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dimanche 25 octobre 2015

Arsenal - Bayern : les gunners à contre-emploi

Un match étrange avec des gunners à contre-emploi. La première défaite du Bayern, cette année mais qui témoigne des échecs répétés du club bavarois en Ligue des Champions sous l’ère Guardiola.

Pour les gunners, prendre au moins un point était une question de survie dans cette LDC après 2 défaites. Wenger avait sélectionné un 4-2-3-1 "modifié" (voir plus bas) avec Walcott en pointe, pour donner de la vitesse à son attaque. Le Bayern, toutjours privé de Robben évoluait en 4-3-3, avec Xavi Alonso à la baguette.

Première période : Arsenal pressait d'entrée à 4 mais allait vite laisser le ballon aux Bavarois. Au bout de 10 minutes, le match adoptait sa physionomie, qu'il n'allait quasiment plus quitter jusqu'à la fin :





  • les gunners défendaient la plupart du temps bas, avec 2 lignes de 4 mais une variante. Özil descendait à gauche et laissait Alexis Sanchez plus haut et excentré dans la zone de Philipp Lahm. 
    Avancé, face à Lahm, Alexis Sanchez laisse ses 4 compères du milieu
  • de l'autre côté, Cazorla, nominalement au centre, se déplaçait très vite vers l'aile pour empêcher les combinaisons Bernat / Douglas Costa, laissant Ramsey prendre l'intérieur. 

Cazorla est le milieu le plus écarté. Ramsey  a pris l'intérieur
  • les gunners restaient assez compacts, laissant peu d'espace entre les lignes et glissant d'un côté à l'autre pour gêner les allemands, surtout la ligne du milieu.
    • par accoup, le trio offensif mettait la pression sur la relance allemande mais cela sembla davantage destiné à freiner la remontée du ballon qu'à le récupérer

    Offensivement, les anglais comptaient sur leur adresse et sur la rapidité de Walcott pour se sortir du pressing et porter rapidement le danger sur le but de Neuer. Sur le côté gauche, Özil jouait proche de Sanchez et cherchait à combiner pour remonter rapidement le ballon. Lahm fut très prudent durant toute la partie et, averti du danger, préféra abandonner son rôle offensif. 


    Le Bayern sembla quelque peu décontenancé par cet attentisme. Néanmoins, tenir le ballon et être patient ne fait pas peur aux protégés de Guardiola. On vit ainsi de longues séquences de jeu, où Xavi Alonso fut le métronome du jeu bavarois en passant le ballon de gauche et de droite. Les allemands eurent cependant du mal à pénétrer l'épais mur londonien, la faute à un jeu trop lent pendant les phases de possession.

    Sur les ailes, le jeu bavarois ne put pas se dérouler comme convenu même si Douglas Costa se montra dangereux en un contre un face à  Bellerin à au moins 2 reprises.

    • à gauche, la complémentarité entre Bernat et Douglas Costa ne fut jamais évidente. On vit ainsi les 2 joueurs tout à tour lever les mains en étant oublié par leur partenaire dans les séquences de jeu de dédoublement potentiel. Ce fut le cas à la 41ème quand l'espagnol tenta une frappe, contrée, oubliant, son partenaire toatalement seul à l'aile.
    • sur l'aile droite, la prudence de Lahm isola Müller qui ne sembla jamais dans le coup. 
    En fait, les meilleures occasions bavaroises furent concédées par des pertes de balle des gunners, souvent bêtes, comme à la (42ème) ou sur des séances de pressing ratées (28ème). En face, les anglais réussirent à se procurer quelques occasion, dont la meilleure du match, sur une tête de Walcott, miraculeusement arrêté par Neuer. Néanmoins, ils ne surent pas exploiter pleinement les bonnes situations, la faute à une ligne défensive allemande jouant bien le hors-jeu et à un manque de lucidité de Walcott pour trouver ses partenaires.

    Seconde période : dès la reprise, les allemands intensifiaient leur possession. Le premier 1/4 d'heure vit même le pourcentage le plus élevé de la partie (75%). Les anglais étaient privés de ballon et recroquevillés dans leur camp. Les allemands obtenaient des occasions, pas forcément sur des actions bien construites mais sur des tirs de loin. Patients, ils pensaient sans doute que la mire finirait par se régler ou qu'un londonien finirait par faire une erreur.

    Le premier changement de la partie n'eut guère d'impact sur le match. Lors d'une rare séquences de pressing des anglais, Ramsey se blessa et fut remplacé par Oxlade-Chamberlain. Nominalement plus offensif, le jeune anglais n'eut guère d'impact sur la partie mais officia courageusement défensivement. Les changements suivants, en revanche, changèrent le cours de la partie. 

    Guardiola introduisit à la 70ème Rafinha et Kimmich à la place de Xavi Alonso et d'Arturo Vidal. Ces changements nécessitèrent une modification tactique côté bavarois : Rafinha prit la place de Lahm glissa au milieu. Cette énergie renouvelée au milieu de terrain procura la meilleure occasion du match : suite au pressing bavarois, Lewandowski hérita d'un ballon aux 20 mètres mais perdit son face à face face à Cech (excellent, d'ailleurs).

    Entretemps, Giroud était entré, Le français offrait à ses co-équipiers une façon nouvelle de sortir le ballon très peu "gunners style", des longs ballons devant. Le français fut aidé car Alaba malgré ses grandes qualités n'est pas très doué dans les grosses luttes aériennes.

    Les passes reçues par Giroud. Longues (source fourfourtwo)
     
    Le but d'Arsenal est sans doute atypique, il fait suite à un coup-franc, alors que les bavarois ne commirent que 6 fautes (2 seulement dans leur camp) et à une erreur du meilleur gardien du monde. Néanmoins, malgré ses exploits, Neuer commet parfois de grosses boulettes (une constante apparemment chez les gardiens allemands, parlez-en à Trapp). En outre, Alaba, situé derrière lui, n'est pas le meilleur central de la tête. 

    Dans les 10 dernières mintues, les bavarois furent incapables de mettre une pression sur le camp d'Arsenal. Les équipes de Guardiola sont souvent épuisées en fin de rencontre à cause du pressing intense qu'elles mettent sur l'adversaire et cette partie ne fit pas exception. Les gunners en profitèrent pour mettre un second but et dissiper les soupçons de victoire volée suite à la main probable de Giroud.

    Conclusion : même si la victoire aurait pu tourner en faveur du bayern, Arsenal a impressionné par sa discipline et sa patience dans un rôle qu'on lui connaît mal. Les londoniens ont déroulé une partition classique face au Bayern mais qu'ils ont impeccablement récitée. Quant aux bavarois, les doutes resurgissent sur la capacité de cette équipe à vaincre dans les grandes occasions, en dehors des frontières allemandes. 


    Footballistico

    dimanche 8 juin 2014

    EdF : la vie sans Ribéry

    Le dispositif probable des bleus sans Ribéry
    Le couperet est tombé et il ne faut pas se leurrer, la perte de Ribéry est un coup terrible pour Didier Deschamps. Le munichois est impliqué dans 11 des 18 réalisations des bleus pour les qualifications à la coupe du monde (6 "pasdéc", 5 buts). L'équipe de France sans Ribéry, c'est un la coupe du monde 2002 avec la cuisse de Zidane "reloaded".

    En fait, la seule question est : pourquoi Ribéry n'a-t-il jamais atteint l'aura de Zizou ? Sans doute parce que la France est restée bercée par la vision romantique du N°10 traditionnel, sans s'apercevoir que les grands joueurs avaient migré sur les côtés dans les années 2000 (Ronaldo, Hazard, demain Januzaj).

    En tout état de cause, l'équipe de France doit donc trouver autre chose que son percutant ailier. Un système où le collectif pourra prendre le relais de Francky, qui non content d'être décisif, savait aussi créer des espaces pour ses partenaires en occupant souvent 2 adversaires.

    Un 4-3-3 bourré de certitudes

    L'option la plus simple consiste à remplacer numériquement Ribéry à gauche. Dans ce cadre, Griezmann tient la corde. Le jeune français sort de 2 bonnes saisons avec la Real Sociedad et ses sorties avec les bleus, à défaut d'être géniales, montrent un joueur concerné. Ce schéma possède l'avantage de la simplicité, avec un Valbuena à droite mais repiquant souvent dans l'axe afin d'offrir de la variété et le fameux milieu à 3 né face à l'Ukraine : Cabaye en meneur reculé et 2 milieux "box-to-box" Matuidi et Pogba qui apportent de la vitalité. Dans ce système, se pose naturellement la question de l'avant-centre. Benzema décroche naturellement, mais dans ce cas, il manque un ailier au vrai profil de buteur pour rentrer dans la surface et profiter des espaces du madrilène. Dans un tel système, Giroud semble plus naturel et offre plus de présence aérienne mais son niveau absolu est en-dessous de Benz.

    Si Deschamps préfère néanmoins Benzema, une option alternative, sans casser tout son 4-3-3 consiste à titulariser Loïc Rémy qui sort d'une bonne saison avec Newcastle, sur l'aile gauche. Rémy est un véritable attaquant et peut jouer son rôle de perforateur. Le problème c'est qu'en terme de possession et de discipline défensive le magpie est inférieur à Griezmann. Il est vraisemblable que Deschamps limite cette option aux matches où l'équipe de France est menée ou face au Honduras, qui semble l'équipe la plus faible du groupe.

    L'avantage d'un tel système est qu'il offre beaucoup de repères aux joueurs clés : Cabaye occupait cette place de meneur reculé à Newcastle. Il sera le Pirlo de Pogba à la Juve. Matuidi est positionné de la même manière au PSG. Seul Valbuena quitte son poste axial qu'il occupe à l'OM mais le lutin marseillais est de toute façon tout le temps en train de quitter sa position nominale pour foncer sur l'aile et il fait preuve d'une intelligence tactique qui le rend propre à jouer dans tous les systèmes.

    Un 4-2-3-1 osé :

    Au vu de l'importance de Ribéry l'autre option consiste carrément à tout casser. Si le 4-4-2 semble difficile à envisager (jamais Giroud et Benzema n'ont fait preuve de complémentarité), le 4-2-3-1 peut être sorti du chapeau en 2 versions. Le joueur clé dans ce dispositif est le joueur créatif situé derrière l'attaquant : 2 options s'offrent à Deschamps, Valbuena ou...Cabella. Le montpelliérain, s'il n'offre aucune garantie en bleu, est l'un des joueurs les plus virevoltants de L1, capable de dynamiter n'importe quelle défense. Le marseillais, en tant qu'"ailier central" va davantage chercher à se déporter sur les ailes pour créer le surnombre. Dans le premier cas, Benzema est une évidence (pour combiner) et, par contrecoup, Rémy tient la corde sur le côté gauche. Dans l'autre, Giroud conserve ses chances, en offrant plus de présence physique pour recevoir les centres. Enfin, par contrecoup, si Valbuena est titularisé au centre, Sissoko tient la corde à droite. Au milieu, c'est probablement Matuidi, qui sera sacrifié dans le double pivot de ce dispositif. Le problème de ce dispositif est qu'il enlève un joueur au profil défensif (Matuidi, donc) au profit d'attaquants à la contribution défensive aléatoire (hormis Sissoko).

    Conclusion : l'air de rien, l'EdF arrive au mondial en étant privé de 2 de ses meilleurs atouts offensifs (Nasri et Ribéry). L'équipe de France possède un effectif jouant dans quelques uns des meilleurs clubs européens (PSG, Real, Arsenal, Juve et, hum, Newcastle). Whoscored prête aux 23 une note moyenne de 7,15, ce qui est excellent (seulement dominé par l'Espagne). Reste à faire prendre la (nouvelle) sauce collective et ça pourrait faire mal. SI DD y arrive, il sera promis "génie tactique de la décennie" devant Mourinho. Début de réponse le 15 juin.

    Note : cet article fait partie des "avant-goûts" tactiques que nous nous attacherons à publier avant le mondial. 

    Footballistico

    dimanche 21 octobre 2012

    L'équipe de France dont vous n'aurez plus honte

    Les dispositifs après le remplacement de Silva par Cazorla (13ème)
    L'équipe de France a donc ramené un match nul mérité de Madrid face à l'équipe championne du monde / d'Europe en titre et subitement toutes les critiques tombées sur cette équipe depuis 6 ans s'évanouissent et on est de nouveau fier de se grimer bêtement les joues en bleu - blanc - rouge devant sa télé.

    Didier Deschamps avait privilégié son 4 - 3 - 3 fétiche avec un milieu de terrain assez physique (Gonalons, Matuidi, Cabaye). Vicente Del Bosque lui répondait du tac au tac (l'Espagne jouait plutôt en 4-2-3-1 à l'Euro). Pour pallier l'absence de Piqué et Puyol, le technicien espagnol avait positionné Busquets en défense centrale aux côtés de Ramos. Fabregas était en tête du trident offensif de la Roja en faux 9.

    Première mi-temps : Le match commençait comme un bon vieux Barça - Grenade. Les espagnols dominaient la possession et pressaient les français qui avaient choisi de défendre très bas afin de couper les lignes.

    Coté gauche espagnol : au début du match, l'Espagne possédait un coté gauche offensif mais repiquant vers le centre (Alba, Iniesta, Silva). La sortie du mancunien dès la 13ème minute avec le repositionnement de Pedro allait avoir des effets importants sur la physionomie de la partie :
    • Pedro est un véritable ailier et son positionnement allait étirer la défense française en maintenant l'avantage numérique du trio espagnol dans cette zone, souvent face à 2 français : Debuchy / Cabaye, Menez défendant par à-coup. Souvent, Koscielny devait combler les errances en se déportant à gauche.
    • En revanche, Fabregas était isolé dans le jeu et les combinaisons au centre du terrain étaient plus rares.
    • Le côté droit espagnol était beaucoup plus prudent : Arbeloa demeurait très bas. Ceci donna aux 2 équipes une forme de diagonale montante de gauche à droite. On a d'ailleurs peu vu des techniciens aussi doués que Cazorla et Xavi, situés à droite.
    Néanmoins, la défense bleue ne parvenait pas à enrayer le jeu côté gauche : 60% des offensives espagnoles sont parties de ce côté. Le but Espagnol est venu d'un corner de ce côté, le penalty fut causé par Koscielny sur Pedro et Iniesta tenta plusieurs frappes.

    Offensivement, l'équipe de France s'en remettait à ces contres rapides grâce à Menez et Ribéry. Au début du match, la pression espagnole (et un certain manque de techique coté tricolore) empêcha cette tactique d'être efficace mais à partir de la 30ème minute, les espaces s'ouvraient et les français allaient placer quelques banderilles : une frappe de Benzema et surtout le but de Menez, refusé pour un hors-jeu imaginaire.

    2de mi-temps :

    La seconde mi-temps repartait sur les mêmes bases que la première. Les espagnols tentaient de mettre la pression. La sortie d'Arbeloa, assez vite, sur blessure, allait limiter les options de Del Bosque en fin de match. Mais le fait important fut l'entrée de Valbuena à la place de Gonalons (57ème). La France passait en 4-2-3-1 et le match changeait de figure :
    • très mobile, Valbuena offrait à la fois une solution pour les remontées de balle des français et un relais précieux pour Menez et, surtout, Ribéry, soudain moins seuls sur leurs ailes,
    • défensivement, il mettait la pression sur Xavi Alonso et soudain, les remontées de balle des espagnoles se faisaient beaucoup moins fluides. A noter que le madrilène, isolé au centre du milieu de terrain, était beaucoup moins à l'aise que le 4-2-3-1 madrilène classique (où il est épaulé par Khedira ou pendant l'Euro à côté de Busquets).
    La sortie de Menez au profit de Sissoko apparaît plus curieuse mais, rétrospectivement, il dénote la volonté réussie d'annihiler définitivement le dernier danger espagnol, Jordi Alba. Durant les 30 dernières minutes, les bleus ont multiplié les occasions (même nombre de tirs que les espagnols, avec une possession de seulement 34%) mais sans parvenir à faire sauter le verrou espagnol. Mais il était dit que les espagnols n'étaient pas dans leur assiette : ils perdaient le ballon bêtement au bout des arrêts de jeu suite à un corner et Ribéry mettait un superbe ballon à Giroud, entré en jeu 5 minutes avant.

    On peut toujours faire la fine bouche devant ce résultat obtenu face à la meilleure équipe du monde : blessures de titulaires de la roja (avant et pendant le match), égalisation à la dernière minute, penalty mal tiré... mais il faudrait être aveugle pour tirer un trait sur une équipe fière, qui s'est battue et qui parfois fait preuve d'une intelligence de jeu pour contrer l'armada d'en face.


    Le match nul des bleus offre la perspective d'une vraie finale à Saint-Denis pour la première place du groupe. Et ce match, on ne le loupera pour rien au monde. Et ça, c'est déjà une victoire.

    Footballistico

    samedi 5 mai 2012

    Quelle EdF pour l'Euro : la sélection de Footballistico

     D'ici quelques jours, Laurent Blanc rendra une "pré-liste" de joueurs sélectionnés pour l'Euro. Toujours mû par son altruisme légendaire, Footballistico a décidé de venir en aide au sélectionneur en faisant sa propre sélection à l'aide des notes fournies par whoscored.com. Le site ne délivre pas son algorithme de calcul mais les notes obtenues dépendent de critères objectifs (buts, passes décisives, taux de passes réussies, nombre d'interceptions) et pas des impressions d'"experts".

    Nous avons simplement sélectionné les joueurs français les mieux notés présents dans les 5 grands championnats européens en concevant deux 4-2-3-1 , dispositif possible. Les 23 joueurs sont présentés ici et les résultats décoiffent. Petit tour du "sélectionneur". Afin de déterminer le poste des joueurs, Footballistico a simplement pris celui où ils ont obtenu la meilleure note (hors Nasri, cf. ci-après).

    Les titulaires :

    Sans surprise, Benzema est à la tête de l'attaque. Il est épaulé à gauche par Ribéry, qui a tout déchiré cette année au Bayern (7,75, soit le meilleur joueur français de la saison) et à droite par Menez. Au milieu, Nasri. Même si le citizen n'est pas ici pas à son meilleur poste, il est sans doute celui qui peut le plus naturellement s'adapter.

    Les 2 milieux défensifs sont Cabaye et Toulalan (???) qui sortent d'une très bonne saison, respectivement à Newcastle et Malaga.

    Derrière, on trouve Clichy, à gauche et Sagna, à droite, encadrant Mexes (en dépit de ses difficultés actuelle, le blondinet demeure bien noté) et Yanga Mbiwa. Le montpelliérain est ainsi récompensé de sa bonne saison et coiffe d'un souffle Laurent Koscielny.

    C'est au niveau des gardiens que le classement surprend le plus : c'est donc Ahamada, auteur de très bonnes prestations à Toulouse qui occupera la cage en PolUkraine.

    Les remplaçants :

    Logiquement, Giroud cire le banc en attendant que Benzema se blesse. Derrière, c'est Valbuena qui s'y colle dans sa position d'"ailier central", où Deschamps l'a souvent sélectionné cette saison. C'est les positions offensives sur les côtés où la France est la moins bien fournie : on doit faire appel à de jeunes joueurs exotiques : Biabiany (Parme) et Griezmann (Real Sociedad) s'y collent. On retrouve M'Vila et Capoue en pivot défensif. Evra (qui boude, jaloux qu'un citizen lui soit préféré) est remplaçant à gauche, Debuchy à droite, Koscielny, donc, en défense centrale à côté de Raphaël Varane. Le jeune madrilène a peu joué mais il est très bien noté. Elana vient compléter le banc (Suffisant pour sauver Brest ?).

    (note : le 3ème gardien est Stéphane Ruffier).

    Les exclus :

    Diarra, Lloris, Mandanda, Malouda, Rami. Tous payent une saison médiocre de leur club ou dans leur club. Le cas de Loïc Rémy est le plus crève-cœur : l'attaquant marseillais est l'éliminé le mieux noté (avec Renaud Cohade) : en tant qu'avant-centre, il est dominé par Giroud/Benz et sur le côté droit, il fut médiocre cette année. Le cas Ben Arfa est sans doute plus complexe. Plutôt mauvais en début de saison, il éclabousse depuis mars la premier league de toute sa classe. Une wild card sur le côté droit, en tout cas. Du genre à planter un pion en dribblant sur 50 mètres face à la défense espagnole ou à rentrer à Newcastle si le "coach" lui parle mal.

    Que conclure de cette analyse ?

    Si la France a des faiblesses (peu de solution de rechange sur les côtés, des gardiens globalement mal notés), elle possède une équipe qui, sur le papier, a de la gueule :

    - 3 cracks (Benzema, Giroud et surtout Ribéry) noté au-dessus de 7,4
    - un joueur noté au moins 7 à tous les postes de titulaire, à l'exception du gardien (Ahamada : 6,99 !)

    Qu'en est-il des autres équipes ?
    • l'Espagne est évidemment devant. Mais problème, tous les joueurs espagnols bien notés sont des milieux de terrain : tout le monde apprécie la technique des Xavi, Iniesta, Cazorla, Silva, Xavi Alonso, etc. Malheureusement, l'Espagne ne possède plus d'attaquant (Villa, blessé et Torres toujours en-dessous) et pas de latéraux.
    • l'Allemagne est peut-être la sélection la plus complète et homogène : elle a des joueurs bien notés à tous les postes. Y compris le gardien puisque le jeune Marc-André ter-Stegen a fait un malheur.
    • la situation de l'Angleterre semble désespérée : en dépit de la performance de Rooney (7,84), il n'y a que 7 joueurs anglais dans les 40 meilleurs de premier league. Les jeunes n'ont pas encore confirmé (Parker, Sturridge, Johnson...) et les vieux s'accrochent (Lampard, Terry).
    • l'Italie possède évidemment le meilleur défenseur d'Europe (Chiellini) et des joueurs talentueux à tous les postes (sauf, encore une fois, le gardien, Buffon est en-dessous d'Elana).
    • il est difficile de juger la qualité de la sélection des Pays-Bas, tant les orange semblent encore une fois tiraillés entre cracks (Huntelaar et Van Basten, mieux notés que Benzema, Van Der Vaart, Robben et même Sneijder) et les autres, loin, très loin. Des naturalisations en masse pour les défenseurs de la planète ?

    Sur le papier, la France n'a pas à trop rougir : mais, on le sait, le succès d'une équipe tient à d'autres choses que l'accumulation de joueurs doués. L'habitude de jouer ensemble, un système bien rodé. Sur ces critères l'Espagne si elle arrive à trouver un avant-centre et l'Allemagne devraient se balader.

    Alors, Laurent Blanc, merci qui ?

    Footballistico

    lundi 20 février 2012

    PSG vs Montpellier : la Ligue 1 n'a pas désigné son champion

    Hier, Paris a donc consenti la match nul sur sa pelouse. Au vu du déroulement du match, pas sûr que ce soit une si mauvaise affaire même si le gagnant du jour s'appelle probablement Lille.  Les 22 acteurs ont proposé une partie rythmée, avec beaucoup de suspense et 2 dispositifs tactiques bien différents. Beaucoup de bonheur donc.

    Le PSG se présentait dans son désormais fameux "arbre de Noël". Les absences conjuguées de Jallet et Bodmer donnaient au milieu à 3 une tournure très physique et défensive au milieu parisien. Montpellier affichait un dispositif assez offensif et René Girard avait privilégié des joueurs assez techniques dans le "2" de son 4 - 2 - 3 - 1 (Estrada + Saihi).

    Assez vite, Montpellier prenait la direction des opérations via les ailes : ce fut notamment le cas à gauche où le duo Bedimo / Utaka fit des misères au seul Bisevac, avant que Sissokho ne se décale pour l'aider. Ceci dit, Montpellier était assez content de laisser la possession du ballon à Paris (57%) afin de décocher des contres rapides, soit sur des récupérations de balle, soit via les ailes. Le PSG préférait une construction patiente depuis l'arrière et privilégiait le centre du terrain.

    Bataille au milieu : le combat physique fut intense au centre du terrain. Théoriquement, le 3 contre 3 n'avantageait pas une équipe par rapport à une autre mais Paris fut plus agressif et récupéra plus de ballons. L'impact de Matudi fut particulièrement sensible. Belhanda a parfois semblé éprouver des réticences à se mêler au combat mais lorsqu'il hérita du ballon, il en fit un usage remarquable. Avantage pour les parisiens de ce relatif manque d'implication défensive, Thiago Motta fut assez tranquille dans son orientation du jeu (58 passes, le record du match, et 88% de réussite). Malheureusement, le problème parisien persistait : le lien entre le 3 du milieu, qui tenait la baraque et le 3 de devant fut médiocre. En effet, après quelques efforts sur le côté droit (Bisevac, 4 centres mais aucun n'ayant trouvé un partenaire), les efforts parisiens allaient se focaliser sur le centre (le côté gauche étant cadenassé par Camara, au moins en première mi-temps). Les actions parisiennes les plus dangereuses se déroulèrent dans cette zone (Gameiro, 2 fois + la faute sur Néné amenant le premier but).

    Montpellier allait réagir au coup franc d'Alex par sa voie préférée, les ailes. Suite à un corner concédé côté gauche, c'est de l'aile droite qu'allait venir l'offrande de Hilton pour Belhanda. A noter que Paris n'aime pas du tout ce genre de situation : des centres plongeant, à 25 mètres, avec des adversaires qui s'avancent vers le ballon. Ce but rappelle celui de Rémy, tout seul, suite à un centre d'Azpilicueta et préfigure le second but montpelliérain.


    Seconde période :

    La seconde période allait reproduire au début le modèle de la première. Paris n'arrivait pas à trouver ses attaquants sauf si ceux-ci décrochaient. Et Montpellier s'appliquait à exploiter les ballons récupérés. Les joueurs semblaient notablement usés par le combat de la première période. Seule innovation, Maxwell commençait à profiter de la fatigue de Camara pour décrocher son premier tir du match.

    Changements : 

    Comme souvent, les changements opérés, notamment ceux d'Ancelotti, allaient avoir une influence déterminante sur le match. A noter que René Girard a réagi systématiquement à son collègue italien. Les changements parisiens ont eu lieu aux 62 ème, 74ème et 77èmes. Ceux de Montpellier, aux 64ème, 77ème et 89ème !

    A priori, le remplacement de Gameiro est plutôt vu comme une sanction : l'attaquant parisien n'a touché le ballon que 21 fois. Et ses tirs, pourtant bien situés à l'orée des 20 mètres n'ont pas fait trembler les filets. Gameiro est toujours peu servi par ses partenaires et comme il participe peu au pressing, cela commence à faire beaucoup. A priori, l'entrée d'Hoarau est une idée bizarre car il possède plutôt le profil pour une équipe qui domine et qui multiplie les centres mais hier, il a offert à ses coéquipiers une nouvelle voie pour remonter le ballon : les airs. Toutefois, le changement crucial fut l'entrée de Pastore à la place de Sissokho. Le PSG basculait en 4-2-3-1 et on sentait l'ombre d'Antoine dans les travées du Parc. Montpellier profitait de la baisse de la présence défensive du PSG et du péché mignon de sa défense centrale : dans un bis repetita du premier but, Giroud centrait pour Utaka, tout seul aux 9 mètres. Mais, Pastore, devant, c'est aussi un lien beaucoup plus évident entre milieu et attaque. Après avoir raté une passe de Hoarau, l'argentin lançait un Menez très en jambe qui centrait sur le 9 parisien. Alors que le match semblait leur sourire, les héraultais auraient pu perdre dans les dernières minutes (tir de Maxwell sur le petit filet).

    A noter que René Girard, plutôt content de son dispositif a fait du poste pour poste, se contentant de remplacer les joueurs les plus éprouvés par le combat mené.

    Conclusion : Montpellier a montré qu'ils avaient du cran et un talent qui devrait les emmener loin. Le club de Loulou Nicollin a dominé territorialement même si au nombre de tirs, leur avantage est maigre, la faute à 10 dernières minutes mal gérées. Quant au PSG, le 4 - 3 - 2 - 1 d'Ancelotti a montré hier ses limites : il oblige à laisser un joueur très talentueux sur le banc alors que le club parisien en a le plus grand besoin. Il est fort possible que le tacticien italien en change. Un très bon match, cependant qui n'a désigné aucun vainqueur, sauf un : le football.

    Footballistico

    lundi 26 septembre 2011

    MHSC - PSG : Paris déjà champion ?

    Paris affrontait avant-hier (samedi soir) un test important pour jauger de sa véritable valeur à Montpellier : à l'arrivée, en dépit d'une victoire assez confortable, on a quand même l'impression que les parisiens ne tournent pas encore à plein régime.

    En effet, à part le score final, TOUTES les autres statistiques sont en défaveur des protégés d'Antoine Koumbouaré. Voyons cela : Paris et Montpellier se présentaient tous les 2 en 4 - 2 - 3 - 1. Il était donc peu probable de voir l'une des 2 équipes déséquilibrées et c'est exactement ce qui s'est passé. Au début du match, la paire de milieu défensif montpelliérain a étouffé Pastore (seulement 28 passes) mais inversement, les parisiens étaient plutôt solides derrière. A noter que pendant les 30 premières minutes, Néné et Ménez jouaient de façon inversée par rapport à leur aile naturelle et que les buts parisiens sont venus juste après leur permutation. Il est probable qu'Antoine Koumbouaré s'attendait à souffrir au début du match et qu'il a positionné Néné (meilleur défenseur que Menez) face à la menace Utaka/Bedimo. Ce n'est qu'après que les ailiers ont repris leur position naturelle et que Paris a marqué. Au-delà de cette mini-victoire tactique, Paris a affiché 3 caractéristiques, assez innovantes cette saison :
    • il a laissé la balle à Montpellier sans remord apparent,
    • il a défendu plutôt bas mais de façon compacte, Menez et Néné redescendant faire l'effort, seuls Pastore et Gameiro étant délesté des tâches défensives,
    • surtout, et cela fait une différence énorme avec l'an dernier, il n'est pas mis en danger et ne souffre d'aucune fébrilité lorsqu'il tente de préserver le score. Rappelons que face à la même équipe, Paris s'était fait remonter 2 buts l'année dernière, à 11 contre 10 !
    Pourquoi ? Au-delà de la qualité individuelle des joueurs et de leur montée en puissance physique, on peut avancer 3 hypothèses :
    • En passant en 4 - 2 - 3 - 1, Paris est naturellement plus compact qu'en 4 - 4 - 2 au milieu du terrain. C'est d'autant plus vrai que les ailiers ont tendance à se rapprocher de Pastore,
    • Le profil des joueurs y fait beaucoup : Menez et Pastore notamment sont beaucoup plus à l'aise avec le ballon que la triplette Giuly - Hoarau - Erding,
    • Enfin, avec Matuidi, les parisiens ont un milieu défensif, non seulement qui joue bien son rôle de muraille mais qui permet de donner de la verticalité au jeu par rapport à Makélélé, qui jouait plutôt transversalement.
    Et Montpellier dans tout cela ? Les héraultais se sont heurtés au mur parisien et y ont laissé de nombreuses forces. 1 ou 2 de leurs actions auraient pu connaître un meilleur sort en 1ère mi-temps mais leur deuxième période est assez décevante, en dépit d'une possession, à l'exception du splendide retourné de Giroud, faussement hors-jeu. Surtout, on peut avancer que les héraulais ont commis quelques fautes, qu'ils vraiment "payé cash" comme le veut le poncif :
    • sur le premier but, Belhanda se fait prendre par l'avancée de Matuidi et lui passe le ballon,
    • sur le troisième faute de Jourdren,
    A noter que les 3 buts sont intervenus en fin de mi-temps alors que les héraultais semblaient épuisés. C'est une constante des opposants à Paris : le club de la capitale a marqué 9 de ses 14 buts dans le dernier 1/4 d'heure de chaque mi-temps (c'est à dire, 64% de ses buts pendant 33% du temps). 

    Bilan : un match que Paris a globalement maîtrisé mais dont le dispositif semble difficile à reproduire à domicile ou face à un mal classé qui viendra le couteau entre les dents. En gros progrès, néanmoins, surtout par rapport à la purge laissée à Evian-Thonon. PSG - Lyon s'annonce d'ores et déjà comme LE sommet de ce début de saison.

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    Footballistico est un club d'amis dont le but est d'apporter un regard original et décalé sur le football. Une lampée de tactique, une pincée d'ironie, un peu d'économie du sport, une dose d'histoire et un glaçon de respect pour le rugby et l'Argentine, secouez et c'est parti pour un blog à la fois populaire et élitiste.

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