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lundi 7 mars 2011

OM - LOSC : Eden et Lille au paradis

Le sommet d'hier soir voyait les 2 équipes s'affronter en 4 - 3 - 3 même si l'OM sembla souvent plus proche du 4 - 2 - 3 - 1. Lille affichait sont 11 majeur avec sa fameuse triplette offensive Hazard - Sow - Gervinho. Deschamps était plutôt prudent avec un milieu Lucho - Kaboré - Cissé en appui de Ayew (nominalement à gauche), Brandao et Remi.

 1ère mi-temps :
Dès le début du match Lille pressait haut et Marseille avait toutes les peines du monde à développer son jeu. Le premier but de Hazard ne doit pas qu'au talent du jeune belge mais aussi à la domination lilloise au centre du terrain.

Les marseillais allaient essayer de construire et développer leur jeu mais Lille les bloquait remarquablement bien. Il est vrai que l'OM insista dans l'axe alors que :


1°) les joueurs de cette zone (Kaboré / Diawara) ne sont pas les plus adroits. Seul Stéphane M'Bia est assez précis avec le ballon.

2°) La compacité Lilloise où le trio Cabaye, Mavuba, Balmont fit merveille mais où les 3 attaquants firent leur part de travail, même Sow, redescendant souvent pour bloquer les relances de Diawara ou Kaboré.

3°) Les choix de Deschamps au milieu -Kaboré + Cissé- laissaient augurer d'un milieu assez peu créatif, d'autant plus que Lucho sembla diminué.

L'alternative, les ailes, était quasiment impossible. En fait l'équipe a un double problème : à gauche, Heinze (auteur d'un match catastrophique par ailleurs) n'est pas un latéral au profil très offensif et par conséquent André Ayew, se retrouva souvent seul face à Debuchy, sans partenaire. Cette faiblesse sur les ailes permit à Gervinho et Hazard de bloquer encore plus le centre du terrain. De l'autre côté, problème inverse, Rod Fanni est plutôt porté sur l'attaque mais Rémy n'étant pas un ailier, il eut tendance à prendre la profondeur sans considération pour son latéral. Ayew et Remy ont essayé d'inverser, de plonger, de repiquer au centre (c'est là où Ayew fut sans doute le plus dangereux en obtenant 2 coup francs très dangereux pour l'OM en première période) mais rien n'y fit.

Lille n'avait donc qu'à attendre. Les dogues eurent en contre (sur des ballons récupérés à 40 mètres de leur but) 3 occasions très nettes et c'était un petit miracle que l'OM s'en sorte à si bon compte en retournant au vestiaire.


2de période :

Lucho retenu pour un problème aux ischios, Didier Deschamps lançait Gignac à sa place et l'OM passait en 4 - 4 - 2. La situation offensive des marseillais n'allait pas changer par ce coup de baguette mais insensiblement, Lille reculait et laissait davantage d'initiatives aux locaux. Cheyrou faisait son entrée à son tour et tout de suite l'entre-jeu marseillais s'en trouvait fluidifié et les coups de pied arrêtés gagnaient en précision. Lille lançait ses flèches en contre (Gervinho encore). L'OM allait revenir dans la partie grâce à un Rémy jusque là bien invisible, qui reprenait un centre mal dégagé par Debuchy. L'OM marquait quasiment sur sa première occasion.

On l'a déjà dit sur ce blog, la façon de jouer du LOSC demande une débauche d'énergie assez forte, tant de la part des attaquants (appels incessants) que des milieux et des latéraux. A ce moment de la partie, on ne donnait pas forcément cher de la peau des lillois. Pourtant, la physionomie du match changeait peu : l'OM dominait légèrement la possession mais Lille avait les occasions les plus franches : Gervinho, poussé dans le dos, Cabaye, sur le poteau. Seul, Ayew, sur un coup de pied arrêté et sur une jolie frappe, aurait pu inverser la tendance. Les changements opérés en fin de match par Rudi Garcia allaient remporter le morceau, Emerson centrant pour Frau pendant que De Melo occupait Diawara au premier poteau.

Conclusion : Lille rompt avec la série de résultats médiocres face aux grosses écuries (défaite à domicile face à l'OM, matches nuls face au PSG et plus récemment à l'OL) et se positionne en candidat crédible pour le titre, avec la meilleure attaque en prime. Le cas de l'OM est plus délicat, certes l'équipe est toujours en lice pour conserver son titre de champion (et se qualifier en quart de la LDC) mais l'animation offensive fait toujours défaut et les performances individuelles (Ayew, Valbuena) ne masquent pas toujours la relative pauvreté collective. Reproche encore plus sérieux, Deschamps semble s'accrocher à certains titulaires (Heinze, Cissé, Rémy) alors que leur niveau de jeu (et l'analyse froide des carences marseillaises) devrait les confiner sur le banc. Lorsque l'entraîneur olympien est arrivé à Marseille, il voulait muscler le jeu marseillais et en confier les clés au seul Lucho. Il devient urgent de trouver un plan B.

Footballistico

jeudi 10 mai 2007

Argentine : la classe biberon albiceleste

Comme lors de chaque mondial depuis la retraite de Maradona, l’équipe Argentine est arrivée en 2006 en Allemagne bardée de certitudes et d’un effectif à faire peur :
- des vieux routiers inusables et talentueux : Crespo, Ayala, Heinze, Sorin,
- des jeunes remplis de fougue : Tevez, Mascherano, Messi,
- du talent pur : Riquelme, Maxi Rodriguez

Surtout, l’Argentine paraît apte à marier les qualités traditionnelles des équipes européennes, rigueur défensive, engagement, qualité des gardiens avec un côté latino-américain talentueux fait de combinaisons et d’individualités brillantes. Pourtant, une fois de plus, l’Argentine, après un premier tour remarquable, s’est inclinée face à une équipe d’Allemagne moins technique mais plus volontaire. Surtout, c’est le scénario de ce match qui a retenu l’attention. Après avoir dominé copieusement le pays hôte pendant toute la première mi-temps, Ayala, s’envole horizontalement et donne l’avantage aux siens. A partir de là, les argentins vont arrêter de jouer. Riquelme sera même sorti par le coach Pekerman. On ferme, on vous dit ! Insuffisant face à Klose et à Lehmann pendant la séance tirs aux buts. Ce match ravivait les défaites des mondials précédents : 2002 au premier tour, 1998 en ¼ de finale face aux Pays-bas, 1994 face à la Roumanie. Bref un pays qui à l’instar de l’Angleterre, serait incapable de s’imposer loin de ses bases, sauf si elle a dans ses rangs un joueur capable de marquer des buts de 50 mètres, en éliminant tout seul l’équipe adverse comme Maradona. Et bien maintenant, elle en a un : Messi. Tout le monde a vu son but face à Getafe (cf. vidéo à droite du blog) et tout le monde est conscient de ses immenses qualités. Plus étonnant encore, l’Argentine a produit ces 2 dernières années une nouvelle génération, à rendre le Brésil grisonnant : Gago, Higuain, Belluschi, en plus de Mascherano et Tevez. En outre, cette génération semble équilibrée (des bons joueurs à tous les postes) et joue, déjà, dans les plus grands clubs européens (notamment espagnol), confirmant une tendance qui vise à importer les joueurs de plus en plus jeunes avant la case Boca Junior ou River Plate. Nous avons donc imaginé ce que pouvait être le parcours d’une équipe-type argentine au mondial 2010.

Equipe-type : Carrizo-Burdisso-Milito-Heinze-Bottinelli-Gago-Mascherano-Belluschi-Zabaleta-Higuain-Messi (ou Tevez).

1er tour : l’Argentine est dans le même groupe que la Croatie, le Maroc et le Mexique. Elle gagne son premier match 2-0 sur le Maroc grâce à 2 penalties litigieux sifflé par l’arbitre péruvien de la rencontre. Sur le premier, Tevez, rentre dans la surface en percutant un joueur marocain comme un taureau mais l’arbitre siffle inexplicablement la sanction suprême. Le second face aux Croates est gagné 4-0. 2 croates ont été expulsés en fin de rencontre. Comme tentait de la justifier Krancjar après la rencontre : « nos joueurs ont été privés de ballons et c’est une situation très frustrante ». Le dernier match de poule face au Mexique, pourtant revanche du 1/8ème de finale est l’occasion d’un triste 0-0, les 2 équipes étant qualifiées toutes les 2.

1/8ème de finale : l’Argentine est opposée au Nigeria, rescapée africaine du 1er tour avec l’Afrique du Sud. Après, un début de match dominé par les africains, Messi s’empare du ballon remonte tout le terrain dribble 4 joueurs, revient sur ses pas alors qu’il est tout seul face au gardien, en dribble un 5ème, se place la balle et marque d’un retourné acrobatique. Il déclarera après le match « et maintenant, qu’est ce qu’il dit Maradona ? ». Le deuxième but sera inscrit par Heinze de la tête, porté par ses coéquipiers (et le dos d’un adversaire) sur un corner un peu haut de Belluschi.

¼ de finale : Face à l’Espagne, la presse ibérique se déchaîne. Quelques titres au hasard piochés chez As « Respectez vos employeurs, perdez », « Mettez Messi au chômage », « Laissez Higuain prendre ses vacances ». Malheureusement, le match se passera mal pour les ibériques, qui ouvrent pourtant la marque par Torres. Messi dribble ses co-équipiers du Barça (Iniesta, Puyol, Xavi) avant d’offrir la balle d’égalisation à Higuain. Le but de la victoire sera l’œuvre de Belluschi sur la centième passe de Mascherano, récupérée dans les pieds espagnols (entaché d’une obstruction, diront les ibères). Bref, As aura en couverture « Lo de siempre… »

½ finale : Angleterre. C’est la dernière campagne de Lampard, Terry et Gerrard, qui sont hyper-motivés pour ce match. Pourtant, l’Angleterre est critiquée pour un jeu standardisé et ennuyeux, sauvée par un parcours assez facile et l’opportunisme de Rooney, qui a su par 3 fois perforer des défenses grâce à sa vitesse et ses frappes instantanée. Dans un match âpre, les argentins dominent la première mi-temps. Après une série de passes en 1 touche de balle, Gago effectue un centre anodin sur Paul Robinson qui relâche le ballon sur Tevez (préféré à Higuain), qui n’en demandait pas temps. Les argentins vont se replier dans leur coquille en 2de mi-temps. Dans une période tendue, l’arbitre suédois va distribuer 6 cartons jaunes et expulser Milito. Alors qu’il reste moins de 10 minutes, Gerrard dans un raid solitaire suivi d’une frappe va égaliser. A 10 contre 11, on donne peu de chance aux argentins. Pourtant, une fois de plus les anglais vont retomber dans leurs travers : balancer des centres imprécis et des longs ballons devant. La situation des anglais ne s’améliore pas quand Rooney, victime de la 50ème faute d’Heinze, pète les plombs et frappe l’argentin. Une bagarre s’ensuit. L’arbitre expulse l’anglais dans la foulée. C'est le moment que va choisir Mascherano pour devenir le héros de tout un peuple. Dernier joueur à courir sur le terrain, il va remonter tout le terrain effectuer un relai avec Messi et placer le ballon entre les jambes du pauvre Robinson. A la dernière minute du match, Terry est expulsé pour un coup de tête sur Tevez…ainsi que Heinze, qui se venge sur Crouch. Au coup de sifflet final, les 2 bancs, qui se chambraient depuis la fin du temps réglementaire, déclenchent une bagarre générale.

Finale : Privé de 5 titulaires expulsés lors du match précédent ou victime de 2 cartons jaunes, l’Argentine perd face au Brésil 3 – 0.

Rendez-vous en 2014 ?


Aristotelicien

mardi 20 mars 2007

Chronique de l’ange Gabriel

Certains des lecteurs du blog se sont étonnés des références récurrentes à Gabriel Heinze dans mes chroniques à propos de tout et n’importe quoi. Certains se sont montrés même indignés de mon admiration pour un défenseur rugueux aux pieds carrés et à la mentalité haineuse pour l’adversaire. En fait, j’ai plusieurs raisons de vouer effectivement une vénération discrète pour « Gaby » que je vais expliciter ici. 1°) Tout d’abord, Heinze vient d’Argentine, pays fascinant : Europe réinventée dans l’hémisphère sud. Lui-même, nom allemand ( ?), prénom d’ange (et visage à l’avenant) sont une parfaite synthèse d’un pays où le football est une seconde religion pour qui Maradona est le nouveau Dieu et l’affrontement River / Boca le rite central.
2°) Ensuite, Heinze m’a permis de comprendre que la défense, à l’argentine, est un art : du placement, de la relance, du tacle, des petites fautes vicieuses et invisibles par l’homme en noir. Bref, un art âpre et élitiste (plus cold wave que disco, plus concerto brandebourgeois que 4 saisons) mais un art tout de même. Et moi qui pensais naïvement que les grands joueurs s’appelaient Pelé, Platini ou Zidane alors que Marius Trésor, Osvaldo Piazza ou Lilian Thuram sont peut-être plus essentiels.
3°) Gabriel s’est trompé : il pensait qu’en arrivant d’Espagne au PSG grâce à Luis Fernandez, il trouverait à Paris, l’équivalent d’un club digne d’une capitale : Real Madrid, Arsenal ou Roma. Las, il s’est fourvoyé au Herta Berlin… Ainsi, on a vu pendant 3 saisons, un homme sur la pelouse du parc croire en la victoire, haranguer les siens, mette des buts, même, contre Monaco ou Gueugnon (un contre-emploi évident) et continuer inlassablement, jusqu’à la 94ème, jusqu’à l’épuisement, à remonter inlassablement le ballons, à centrer (un peu derrière les buts, toutefois) à arracher les jambes des attaquants adverses même quand tout semblait perdu. Avec quelques autres (le remplaçant Alonso, le traître Dehu), il fut même à 2 doigts de priver l’ogre Lyonnais d’un 17ème titre de champion de France.

Pour tout cela, Gabriel, toi et tes descendants soit vénéré jusqu’à la 17ème génération.

Aristotelicien

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