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lundi 25 décembre 2017

Real - Barça : les blaugranas se dirigent vers le titre

 Quelle différence 4 mois font... En août, le Real humiliait les catalans dans la Supercopa avec un Asensio en feu et tout le monde considérait que Barcelone, qui venait de perdre Neymar, se dirigeait vers un avenir assez sombre. A la Noël, pourtant, les catalans règnent sur la Liga avec 14 points d'avance sur leur grand rival et la presse a changé de cible en s'en prenant à Zidane.

Le Barça se présentait dans son dispositif devenu classique en 4-4-2 depuis la blessure de Dembélé.  Paulinho occupe nominalement un poste à droite mais dans les phases offensives se situe souvent entre les lignes. Vermaelen remplaçait Umtiti. C'est Zidane qui innovait tactiquement. Isco était laissé sur le banc et laissait sa place à Kovacic.

Première mi-temps : il est assez drôle de constater que bien qu'évoluant en 4-4-2, aucune des 2 formations ne disposait d'un véritable ailier mais de 4 milieux de terrain classiques. C'est Madrid, qui partait le plus fort en mettant d'entrée une grosse pression sur les visiteurs. Nominalement, chacun des 8 joueurs étaient mobilisé dès la perte de balle :


  • Benzema et Ronaldo étaient chargés de contrôler les 2 centraux,
  • Les 2 latéraux montaient sur leur vis-à-vis,
  • Les 4 milieux effectuaient également un barrage et Busquets en particulier, marqué par Kovacic ne put pas jouer son rôle de plaque tournante du jeu du Barça. 
On vit souvent Ter Stegen privé de solution, souvent hésitant dans la marche à suivre. 

Domination à gauche: Ronaldo prit la plupart du temps le couloir gauche de l'attaque merengue. Comme Paulinho était souvent avancé et recentré, le duo Marcelo / Ronaldo prit le dessus sur Sergi Roberto. Piqué dut intervenir en catastrophe comme à la 37ème minute quand Marcelo réussit un joli centre sur la tête de Benzema ou quand Ronaldo déborda pour délivrer une frappe que Ter Stegen détourna du bout du pied : les 2 seules occasions de Madrid en première période. 

En effet, le Barça ne commit pas de grosse bourde défensive. Souvent, les catalans jouèrent contre nature en balançant de longs ballons devant avec une efficacité relative, ce qui permit au Real de dominer la possession mais peu de ballons furent perdus dans les 30 mètres, ce qui aurait offert des munitions aux attaquants du Real. 

Messi : en phase offensive du Barça, Kovacic défendait en individuelle sur Messi, en le suivant partout sur le pré. Il pouvait se retrouver au niveau de ses centraux ou aux 40 mètres pour suivre l'argentin. Même si le Barça eut relativement peu le ballon en première période, cette disposition eut tendance à déséquilibrer les lignes madrilènes. Les merengues se trouvaient dans des situations en 3 contre 4. Défensivement non plus, le bilan de Kovacic ne fut pas non plus étincelant, L'argentin trouva Paulinho 2 fois, une fois dans la profondeur, une autre sur un centre après une percée. Petit à petit, le Barça refaisait son retard en termes de possession jusqu'à dominer 

Seconde période : le Real sembla incapable physiquement de renouveler le pressing de la première période. Kroos et Kovacic notamment plongèrent physiquement et furent dans l'incapacité de mettre de l'intensité. Il est normal qu'une équipe éprouve des difficultés à maintenir un rythme intense pendant 90 minutes mais les madrilènes n'adaptèrent pas leur dispositif : ils pressaient par à-coups, en restant à 1 mètre de leur adversaire direct tout en campant dans le camp adverse. Ce fut évident à la 54ème, quand 3 milieux et les 2 latéraux madrilènes se retrouvèrent piégés par une passe en profondeur de Busquets sur Rakitic. Seul Kovacic s'était replié mais préféra s'occuper de Messi plutôt que gêner le croate, qui attendit tranquillement que Varane monte sur lui avant de glisser à Sergi Roberto pour un centre vers Suarez totalement isolé. 

Temps 1 : Busquets a échappé au marquage et lance Rakitic


Temsp 2 : Rakitic s'enfonce mais pas de problème pour Kovacic,
qui contrôle Messi (derrière lui)
Varane a dû monter sur Rakitic. Dans quelques secondes Sergi Roberto va centrer
sur Suarez laissé totalement seul

Zidane demanda alors à Bale, Asensio et Isco d'accélérer leur échauffement. On ne saura jamais ce que le tacticien français avait dans sa manche car à la 63ème minute, Piqué perçait une équipe madrilène complètement coupée en 2. Le défenseur catalan poursuivit sa course, occupant Varane pendant que Messi trouvait Suarez dans la profondeur. Encore une fois, les latéraux madrilènes étaient hors de position laissant le duo Varane - Ramos gérer (mal) la situation. Cela se termina dans la confusion avec un pénalty pour le Barça et un exclus, Carvajal.  

Menés 0-2 à 25 minutes de la fin et réduits à 10, autant dire que l'issue du match ne faisait plus de doute. 

Le technicien français préféra alors sortir Benzema pour Nacho pour rétablir une défense à 4, avant de faire entrer Asensio et Bale et passer ainsi en 4-3-2. Bizarrement, le Real fut plutôt meilleur à 10 qu'à 11 en mettant de nouveau de l'impact offensif face à des catalans, qui eurent toutes les peines du monde à les contrer. Ter Stegen réalisa encore un arrêt de grande classe face à Ramos. 

Mais, il n,'était pas dit que le Barça allait laisser au score une vague allure respectable et corsait la mise de nouveau sur une défense médiocre de Marcelo, qui laissait Messi adresser une merveille de centre en retrait pour Vidal.

Conclusion : il n'est pas évident, rétrospectivement, de comprendre la tactique de Zidane. Certes, empêcher de jouer le Barça en mettant un pressing effréné est possible mais en poussant ses latéraux à mort, il est évident que les catalans allaient en profiter. Casemiro est souvent la stabilisateur du milieu du Real mais sur les buts ils est occupé à un pressing vain dans le camp adverse. En outre, lorsque le Real a immanquablement fini par baisser pied physiquement, le technicien merengue n'avait visiblement pas de plan B. Pour finir, si le marquage individuel a disparu, c'est pour de bonnes raisons : sur un grand joueur le marquage n''est jamais parfait et celui-ci balade son défenseur d'un bout à l'autre en désorganisant le dispositif défensif adverse. 

Le Barça profite en plus des défaites de Valence et de l'Atletico pour se rapprocher du titre. Pas mal pour une équipe qu'on disait diminuée, avec un recrutement raté. Dans les faits, le Barça est sans doute moins brillant offensivement mais beaucoup plus solide défensivement pour laisser à ses 2 stars de devant le soin de finir le travail. Bon Nadal !

dimanche 27 septembre 2015

Le Celta corrige le Barça


Battre le Barça relève toujours de l'exploit pour une équipe "moyenne" de Liga mais dominer le Barça dans le jeu grâce au talent de ses attaquants est très rare. Il s'agit donc bien d'un exploit pour les galiciens.

L'équipe entraînée par l'ancien défenseur argentin Berizzo (auteur d'un passage fugace à l'OM, une manie décidément) se présentait en 4-4-2 avec Iago Aspas en pointe et l'ancien pensionnaire de L1, Daniel Wass, à ses côtés. Côté catalan, Jordi Alba absent, Mathieu prenait sa place côté gauche de la défense et Sergi Roberto était préféré à Rakitic.

Première mi-temps : le Celta prenant immédiatement le contrôle des opérations, grâce à un pressing haut et à des transmissions de balle rapides. On se frottait les yeux tant le Barça ne voyait pas la balle (59% de possession pour les locaux dans les 10 premières minutes) et les "celticos" plantaient même quelques banderilles. Assez vite, cependant le Barça allait reprendre le ballon et le match prenait un rythme moins frénétique. A ce moment, le dispositif défensif du Celta se mit en place et celui-ci est fort intéressant à plusieurs titres :

  • la disposition en 3 lignes 3-2-4, Daniel Wass, descendant au niveau des 2 ailiers et marquant le plus souvent Busquets, Comme la défense à 4 du Celta était très compacte, cela donnait au dispositif un côté entonnoir, où les catalans se sont souvent engloutis. 
  • un harcèlement constant du blaugrana en possession de la balle. Dès la transmission, le joueur celtico le plus proche montait sur le catalan pour lui disputer le ballon, ce qui fut démontré sur le second but des locaux. 
  • une sortie de balle simple vers Nolito. L'ailier galicien fut le grand bonhomme de la première mi-temps. Il offrit surtout un conduit pour évacuer le ballon pour ses partenaires du milieu de terrain (cf. schéma). Alvés, nominalement face à Nolito ne sembla jamais en mesure de contrer la relance sur l'ailier celtico, qui mangeait la craie. 
Les passes reçues par Nolito en première mi-temps. Craie. (source fourfourtwo)

Ceci dit, le Celta Vigo ne s’embarrassa pas toujours d'une tactique complexe et n'hésita pas à dégager des longs ballons devant pour le seul Aspas. Ce fut d'ailleurs le maître mot de la tactique des locaux. Jouer simple et vite. Ainsi, offensivement, Orellana et Nolito provoquèrent constamment leur adversaire direct plutôt que de se lancer dans des combinaisons compliquées. On vit la défense du Barça en grande difficulté, en 1 contre 1, notamment Mathieu, face à Orellana. 

Les dribbles du Celta. Sur l'aile droite, Orellana a mis la misère à Mathieu (source Fourfourtwo)

Face à ce dispositif, le Barça eut du mal à se mettre dans le sens de la marche. D'une part, les latéraux ne purent jamais donner de la largeur au jeu des catalans : Alvés fut prudent face à Nolito et Mathieu, après un contrôle manqué dès la troisième minute fut incapable de créer le danger. Le pressing fut également assez lâche. Seul Messi constitua, par ses mouvements, un danger constant, notamment par ses combinaisons avec Neymar. Ce fut d'ailleurs des passes entre ses 2 joueurs, qui créèrent les 2 meilleures actions, dans l'espace. Toutefois, l'un des problèmes de Neymar fut son manque d'implication défensive. Ainsi, sur le premier but du Celta, le latéral Mallo centre sans opposition. 

Après le second but du Celta, sur une récupération de Nolito face à Piqué, le Barça eut du mal à se remettre dans le sens de la marche. La mi-temps s'achevait avec une possession à peine en faveur des catalans et seulement 2 tirs : une misère. 

Seconde période :

Les catalans reprirent la seconde période sans remplaçant mais en ayant la ferme intention  de mettre la défense du Celta à rude épreuve. Plus hauts sur le terrain, les blaugranas effectuaient enfin un sévère pressing sur les celticos, qui, du coup, éprouvèrent de plus en plus de difficulté à se dégager. En 10 minutes, Messi heurta le poteau et eut un tir dangereux aux 20 mètres, soit plus d'occasions franches que dans les 45 premières. C'est sur un contre, suite à un corner en sa faveur que le Barça encaissa son troisième but, après un ballon dégagé par le gardien, Aspas se retrouva en 1 contre 1 face à Alvès et se joua de lui pour aller crucifier Ter Stegen une fois de plus. 

A 3-0 à 35 minutes de la fin, la messe était dite mais le Barça ne lâcha pas l'affaire. L'entrée de Mounir ajouta un peu de vitesse au champion d'Europe et Rakitic (à la place de Busquets) un peu de technique. Cependant, la disparition du N°6 catalan offrit plus d'espace à Daniel Wass, qui put profiter de sa mobilité pour distiller des ballons à ses compères d'attaque. 
Les occasions (en bleu ciel) créées par Wass en seconde période (source Fourfourtwo)

A noter que du côté du Celta, Berizzo ne procéda à son premier remplacement qu'au bout de 75 minutes, ce qui augure d'une équipe bien en place mais qui ne sombra jamais dans la débauche d'énergie désorganisée. 

Si Neymar inscrivit le but du Barça (sur une passe de l'omniprésent Messi), ce fut surtout le dernier but du Celta qui fut remarquable tant la passivité de la défense catalane fut immense : Mallo centre sans opposition sur Guidetti qui, aux 6 mètres, à tout le temps de contrôler et d'ajuster Ter Stegen. C'était la troisième fois que le gardien allemand se retrouvait seul face à un attaquant du Celta dans la partie. 

Conclusion : bien sûr, on pourra dire que sur le match, le Celta n'a pas été malheureux : 4 buts sur ses 5 tirs cadrés et dieu sait ce qui se serait passé si Messi avait conclu son occasion de la 52ème minute au lieu de frapper le poteau. Néanmoins, c'est la troisième fois, cette saison, que le Barça en encaisse 4 buts. L'interdiction de recruter commence à faire mal et certains joueurs (Busquets, Piqué, Rakitic) sont très en dessous de leur performance habituelle. Un gros souci face à un Real qui semble plus fort que jamais. Quant au Celta, il exploite au mieux les recettes des budgets moyens de Liga : recruter des refusés des grands centres de formation ibériques (Nolito) et compléter avec des sud-américains teigneux (Fernandez) ou techniques (Orellana). 

dimanche 29 mars 2015

Clasico 2015 : l'évolution du Barça porte ses fruits

Le Real a perdu mais le Real aurait pu gagner. Le Barça a marqué dans un style à l'antithèse du toque et du style de Guardiola. Luis Enrique a donc posé sa patte sur le jeu du Barça. Cela semble être le résultat de la tendance des grandes équipes actuelles : savoir varier le jeu et pouvoir marquer sur n'importe quelle configuration (coup de pied arrêté, contre, jeu construit). Ironie, c'est sans doute Ancelotti qui, entre la saison 2013-14 et le premier trimestre 2014-2015 a poussé cette logique au paroxysme en capitalisant sur la capacité de contre et la force sur CPA léguées par Mourinho en y ajoutant cette capacité à construire et à défier les meilleures équipes en termes de possession ou plus simplement de prendre le jeu à son compte face à des écuries modestes venues pour défendre.

Le Barça est un cas d'école : basée sur une possession écrasante et sur un pressing intense, la belle mécanique montée par  Guardiola s'est effilochée au fil des années car elle est épuisante physiquement et au bout de quelques titres la rage de vaincre s'est émoussée. Feu Tito Vilanova a tenté de mettre en place un Barça "light" : possession mais sans pressing. Avec des résultats mitigés. C'est sous son coaching que le Barça explose littéralement (7-0 sur l'ensemble des 2 matchs) face au Bayern Munich mais face aux équipes plus faibles, son Barça était une redoutable machine (100 points pour le titre de Liga 2013)

Luis Enrique a changé la donne sur au moins 3 points :
  • les attaquants sont les nouvelles stars. Pep Guardiola vouait un culte aux milieux de terrain jusqu'en aligner 6 ou 7 dans son équipe. Luis Enrique est beaucoup moins fan. Pour lui, chacun à sa place. Face au Real, même Mascherano est redevenu un milieu de terrain. Et la charnière centrale était occupée par 2 vrais spécialistes du poste. 
  • Sans être aussi exigeant que Guardiola, Luis Enrique demande à ses joueurs un travail défensif intense. Pas de pressing groupé autour du joueur adverse mais une contribution demandée aux 3 attaquants. 
  • Culte de l'individuel : si Guardiola prônait un jeu de passe presque infini, afin de déstabiliser les défenses, laissant au seul Messi la percussion, Luis Enrique a confié les clés aux individualités. Outre, l'argentin, Neymar est encouragé à partir de loin en dribbles chaloupés, quand Suarez hérite de longs ballons, en partant à la limite du hors jeu. 
Lorsque l'on regarde la configuration du dernier clasico et qu'on le compare à son petit frère joué il y a 2 ans, les différences sautent aux yeux. Ici, le Real avait gagné mais l'essentiel n'est pas là. Ce jour là, le Barça, entraîné par Tito Vilanova avait réussi 649 passes et tenu le ballon 72% du temps face au Real de Mourinho (contre respectivement, 436 et 53% dimanche dernier)

Les schémas ci-dessous (source l'excellent site fourfoutwo) montrent les différences d'approche du Barça sur 3 points : 

1 - Les attaquants barcelonais ont le permis de dribbler et ils ne s'en privent pas :

Mars 2013 : 16 dribbles. Only Messi.

Mars 2015 : tout le monde dribble (et surtout Neymar)

Bien sûr, ce jeu implique plus de risque (la perte de balle) et engendre mécaniquement moins de possession mais il oblige aussi les défenseurs adverses à commettre plus de fautes (d'où les cartons) et créent des brèches dans les lignes arrières. 

2 - Le pressing est plus intense. En 2013, Vilanova avait cédé au vestiaire en relâchant la pression à la perte de balle. Le Barça se contentait à l'époque de faire des fautes "intelligentes" pour briser les contres à la racine, c'est à dire dans la moitié de terrain du Real. En 2015, changement de décor, tous les joueurs sont supposés contribuer à l'effort défensif. Même si le pressing est moins intense qu'à l'ére Guardiola (où plusieurs blaugranas entouraient le joueur adverse pour couper toute possibilité de passe), la ligne du Barça demeure haute afin de transmettre rapidement, idéalement à Suarez, qui plonge, avant que le bloc adverse ait eu le temps de se reformer. 


2013 : 4 tacles dans la moitié de terrain adverse, aucune interception

Ajouter une légende : 14 tacles, 1 interceptions

3 - des passes plus en profondeur et qui visent à créer le danger directement. Alors que le Barça, version Guardiola tissait sa toile, celui d'Enrique est plus direct et n'hésite pas à effectuer des passes depuis sa moitié de terrain, ce qui était presque un anathème, circa 2012. 


La passe à 10 de 2013
(119 passes dans les 30 mètres madrilènes sur 722 tentées)


2015. Plus perforant
On peut donc conclure que si le Barça a sans doute perdu un peu de sa spécificité, il a sans doute gagné en efficacité. Des matches comme ceux de Dimanche soir où l'équipe catalane est dominée pendant la moitié du match mais l'emporte avec une tête sur coup de pied arrêté et un long ballon sur Suarez devrait être plus courants dans les années qui viennent. Tout le problème de Luis Enrique sera de marier les qualités de l'ancien Barça (une capacité à dominer et à priver l'adversaire de ballon, afin de conserver le résultat) et celui des équipes modernes de percussion pour pouvoir exploiter toutes les situations de but.

En 2013, le Barça de Vilanova avait remporté la Liga avec 100 points mais en devenant trop prévisible avait engendré la déroute de l'Allianz Arena (qu'Ancelotti a réitéré cette année face au même Bayern de Pep Guardiola). Cette défaite, qui précédait la déroute espagnole au mondial brésilien, annonçait la fin du toque 1.0. Luis Enrique tente de le réinventer en le variant. Ce n'est pas là son moindre mérite.

Footballistico


lundi 13 janvier 2014

Atletico - Barça : les 2 leaders de la liga se quittent dos à dos

Le sommet de la Liga marquait une franche opposition de style entre le Barça obsédé par la possession et un Atletico porté sur la défense et le contre.

Tata Martino avait laissé Messi et Neymar sur le banc pour des problèmes de forme. A part, ces 2 exceptions (importantes !), chaque entraîneur avait sélectionné son 11 type et son dispositif de référence (4-3-3 du Barça vs 4-4-2)

Première mi-temps : plutôt que de rester regroupés dans ses 30 mètres, l'Atletico alla presser haut le porteur du ballon. L'idée était de récupérer le ballon très rapidement et de lancer Diego Costa dans les couloirs (notamment le gauche). Le Barça eut l'air un peu surpris. Le dispositif faillit marcher grâce à un raid d'Arda Turan (2ème) puis une frappe de Costa (5ème).

Au bout du premier 1/4 d'heure cependant, l'Atletico recula et le Barça commença à trouver le moyen de dominer la possession. Fabregas, nominalement avant-centre, tenta de se positionner entre les lignes, proche des 3 milieux pour renforcer la maîtrise du Barça. L'Atletico tenta de perturber la transmission en harcelant Busquets, notamment par ses attaquants. Malheureusement, Villa et Costa n'étaient pas toujours en position pour effectuer un pressing dès la récupération du Barça et Busquets finit le match avec 94% de passes réussies.

Le Barça fut cependant dès lors confrontés à un nouveau problème : comment trouver des espaces face à un bloc regroupé ?  D'autant plus que Diego Costa et David Villa redescendaient souvent pour apporter un premier rideau défensif. En théorie, le Barça pouvait procéder de 3 façons mais une seule d'entre elles sembla fonctionner :

    1. Côté droit, le duo Alves/Sanchez sembla totalement inhibé par Filipe Luis et Koké / Turan (les 2 ailiers madrilènes permutant souvent). Alves fut bloqué dans ses raids et Alexis Sanchez mit en évidence sa capacité à disparaître d'un match (17 passes seulement, pas de tir, un seul centre).
    2. Au milieu du terrain, les madrilène réussirent à étouffer les possibilités de passes en profondeur. En outre, lorsque Fabregas décrochait, aucun blaugrana ne prit la profondeur. Le 3 de devant reçut en tout et pour tout 2 passes dans la surface (hors Messi).
    3. Pedro. L'ailier gauche fut le blaugrana le plus dangereux. Il partit souvent d'assez bas pour s'attaquer à Juanfran avec le soutien d'Alba. Résultat : le jeu des visiteurs pencha franchement à gauche. En dépit du grand nombre d'interceptions madrilènes (cf. graphique), Pedro réussit 2 frappes en première mi-temps et fut à l'origine des phases de jeu les plus intéressantes pour les visiteurs.

    Interceptions madrilènes : vous avez dit jeu penchant à gauche ? (source Foufourtwo)
    Corners : le Barça a encaissé 5 de ses 12 buts en Liga sur corners. L'Atletico tenta de les tirer tous au premier poteau, ce qui peut se comprendre. Malheureusement, comme toute tactique, jouée trop systématiquement, elle fut rapidement mise en défaut par les catalans (2 corners réussis sur 7), qui placèrent leurs bons joueurs de tête (Piqué, notamment) pour répondre à cette menace.

    Les corners : premier poteau trop systématique ? (source Fourfourtwo)


    La mi-temps s'acheva sur une partie assez fermée : le Barça ne parvenait pas à créer du jeu mais l'Atletico avait du mal à lancer Costa et Villa, placés trop bas pour créer du danger en contre.

    Seconde mi-temps : Messi remplaça Iniesta (un peu malmené) et prit la place de Fabregas, qui redescendit en milieu gauche. Aussitôt, l'argentin tenta d'imprimer son rythme à la partie : en 9 et 1/2 mais avec une percussion plus importante que Fabregas. L'Atletico conservait un dispositif très bas et gêna considérablement le Barça. Neymar rentra à son tour, permuta avec Pedro. Le Barça eut peu après sa meilleure action via un centre de Jordi Alba sur Messi qui manqua la cible de la tête.

    Le dernier quart d'heure fut plus équilibré, Barcelone relâcha son pressing et Madrid eut quelques opportunités, notamment par Turan. Les 2 équipes apparurent épuisées avec un Villa perclus de crampes au bout de 80 minutes. Les coachs durent également se dire que la Liga se jouerait plus tard sur d'autres terrains et qu'un nul faisait leurs affaires pour des raisons différentes.

    Conclusion : les 2 équipes ont joué un match sans rien renier de leur football...et sans trouver la faille, ce qui donna un match intense mais au final un peu décevant. En synthèse, l'Atletico apparaît comme hyper solide mais peu créatif (avec un Koké très décevant) et un Barça soyeux mais inoffensif. Au total, les catalans auront réalisé 3 fois plus de passes que leur adversaire (605) mais seulement 7 tirs. Trop prévisibles ?

    Footballistico

    vendredi 3 janvier 2014

    C'est quoi une équipe qui gagne ?

    C'est la trêve dans tous les grands championnats et l'on peut donc se poser légitimement la question avec un certain recul : qu'est-ce qui fait une grande équipe ? Nous abordons évidemment le sujet sur un plan statistique et tactique sans aborder la valeur individuelle des joueurs ou des facteurs psychologisants.

    Tout d'abord, aucun dispositif tactique ne semble l'emporter, malgré la mode toujours vivace du 4-3-3 : 3 des leaders des grands championnats utilisent ce dispositif (le Barça, naturellement, le PSG et le Bayern). On trouve aussi un 4-2-3-1 (Arsenal) et un 3-5-2 (Juve). Si l'on descend un peu plus bas dans les classements en s'arrêtant à la cinquième place qui correspond peu ou prou aux places européennes, on trouve son lot de 4-2-3-1 (City, Athletic Bilbao, Real Sociedad, Napoli) , de 4-4-2 à plat (Atletico Madrid, Mönchengladbach) et même de 4-4-2 losange (Lille) et d'un autre 3-5-2 (Inter). Il nous faut donc chercher ailleurs.

    La possession est le premier critère qui vient à l'esprit et là, de fait, comme l'indique le tableau ci-dessous, la plupart des équipes qui sont placées dans les 5 premiers possèdent un % de possession (souvent largement) supérieur à 50%. Certes, on nous rabâche les oreilles avec des considérations du style "la possession, ça ne veut rien dire" mais les équipes espagnoles nous ont appris que le fait de posséder le ballon était non seulement le meilleur moyen de se créer des occasions mais aussi d'empêcher les autres de marquer. Notons que c'est également le cas d'équipes réputées peu spectaculaires (Lille, Chelsea) qui tiennent plutôt bien le ballon ou de certaines équipes dites "de contre" (Dortmund).

    Championnat Taux de possession moyen des 5 premiers
    France 54,7
    Angleterre 55,8
    Italie 56,7
    Espagne 55,8
    Allemagne 56,3

    Parmi les 25 équipes occupant les 5 premières places des 5 grands championnats, seulement 3 d'entre elles possèdent un taux de possession inférieur à 50% (Saint-Etienne, Atletico et Leverkusen). Cette règle marche aussi à l'envers : les équipes possédant la plus faible possession occupent en général les places de relégable.

    Pour satisfaire toutefois les défenseurs des idées reçues, on peut tout de même trouver des équipes à la possession totalement stérile : Swansea (59,6% et 13ème de premier league), le Milan AC (59,9% et 13ème de série A) et, surtout, le Rayo Vallecano (61,8% et 19ème de Liga !).

    Ce qui est intéressant c'est la relative stabilité de certaines statistiques : il faut par exemple 3,8% de possession pour effectuer un tir. Et 7 tirs pour marquer un but. Ce sont les équipes qui parviennent à dépasser ces statistiques qui font voler en éclat les corrélations. Et c'est naturellement là que l'on retrouve nos "point aberrants". Le cas le plus archétypal est celui de Swansea. L'équipe galloise malgré sa possession est 20ème en termes de nombre de tirs. Stérile. On a donc ici un jeu à la baballe, lent, souvent dans son camp avec peu de percussion, ni de contres.

    Mais les cas les plus intéressants ne sont évidemment pas ceux qui échouent mais ceux qui réussissent. Reprenons donc le cas du Bayer Leverkusen et de l'Atletico, second de leur championnat respectif à la trêve.

    Il existe a priori 3 raisons pour lesquelles ces équipes peuvent malgré tout tenir tête aux cadors de la possession :
    • soit leur système défensif (gardien compris) est particulièrement imperméable et annihile les efforts des adversaires,
    • soit leurs joueurs sont particulièrement efficaces pendant les phases de possession et parviennent à en tirer un rendement supérieur,
    • soit, et ce facteur est une combinatoire des 2 autres, l'abandon du ballon est un choix tactique assumé (qui ne tient pas aux qualités techniques intrinsèques des joueurs), qui peut être systématique ou correspondre à certaines situations (dès que l'équipe a pris l'avantage ou à l'extérieur). 
    Depuis 2 saisons, Diego Simeone a transformé la bande de losers du Vicente Calderon en machine de guerre. Cette saison, les colchoneros tiennent la dragée haute au Barça. La défense de l'Atletico est particulièrement impressionnante : meilleure de Liga, elle est surtout très efficace pour empêcher les autres d'élaborer leur jeu offensif. En dépit d'une possession faible, donc, l'Atletico concède moins de tirs que le Barça, malgré 20% de moins de possession. Dans le 4-4-2 de Simeone, pas de "secret" mais des recettes efficaces :
    • le même système éprouvé depuis 2 saisons, avec des joueurs qui se connaissent et peuvent donc se situer sur le terrain, compenser et combiner,
    • 2 lignes de 4 pas particulièrement hautes mais assez proches pour étouffer l'adversaire, avec un travail défensif, qui commence au niveau des 2 attaquants pour perturber la relance,
    • des joueurs du milieu qui sans être très rapides possèdent tous un bagage technique impressionnant.
    • le "secret" : des "ailiers" (Koké, Turan) qui se recentrent lors des phases offensives et des latéraux assez prudents. Lors des pertes de balle, les 2 attaquants et l'ailier font pression pour récupérer la balle, n'hésitent pas à faire des fautes (Costa, 2 par match), donnant le temps au bloc équipe de se replier et d'étouffer les adversaires.
    Toutefois, une limite semble être la nature du championnat espagnol : assez technique, porté sur l'offensive, l'Atletico a réussi en prenant le contre-pied des équipes joueuses. Il est révélateur de voir que la seule défaite des madrilènes a été subie face à l'Espanyol Barcelone, une équipe rugueuse et défensive.

    Le Bayer Leverkusen est calé dans la roue du Bayern et offre aussi une alternative intéressante. A priori, les statistiques du Bayer sont peu impressionnantes :
    • seulement 7ème attaque contre seconde défense,
    • un bloc défensif pas particulièrement hermétique, avec 14 tirs concédés par match, ce qui la met au 9ème rang outre-Rhin,
    • l'équipe ne joue pas non plus particulièrement haut (6ème en Allemagne), témoin d'un pressing modéré et de sa faible possession dans la moitié de terrain adverse.
    En fait, l'équipe de Sami Hyypia est une tueuse en contre et surtout, son interprétation du 4-3-3 en fait une équipe très particulière : 
    • à l'exception de l'avant-centre (Kiessling), tout le monde défend, les ailiers apportent de la présence sur les côtés, 
    • en situation offensive (comme pour l'Atletico) les 2 "ailiers" repiquent vers le centre afin d'apporter du soutien à Kiessling, 
    • le N°6, Rolfes, demeure très prudent et ne s'éloigne jamais de ses défenseurs centraux ce qui procure de la stabilité à l'équipe,
    • Enfin, last but nos least, Bernd Leno est le Enyeama allemand, décourageant les attaquants adverses.
    Comme l'Atletico, le Bayer masse ses joueurs sur des lignes très proches pour les étouffer. Elle évite ainsi, et c'est là son secret, de concéder des situations dangereuses dans la surface, ou mieux dans ses 6 mètres (plus faible total de Bundesliga). Comme les madrilènes, l'équipe de Sami Hyypia est aussi étonnamment stable et opte pour une option défensive de façon volontaire à rebours du "tout pour l'attaque" qui règne en Bundesliga.

    En synthèse, pour être une bonne équipe, soit vous pouvez vous payer le luxe de posséder des joueurs techniques et de chercher à dominer le ballon, soit vous adoptez une stratégie alternative par rapport au championnat qui vous abrite, grâce notamment à une organisation défensive irréprochable et une qualité de contre. Evidemment, cette description est très grossière : Lille, Dortmund ou la Real Sociedad sont très différentes des grosses écuries qui dominent les championnats européens. Pourtant, la mode de la possession a emporté l'Europe et aujourd'hui bien peu peuvent se vanter de réussir sans tenir le ballon. Alors, Diego Simeone et Sami Hyypia, dinosaures ou pionniers d'un retour vers moins de possession et plus de réactivité ? Réponse dans les années à venir.

    Footballistico

    mercredi 24 avril 2013

    Bayern - Barça : blitzkrieg sur la Catalogne



    Les lecteurs pardonneront à Footballistico cette métaphore guerrière mais c'est l'image la plus simple pour évoquer le champ de ruines qui gît aujourd'hui à la place de l'ex-meilleure équipe du monde.







    Quoi, ce n'était que ça le Barça, un onze sans idée, sans rythme, condamné à jouer à la baballe (8 passes en moyenne pendant les phases de possession) à 50 mètres des buts bavarois ? Une équipe qui n'a tiré que 4 fois en tout et pour tout, qui a laissé l'adversaire se régaler sur les ailes sans réagir. Ce n'est pas possible. Il doit y avoir un truc. 




    Le truc, c'est une équipe usée, avec un entraîneur médiocre et des adversaires qui ont peu à peu su percer les secrets de la cuirasse : apprendre à subir la possession, jaillir en contre par les ailes et provoquer des fautes ou des corners pour profiter des faiblesses (avérées depuis longtemps celles-là) sur les coups de pied arrêtés ou le jeu de tête (3 gagnés sur 14 et aucun dans la surface !). Les avertissements donnés par le PSG et le Milan n'ont donc pas servi de leçon.
     







    Le 11 bavarois se présentait sans Toni Kroos toujours blessé mais affichait son 4-2-3-1 fétiche. Thomas Müller occupait le centre du trident offensif derrière Gomez, en lieu et place de Mandzukic, toujours blessé.



    Le Barça de son côté présentait son 4-3-3 habituel. Messi, douteux, était titularisé et Bartra occupait le poste de défenseur central aux côtés de Piqué.




    Première période :
     



    Dès le début de la rencontre, les bavarois allaient mettre beaucoup de rythme dans la partie (un maître-mot) avec à la fois des passes rapides sur les ailes et la qualité de percussion de Robben et dans une moindre mesure, Ribéry.







    Le pressing fut particulièrement intéressant parce qu'au lieu de la situation classique où chaque joueur s'occupe de son vis-à-vis, les bavarois ont pressé en "grappe", souvent à 4 (Robben ou Ribéry, Müller, Gomez + éventuellement Javi Martinez ). En outre, Schweinsteiger coupait les passes en profondeur vers Messi. Ce système avait pour effet de perturber la relance blaugrana, souvent basée sur des échanges de passes courtes. Une fois dépassé, cela dit, souvent via une longue passe latérale, les joueurs au pressing se repliaient. Les allemands n'ont jamais hésité à défendre à 11, lorsque leur première ligne était dépassée (cf, la situation moyenne de Gomez sur le schéma). C'est là que Barcelone a failli : les catalans n'ont jamais pu imprimer un rythme suffisant lorsqu'ils franchissaient le premier rideau. Les côtés étaient bloqués par le due ailier / latéral, d'où l'inexistence d'un Pedro. A noter que les munichois se méfiaient davantage du côté Alba / Sanchez (où qu'ils se défiaient plutôt de la prestation défensive de Robben) que du côté  car on souvent vu Müller se porter de ce côté-là pour proposer un 3 contre 2 défensif. 

    Barcelone en était donc réduit à jouer à la baballe souvent dans son propre camp. A un certain moment du match, Piqué fut même le joueur qui toucha le plus du ballon, ce qui en dit long sur l'impuissance des catalans.

    Offensivement, le Bayern relançait vite et privilégiait des centres en hauteur. L'objectif était clairement de dominer le Barça dans les airs : le premier but vient sur un ballon en cloche de Robben, plutôt moche, mais efficace quand c'est Dante qui se retrouve à la lutte face à Alvés.

    Au-delà de son pressing et de son but, le 25 allemand fut le joueur le plus important du match. Il se déporta sans cesse sur la gauche et sur la droite de façon à créer le surnombre sur les ailes. 

    Néanmoins, en rentrant à la mi-temps, le score de 1 - 0 n'était pas infamant pour le Barça. Surement, Vilanova allait changer les choses et son équipe...revenir avec de meilleures intentions. Mais, non. Le Barça n'avait pas de Plan B. Le premier remplacement eut lieu à la...81ème minute, quand le Barça était mené 4 à 0.

    Seconde période

    Le Bayern mettait d'entrée une pression intense. Le second but allait venir très rapidement. Encore sur un corner concédé face à Robben et une tête de Müller qui remettait sur Gomez. 

    Après le premier 1/4 d'heure, le match se calmait mais il allait subir un nouveau point d'inflexion à la 71ème minute : Gomez était remplacé par Gustavo. Un demi défensif pour un avant-centre : a priori, un choix défensif pour conserver le résultat ? Müller occupait la place d'avant-centre et Schweinsteiger montait d'un cran en 10.

    Barcelone n'allait jamais se remettre de ce réajustement tactique : sur une passe de Schweinsteiger, Robben profitait d'un bel écran de Müller pour tromper Valdès de près. Mais Müller n'est pas seulement malin, il est aussi plus mobile que Gomez et le 4ème but allait le démontrer après un beau redoublement de passes Ribéry / Alaba. 

    Barcelone avait de toute façon lâché l'affaire depuis longtemps : le repli défensif était oublié par les ailiers blaugrana, Messi n'y était plus et le Barça attendait la fin du match. 2 tirs tentés en seconde mi-temps. Un passage de flambeau en bonne et due forme. 








    Conclusion : la réussite de Munich ne tient pas seulement au rythme et au pressing. Les bavarois ont su adapter leur jeu à l'adversaire (un Robben défensif, un Gomez pressant Busquets) dans un dispositif inhabituel pour eux (Munich a le second taux de possession en Europe, après...le Barça). Mais dans ce jeu, chacun avait son rôle et l'a appliqué à la lettre : Jupp Heinckes peut envoyer son CV en catalogne. 

    Footballistico 

    dimanche 7 avril 2013

    PSG - Barcelone : fluctuat nec mergitur

    Le PSG version qatarie a plutôt réussi son examen de passage au sein du gotha européen. Dans un match enlevé, le club parisien a tenu la dragée haute au Barça même si par certains côtés le match nul tient un peu du miracle (la fameuse "chance du champion").

    Ancelotti ne dérogeait pas à ses principes en sélectionnant son 4-4-2 habituel. La titularisation de Beckham poursuivait 2 objectifs : lancer de façon précise les contres et bénéficier du pied droit de l'anglais sur les coups de pied arrêtés. Tito Vilanova avait privilégié Alexis Sanchez et Villa sur les flancs du trident d'attaque catalan.



    Première mi-temps : le 4-3-3 du Barça s'adaptait au dispositif parisien : Busquets descendait au niveau des 2 centraux (pour conserver un avantage numérique), le combat en terre parisienne se déroulait sur 3 fronts :

    • au milieu du terrain, le PSG et le Barça jouait un 2 contre 2 (Iniesta vs Matuidi, Xavi vs Beckham). Les autres joueurs qui venaient dans cette zone, notamment Messi, assuraient la possession au Barça mais du coup les catalans perdaient en force de pénétration.
    • sur le côté gauche parisien : Alves prenait le couloir et mettait Pastore au supplice. Souvent Alves, suffisait à occuper 2 parisiens. Malheureusement, Villa nominalement ailier repiquait souvent vers le centre et empêcha les catalans de pousser leur avantage dans cette zone.
    • sur le côté droit, le paysage était différent : Alba tentait de combiner avec Sanchez mais Lucas le suivait comme son ombre et le 2 contre 2 ne tourna pas souvent à l'avantage des catalans. 
    Offensivement, Paris tentait de profiter à fond des rares ballons exploitables. Les parisiens privilégiaient 2 voies : soit directement, notamment sur Lavezzi, en profondeur, soit avec Moura sur l'aile. Avec Pastore repiquant au centre pour servir de liant dans les 30 derniers mètres. Cela faillit marcher dès la 5ème minute après un relai de Pastore vers son copain argentin, pour le poteau. Si le PSG allait dominer le début de la rencontre, le Barça prenait peu à peu confiance en lui au fur et à mesure que les parisiens baissaient pavillon physiquement. Toutefois, Barcelone ne parvenait pas à écarter son jeu, ni à lui donner de la vitesse. Villa notamment ne réussit jamais à prendre le dessus sur un Maxwell très prudent. Même Messi, souvent suivi par Silva jusqu'aux 30 mètres, ne fut pas à son meilleur niveau. Il est paradoxal que les catalans inscrivent leur premier but sur un coup de pied arrêté.

    Seconde mi-temps : menés 1 - 0 à domicile, le PSG n'avait plus le choix et devait prendre les choses en main : le pressing fut plus haut et plus intense en début de seconde période. La sortie de Messi, notamment, soulagea Matuidi qui put se projeter plus franchement vers l'avant. Evidemment, le Barça pouvait à son tour tenter de faire ployer les locaux via des actions rapides. Ce fut notamment le cas entre Fabregas et Sanchez mais le chilien se montra maladroit.

    Carlo Ancelotti allait procéder à 3 changements en 10 minutes entre la 66ème et la 76ème, marquant sa volonté de redynamiser son équipe : 
    • Menez, tout d'abord à la place de Lavezzi, épuisé. Il glissa rapidement à gauche suite à l'entrée de Gameiro.
    • Entre les 2, Beckham était sorti, remplacé par Verratti.
    C'est indiscutablement Menez qui apporta quelque chose à Paris. En 10 minutes, l'attaquant français allait causer un carton jaune pour Mascherano, un pour Alves, se créer 2 corners et offrir un centre pour une reprise de Lucas. Alves se retrouvait face un problème inédit : un joueur rapide prenant la profondeur. C'est toujours du côté gauche que Verratti obtenait le coup franc qui allait engendrer le but parisien. Le Barça pouvait râler sur le hors-jeu mais c'était le second poteau de Paris et l'égalisation était méritée. A ce propos, sur les 14 tirs parisiens, c'était le 9ème sur coup de pied arrêté. La fin du match devenait très rythmée. Sur une talonnade remarquable de Fabregas en position de 9 et demi, Sanchez était fauché par Sirigu. Mais Paris a du coeur et Matuidi dans sa position "box-to-box" caractéristique reprenait victorieusement une remise de Zlatan.

    Conclusion : Paris a tangué mais s'est repris. Le Barça est apparu comme depuis 2 mois, un peu usé, comme une équipe normale sans Messi mais sera quand même favori au match retour. Statistiquement, les catalans disposent de 4 chances sur 5 de passer ce tour. Ancelotti s'est toutefois grandi en maintenant son dispositif face à l'une des meilleure équipes d'Europe. Le match au Camp Nou vaudra son pesant de cacahuètes.

    Footballistico

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