits individuels eurent énormément d'influence sur le résultat. Mais 2 phénomènes tactiques méritent d'être décrits.

1 - Le milieu qui s'excentre : nouveau paradigme des coachs intrépides

Comme l'a souligné Zonal Marking dans son analyse de Real -Barça. Il est extrêmement contre-intuitif pour une équipe de déserter le centre du terrain pour aller contrer un milieu qui prend l'aile (en l'occurrence Di Maria). Celui-ci crée le surnombre (ailier, latéral + milieu) et peut s'enfoncer librement sur l'aile avant de centrer. A Paris, Di Maria, c'est Matuidi.

Démonstration : au bout de 3 minutes de jeu, Matuidi prend l'aile gauche. Le défenseur le plus proche, Willian, est à 5 mètres. Ivanovic est dans la surface pour marquer Lavezzi. Le français centre (mal) sur Terry mais le défenseur central anglais repousse sur un Lavezzi haineux qui coule une première fois les londoniens.

2 - Comment contrer un 4-3-3 ou le resserrement défensif

Paris possède 3 plaques tournantes : Motta, Verratti et Thiago Silva. Les 2 premiers tournent à 100 passes par match. Dès lors, Mourinho avait conçu un dispositif propre à enrayer cette belle mécanique :

  • un marquage individuel strict sur Motta. Oscar fut le joueur désigné pour s'y coller. 
  • un resserrement général du dispositif pour bloquer les parisiens. L'objectif est de contrôler le jeu de passes, dès l'origine. C'est ainsi que Schürlle, Hazard et Willian se recentrent pour couper les trajectoires. 
  • une montée des milieux défensifs (notamment de David Luiz) pour prêter main forte, notamment sur Verratti. 
  • une agressivité de tous les instants, dans le camp parisien. Sur 18 fautes de Chelsea, 14 ont été commises dans le camp parisien. 
Chelsea (en rouge) : dispositif ramassé (source whoscored)
Le prix à payer de ce dispositif était au moins double : d'une part, lors des récupérations, les joueurs londoniens se trouvaient souvent à proximité de leur homologue parisien. D'autre part, le positionnement central laissa des espaces sur les ailes à Paris. Outre le but, Jallet, notamment, bénéficia d'espaces incroyables qui manquèrent de faire mouche à 2 ou 3 reprises : 
  • centre de Matuidi sur la tête de Lavezzi (52ème)
  • remise sur Ibra de Jallet, dont le tir est contré (63ème)
  • centre de Jallet sur Cavani, qui loupe sa reprise (81ème).
Il est intéressant de noter que les parisiens, un peu décontenancés en première période ne restèrent par les 2 pieds dans la même predator. L'évolution du positionnement du Matuidi, notamment, fut intéressant. En se recentrant, le milieu parisien fit perdre à Paris des opportunités offensives mais permit à son équipe de remettre le pied sur le ballon en offrant une solution de passe simple à Thiago Motta. 

Matuidi en 1ère mi-temps : faux ailier (source squawka)
Matuidi en 2de période : vrai milieu

La fatigue aidant, Chelsea allait relâcher son pressing et s'en remettre à des fautes pour stoppe les parisiens. L'évolution de Chelsea en seconde période est symbolisée par David Luiz. Au fur et à et mesure de l'avancement du match, le brésilien commit d eplus en plus d'erreurs (3 fautes en 45 minutes) et son influence offensive disparut.

Pastore pouvait frapper, Chelsea avait perdu le fil du match depuis 20 bonnes minutes, lorsque l'Argentin ondoya entre les défenseurs londoniens comme des plots.

Conclusion : la première mi-temps de Chelsea est un modèle du football "réactif" : comment annihiler une équipe, qui n'aime rien temps que dominer la possession. Mais le PSG n'est pas Arsenal. Les parisiens ont du répondant physique et possèdent des plans A (Ibra), B (les ailes) et C (contre et coups de pied arrêtés). Au total, les londoniens devront montrer un tout autre visage que celui qui les a vu se construire au final une seule occasion (le poteau de Hazard) avec un effectif offensif acheté 110 millions d'euros.

mardi 4 février 2014

Manchester City - Chelsea : tout n'est que tactique



Toute la planète foot n'en avait que pour Manchester City et son léché, tourné vers l'offensive, lui promettant la Premier League et la ligue des champions avec le Barça en apéritif. City n'a pas encore tout perdu mais Pellegrini devra retourner à son tableau noir tant son équipe est apparue sans solution face à un Chelsea redoutable d'efficacité.

Les citizens se présentaient dans leur 4-4-2 fétiche. Confronté à l'absence de Fernandinho et Javi Garcia, Pellegrini avait sélectionné De Michelis aux cotés de Touré dans son double-pivot. José Mourinho affichait son 4-2-3-1 avec David Luiz et la nouvelle recrue Matic au centre du terrain.



Première mi-temps :

On pourra s'interroger longtemps sur la composition des 2 double-pivots présents sur le pré. Au-delà de la bizarrerie qui consiste à sélectionner des arrières centraux à ce poste stratégique (l'exact contraire de Pep Guardiola dont l'obsession consiste à mettre des milieux de terrain partout), on peut penser que City fut l'équipe qui en souffrit le plus car elle devait prendre l'initiative. De Michelis se tira honorablement de sa première titularisation mais "honorable" est clairement insuffisant si l'on compare sa performance à celle d'un Fernandinho. L'argentin est apparu trop lent, constamment dépassé par les courses de Willian ou les dribbles de Hazard (seulement 5 tacles réussis sur 15 tentés). En outre, limité techniquement, il se contenta souvent d'effectuer des passes latérales, ralentissant le jeu. Avec le recul, on se demande pourquoi Pellegrini ne l'a pas remplacé, avec Rodwell, un spécialiste du poste, sur le banc.

City tenta de prendre le commandement du jeu dès le coup de sifflet initial face à un Chelsea positionné très prudemment : les latéraux demeuraient très reculés ainsi que le duo Matic / Luiz. En outre, Eto'o et Willian effectuant un pressing fort sur la relance des locaux.

Silva : En l'absence de Nasri, l'espagnol était le principal créateur des citizens. Assez rapidement, il cessa d'occuper son aile gauche nominale pour se recentrer, voire rejoindre son compatriote Navas à droite pour combiner. C'est donc sur ce côté que City se procura les meilleures occasions en profitant en outre du relatif manque d'implication défensive de Hazard :
  • à la 12ème minute, un corner de Navas donnait une occasion à Negredo,
  • à la 15ème minute, une percée du même Navas centrait en retrait pour une jolie frappe de Touré à l'entrée de la surface, 
  • enfin, à la 18ème minute, Touré s'enfonça dans la surface et centrait vers Silva, dont la frappe rasait le poteau droit de Cech.
Mais Chelsea avait réagi en recentrant rapidement Ramires pour pérenniser son avantage numérique au centre du terrain (4 contre 3) et le centre du pré devient très encombré pour Silva. En outre, un des effets collatéraux de la désertion de l'espagnol fut la relative liberté dont put jouir Ivanovic, qui allait avoir un effet dévastateur sur le but, le Serbe prenant de plus en plus l'initiative au fur et et à mesure que son côté se trouvait déserté. En outre, le duo d'attaquants, Dzeko et Negredo, dont le placement était trop proche n'offrit que peu de possibilités de passes pour l'espagnol. 

Silva : ailier gauche ? (source FourFourTwo)


Ivanovic : le serbe tenta plus de passe depuis la moitié de terrain mancunienne (source FourFourTwo)
Au-delà de la 20ème minute, City relacha la pression et Chelsea fit jouer sa première arme, les contres. Entre un Ramires très actif, un Willian très rapide et un Hazard très adroit en dribble, la défense de City allait rapidement souffrir. L'occasion la plus emblématique reste ce contre modèle ou les "blues" se présentèrent en 4 contre 1 avant que Ramires, au bout d'une course de 80 mètres n'échoue sur Hart.

Hazard : s'il ne fut pas le plus appliqué en terme de pressing, le belge fut l'attaquant le plus inspiré de son équipe. Très mobile, il n'hésita jamais à dribbler, faisant passer une sale soirée à Zabaleta et De Michelis. Surtout, la fluidité de ses mouvements fut admirable. Sur le but (32ème), il lance l'action depuis la gauche, avant de recevoir la balle à droite, limite hors-jeu, et de centrer sur Eto'o, avant qu'Ivanovic ne conclue. A la 35ème minute, il lance Eto'o depuis la droite, avant d'intercepter la relance de City et de tenter sa chance. Enfin, à la 43ème, il déborde Zabaleta depuis le côté gauche avant de centrer au second poteau vers Eto'o pour le premier poteau de Chelsea.

Seconde Période : il est étonnant de constater que Pellegrini ne changea pas son dispositif avant la 57ème minute (Jovetic pour Negredo) et que cela fut son seul changement. Le monténégrin mit un peu de temps à trouver le tempo mais il offrit un jeu différent de l'attaquant espagnol, en décrochant et en provoquant son vis-à-vis. Ce fut suite à une faute sur Jovetic que City eut sa meilleure occasion sur un coup franc de Silva. 

Cependant, le dispositif défensif des locaux devint pire. Touré et Silva se positionnaient aux 40 mètres et il suffisait qu'un des milieux de Chelsea prenne la profondeur pour que le danger se précise comme sur la frappe de Matic sur l'arête. 

Dans les 10 dernières minutes, Mourinho renforça son dispositif défensif avec des joueurs frais (Oscar) ou physique pour contrer l'avantage de centres qui se précisait (Obi Mikel / Demba Ba). Mais, les londoniens conservèrent jusqu'au bout leur avantage sur les ballons aériens, tant offensifs (tête de Cahill sur le poteau) que défensif.

Conclusion : si les citizens n'ont pas démérité, ils semblent avoir atteint une de leurs limites : un côté un peu têtu d'une équipe sure de sa force mais bourrée de certitudes, tandis que Chelsea s'adapte constamment et réunit une escouade de joueurs extrêmement travailleurs, prêts à mourir sur le pré pour leur entraîneur déifié. Le paradoxe, c'est que si City met régulièrement des raclées aux seconds couteaux de Premier League (comme le Barça en Liga), il souffre régulièrement face aux top teams. Le cas de Chelsea est exactement inverse. Très à l'aise quand il s'agit de désorganiser une belle mécanique, ils souffrent mille maux pour vaincre un West Ham. Une belle victoire de Mourinho en tout cas, méritée et dans le plus pur style mourinhesque.  

Footballistico

vendredi 1 février 2013

Real - Barça : un match âpre et engagé

Le Real se présentait hier en 4 - 2 - 3 - 1. La défense était inédite avec notamment une charnière centrale Carvalho - Varane et Essien positionné en arrière droit. Callejon prenait la place de Di Maria suspendu. Le Barça affichait son équipe type en 4-3-3 : Iniesta occupait l'aile gauche juste devant Fabregas.

Plutôt qu'une analyse tactique complète, voici quelques considérations sur le match.

  • On a beau critiquer Mourinho, il est le seul entraîneur au monde à tenir tête régulièrement au Barça, d'abord avec l'Inter puis aujourd'hui avec le Real. Depuis 1 an, le bilan des madrilènes et des catalans est parfaitement équilibré : 2 nuls, 2 victoires et 2 défaites (jamais par plus d'une but d'écart). Le match retour à Barcelone fera pencher la balance.
  • Prudence : ni le Barça, ni le Real ne se sont jetés à l'assaut. Jordi Alba et Dani Alves notamment ont occupé un poste plus reculé qu'à l'ordinaire, qui les a empêché d'être décisif comme souvent cette saison. Aucun centre pour Alba (mais 2 tirs cf. plus bas), 2 pour Alves. Une misère. Les madrilènes aussi, notamment Arbeloa qui s'est parfaitement chargé de museler un Pedro totalement inopérant. En outre, les ailiers madrilènes, Callejon et Ronaldo ont effectué un gros travail défensif gênant considérablement les initiatives catalanes sur les côtés. Même Ozil, positionné sur un côté, suite à l'entrée de Modric, a aidé Essien jusqu'à la 93ème. Tout un symbole.
  • Le pressing madrilène était intéressant même s'il a fonctionné par à-coups. Au début du match, notamment, le Real a su monter très haut et perturber le jeu catalan. Les 4 devant pressaient la défense + Busquets, le 2 du milieu se chargeait de Xavi et Fabregas. Khedira et Xavi Alonso ont été particulièrement performants, avec 4 interceptions chacun. Bien sûr, la seconde période fut plus difficile mais, en faisant entrer Modric, Mourinho assurait un "presseur" frais en même qu'une certaine capacité à conserver le ballon, faiblesse de son équipe.
  • Du coup, le jeu de Barcelone s'en est trouvé appauvri : on a vu peu de phases entières de possession sur 15 ou 16 passes avec des renversements ou des joueurs prenant les ailes avant de centrer.  Les 4 occasions les plus intéressantes des blaugrana sont : 
    1. le coup franc de Xavi (qui s'écrase sur la barre),
    2. un contre suite à un corner (Pedro tire à côté) : 3 passes,
    3. un mauvais dégagement de Callejon, récupéré, but : 1 passe,
    4. une mauvaise passe de Carvalho pour le tir de Xavi : 1 passe.
  •  Offensivement, les madilènes ont eu recours à des passes rapides en profondeur, censées gêner la récupération des catalans et désorganiser leur défense. Sans être une mauvaise idée à la base, leur jeu a fini par apparaître stéréotypé et prévisible. On a ainsi vu Ozil s'enférer tout seul face à 3 défenseurs. Il aurait sans doute mieux valu alterner ce jeu rapide avec des phases plus posées, surtout en seconde mi-temps quand Madrid faiblissait physiquement ou tenter des combinaisons sur les ailes. Le but de la casa blanca est ainsi venu sur un coup franc depuis l'aile gauche sur l'un des seuls centres hauts de la partie.
  • Callejon, le maillon faible. Sans être médiocre, le jeune espagnol a montré ses limites, notamment en termes défensifs par rapport à Di Maria. En début de match, il a du mal à faire face aux incursions d'Alba lorsque le pressing haut de Madrid était passé. Enfin, il relance mal sur le but, malgré un bel effort défensif.

Pour conclure : Varane, Varane, Varane. Il paraît qu'il y avait le ballon d'or sur le terrain. Un certain Messi, Lionel. Ca ne s'est pas vu.

Footballistico

mercredi 19 septembre 2012

Real - City : les anglais loupent le hold-up

Le champion d'Espagne face au Champion d'Angleterre, il était difficile de rêver plus belle affiche pour inaugurer cette phase de poules. Si Man City se présentait dans une configuration classique (seule la titularisation du jeune Nastasic à la place de Lescott était surprenante), Mourinho avait procédé à plusieurs changements qui laissent à penser que la crise entre le portugais et son vestiaire n'était peut-être pas un vain mot. Ni Sergio Ramos (au profit de Varane), ni Ozil (pour Khedira) n'étaient sur le terrain.

Tactiquement bien sûr, c'est la titularisation de Khedira, qui était la plus intéressante. L'allemand fut libre de se porter devant, souvent positionné centralement dans le 4-3-3 de Mourinho. Ce choix possédait plusieurs conséquences :
  • il renforçait l'impact de Madrid dès que le ballon était perdu, allié à un gros travail de pressing de l'ensemble de l'équipe,
  • il offrait une solution d'un milieu en pénétration dans la surface adverse,
  • en contrepartie, l'animation du jeu madrilène manquait de créativité et de mouvement latéral.
Un effet collatéral du choix de Mourinho fut de faire reposer le jeu madrilène sur les épaules de Di Maria. Celui-ci était entraîné à l'intérieur plus qu'il n'a l'habitude. Il s'en tira plus qu'honorablement en première mi-temps (quelques tirs dangereux et un amour de petit ballon vers Higuain) mais il est remarquable de voir qu'il devint décisif en seconde mi-temps quand le fardeau créatif lui fut retiré (passeur décisif sur le but de Benzema).

1ère mi-temps :

Madrid allait commencer fort et un problème immédiat allait se poser aux Citizens : la lenteur du coté droit de la défense, avec Maicon et Kompany. Le brésilien fut souvent dépassé par Ronaldo qui redoublait avec Marcelo et le central belge fut ainsi continuellement attiré pour colmater les brèches. Kompany allait payer cette dépense d'énergie en fin de match.

Offensivement, City ne proposait pas grand chose : Nasri et Silva, nominalement ailiers eurent tendance à jouer très centralement et à s'enferrer dans la défense madrilène. Clichy montait très peu car il se retrouvait souvent seul face aux montées d'Arbeloa ou de Di Maria. Seul Maicon aurait pu constituer un danger, souvent seul à droite mais il fut rarement servi. Toutefois, après 2 parades déterminantes, le jeu de Madrid devint un peu trop prévisible (les tirs de Di Maria en se recentrant, les débordements de Ronaldo) et le match s'étirait avec assez peu d'occasions franches, Madrid s'en remettant trop aux tirs lointains. Le seul danger pour le Real était les raids de Yaya Touré. Une fois le premier rideau défensif madrilène percé, l'ivoirien avait le champ libre sur 30 mètres pour s'avancer. La passe réalisée pour Silva (qui vit son tir contré) fut la seule tentative des Citizens en première mi-temps (contre 15 aux merengues !).

L'autre événement pour l'équipe de Mancini fut la sortie de Nasri sur blessure et son remplacement par Kolarov. Celui-ci occupait le poste de Silva, à gauche, qui passait nominalement à la place du français. Comme dans les faits, l'espagnol se positionnait très centralement, la situation sur le coté droit de City ne fit qu'empirer.

2de mi-temps :

La seconde période commençait sur le même tempo que la fin de la première. Le Real avait perdu un peu d'énergie dans son pressing intense et laissait respirer son rival. City ne jouait toujours pas bien mais parvenait à conserver -un peu- le ballon. Comme souvent, les changements allaient s'avérer déterminants. Dzeko remplaçait un Silva transparent et City passait dans un 4 - 4 - 1 - 1 bancal, dans lequel, il y avait un ailier gauche (Kolarov) mais toujours personne à droite, avec Tevez derrière Dzeko.

Mourinho lançait Ozil et l'allemand se positionnait au centre du trident offensif madrilène. Le fait de supprimer Essien eu sans doute un impact sur le premier but de City. Les chevauchées de Yaya Touré sont toujours menaçantes mais le fait de supprimer un milieu défensif n'a sans doute pas aidé tout comme le positionnement de Pépé, ridiculement haut sur cette action où Varane se retrouve face à 2 attaquants.

Mourinho réagissait de façon frénétique en lançant Benzema et Modric à la place d'Higuain et Khedira.

Dans la foulée, Marcelo se jouait de Maicon et trouvait les filets de Hart, conséquence logique, mais tardive, de la faiblesse de City sur ce flanc.

Le match aurait pu se terminer sur ce score mais le coup franc de Kolarov amenait une fin de match incroyable et City craquait sur son côté droit malgré l'entrée de Zabaleta.

Conclusion : la gestion de Mancini est critiquable sur au moins 2 plans :
  • le côté droit de la défense de City était le point faible des anglais et Mancini, conscient du problème, l'a plutôt affaibli en remplaçant Nasri par Kolarov. Le coach italien pensait sans doute que Maicon pouvait surprendre Marcelo par son jeu d'attaque. Mais alors, pouquoi ne pas avoir positionné franchement un ailier de ce côté.
  • en outre, jamais les citizens n'ont paru capables de gérer le match : il restait 8 minutes à jouer après le but de Kolarov mais les anglais n'ont pas réussi à faire tourner le ballon pour épuiser les madrilènes et gagner le temps nécessaire. Une faiblesse récurrente des clubs anglais qui pourrait coûter la qualif à City. 
Footballistico


mercredi 27 avril 2011

Présentation tactique : Real 4.0 vs Barça

Pour Footballistico, il est fascinant de constater combien le "Mou" a retouché son équipe depuis la raclée prise au Camp Nou pour la rendre de plus en plus efficace face à l'armada blaugrana.

Certes, on peut dire (comme Cruyff) que ce n'est pas du foot ou que le Barça d'Avril n'est plus celui de Novembre mais il n'empêche que le rôle d'un entraîneur est d'essayer de gagner et cela, Mourinho le fait à merveille, à voir les progrès fait depuis la "manita" encaissée au Camp Nou.

Décodons, donc.

1 - Une organisation défensive structurée autour d'un milieu à 3

Lors du match de championnat du 17/04, Mourinho avait positionné Pepe en 6 avec pour mission de neutraliser Messi lorsqu'il décroche et d'offrir un recours lorsque Xavi ou Iniesta s'avançait. Devant, le coach madrilène avait donc sacrifié Ozil mais conservait ses 3 titulaires habituels (Ronaldo, Di Maria et Benzema), avec une différence importante : en plaçant l'argentin à gauche, le Real offrait une opposition forte aux montées de Dani Alves. A noter aussi, le positionnement de Benzema, assez bas, qui venait perturber l'orientation du jeu de Busquets. Ainsi structuré, le Real était une vraie muraille mais semblait impotent devant (voir point 2 ci-dessous)  Toutefois, la précision et la coordination des joueurs du Barça devaient jouer un sale tour au Real puisqu'une longue balle de Busquets (qui avait légèrement avancé afin d'éviter Benzema) pour Villa allait provoquer une sale faute d'Albiol, expulsé sur le coup.
Lors de la finale de la Coupe du Roi, Pepe allait monter d'un cran pour s'occuper personnellement de Xavi, tandis que Xavi Alonso occupait le poste de 6. Cette décision est assez étonnante au vu de la bonne performance défensives des madrilènes 4 jours avant. Tout se passe comme si Mourinho avait décidé de couper l'alimentation du trio offensif catalan (Messi / Villa / Pedro), plutôt que de neutraliser la liaison Messi /Villa. Mourinho a peut-être considéré les éléments suivants :
- Ramos en défense centrale possède plus de rythme qu'Albiol et serait donc plus à même de contrer les plongées d'un Villa à court de forme
- les ballons récupérés plus haut permettraient mieux à son équipe de se mettre en évidence offensivement
- en coupant la liaison Xavi - Messi, l'argentin redescendrait et que sa menace diminuerait.
Toujours est-il que c'est exactement ce qui s'est passé : les madrilènes grâce à leur pressing n'ont jamais laissé les catalans respirer et qu'en première mi-temps tout au moins, aucune action en fut à mettre à l'actif du Barça, fait rare cette saison.


2 - Une organisation offensive orientée vers le contre mais qui se cherche

Lors du premier match, aucun joueur ne pouvait assurer le lien entre défense et attaque et le Real allait donc se contenter d'actions individuelles parfois brillantes (Ronaldo trouvait quelques coups francs intéressants) et de longues balles devant, notamment sur les côtés. Mais Mourinho allait vraiment faire parler tout son génie après l'expulsion d'Albiol : son Real à 10 fonctionnait mieux qu'à 11, Ozil, lancé dans le grand bain profitait de l'usure des barcelonais (et de la sortie sur blessure de Puyol) pour orienter le jeu et coulisser entre côté droit et centre du terrain pendant qu'Adebayor offrait un point de fixation qui accroissait encore l'avantage de taille dont jouissait le Real. Le penalty venait suite à une combinaison Ozil, Ronaldo, Marcelo de bonne facture avec un Ozil, positionné au centre.

4 jours après, prenant acte du faible rendement offensif de ses troupes, Mourinho réorganisait son attaque en positionnant Ronaldo au centre et Ozil à droite. Les avantages étaient évidents, l'allemand fournit le chaînon manquant entre défense et attaque, Ronaldo offre une rapidité incroyable face à une défense centrale orpheline de Puyol (avec Mascherano en intermittent). Chercher la menace aérienne fut aussi un souci permanent des madrilènes : l'action la plus dangereuse (poteau) et le but vinrent de cette façon.

Le seul petit problème de ce dispositif est la relative faiblesse défensive d'Ozil. Guardiola allait repositionner Pedro à gauche pour en profiter et le couple Arbeloa / Ozil allait souffrir le martyre face à Pedro / Adriano. L'attaquant espagnol se vit d'ailleurs refuser un but sur un hors-jeu très limite.


3 - Un barça, désespéré défensivement

La titularisation de Puyol, accélérée mais malheureuse, dit assez bien le désarroi défensif du Barça, déjà privé d'Abidal. Sans ces 2 joueurs, le Barça souffre de 2 maux :

- il laisse l'initiative à l'adversaire sur les coups de pied arrêtés. Seuls Piqué, Villa et Busquets sont à l'aise dans cet exercice
- la défense centrale est lente quelle que soit la solution de rechange (Busquets, Mascherano ou Milito).

En outre, le côté gauche de la défense devra faire sans Maxwell et Adriano et il n'existe pas de solution alternative évidente. Il est évident que Mourinho saura exploiter cette faiblesse en chargeant à droite et en insistant en hauteur.

Conclusion : la tension monte, entre insultes à peine voilées entre les 2 entraîneurs, gazon mal taillé pour soi-disant gêner le jeu léché du Barça et accusations d'influencer le choix de l'arbitre. Mais à un niveau tactique : que faire ?

Pour une fois, Mourinho est le plus à l'aise : son milieu à 3 donne satisfaction. Lass Diarra devrait prendre la place de Khedira, blessé. Xavi Alonso devrait être devant la défense. Derrière Albiol retrouvera Ramos (Carvalho est suspendu). Arbeloa occupera le côté défensif droit. La seule interrogation devrait être le choix de l'attaque. Si Di Maria sera vraisemblablement à gauche, Ronaldo pourrait finalement être titularisé à droite pour profiter du manque de latéraux catalans. Ozil serait donc sacrifié au profit d'un grand devant : Adebayor. La seconde option n'est sans doute pas à écarter : reconduire le dispositif qui a gagné la coupe du roi, avec Ozil à droite et Ronaldo au centre.

Guardiola doit d'abord trouver une défense : il est vraisemblable que le technicien catalan titularise Puyol, faute de choix. Mais où ? Le défenseur fut un latéral avant d'être central et il est possible que Guardiola le titularise à gauche pour neutraliser la menace Ozil. Ce n'est pas avec Puyol que Barcelone se montrerait menaçant offensivement mais alors le Barça pourrait glisser dans une défense à 3, Dani Alves s'avançant énormément pour obliger Di Maria à descendre. Mascherano occuperait avec Piqué la défense centrale.

Au milieu, le Barça sera vraisemblablement privé d'Iniesta et son remplaçant, Keita devra supporter le fox-terrier Diarra, pendant que Xavi se dépatouillera avec le pitbull Pepe. Mais c'est devant que Guardiola pourrait être tenté d'innover. Résumons : un côté gauche amputé d'Iniesta et d'Adriano, rendu assez inoffensif, Guardiola a donc 2 options :
- soit l'abandonner carrément. L'idée, révolutionnaire serait de sacrifier Pedro et de mettre un milieu de plus dans une tactique en 4 - 1 - 3 - 2. Un Affelay prendrait alors le milieu gauche. Avantage de ce dispositif : en mettant un milieu de plus, il rend inopérant le milieu à 3 des madrilènes. 2 inconvénients, Affelay ne pourrait pas couvrir toutes les montées d'Arbeloa, ce qui semble gérable. Mais surtout, l'arrière droit madrilène offrirait une voie royale pour sortir du pressing haut des barcelonais, arme génétique de leur jeu.
- soit, plus modestement, intervertir Messi et Villa sur le côté droit. L'argentin se trouverait ainsi dans une zone plus dégagée et pourrait combiner avec Dani Alves. Villa se trouverait avant-centre.

De toute façon, Guardiola se trouve dans l'obligation d'évoluer. Le technicien des blaugranas est un fanatique de tactique paraît-il. A lui de le montrer ce soir.

Footballistico

mardi 22 février 2011

OL - Real Madrid : présentation tactique

Demain soir, l'OL retrouve son meilleur ennemi contre lequel il n'a jamais perdu. Pourtant, il y a 2 mois, au moment du tirage au sort, pas grand monde n'aurait parié un fifrelin sur la bande à Aulas. Les lyonnais sortaient d'une éprouvante campagne de qualification et grenouillaient au milieu du tableau de L1 pendant que les espagnols sortaient invaincus de leur poule et bénéficiaient d'un "effet Mourinho". Depuis, Lyon a plutôt remonté la pente et les dernières sorties des gones ont même été convaincantes. Suffisant pour battre le Real : sans doute pas mais voici quelques recettes concoctées par Footballistico.

En termes d'organisation, les 2 équipes se présenteront sans doute en 4 - 2 - 3 - 1, dans des dispositifs très similaires :

- devant son "back four" (sans doute Reveillère - Lovren - Cris - Cissokho), Puel positionnera sans doute le duo Toulalan (la sentinelle) - Kallström (le relayeur). Les places aux ailes restent indécises entre Delgado (plutôt à gauche), Briand, (plutôt à droite) et Bastos (plutôt partout). Gourcuff devrait animer le jeu lyonnais derrière Gomis. C'est dans ce dispositif qu'un Lyon stabilisé retrouve le niveau de certains de ses joueurs, comme Gourcuff, Toulalan (après 6 mois de psychothérapie intensive post-traumatique AfSud), Gomis et Briand.
- le Real devrait presque afficher presque son équipe-type : seul Arbeloa pourrait occuper le flanc gauche à la place du titulaire habituel, Marcelo. Pepe formerait la charnière centrale aux côtés de Carvalho, avec Ramos à droite. Khedira et Xavi Alonso formeront le "pivote" comme l'appelle la presse espagnole. Le trident offensif sera formé de Di Maria, Ronaldo et Özil.Le nom du N°9 est encore inconnu mais il est probable que ce soit Adebayor à moins que le "Mou" ne nous réserve une surprise du chef avec Benz.

Mourinho a donc choisi de sécuriser son côté gauche en positionnant un "vrai" défenseur au détriment de son latéral volant, Marcelo. L'un des problèmes pour les Lyonnais, c'est que même en l'absence du brésilien le Real possède à la fois les armes pour passer au centre (Xavi Alonso et Adebayor, via Özil) et le ailes, avec les débordements de Di Maria et l'hyper-activité de Ronaldo. Il est donc difficile de monter une tactique défensive unique centrée sur la surveillance d'un ou 2 joueurs.

Toutefois, lorsque l'on regarde les difficultés défensives qu'a éprouvée Madrid cette année (Milan, Villareal, ...), elles viennent de 2 façons :
- en attaquant sur le flanc droit : en dépit des déclarations de Mourinho, au moins 3 joueurs de Madrid ne sont guère impliqués dans les tâches défensives : Ronaldo, Özil et l'avant-centre. La tentation pour Réveillère sera donc de monter pour créer du surnombre avec son ailier afin de terroriser Arbeloa. L'idée est alors que Toulalan glisse temporairement en défense centrale pour permettre à Lovren de coulisser pour contrôler Ronaldo. De l'autre côté, Di Maria est défensivement beaucoup plus actif, il est donc délicat d'imaginer Cissokho mener la vie dure à Ramos.
- en plongeant aux abords de la surface. La plupart du temps, la défense du Real joue alignée, un peu devant ses 18 mètres, Alonso n'hésitant pas à sortir loin, pas vraiment en sentinelle. Or, si Carvalho et Pepe sont de bons défenseurs, ils semblent assez lents pour se retourner. En outre, l'alignement n'est pas toujours parfait... Dès lors l'option la plus évidente consiste à plonger, dès 25 métres ans un scénario où Gomis décrocherait par exemple, laissant Briand s'engouffrer et Gourcuff (ou Kallström) faire la dernière passe. Plus facile à dire qu'à faire (Lyon n'est pas le Barça) mais à tenter.

Défensivement, on l'a vu, comme il est difficile de savoir d'où viendra le danger, la "tactique" exige une grosse débauche d'énergie et une grande discipline. Une possibilité : que Gourcuff mette la pression très vite sur Xavi Alonso pour empêcher la courroie de transmission madrilène de fonctionner. Le playboy lyonnais arrive à point physiquement et il serait dommage de ne pas utiliser sa-méconnue- facette défensive. Avec un Arbeloa peu au point offensivement, un Alonso bloqué au centre, il resterait à perturber le duo Sergio Ramos / Di Maria. D'où l'importance du rôle de l'ailier qui sera positionné face à lui : Bastos ou Delgado?

Conclusion : la rencontre de demain semble moins inégale qu'annoncée. Lyon arrive en forme au bon moment et a réalisé des prestations qui donnent au moins le courage d'y croire. Le rôle des latéraux Lyonnais, défensif pour Cissokho, mixte pour Réveillère pourrait bien s'avérer déterminant pour empêcher le Real de voguer vers sa dixième couronne continentale.

En tout état de cause, Claude Puel devra sans doute utiliser ses 3 remplaçants, les 2 ailiers et Gourcuff étant sans doute sur-sollicités pour être au top pendant 90 minutes.

Footballistico

mardi 30 novembre 2010

Le Real dans le "Mou"

Contrairement à tout ce qu'on pensait, il n'y a qu'un club en Espagne : le Barça. Le Real est aimable mais joue derrière. La Liga possède donc un dispositif en 18 - 1 - 1. Avec cette humiliation, le Real est renvoyé à ses doutes comme un vulgaire Panathinaïkos (avec Govou en moins).

Les 2 équipes se présentaient dans leurs dispositifs-type : 4 - 2 - 3 - 1 pour le Real, avec, comme surprise du chef, Benzema en pointe. Le Barça en 4-3-3, avec Messi au centre en 9 1/2.

Dès l'entame, le Barça prenait Madrid à la gorge. Les blaugranas passaient par les côtés mais, plus original, par le centre. Messi décrochait et décochait des passes dans l'axe à Xavi et Villa. Et c'est du centre qu'allait venir le 1er coup, les 2 arrières centraux madrilènes étaient montés pour suivre Messi, Iniesta allait passer la balle plein centre à Xavi qui s'était engagé : Marcelo se trouait un peu. But. Malgré quelques tentatives madrilènes (jolie passe de Ronaldo à Benzema 15ème), le coup de grâce allait être porté dès la 18ème minute : Xavi changeait d'aile magnifiquement sur Villa, qui prenait le meilleur sur Sergio Ramos et tirait. Casillas détournait péniblement le cuir dans les pieds de Pedro.

A 2 - 0 au Camp Nou, la messe semblait dite et même si le Barça baissait un peu de rythme offensivement, il continuait à harceler les madrilènes afin de les empêcher de construire. La mi-temps se finissait en énervement général. Mourinho effectuait un changement étrange en substituant Özil (transparent il est vrai,voir plus bas) par Lassana Diarra. Madrid tentait de passer en 4 - 3 - 3, en densifiant son entrejeu. Cependant, le match allait être l'exacte réplique de la première mi-temps. Au bout de 10 minutes de jeu, Messi récupérait un ballon et lançait Villa dans le dos de Pépé, but. Le 4ème allait venir 3 minutes plus tard toujours Messi -Villa, qui prenait Sergio Ramos de vitesse. Le 5ème but du remplaçant Jeffren pendant les arrêts de jeu était anecdotique.

Que conclure de cette rencontre ?

1 - Un dispositif en 4 - 1 - 5 - 0 ? Le Barça trouvé la martingale en attaque.Plutôt que de mettre un véritable avant-centre en la personne de Zlatan, Eto'o ou Villa où celui-ci est marqué par les défenseurs centraux, Messi décroche et là, les ennuis commencent pour l'équipe en face : le milieu défensif doit-il le prendre en charge (laissant ainsi de l'espace au milieu) ou un arrière central doit-il le suivre ouvrant ainsi des brèches derrière ? En outre, Messi a évidemment la capacité à prendre le meilleur sur son adversaire direct pour orienter la dernière passe.

2 - Fluidité du jeu du Barça

Corollaire du point précédent, le Barça joue de façon extrêmement mobile : cela veut dire qu'en dépit des postes attribués tout le monde bouge, Xavi s'enfonce dans l'axe, Iniesta et Alves peuvent jouer ailiers, Villa (sur le troisième but) et Pedro (sur le second) deviennent avant-centre. Piqué et Puyol alternent le côté de la défense (Puyol du côté Ronaldo). Peu importe, ces changements ne nuisent pas à la cohérence collective mais sèment continuellement le trouble dans la défense adverse.


3 - Echec tactique de Mourinho

Le "Mou" avait décidé de défendre bas, afin de priver le Barça d'espace mais de s'en tenir à son 4-2-3-1 fétiche. Cependant, au delà de la titularisation de Benzema, il avait décidé de positionner Di Maria sur la gauche afin de bloquer défensivement Dani Alves pendant que Ronaldo occupait le flanc droit. Le résultat : offensivement son équipe n'a ressemblé à rien pendant 15 minutes, quand Ronaldo a repris sa place préférée. Trop tard : 3 minutes après, le Barça marquait et le Real était comdamné. Le passage à un 4 - 3 - 3 densifié en seconde mi-temps n'allait pas apporter grand chose. Les merengues étaient obligés de monter d'un cran pour aller chercher le ballon et ouvraient de toute façon des espaces sans avoir d'allant offensif. Aucune action en seconde mi-temps : un calvaire.

4 - Des passes à l'infini...et un pressing de feu

Le Barça a tenu le ballon pendant de longues séquences d'1 minute et parfois 40 passes, qui se sont achevées par un but (le second) et une interception illicite de Carvalho (de la main). Ca tripote et ça marque. Ca nous change d'Arsenal. En outre, jamais Madrid en terme de pressing n'a pu lutter avec les Barcelonais, remontés comme des pendules à l'encontre de Mourinho.

Conclusion : Mourinho avait 2 objectifs : battre le Barça et gagner la ligue des champions. Après cette déculottée monumentale (Footballistico a cherché mais n'a pas trouvé de défaite 5 - 0 de Mourinho), le technicien portugais a déjà à moitié échoué. Pourtant, l'histoire a montré qu'il apprend vite. Si le jeu Barcelonais venait à se dérégler, il se ferait un plaisir de gagner 1 - 0 (but de Carvalho sur un dégagement raté d'Abidal) à Bernabeu an Avril et de coiffer les Blaugranas pour la Liga.

Quant à Barcelone, c'était hier la meilleure équipe de club que Footballistico a jamais vue : meilleure qu'en 2008-2009 et qu'en 2009-2010. Hier, même avec le meilleur Real de l'histoire, elle aurait été dure à égaler.

Footballistico

jeudi 3 mai 2007

½ finale de la Ligue des Champions : Chelsea à la sauce Lyonnaise


A priori, peu de choses en commun entre l’ogre anglais, gavé de titres et de trophées depuis 4 ans et soutenu par la manne financière inépuisable de Roman Abramovitch et des chaînes de Télé anglaise et notre OL national, qui fête son sixième titre dans un campanile (ou un Mercure, les sources divergent) de la banlieue d’Auxerre.

Pourtant, l’échec de Chelsea, mardi, en Ligue des Champions face à une équipe de chair et de sang (rouge), pourtant jugée plus modeste, a révélé certains traits communs : à la base, les 2 équipes ont choisi un effectif de renom, chacune avec ses moyens (Chelsea possède le 5ème chiffre d’affaires des clubs de foot européen + les largesses d’Abramovitch, Lyon le 11ème), avec des flopées d’internationaux. Une différence de taille toutefois : Chelsea a surtout connu des entraîneurs étrangers et a constitué une espèce d’Internationale du Football où les joueurs anglais sont icôniques mais minoritaires (Lampard, Terry) tandis que Lyon, qui a toujours fait dans le coach franchouillard, préfère les tauliers bien de chez nous (Abidal, Malouda, Coupet) tandis que les stars sont étrangères (Juninho, Fred ou Sonny Anderson). En termes de « sourcing » comme on dit maintenant, chacun son école. Lyon fait dans le brésilien, qu’il importe directement cueilli dans le club de foot local (Cris, Caçapa, Juninho, Fabio Santos, Nilmar, Fred), Chelsea dans l’africain, qu’il préfère faire transiter par une équipe d’acclimatation avant de l’importer dans son stade froid et brumeux (Essien, Drogba, S.Kalou, Geremi).

Les 2 équipes sont ambitieuses : Mourinho comme Aulas prétendent vouloir tout gagner, les joutes nationales et européennes. L’entraîneur portugais a d’ailleurs été recruté dans ce but précis après la victoire impressionnante de Porto en Champions League.

Les 2 équipes raflent des titres nationaux à la pelle : 2 titres de champions et 2 League Cups pour Chelsea en 3 ans, 6 titres de champions pour notre insatiable gone rhodanien.

Les 2 équipes partagent une philosophie de jeu qui, à mon sens est similaire et est fondé sur les principes suivants :
- supériorité physique sur l’adversaire, en termes d’engagement, de vitesse, de résistance. Ce n’est pas pour rien si les Diarra, Essien, Cris d’un côté et Obi Mikel, Lampard, Makélélé (et encore Essien) de l’autre sont les vedettes. Sur les bords de la tamise comme du Rhône, on fait plus dans le puissant que dans le fluet.
- système à 1 seul attaquant privilégié. En dépit de l’affection d’Abramovitch pour Chevchenko, on sent bien que le dispositif préféré de Chelsea, c’est Drogba. Concernant Lyon, Fred n’a pas la même efficacité mais il est souvent aligné seul cette saison
- affection concomitante pour les hommes de couloir, à la Joe Cole + Govou/Malouda qui sont censés créer le décalage et alimenter l’attaquant susnommé par des débordements incessants,
- pressing, remontée en bolc rapide, perte de balle limitée, patience dans les attaques (ça ne marche pas à gauche, on réessaie à droite). Et si ça ne passe toujours pas parce que les autres sont aussi physiques/bien organisés/plus limités mais sacrément motivés, alors on balance des ballons devant vers l'attaquant.
- grosse importance des coups de pieds arrêtés dans le total des buts inscrits, directs pour Lyon avec Juni, plutôt indirects pour Chelsea avec typiquement Ballack + Terry ou Drogba.

Bref, les 2 équipes finissent par étouffer leur adversaire. Plus Boa que Cobra : redoutable.

Les 2 équipes possèdent des entraîneurs qui n’ont jamais été joueurs et qui possèdent en conséquence une approche très intellectuelle et « stratégique » du football.

Enfin, elles possèdent toutes 2 comme emblème un Lion stupide, placé debout (?)

Comment se fait-il alors, bardé de tous ces atouts, que nos 2 monstres rentrent systématiquement bredouilles de leurs campagnes européennes et qu’ils en soient aujourd’hui réduits à s’interroger sur l’avenir de leurs entraîneurs respectifs quand les concurrents (en Angleterre du moins, en France, Lyon est plutôt un exemple de stabilité) reconduisent systématiquement les vieillards cacochymes qui ont construit l’équipe depuis des décennies. 2 raisons simples : l’âme et le talent collectif. Le talent collectif ne s’exprime pas seulement à travers la glorification dudit collectif (c'est-à-dire la capacité à couvrir 20 Km par match) mais la belle capacité à « sentir » ses partenaires, à combiner, à lancer de fausses pistes pendant qu’un co-équipier ondoie gracieusement entre les défenseurs. Depuis 4 ans, Chelsea est tombé à chaque fois sur l’un de ces 2 écueils (2004 – Monaco, 2005/2007 - Liverpool, 2006 - Barcelone) : 2 fois éliminés par l’âme, 2 fois par le talent. Certes Zenden et Riise n’ont pas les moyens physiques de Makélélé ou Obi Mikel mais quand ils sont portés par les chants de 60000 spectateurs, ce sont 120 000 jambes qui ratissent les ballons : 1000 par minute de match ! Quant à Barcelone et Monaco, comment courir après Messi quand on l’attendait ici et qu’il est passé là. Comment arrêter les démarrages de Giuly, alerté par Rothen, dans une équipe monégasque qui proposait pendant une année ce qui s’est sans doute fait de plus racé en France ?

Bref, Chelsea et Lyon doivent acquérir une âme afin d’acquérir des titres européens : en la vendant au diable ?

Qui sommes-nous ?

Footballistico est un club d'amis dont le but est d'apporter un regard original et décalé sur le football. Une lampée de tactique, une pincée d'ironie, un peu d'économie du sport, une dose d'histoire et un glaçon de respect pour le rugby et l'Argentine, secouez et c'est parti pour un blog à la fois populaire et élitiste.

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