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dimanche 25 octobre 2015

Arsenal - Bayern : les gunners à contre-emploi

Un match étrange avec des gunners à contre-emploi. La première défaite du Bayern, cette année mais qui témoigne des échecs répétés du club bavarois en Ligue des Champions sous l’ère Guardiola.

Pour les gunners, prendre au moins un point était une question de survie dans cette LDC après 2 défaites. Wenger avait sélectionné un 4-2-3-1 "modifié" (voir plus bas) avec Walcott en pointe, pour donner de la vitesse à son attaque. Le Bayern, toutjours privé de Robben évoluait en 4-3-3, avec Xavi Alonso à la baguette.

Première période : Arsenal pressait d'entrée à 4 mais allait vite laisser le ballon aux Bavarois. Au bout de 10 minutes, le match adoptait sa physionomie, qu'il n'allait quasiment plus quitter jusqu'à la fin :





  • les gunners défendaient la plupart du temps bas, avec 2 lignes de 4 mais une variante. Özil descendait à gauche et laissait Alexis Sanchez plus haut et excentré dans la zone de Philipp Lahm. 
    Avancé, face à Lahm, Alexis Sanchez laisse ses 4 compères du milieu
  • de l'autre côté, Cazorla, nominalement au centre, se déplaçait très vite vers l'aile pour empêcher les combinaisons Bernat / Douglas Costa, laissant Ramsey prendre l'intérieur. 

Cazorla est le milieu le plus écarté. Ramsey  a pris l'intérieur
  • les gunners restaient assez compacts, laissant peu d'espace entre les lignes et glissant d'un côté à l'autre pour gêner les allemands, surtout la ligne du milieu.
    • par accoup, le trio offensif mettait la pression sur la relance allemande mais cela sembla davantage destiné à freiner la remontée du ballon qu'à le récupérer

    Offensivement, les anglais comptaient sur leur adresse et sur la rapidité de Walcott pour se sortir du pressing et porter rapidement le danger sur le but de Neuer. Sur le côté gauche, Özil jouait proche de Sanchez et cherchait à combiner pour remonter rapidement le ballon. Lahm fut très prudent durant toute la partie et, averti du danger, préféra abandonner son rôle offensif. 


    Le Bayern sembla quelque peu décontenancé par cet attentisme. Néanmoins, tenir le ballon et être patient ne fait pas peur aux protégés de Guardiola. On vit ainsi de longues séquences de jeu, où Xavi Alonso fut le métronome du jeu bavarois en passant le ballon de gauche et de droite. Les allemands eurent cependant du mal à pénétrer l'épais mur londonien, la faute à un jeu trop lent pendant les phases de possession.

    Sur les ailes, le jeu bavarois ne put pas se dérouler comme convenu même si Douglas Costa se montra dangereux en un contre un face à  Bellerin à au moins 2 reprises.

    • à gauche, la complémentarité entre Bernat et Douglas Costa ne fut jamais évidente. On vit ainsi les 2 joueurs tout à tour lever les mains en étant oublié par leur partenaire dans les séquences de jeu de dédoublement potentiel. Ce fut le cas à la 41ème quand l'espagnol tenta une frappe, contrée, oubliant, son partenaire toatalement seul à l'aile.
    • sur l'aile droite, la prudence de Lahm isola Müller qui ne sembla jamais dans le coup. 
    En fait, les meilleures occasions bavaroises furent concédées par des pertes de balle des gunners, souvent bêtes, comme à la (42ème) ou sur des séances de pressing ratées (28ème). En face, les anglais réussirent à se procurer quelques occasion, dont la meilleure du match, sur une tête de Walcott, miraculeusement arrêté par Neuer. Néanmoins, ils ne surent pas exploiter pleinement les bonnes situations, la faute à une ligne défensive allemande jouant bien le hors-jeu et à un manque de lucidité de Walcott pour trouver ses partenaires.

    Seconde période : dès la reprise, les allemands intensifiaient leur possession. Le premier 1/4 d'heure vit même le pourcentage le plus élevé de la partie (75%). Les anglais étaient privés de ballon et recroquevillés dans leur camp. Les allemands obtenaient des occasions, pas forcément sur des actions bien construites mais sur des tirs de loin. Patients, ils pensaient sans doute que la mire finirait par se régler ou qu'un londonien finirait par faire une erreur.

    Le premier changement de la partie n'eut guère d'impact sur le match. Lors d'une rare séquences de pressing des anglais, Ramsey se blessa et fut remplacé par Oxlade-Chamberlain. Nominalement plus offensif, le jeune anglais n'eut guère d'impact sur la partie mais officia courageusement défensivement. Les changements suivants, en revanche, changèrent le cours de la partie. 

    Guardiola introduisit à la 70ème Rafinha et Kimmich à la place de Xavi Alonso et d'Arturo Vidal. Ces changements nécessitèrent une modification tactique côté bavarois : Rafinha prit la place de Lahm glissa au milieu. Cette énergie renouvelée au milieu de terrain procura la meilleure occasion du match : suite au pressing bavarois, Lewandowski hérita d'un ballon aux 20 mètres mais perdit son face à face face à Cech (excellent, d'ailleurs).

    Entretemps, Giroud était entré, Le français offrait à ses co-équipiers une façon nouvelle de sortir le ballon très peu "gunners style", des longs ballons devant. Le français fut aidé car Alaba malgré ses grandes qualités n'est pas très doué dans les grosses luttes aériennes.

    Les passes reçues par Giroud. Longues (source fourfourtwo)
     
    Le but d'Arsenal est sans doute atypique, il fait suite à un coup-franc, alors que les bavarois ne commirent que 6 fautes (2 seulement dans leur camp) et à une erreur du meilleur gardien du monde. Néanmoins, malgré ses exploits, Neuer commet parfois de grosses boulettes (une constante apparemment chez les gardiens allemands, parlez-en à Trapp). En outre, Alaba, situé derrière lui, n'est pas le meilleur central de la tête. 

    Dans les 10 dernières mintues, les bavarois furent incapables de mettre une pression sur le camp d'Arsenal. Les équipes de Guardiola sont souvent épuisées en fin de rencontre à cause du pressing intense qu'elles mettent sur l'adversaire et cette partie ne fit pas exception. Les gunners en profitèrent pour mettre un second but et dissiper les soupçons de victoire volée suite à la main probable de Giroud.

    Conclusion : même si la victoire aurait pu tourner en faveur du bayern, Arsenal a impressionné par sa discipline et sa patience dans un rôle qu'on lui connaît mal. Les londoniens ont déroulé une partition classique face au Bayern mais qu'ils ont impeccablement récitée. Quant aux bavarois, les doutes resurgissent sur la capacité de cette équipe à vaincre dans les grandes occasions, en dehors des frontières allemandes. 


    Footballistico

    dimanche 9 novembre 2014

    Bayern - Roma : Guardiola innove encore

    Le Bayern de Munich n'est plus un club de football. C'est devenu un laboratoire tactique pour les expérimentations de Guardiola.

    Mercredi, la Roma de Rudi Garcia était venu pour éviter de prendre une déculottée : une défense très bas pour couper les transmissions allemandes avec un milieu à 3 assez physique (Nainggolan, De Rossi, Keita) et l'espoir fou de placer quelques contres.

    L'originalité du Bayern, toutefois n'était pas dans le schéma (un 4-3-3, comme à Barcelone, ou plutôt 4-3-2-1, avec Lewandowski seul en pointe et Götze / Ribéry juste derrière et peu excentrés) mais la composition du milieu à 3. De chaque côté de Xavi Alonso (plutôt un meneur reculé qu'un milieu défensif classique), avaient pris place 2 défenseurs latéraux de métier, Alaba et Philip Lahm. C'est d'autant plus intéressant, qu'il s'agit de latéraux tournés vers l'offensive. En 2012, l'association Alaba / Ribéry sur l'aile gauche avait fait mal et permis au Bayern de garnir sa vitrine à trophée.

    Le fait de placer des joueurs de côté (ailier / latéraux) au centre du terrain n'est pas à proprement parler une nouveauté. Valbuena avait déjà été positionné au centre du trident offensif de l'OM par Didier Deschamps (l'"ailier central") et Di Maria à gauche du milieu du Real à certaines occasions, souvent avec des effets dévastateurs.

    Mais, mercredi, on avait donc 4 latéraux de métier sur la pelouse (Rafinha et Bernat occupant les places traditionnelles). Après sa tendance "milieu de terrain" (jusqu'à 7 dans un 11 de départ au Barça), Guardiola initiait donc hier sa période "latéraux". Il est d'ailleurs amusant de constater que les sites spécialisés y voyaient plutôt un 3-5-2, avec Alaba sur le côté d'une défense à 3.

    Quels étaient les objectifs du tacticien catalan avec cette innovation ?

    1. Le plus simple comme l'a souligné l'excellent site anglais licence to roam est d'insuffler de l'énergie dans son milieu à 3. Xavi Alonso assure la possession et l'orientation du jeu, Lahm et Alaba les remontées. 
    2. Un pressing efficace. Les équipes de Guardiola se signalent par un pressing haut, dès la perte du ballon. Lahm et Alaba n'ont pas oublié qu'ils sont des défenseurs et sont sans doute plus efficace dans cet exercice que des milieux traditionnels.
    3. Mais l'objectif est surtout offensif, les "latéraux centraux" peuvent être utilisés à 2 fins : 
      • soit en complément des déplacements de Ribéry et Götze. Dans cette configuration, Alaba  vient occuper l'aile vers Bernat pendant que Ribéry se recentre. C'est exactement ce qui s'est passé sur le premier but.
      • soit en surpeuplant l'aile, face à un adversaire regroupé.
    En seconde période, Alaba continua par des montées énergiques à semer la panique dans la défense romaine, notamment sur un centre de Rafinha. Lamh fut légèrement plus conservateur dans son placement peut-être parce que opposé à Nainggolan, le milieu romain le plus dangereux offensivement.

    Alaba : à l'aile la vie est belle(source fourfourtwo)
    Lahm : possession (source fourfourtwo)
    Le second but est plus classique et tient plus à la fluidité traditionnelle à attendre d'une équipe de Guardiola, dans le jeu de passe et dans le positionnement. Ici, Lewandovsky prend l'aile et centre sur Götze, qui marque un but, qui est une réminiscence de la finale de la Coupe du Monde. A noter que les 2 "ailiers" (Ribéry et Götze) ont marqué les 2 buts de la rencontre sur des centres. Cette fluidité devant est bien l'une des clés du succès des bavarois mercredi soir.

    Quel bilan tirer de l'expérimentation "latéral central" ? En première analyse, c'est un succès. La Bayern a gagné et dominé. Surtout, le premier but représente typiquement ce que Guardiola avait en tête quand il détermina ce dispositif : sur un ballon gagné par les munichois, Ribéry transmet à Alaba, qui prend l'aile gauche. Lewandovsky effectue une course leurre pour attirer les défenseurs romains pendant que le français repique au centre. Le tacticien catalan a ainsi permis aux bavarois d'éviter la grande terreur de ses équipes, celle d'une possession stérile, avant de se faire cueillir en contre ou sur coup de pied arrêté. Mercredi soir, ce miracle a été permis :
    • par le  rythme dès la récupération du ballon, ce qui a permis aux bavarois de déborder les romains, même si ceux-ci avaient décidé de défendre bas, preuve qu'un ballon rapide peut désorganiser une défense dans n'importe quelle condition.
    • grâce au décalage sur l'aile (notamment d'Alaba) qui crée mécaniquement un surnombre sur l'aile, car les milieux adverses hésitent à se déporter sur l'aile pour défendre (cf. schéma)

    Alaba (à gauche) face à De Rossi (à droite).
    On note la réticence du milieu romain à défendre sur l'aile (source Squawka)
    Conclusion : quel avenir pour cette énième innovation tactique de notre Mac Gyver catalan ? Rappelons que LA grande innovation de l'année dernière les latéraux qui repiquent au centre a fait flop. Passé l'effet de surprise, les adversaires ont en effet réussi à contrer cette disposition tactique. Celle de mercredi paraît plus prometteuse car on sait que les milieux adverses sont très réticents à abandonner la zone centrale. La clé devrait être la capacité du trio Lahm, Alonso, Alaba a maintenir la possession tout en assurant une assise défensive suffisante en cas de contre. Mercredi, la Roma n'était simplement pas au niveau.

    Footballistico

    dimanche 4 mai 2014

    Bayern - Real : à la recherche du tiki-taka 2.0

    La victoire, un peu humiliante, du Real dans l'antre de l'Allianz Arena possède un peu une atmosphère de fin de règne, un peu comme la défaite sur cette même pelouse munichoise du Barça l'année dernière. Sauf, que si pour l'équipe catalane, il s'agissait d'un problème d'effectif (des joueurs sans doute à court de motivation ou en fin de carrière), certains annoncent déjà la fin du tiki-taka comme philosophie de jeu. Un changement majeur, digne de la fin de la dernière glaciation. Qu'en est-il vraiment et pourquoi Guardiola a-t-il échoué ?

    Il faut tout d'abord dire que depuis que son impressionnante cavalcade en tête de la Bundesliga s'est mathématiquement achevée par un titre dès mars, le Bayern a piqué du nez : 2 défaites en championnat, 1 qualification pénible face à un faible Manchester et la défaite à l'aller à Madrid. Le titre a donc inconsciemment créé une décompression chez les bavarois. Maintenant, la tactique.

    1. Possession et percussion. La grande qualité du Bayern, version Jupp Heinckes 2012-13, était sa qualité de percussion. Les allemands étaient les plus forts sur les côtés, en 1 contre 1 ou, plus souvent en 2 contre 2. Les mêmes joueurs sont restés (Ribéry / Alaba, Robben / Lahm) mais tout a changé. Ici, le coupable est l'innovation tactique "majeure" de Guardiola cette saison, le remplacement "central" des latéraux. Cette saison, dès les 35 mètres en vue, Alaba et Lahm/Rafinha obliquent vers le centre du terrain. Objectif : échapper au marquage de l'ailier et accentuer la pression. Si cette disposition tactique a pu déconcerter au début, les coachs adverses se sont vite adapté. Soit en demandant effectivement à leurs ailiers de suivre, soit, beaucoup plus simplement, en s'affichant en 4-3-3. Face à ce dispositif, c'est le milieu latéral adverse (Modric, Di Maria), qui fait face. Et ce simple dispositif, peu fréquent en Allemagne (où le 4-2-3-1 règne en maître) a suffi à annihiler les efforts d'Alaba. Face à Ribéry, il "suffit" alors d'opposer un latéral prudent, ce qui fut le cas mercredi soir (Carvajal plutôt que Marcelo).
    David Alaba, face au Real. Noter le recentrage aux 35 mètres et les tirs contrés (en gris). Source Fourfourtwo.


    1. Impuissance offensive. Le terrible bilan des bavarois sur les 2 matches, 1 400 passes mais seulement 8 tirs cadrés et 0 but, ne peut s'expliquer simplement par le seul placement des latéraux. On n'a rarement eu l'impression d'autant assister à une passe à 10 que devant ces 2 rencontres. C'est d'autant plus ennuyeux que le Real a de fait défendu à 7 au matche retour. Or, ni Modric, ni Di Maria, ni Xavi Alonso ne sont des milieux "défensifs" au sens Makélélesque du terme : Xavi Alonso a raté ses 5 tacles, Di Maria en a réussie 5 sur 7. Non simplement, grâce à leur intelligence de placement, avec un positionnement assez bas, les madrilènes ont tranquillement grippé la machine offensive bavaroise. La première action réellement dangereuse se situe quelque part à la 80ème minute, après l'entrée de Götze. Mandzukic, dominé dans les airs par Ramos et Pépé (1 seul duel emporté sur 5 tentés par le croate), Ribéry et Robben, trop isolés sur leur côté, le Bayern a semblé sans idée...tout en se découvrant derrière pour laisser BBC placer des contres.
    2. Mauvaise limonade sur les coups de pied arrêtés. Même si Sergio Ramos est traditionnellement un bon joueur de tête, le fait de lâcher totalement le marquage semble totalement aberrant à ce niveau. Ici, on voit bien comment l'approche jusqu’au-boutiste de Guardiola peut entraîner des problèmes : en multipliant le travail au sol, les toros, le technicien catalan délaisse le travail aérien et la défense sur coup de pied arrêté. 
    3. Les changements tactiques laissent les joueurs désemparés. L'un des principes de Guardiola est (comme Bielsa) d'adapter en permanence son dispositif en fonction des objectifs recherchés et de demander à certains de ses joueurs d'occuper plusieurs postes en fonction des matches ou des changements. Dans les faits ces modifications se sont traduites de la façon suivante :
      • à Bernabeu, Schweinsteiger est positionné derrière Mandzukic. Lahm et Kroos occupent le 2 du 4-2-3-1. 
      • à Munich, Schweinsteiger et Kroos se retrouvent côte à côte, Lahm réintègre son poste de latéral. 
      • dans l'intervalle, face à Brême, les munichois affichent Schweinsteiger et Martinez derrière Götze. Müller est à droite. 
    Conséquence : les joueurs semblent avoir eu du mal à trouver leur place et ce qu'on attendait réellement d'eux dans ce système. Schweinsteiger a paru peu à l'aise à Bernabeu dans un rôle de 10, qu'il n'affectionne pas spécialement, alors que Kroos n'a pas semblé apprécier son poste de meneur reculé (4 tacles ratés et 2 fautes sur Cristiano, dont celle qui occasionne le dernier but).

    En synthèse, le Bayern (et Guardiola) a besoin d'un tiki-taka 2.0. L'effectif et le dispositif mis en place sont très efficaces dans le cadre de la domination d'une Bundesliga ouverte et médiocre défensivement. Pour gagner face aux tueurs de la ligue des Champions, cela semble trop juste.

    Footballistico.

    mardi 28 mai 2013

    Bayern Munich - Borussia Dortmund : Kaizer Franck and king Robben

    Les bavarois ont confirmé leur réputation de meilleure équipe d'Europe. Après Arsenal, la Juve et le Barça, Ribéry et ses copains sont venus à bout de leur challenger en Bundesliga. Une victoire méritée même si elle fut longue à se dessiner.

    Les 2 équipes se présentaient dans leur 4-2-3-1 préféré. Götze absent face à son futur employeur, Jurgen Klöpp avait positionné Marco Reus au centre du trident offensif derrière Lewandoski. Grosskreutz occupait le flanc gauche.

    Le plan de Dortmund était connu d'avance : presser haut les centraux bavarois et il est étonnant que pendant 30 minutes, l'équipe de Jupp Heinckes ait paru aussi désemparée.

    Au début du match, la séquence type du jeu fut ainsi le suivant :

    1. Le ballon est relancé via Dante et Boateng. Echange entre les 2 centraux allemands,
    2. Pressing de Lewandowski et Reus (avec l'assistance alternative des 2 ailiers),
    3. Bazar dans la défense, dégagement en catastrophe de Boateng,
    4. Contre rapide de Dotrmund.
    En théorie, le Bayern avait pourtant plusieurs solutions pour offrir des solutions à Boateng / Dante: Martinez, Schweinsteiger, Müller,... Dans les faits, le pressing très haut de leurs opposants et leurs lignes rapprochées les privaient d'espace. Schweinsteiger descendit rapidement aider ses centraux mais fut confronté aux mêmes problèmes.

    En outre, Dortmund occupa particuièrement bien la largeur. Les 2 dangers de Munich, Ribéry et Robben furent ainsi systématiquement pressés par leurs vis-à-vis (voire 2 joueurs) à 50 mètres du but adverse, sans élan. Toutefois, l'un des prix à payer par les joueurs de la Ruhr fut le manque d'apport offensif des 2 latéraux, Piscszek (aucun centre) et Schmelzer.


    Dortmund tenta 6 frappes en 22 minutes face à des bavarois dépassés. Malheureusement, la stratégie des joueurs de la Ruhr possédait une limite : leur résistance physique. Petit à petit, le Bayern allait réapparaître dans le match, tout d'abord par coup de pied arrêté puis par des actions construites. Schweinsteiger trouvait mieux Müller car le pressing se relachait. A la mi-temps, le Bayern avait égalisé en nombre de frappes. Surtout, dès que le premier rideau de Dortmund était déchiré, les bavarois s'aventuraient sans peine jusqu'au but de Weidenfeller.

    Seconde période :

    Après un pressing intense pendant quelques minutes, Dortmund allait progressivement baisser pied physiquement. La situation des joueurs de la Ruhr empirait au fur et à mesure que la première ligne était moins efficace... mais que la défense conservait une ligne assez haute. Le positionnement de Robben, qui désertait son aile pour occuper un poste de second attaquant fut le détonateur. Ribéry, également, se recentra pour combiner avec le hollandais. Dortmund occupait toujours les couloirs mais les 2 feux follets du Bayern n'y étaient plus.

    Ce fut donc assez logiquement que Ribéry transmit à Robben qui évita Weidenfeller (en libéro, une situation classique en seconde période) avant de centrer sur Mandzukic, isolé.

    6 minutes plus tard, la faute, incompréhensible, de Dante, remit le Borussia à égalité. Mais, dès lors, le match ne fut qu'un long supplice pour les jaune et noir :
    • 71ème, Müller évite Weidenfeller et centre sur Robben. Subotic dégage en catastrophe,
    • 76ème, Müller, accroché, transmet à Mandzukic, qui rate le cadre dans une angle très fermé,
    • 81ème, Alaba frappe aux 20 mètres mais le ballon est joliment détourné par le gardien de Dortmund,
    • 85ème, Mülle laisse passer le ballon pour Schweinsteiger, à l'entrée de la surface. Toujours, Weidenfeller.

    Inévitablement, les munichois devaient marquer et Ribéry, situé au centre, transmettait d'une belle talonnade à Robben pour le coup de grâce.

    On est en droit de se demander pourquoi Klopp n'a pas tenté un réajustement tactique ou des remplacements. Dans les faits, l'entraîneur des jaunes et noirs n'apprécie guère les changements. Il en réalise en général 1 avant le début de dernier 1/4 d'heure et 2 dans les derniers instants du match. Ici, il a vu son équipe ballotée entre la 60ème et la 90ème minute et n'a rien tenté avant la fin du temps réglementaire. Peut-être espérait-il la prolongation mais son équipe, dépassée depuis belle lurette, n'avait plus les moyens de faire face.

    Conclusion : en dépit d'une première demi-heure délicate, le Bayern a mérité sa victoire. Il a eu les occasions les plus nettes et possède les joueurs les plus talentueux. Jupp Heinckes vous salue bien.

    Footballistico

    lundi 11 mars 2013

    Ci-gît le Barça : meilleure équipe du monde 2009-2012. RIP

    Le Barça a donc perdu son 3ème match en 3 semaines face à son meilleur ennemi, le Real. A moins d'un sursaut, elle se trouvera éliminée en LdC en cours de cette semaine, a déjà perdu la Coupe du Roi et n'aura plus que la Liga pour sauver sa saison.

    Nous sommes sans doute à un tournant pour cette grande équipe qui a tout gagné pendant le règne de Pep Guardiola (14 titres dont 2 Ligues des Champions, 3 ligas et 2 coupes du monde des clubs).

    Avec ce palmarès et avec la conception du jeu qu'il a promue, le Barça de Guardiola a pris place au firmament des grandes équipes de l'histoire au même titre que le Bayern , l'Ajax de Rinus Michel et le Milan d'Arrigho Sacchi.

    Quels étaient les points communs de ces équipes?
    • elles comptaient toutes de grands joueurs :
      • Sepp Maier, Gerd Müller, Franz Beckenbauer pour le Bayern,
      • Johan Neeskens, Ruud Krol et Cruyff por l'Ajax,
      • Maldini, Gullit et Van Basten pour le Milan.
    • elles comportaient un entraîneur, qui avait réfléchi au jeu, avait élaboré des principes et cherchait méthodiquement à les appliquer (Rinus Michel, Arrigo Sacchi et Udo Lattek)
    • elles ont toutes à des degrés différents, apporter quelque chose au jeu et ont fabriqué le football que nous voyons aujourd'hui.

    L'Ajax et le "football total" : même si Rinus Michel n'aimait pas le mot (qui lui rappelait la "guerre totale"), le "football total" lui est lié pour les siècles des siècles. Le principe est de faire sortir chaque joueur de son rôle prédéfini en l'incitant à l'initiative : un défenseur peut ainsi se retrouver à l'offensive et un milieu ou un attaquant à couvrir sa montée. Les joueurs doivent avoir une technique supérieure à la moyenne (notamment les défenseurs à une époque où ils sont encore largement sous-doués) et un sens de l'espace afin de combler les trous laissés par leurs partenaires. L'Ajax joue en 4-3-3 avec un génie devant, Cruyff, libre de se promener sur tout le front de l'attaque. Cela ne vous rappelle rien ? En outre, Michel inaugurera la ligne défensive haute : dès la perte de balle, le "back four" se projette  devant pour couper les opportunités de passe des équipes adverses. En terme historique, l'Ajax, entraîné par Michels puis par Stefan Kovacs, qui pérennisera les enseignements du maître hollandais, remportera 3 coupes d'Europe en 1971, 1972 et 1973. C'est surtout la seconde qui marquera les esprits. Opposés à l'Inter et à son fameux catenaccio, les bataves dominent toute la rencontre, inaugurant un changement d'époque.

    Le Bayern Munich. Historiquement, les allemands sont considérées comme l'équipe la moins innovante des 3 citées ici. Pourtant, ils allièrent la célèbre combativité germanique avec un style très cohérent et une capacité à faire partir les attaques de derrière. Avec Franz Beckenbauer, le rôle de libero était né, de meneur très reculé. Un joueur créatif n'hésitant pas à s'aventurer devant pour distribuer le jeu et porter le danger. L'un des avantages de cette formation était la capacité des bavarois à supporter la pression ou à prendre un tournure plus offensive, simplement en changeant le rôle de Beckenbauer. L'équipe, jouait en 4-3-1-2 et l'objectif principal dans les 25 derniers mètres était d'approvisionner Gerd Müller en ballons dans la surface. Outre Beckenbauer, Hoëness et Rumennigge, notamment, s'y employérent. Le Bayern représente une équipe qui a construit un système autour de ses 2 principaux atouts en en tirant le meilleur. Les victoires des bavarois sont moins franches que celles de l'Ajax alliant talent tactique et esprit germanique.

    Le Milan AC : C'est peut-être l'équipe qui a le plus influencé le football moderne. Jeune entraîneur sans expérience, Sacchi imposa à ses joueurs une discipline très forte, basée sur quelques principes :
    • le 4-4-2, bien sûr, la marque de fabrique du Milan AC. C'est le dispositif qui permet d'occuper le mieux le terrain,
    • Les 2 lignes du Milan AC sont très proches afin d'empêcher l'adversaire de trouver de l'espace,
    • le pressing haut. Milan presse comme un bloc en envahissant la moitié de terrain adverse
    • Le jeu sans ballon : le Milan s'entraîne sans ballon dans une espèce de ballet, afin de coordonner les mouvements, notamment pour mettre les adversaires hors-jeu.
    Milan ne gagnera qu'un championnat mais 2 LdC, dont en 1989, la fameuse victoire face au Steaua Bucarest (4-0) après avoir battu le Real en demi-finale 5-0. Prix à payer, les joueurs sont épuisé et s'ennuient dans le système très fermé de Sacchi qui leur affecte un rôle très précis. Ils auront la peau du génie milanais.

    Guardiola s'est bien sûr inspiré de ces 3 équipes en y ajoutant sa patte.


    • A l'Ajax, il a pris son système de jeu et bien sûr la capacité des joueurs à dépasser leur rôle,
    • "Piquenbauer", qui a emprunté au grand joueur allemand ses montées destructrices,
    • le pressing haut au Milan AC, dépassé puisque dès la perte de balle, les blaugranas se jette sur les milieux adverses.
    Mais, bien sûr Barcelone gardera un style unique : 
    • le jeu intriqué de passes et la possession associée, qui est à la fois un dispositif offensif et défensif. Les passes remplacent même les centres. Ce jeu n'a pu se construire qu'au fil des ans et des exercices au centre d'entraînement
    • le culte de Guardiola pour les miliex de terrain : à certains moments, son équipe comptait 7 milieux. L'entraîneur catalan pensait que ces joueurs sont mieux à même de gérer l'espace et d'assurer la domination de la possession.
    • le jeu sans avant-centre. Même Si Cruyff se promenait librement sur tous le front de l'attaque, Messi a porté plus loin le rôle de l'avant-centre. En décrochant, il assure la supériorité catalane dans la zone du milieu et crée des brèches dans l'arrière-garde adverse.
    Que restera-t-il du Barça. C'est difficile à dire tant le jeu de passes et la possession semblent difficile à émuler. Mais un chose est sûre, c'est dans la capacité du Barça à faire sauter les verrous adverses, à faire plier les dispositifs défensifs les mieux organisés que le futur grand d'Europe puisera son inspiration.

    Footbalistico

    mercredi 11 avril 2007

    Ligue des Champions : le continent isolé

    Si ce soir (mercredi 11/04), comme c’est assez prévisible, Liverpool parvient à se qualifier face à Eindhoven (il lui suffit de préserver son avantage de 3 buts acquis sur la pelouse du PSV), nous aurons les 3 premiers de la Premier Ligue en Ligue des Champions. Cela risque donc de transformer la prestigieuse compétition européenne en annexe du championnat anglais où les grosses écuries de PremierShip viennent régler leurs comptes. Plutôt que de gloser sur cette razzia des anglo-saxons dans cette compétition ou sur la victoire « à l’étouffée » de Chelsea (prenez une équipe de Valence, harcelez la pendant une heure et demie, faites monter progressivement la température, assaisonnez violemment à la fin : c’est cuit), je préférerais m’attarder sur le score proprement hallucinant de Manchester face à la Roma.

    Même l’immense Bastia de Papi avait fait moins bien face au Carl Zeiss Iena. Si les coéquipiers de Giggs ont passé 7 buts à une forteresse italienne présentée comme quasi-imprenable (meilleure défense du Calcio, tradition des défenseurs italiens, rigueur tactique, blablabla), ils font honneur à une tradition britannique bien ancrée aussi connue que le fighting spirit ou le kick & rush, celle du FUck The Bastards Of Latins (FUTBOL en abrégé). Soit en français : "nous jouions déjà au foot que vous tétiez encore vos mères, bandes de tafioles du continent (et particulièrement de sa partie sud)".

    Je réprouve naturellement cette "homoxénophobie" mais je ne peux que m’incliner devant cette capacité fabuleuse des anglais à renverser les situations les plus invraisemblables.
    Petit rappel :
    - finale de Ligue des Champions 1999 (M.U / Bayern Munich) : Manchester est mené 1 – 0 à la fin du temps réglementaire mais l’emporte finalement 2-1 dans un final d’anthologie, 2 buts sur corner à la 90ème et 92ème minute (Sheringham, Solskjear). Les officiels de l’UEFA durent d’urgence changer les rubans qui ornaient la Coupe aux Grandes Oreilles pour l’habiller aux couleurs de M.U. Kuffour est en pleurs et M.U rapporte la coupe à la maison.
    - finale de la coupe de l’UEFA 2000 (Liverpool, le Liverpool de Houllier, si, si / Deportivo Alavés). Les anglais prennent rapidement le large (2-0) puis 3-1 après un penalty marqué par McAllister. Le Depor revient à 3-3 en seconde mi-temps mais l’inévitable Fowler permet à Liverpool d’espérer l’emporter…jusqu’à ce que, hell, le fils Cruyff ne remette les équipes à égalité (89ème). Liverpool a mené pendant 75 minutes du temps réglementaire. La prolongation sera disputée jusqu’à la 116ème. Coup franc, paf, détourné par l’un des meilleurs espagnols, Geli, dans son propre but. But en or, c’est la gloire, c’est le titre…
    - finale Ligue des Champions 2004 (Liverpool / Milan AC) : après une première mi-temps dominée par les Kaka / Chevchenko (et le but le plus rapide de l’histoire de la ligue des champions inscrit par il signore Maldini), les milanais parviennent à la pause avec un avantage de 3 buts. Insurmontable, jugent les commentateurs et les spectateurs avisés. Un changement tactique et un quart d’heure plus tard dans une deuxième mi-temps belle à pleurer avec un Gerrard en état de grâce, Liverpool avait remonté son handicap face à la « meilleure défense d’Europe ». Avec une victoire au bout du suspense et un Jerzy Dudek protégé par la vierge sur les tentatives désespérées des milanais d’arracher la décision.
    - hier soir, donc, avec M.U, qui remet ça et qui met 7 buts à Rome dans un match ébouriffant (mille ans n’auraient pas suffi à Lyon pour en mettre autant). La recette : un pressing incessant, un jeu au large avec des vrais « ailiers » qui ont écartelé la défense italienne et de vrais joueurs surdoués, comme Ronaldo (depuis 6 mois, d’ailleurs, on ne dit plus Cristiano Ronaldo, on dit simplement Ronaldo).

    Quelle leçon en tirer pour nos humbles attaquants de L1, emmenés par le valeureux Steve Savidan et ses 13 malheureux buts ? C’est simple : quand on veut attaquer, démolir une défense, lui faire rendre grâce et que l’on a des joueurs de talent, ça marche. Ca peut sans doute casser aussi mais en l’occurrence, je n’ai pas souvenir d’un club anglais ayant subi une telle déculottée en Coupe d’Europe. Alors, à quand un Milan – Lyon se finissant sur un score de 1 à 4 ?

    Aristotelicien

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