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lundi 25 décembre 2017

Real - Barça : les blaugranas se dirigent vers le titre

 Quelle différence 4 mois font... En août, le Real humiliait les catalans dans la Supercopa avec un Asensio en feu et tout le monde considérait que Barcelone, qui venait de perdre Neymar, se dirigeait vers un avenir assez sombre. A la Noël, pourtant, les catalans règnent sur la Liga avec 14 points d'avance sur leur grand rival et la presse a changé de cible en s'en prenant à Zidane.

Le Barça se présentait dans son dispositif devenu classique en 4-4-2 depuis la blessure de Dembélé.  Paulinho occupe nominalement un poste à droite mais dans les phases offensives se situe souvent entre les lignes. Vermaelen remplaçait Umtiti. C'est Zidane qui innovait tactiquement. Isco était laissé sur le banc et laissait sa place à Kovacic.

Première mi-temps : il est assez drôle de constater que bien qu'évoluant en 4-4-2, aucune des 2 formations ne disposait d'un véritable ailier mais de 4 milieux de terrain classiques. C'est Madrid, qui partait le plus fort en mettant d'entrée une grosse pression sur les visiteurs. Nominalement, chacun des 8 joueurs étaient mobilisé dès la perte de balle :


  • Benzema et Ronaldo étaient chargés de contrôler les 2 centraux,
  • Les 2 latéraux montaient sur leur vis-à-vis,
  • Les 4 milieux effectuaient également un barrage et Busquets en particulier, marqué par Kovacic ne put pas jouer son rôle de plaque tournante du jeu du Barça. 
On vit souvent Ter Stegen privé de solution, souvent hésitant dans la marche à suivre. 

Domination à gauche: Ronaldo prit la plupart du temps le couloir gauche de l'attaque merengue. Comme Paulinho était souvent avancé et recentré, le duo Marcelo / Ronaldo prit le dessus sur Sergi Roberto. Piqué dut intervenir en catastrophe comme à la 37ème minute quand Marcelo réussit un joli centre sur la tête de Benzema ou quand Ronaldo déborda pour délivrer une frappe que Ter Stegen détourna du bout du pied : les 2 seules occasions de Madrid en première période. 

En effet, le Barça ne commit pas de grosse bourde défensive. Souvent, les catalans jouèrent contre nature en balançant de longs ballons devant avec une efficacité relative, ce qui permit au Real de dominer la possession mais peu de ballons furent perdus dans les 30 mètres, ce qui aurait offert des munitions aux attaquants du Real. 

Messi : en phase offensive du Barça, Kovacic défendait en individuelle sur Messi, en le suivant partout sur le pré. Il pouvait se retrouver au niveau de ses centraux ou aux 40 mètres pour suivre l'argentin. Même si le Barça eut relativement peu le ballon en première période, cette disposition eut tendance à déséquilibrer les lignes madrilènes. Les merengues se trouvaient dans des situations en 3 contre 4. Défensivement non plus, le bilan de Kovacic ne fut pas non plus étincelant, L'argentin trouva Paulinho 2 fois, une fois dans la profondeur, une autre sur un centre après une percée. Petit à petit, le Barça refaisait son retard en termes de possession jusqu'à dominer 

Seconde période : le Real sembla incapable physiquement de renouveler le pressing de la première période. Kroos et Kovacic notamment plongèrent physiquement et furent dans l'incapacité de mettre de l'intensité. Il est normal qu'une équipe éprouve des difficultés à maintenir un rythme intense pendant 90 minutes mais les madrilènes n'adaptèrent pas leur dispositif : ils pressaient par à-coups, en restant à 1 mètre de leur adversaire direct tout en campant dans le camp adverse. Ce fut évident à la 54ème, quand 3 milieux et les 2 latéraux madrilènes se retrouvèrent piégés par une passe en profondeur de Busquets sur Rakitic. Seul Kovacic s'était replié mais préféra s'occuper de Messi plutôt que gêner le croate, qui attendit tranquillement que Varane monte sur lui avant de glisser à Sergi Roberto pour un centre vers Suarez totalement isolé. 

Temps 1 : Busquets a échappé au marquage et lance Rakitic


Temsp 2 : Rakitic s'enfonce mais pas de problème pour Kovacic,
qui contrôle Messi (derrière lui)
Varane a dû monter sur Rakitic. Dans quelques secondes Sergi Roberto va centrer
sur Suarez laissé totalement seul

Zidane demanda alors à Bale, Asensio et Isco d'accélérer leur échauffement. On ne saura jamais ce que le tacticien français avait dans sa manche car à la 63ème minute, Piqué perçait une équipe madrilène complètement coupée en 2. Le défenseur catalan poursuivit sa course, occupant Varane pendant que Messi trouvait Suarez dans la profondeur. Encore une fois, les latéraux madrilènes étaient hors de position laissant le duo Varane - Ramos gérer (mal) la situation. Cela se termina dans la confusion avec un pénalty pour le Barça et un exclus, Carvajal.  

Menés 0-2 à 25 minutes de la fin et réduits à 10, autant dire que l'issue du match ne faisait plus de doute. 

Le technicien français préféra alors sortir Benzema pour Nacho pour rétablir une défense à 4, avant de faire entrer Asensio et Bale et passer ainsi en 4-3-2. Bizarrement, le Real fut plutôt meilleur à 10 qu'à 11 en mettant de nouveau de l'impact offensif face à des catalans, qui eurent toutes les peines du monde à les contrer. Ter Stegen réalisa encore un arrêt de grande classe face à Ramos. 

Mais, il n,'était pas dit que le Barça allait laisser au score une vague allure respectable et corsait la mise de nouveau sur une défense médiocre de Marcelo, qui laissait Messi adresser une merveille de centre en retrait pour Vidal.

Conclusion : il n'est pas évident, rétrospectivement, de comprendre la tactique de Zidane. Certes, empêcher de jouer le Barça en mettant un pressing effréné est possible mais en poussant ses latéraux à mort, il est évident que les catalans allaient en profiter. Casemiro est souvent la stabilisateur du milieu du Real mais sur les buts ils est occupé à un pressing vain dans le camp adverse. En outre, lorsque le Real a immanquablement fini par baisser pied physiquement, le technicien merengue n'avait visiblement pas de plan B. Pour finir, si le marquage individuel a disparu, c'est pour de bonnes raisons : sur un grand joueur le marquage n''est jamais parfait et celui-ci balade son défenseur d'un bout à l'autre en désorganisant le dispositif défensif adverse. 

Le Barça profite en plus des défaites de Valence et de l'Atletico pour se rapprocher du titre. Pas mal pour une équipe qu'on disait diminuée, avec un recrutement raté. Dans les faits, le Barça est sans doute moins brillant offensivement mais beaucoup plus solide défensivement pour laisser à ses 2 stars de devant le soin de finir le travail. Bon Nadal !

dimanche 29 mars 2015

Clasico 2015 : l'évolution du Barça porte ses fruits

Le Real a perdu mais le Real aurait pu gagner. Le Barça a marqué dans un style à l'antithèse du toque et du style de Guardiola. Luis Enrique a donc posé sa patte sur le jeu du Barça. Cela semble être le résultat de la tendance des grandes équipes actuelles : savoir varier le jeu et pouvoir marquer sur n'importe quelle configuration (coup de pied arrêté, contre, jeu construit). Ironie, c'est sans doute Ancelotti qui, entre la saison 2013-14 et le premier trimestre 2014-2015 a poussé cette logique au paroxysme en capitalisant sur la capacité de contre et la force sur CPA léguées par Mourinho en y ajoutant cette capacité à construire et à défier les meilleures équipes en termes de possession ou plus simplement de prendre le jeu à son compte face à des écuries modestes venues pour défendre.

Le Barça est un cas d'école : basée sur une possession écrasante et sur un pressing intense, la belle mécanique montée par  Guardiola s'est effilochée au fil des années car elle est épuisante physiquement et au bout de quelques titres la rage de vaincre s'est émoussée. Feu Tito Vilanova a tenté de mettre en place un Barça "light" : possession mais sans pressing. Avec des résultats mitigés. C'est sous son coaching que le Barça explose littéralement (7-0 sur l'ensemble des 2 matchs) face au Bayern Munich mais face aux équipes plus faibles, son Barça était une redoutable machine (100 points pour le titre de Liga 2013)

Luis Enrique a changé la donne sur au moins 3 points :
  • les attaquants sont les nouvelles stars. Pep Guardiola vouait un culte aux milieux de terrain jusqu'en aligner 6 ou 7 dans son équipe. Luis Enrique est beaucoup moins fan. Pour lui, chacun à sa place. Face au Real, même Mascherano est redevenu un milieu de terrain. Et la charnière centrale était occupée par 2 vrais spécialistes du poste. 
  • Sans être aussi exigeant que Guardiola, Luis Enrique demande à ses joueurs un travail défensif intense. Pas de pressing groupé autour du joueur adverse mais une contribution demandée aux 3 attaquants. 
  • Culte de l'individuel : si Guardiola prônait un jeu de passe presque infini, afin de déstabiliser les défenses, laissant au seul Messi la percussion, Luis Enrique a confié les clés aux individualités. Outre, l'argentin, Neymar est encouragé à partir de loin en dribbles chaloupés, quand Suarez hérite de longs ballons, en partant à la limite du hors jeu. 
Lorsque l'on regarde la configuration du dernier clasico et qu'on le compare à son petit frère joué il y a 2 ans, les différences sautent aux yeux. Ici, le Real avait gagné mais l'essentiel n'est pas là. Ce jour là, le Barça, entraîné par Tito Vilanova avait réussi 649 passes et tenu le ballon 72% du temps face au Real de Mourinho (contre respectivement, 436 et 53% dimanche dernier)

Les schémas ci-dessous (source l'excellent site fourfoutwo) montrent les différences d'approche du Barça sur 3 points : 

1 - Les attaquants barcelonais ont le permis de dribbler et ils ne s'en privent pas :

Mars 2013 : 16 dribbles. Only Messi.

Mars 2015 : tout le monde dribble (et surtout Neymar)

Bien sûr, ce jeu implique plus de risque (la perte de balle) et engendre mécaniquement moins de possession mais il oblige aussi les défenseurs adverses à commettre plus de fautes (d'où les cartons) et créent des brèches dans les lignes arrières. 

2 - Le pressing est plus intense. En 2013, Vilanova avait cédé au vestiaire en relâchant la pression à la perte de balle. Le Barça se contentait à l'époque de faire des fautes "intelligentes" pour briser les contres à la racine, c'est à dire dans la moitié de terrain du Real. En 2015, changement de décor, tous les joueurs sont supposés contribuer à l'effort défensif. Même si le pressing est moins intense qu'à l'ére Guardiola (où plusieurs blaugranas entouraient le joueur adverse pour couper toute possibilité de passe), la ligne du Barça demeure haute afin de transmettre rapidement, idéalement à Suarez, qui plonge, avant que le bloc adverse ait eu le temps de se reformer. 


2013 : 4 tacles dans la moitié de terrain adverse, aucune interception

Ajouter une légende : 14 tacles, 1 interceptions

3 - des passes plus en profondeur et qui visent à créer le danger directement. Alors que le Barça, version Guardiola tissait sa toile, celui d'Enrique est plus direct et n'hésite pas à effectuer des passes depuis sa moitié de terrain, ce qui était presque un anathème, circa 2012. 


La passe à 10 de 2013
(119 passes dans les 30 mètres madrilènes sur 722 tentées)


2015. Plus perforant
On peut donc conclure que si le Barça a sans doute perdu un peu de sa spécificité, il a sans doute gagné en efficacité. Des matches comme ceux de Dimanche soir où l'équipe catalane est dominée pendant la moitié du match mais l'emporte avec une tête sur coup de pied arrêté et un long ballon sur Suarez devrait être plus courants dans les années qui viennent. Tout le problème de Luis Enrique sera de marier les qualités de l'ancien Barça (une capacité à dominer et à priver l'adversaire de ballon, afin de conserver le résultat) et celui des équipes modernes de percussion pour pouvoir exploiter toutes les situations de but.

En 2013, le Barça de Vilanova avait remporté la Liga avec 100 points mais en devenant trop prévisible avait engendré la déroute de l'Allianz Arena (qu'Ancelotti a réitéré cette année face au même Bayern de Pep Guardiola). Cette défaite, qui précédait la déroute espagnole au mondial brésilien, annonçait la fin du toque 1.0. Luis Enrique tente de le réinventer en le variant. Ce n'est pas là son moindre mérite.

Footballistico


dimanche 4 mai 2014

Bayern - Real : à la recherche du tiki-taka 2.0

La victoire, un peu humiliante, du Real dans l'antre de l'Allianz Arena possède un peu une atmosphère de fin de règne, un peu comme la défaite sur cette même pelouse munichoise du Barça l'année dernière. Sauf, que si pour l'équipe catalane, il s'agissait d'un problème d'effectif (des joueurs sans doute à court de motivation ou en fin de carrière), certains annoncent déjà la fin du tiki-taka comme philosophie de jeu. Un changement majeur, digne de la fin de la dernière glaciation. Qu'en est-il vraiment et pourquoi Guardiola a-t-il échoué ?

Il faut tout d'abord dire que depuis que son impressionnante cavalcade en tête de la Bundesliga s'est mathématiquement achevée par un titre dès mars, le Bayern a piqué du nez : 2 défaites en championnat, 1 qualification pénible face à un faible Manchester et la défaite à l'aller à Madrid. Le titre a donc inconsciemment créé une décompression chez les bavarois. Maintenant, la tactique.

  1. Possession et percussion. La grande qualité du Bayern, version Jupp Heinckes 2012-13, était sa qualité de percussion. Les allemands étaient les plus forts sur les côtés, en 1 contre 1 ou, plus souvent en 2 contre 2. Les mêmes joueurs sont restés (Ribéry / Alaba, Robben / Lahm) mais tout a changé. Ici, le coupable est l'innovation tactique "majeure" de Guardiola cette saison, le remplacement "central" des latéraux. Cette saison, dès les 35 mètres en vue, Alaba et Lahm/Rafinha obliquent vers le centre du terrain. Objectif : échapper au marquage de l'ailier et accentuer la pression. Si cette disposition tactique a pu déconcerter au début, les coachs adverses se sont vite adapté. Soit en demandant effectivement à leurs ailiers de suivre, soit, beaucoup plus simplement, en s'affichant en 4-3-3. Face à ce dispositif, c'est le milieu latéral adverse (Modric, Di Maria), qui fait face. Et ce simple dispositif, peu fréquent en Allemagne (où le 4-2-3-1 règne en maître) a suffi à annihiler les efforts d'Alaba. Face à Ribéry, il "suffit" alors d'opposer un latéral prudent, ce qui fut le cas mercredi soir (Carvajal plutôt que Marcelo).
David Alaba, face au Real. Noter le recentrage aux 35 mètres et les tirs contrés (en gris). Source Fourfourtwo.


  1. Impuissance offensive. Le terrible bilan des bavarois sur les 2 matches, 1 400 passes mais seulement 8 tirs cadrés et 0 but, ne peut s'expliquer simplement par le seul placement des latéraux. On n'a rarement eu l'impression d'autant assister à une passe à 10 que devant ces 2 rencontres. C'est d'autant plus ennuyeux que le Real a de fait défendu à 7 au matche retour. Or, ni Modric, ni Di Maria, ni Xavi Alonso ne sont des milieux "défensifs" au sens Makélélesque du terme : Xavi Alonso a raté ses 5 tacles, Di Maria en a réussie 5 sur 7. Non simplement, grâce à leur intelligence de placement, avec un positionnement assez bas, les madrilènes ont tranquillement grippé la machine offensive bavaroise. La première action réellement dangereuse se situe quelque part à la 80ème minute, après l'entrée de Götze. Mandzukic, dominé dans les airs par Ramos et Pépé (1 seul duel emporté sur 5 tentés par le croate), Ribéry et Robben, trop isolés sur leur côté, le Bayern a semblé sans idée...tout en se découvrant derrière pour laisser BBC placer des contres.
  2. Mauvaise limonade sur les coups de pied arrêtés. Même si Sergio Ramos est traditionnellement un bon joueur de tête, le fait de lâcher totalement le marquage semble totalement aberrant à ce niveau. Ici, on voit bien comment l'approche jusqu’au-boutiste de Guardiola peut entraîner des problèmes : en multipliant le travail au sol, les toros, le technicien catalan délaisse le travail aérien et la défense sur coup de pied arrêté. 
  3. Les changements tactiques laissent les joueurs désemparés. L'un des principes de Guardiola est (comme Bielsa) d'adapter en permanence son dispositif en fonction des objectifs recherchés et de demander à certains de ses joueurs d'occuper plusieurs postes en fonction des matches ou des changements. Dans les faits ces modifications se sont traduites de la façon suivante :
    • à Bernabeu, Schweinsteiger est positionné derrière Mandzukic. Lahm et Kroos occupent le 2 du 4-2-3-1. 
    • à Munich, Schweinsteiger et Kroos se retrouvent côte à côte, Lahm réintègre son poste de latéral. 
    • dans l'intervalle, face à Brême, les munichois affichent Schweinsteiger et Martinez derrière Götze. Müller est à droite. 
Conséquence : les joueurs semblent avoir eu du mal à trouver leur place et ce qu'on attendait réellement d'eux dans ce système. Schweinsteiger a paru peu à l'aise à Bernabeu dans un rôle de 10, qu'il n'affectionne pas spécialement, alors que Kroos n'a pas semblé apprécier son poste de meneur reculé (4 tacles ratés et 2 fautes sur Cristiano, dont celle qui occasionne le dernier but).

En synthèse, le Bayern (et Guardiola) a besoin d'un tiki-taka 2.0. L'effectif et le dispositif mis en place sont très efficaces dans le cadre de la domination d'une Bundesliga ouverte et médiocre défensivement. Pour gagner face aux tueurs de la ligue des Champions, cela semble trop juste.

Footballistico.

vendredi 15 avril 2011

Real Madrid - Barça : un clasico pour quoi faire ?

Même si toute la planète foot salive d'avance à l'annonce du 1er clasico sur les 4 qui nous attendent, celui de samedi est peut-être le moins intéressant : le Barça possède 8 points d'avance sur le Real à 7 journées de la fin et même si l'escouade de Mourinho gagnait ce week-end, ils n'ont plus quasiment aucune chance de coiffer le Barça au poteau.

Néanmoins, le match va voir l'affrontement de 2 des 4 meilleures équipes européennes de la saison et il est normal de couvrir celui-ci. En outre, les madrilènes n'ont toujours pas digéré la "manita" que leurs adversaires leur montraient au match aller : une main ouverte avec 5 doigts comme autant de pions encaissés par Casillas.

Que va-t-il donc se passer, Samedi soir, à Santiago Bernabeu ?

Les effectifs et les tactiques des 2 équipes sont assez stables et connus :

- Barcelone affichera probablement son 4-3-3 qui l'a rendu fameux. La seule inconnue constitue la défense des catalans, où Abidal et Puyol seront toujours absents. Il est probable que Guardiola sélectionne Piqué et Busquets. Keita devrait prendre la place de l'espagnol en 6 avec Xavi et Iniesta devant lui. L'attaque sera constituée de Messi entouré de Pedro et Villa (qui, notons le n'a pas marqué depuis 10 matches, série rare chez lui).
- La composition de Madrid est, normalement, connue. Le 4-2-3-1 est maintenant bien établi même si le  poste de 9 est très disputé entre Higuain, Benzema et Adebayor. Mais Mourinho peut compter sur son onze majeur avec le retour de Pepe et en bonus, Kaka. Cependant, tous les regards des observateurs sont tournés vers le technicien portugais. Celui-ci possède une expérience énorme des combats tactiques et a la réputation de modifier son équipe en fonction de l'adversité. Cette saison, il n'a pas eu à le faire : il n'évolue que face à des adversaires plus forts et ni la Liga, ni la Ligue des Champions ne lui ont offert de motifs suffisants, au-delà de micro-arrangements (Arbeloa, à la place de Marcelo à Gerland...). Cependant, avec la visite du Barça, Mourinho possède un défi à sa mesure : 4 défaites d'affilée, pas de but marqué depuis plus de 5 heures de match et la plus grosse défaite jamais subie par le "Mou", ça mérite de se gratter un peu la tête sur les 3 variables clé :

1 - Le dispositif. Même si le Real a joué toute la saison en 4 - 2 - 3 - 1, il est possible de jouer avec un milieu défensif de plus (Lassana Diarra, aux cotés Xavi Alonso et Khedira) pour gêner les 3 catalans. Le problème c'est que la défense centrale du Barça étant affaiblie, cela semble plutôt une bonne idée de laisser un 10 central.

2 - Le côté gauche madrilène.C'est là où va débouler Dani Alves. A l'aller, Mourinho avait interverti ses 2 ailiers en début de match, Di Maria,meilleur défenseur que Ronaldo était passé à gauche, l'ailier portugais se retrouvant à droite. Le résultat offensif fut catastrophique, Ozil ne parvenant plus à combiner ni à gauche ni à droite et Di Maria semblant beaucoup moins à l'aise en phase d'attaque. Cela dit, le problème demeure entier : comment bloquer Dani Alves (et accessoirement Pedro devant lui)

3 - Le positionnement des lignes. Toujours au match aller, le Real avait commencé avec une ligne relativement profonde (juste devant les 18 mètres) sans empêcher les catalans de marquer. En remontant après avoir encaissé 2 buts, ils s'exposèrent à la fameuse doublette Messi /Villa, Villa prenant la profondeur pendant que Messi attirait un défenseur avec lui en décrochant. Cependant, il n'est pas faux de dire que les équipes qui ont le plus mis en danger le Barça (Arsenal, Villareal) furent plutôt celles qui tentèrent de l'empêcher de jouer et de lui disputer le ballon plutôt que d'attendre lamise à mort tranquillement dans leurs18 mètres. Le problème est donc de bloquer le milieu de terrain du barça en attaque et de relancer par les ailes lorsque l'on regagne le ballon.

Donc, que faire ? Dans son 4-2-3-1 classique, il est probable que Madrid ne tienne pas la route. Dès lors, Madrid possède 2 impératifs :

- offrir une véritable alternative offensive par le milieu de préférence rapide afin de profiter de la relative lenteur de la paire Busquets / Piqué.
- offrir un mur défensif plus compact an centre du terrain qu'à l'aller.

Dès lors, 2 alternatives s'offrent selon nous à Mourinho :

- passer en 4-4-1-1. L'objectif : bloquer Alves en faisant monter Marcelo en milieu gauche et en positionnant Arbeloa en latéral. Marcelo offre la capacité de défendre et d'attaquer et il sera particulièrement précieux lors des relances. A droite, Di Maria, positionné légèrement plus bas que d'habitude pourrait participer à la lutte du milieu pour bloquer Iniesta, sachant qu'Adriano (le latéral gauche du Barça) devrait rester davantage derrière pour couvrir les montées d'Alves. Dans ce dispositif, le rôle de Ronaldo (le "1" derrière Benzema) serait crucial. Il devrait à la fois gliiser à gauche pour retrouver son compère Marcelo, lors de ses montées, repiquer au centre pour profiter de sa rapidité afin de terroriser l'arrière-garde catalane et tenter de presser Keita, sans doute peu à l'aise dans son rôle de N°6 inhabituel (notons que Mascherano est suspendu).
- jouer en 4-3-1-2.  Ici, devant le back four classique (Marcelo reprenant son rôle de latéral gauche), le Real positionnerait 3 milieux bosseurs (Xavi Alonso, Khedira et "Lass") avec un milieu offensif (Kaka à notre préférence) avec Ronaldo et Benzema devant. Ronaldo glisserait le plus souvent à gauche offensivement. C'est Kaka qui se retrouverait en charge défensivement de Keita, pendant que les 3 du milieu tenteraient de coulisser afin d'apporter une solution au problème Alvés.

Conclusion : le Real possède une chance dans son malheur d'affronter l'une des plus grandes équipes de tous les temps. Puyol et Abidal indisponibles, Mascherano suspendu, Guardiola ne dispose pas de solution de rechange dérrière. A Madrid d'en profiter en terrorisant la paire de centraux catalans et son N°6 improvisé (probablement Keita).Si le Real parvient à atteindre ces 2 objectifs, il est probable que le résultat soit un peu différent de l'aller. Pour mémoire, Mourinho apprend beaucoup de ses défaites.

Footballistico

mardi 30 novembre 2010

Le Real dans le "Mou"

Contrairement à tout ce qu'on pensait, il n'y a qu'un club en Espagne : le Barça. Le Real est aimable mais joue derrière. La Liga possède donc un dispositif en 18 - 1 - 1. Avec cette humiliation, le Real est renvoyé à ses doutes comme un vulgaire Panathinaïkos (avec Govou en moins).

Les 2 équipes se présentaient dans leurs dispositifs-type : 4 - 2 - 3 - 1 pour le Real, avec, comme surprise du chef, Benzema en pointe. Le Barça en 4-3-3, avec Messi au centre en 9 1/2.

Dès l'entame, le Barça prenait Madrid à la gorge. Les blaugranas passaient par les côtés mais, plus original, par le centre. Messi décrochait et décochait des passes dans l'axe à Xavi et Villa. Et c'est du centre qu'allait venir le 1er coup, les 2 arrières centraux madrilènes étaient montés pour suivre Messi, Iniesta allait passer la balle plein centre à Xavi qui s'était engagé : Marcelo se trouait un peu. But. Malgré quelques tentatives madrilènes (jolie passe de Ronaldo à Benzema 15ème), le coup de grâce allait être porté dès la 18ème minute : Xavi changeait d'aile magnifiquement sur Villa, qui prenait le meilleur sur Sergio Ramos et tirait. Casillas détournait péniblement le cuir dans les pieds de Pedro.

A 2 - 0 au Camp Nou, la messe semblait dite et même si le Barça baissait un peu de rythme offensivement, il continuait à harceler les madrilènes afin de les empêcher de construire. La mi-temps se finissait en énervement général. Mourinho effectuait un changement étrange en substituant Özil (transparent il est vrai,voir plus bas) par Lassana Diarra. Madrid tentait de passer en 4 - 3 - 3, en densifiant son entrejeu. Cependant, le match allait être l'exacte réplique de la première mi-temps. Au bout de 10 minutes de jeu, Messi récupérait un ballon et lançait Villa dans le dos de Pépé, but. Le 4ème allait venir 3 minutes plus tard toujours Messi -Villa, qui prenait Sergio Ramos de vitesse. Le 5ème but du remplaçant Jeffren pendant les arrêts de jeu était anecdotique.

Que conclure de cette rencontre ?

1 - Un dispositif en 4 - 1 - 5 - 0 ? Le Barça trouvé la martingale en attaque.Plutôt que de mettre un véritable avant-centre en la personne de Zlatan, Eto'o ou Villa où celui-ci est marqué par les défenseurs centraux, Messi décroche et là, les ennuis commencent pour l'équipe en face : le milieu défensif doit-il le prendre en charge (laissant ainsi de l'espace au milieu) ou un arrière central doit-il le suivre ouvrant ainsi des brèches derrière ? En outre, Messi a évidemment la capacité à prendre le meilleur sur son adversaire direct pour orienter la dernière passe.

2 - Fluidité du jeu du Barça

Corollaire du point précédent, le Barça joue de façon extrêmement mobile : cela veut dire qu'en dépit des postes attribués tout le monde bouge, Xavi s'enfonce dans l'axe, Iniesta et Alves peuvent jouer ailiers, Villa (sur le troisième but) et Pedro (sur le second) deviennent avant-centre. Piqué et Puyol alternent le côté de la défense (Puyol du côté Ronaldo). Peu importe, ces changements ne nuisent pas à la cohérence collective mais sèment continuellement le trouble dans la défense adverse.


3 - Echec tactique de Mourinho

Le "Mou" avait décidé de défendre bas, afin de priver le Barça d'espace mais de s'en tenir à son 4-2-3-1 fétiche. Cependant, au delà de la titularisation de Benzema, il avait décidé de positionner Di Maria sur la gauche afin de bloquer défensivement Dani Alves pendant que Ronaldo occupait le flanc droit. Le résultat : offensivement son équipe n'a ressemblé à rien pendant 15 minutes, quand Ronaldo a repris sa place préférée. Trop tard : 3 minutes après, le Barça marquait et le Real était comdamné. Le passage à un 4 - 3 - 3 densifié en seconde mi-temps n'allait pas apporter grand chose. Les merengues étaient obligés de monter d'un cran pour aller chercher le ballon et ouvraient de toute façon des espaces sans avoir d'allant offensif. Aucune action en seconde mi-temps : un calvaire.

4 - Des passes à l'infini...et un pressing de feu

Le Barça a tenu le ballon pendant de longues séquences d'1 minute et parfois 40 passes, qui se sont achevées par un but (le second) et une interception illicite de Carvalho (de la main). Ca tripote et ça marque. Ca nous change d'Arsenal. En outre, jamais Madrid en terme de pressing n'a pu lutter avec les Barcelonais, remontés comme des pendules à l'encontre de Mourinho.

Conclusion : Mourinho avait 2 objectifs : battre le Barça et gagner la ligue des champions. Après cette déculottée monumentale (Footballistico a cherché mais n'a pas trouvé de défaite 5 - 0 de Mourinho), le technicien portugais a déjà à moitié échoué. Pourtant, l'histoire a montré qu'il apprend vite. Si le jeu Barcelonais venait à se dérégler, il se ferait un plaisir de gagner 1 - 0 (but de Carvalho sur un dégagement raté d'Abidal) à Bernabeu an Avril et de coiffer les Blaugranas pour la Liga.

Quant à Barcelone, c'était hier la meilleure équipe de club que Footballistico a jamais vue : meilleure qu'en 2008-2009 et qu'en 2009-2010. Hier, même avec le meilleur Real de l'histoire, elle aurait été dure à égaler.

Footballistico

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