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vendredi 6 juin 2014

Statistiques et classement : bilan de la L1 2013/2014

Les statistiques sont bien sûr une représentation simplifiée de la réalité. Contrairement à la sagesse populaire (la possession, ça ne veut rien dire), un coup d’œil aux principales d'entre elles permettent tout de même d'expliquer en grandes partie le nombre de points de la L1.

Une corrélation assez évidente mais des points aberrants (source % de passes réussies whoscored)
Le coefficient de corrélation (c'est à dire l'intensité qui lie une variable à une autre) s'établit à 0,78 (rappelons que la valeur maximale est de 1) pour le % de passes réussies et à 0,8 pour la possession. Donc, quand on dit que "la possession n'est pas tout", c'est vrai. A 20%.

La courbe ci-dessus le montre bien. En gros, plus vous réussissez de passes, plus vous avez de points. Ça peut paraître sensé :  moins les passes sont ratées, plus vous êtes à même de vous créez des occasions et plus vous privez l'adversaire d'opportunités.

Mais, le foot étant le foot, le plus intéressant, ce sont les exceptions à la règle, les points qui dévient de la droite de régression. Globalement, on peut identifier 3 groupes :
  • les losers : Ajaccio et V.A. Largués, les 2 clubs finissent avec un nombre de points très inférieur à leur possession. C'est particulièrement vrai pour Valenciennes qui aurait dû finir en milieu de tableau si l'on en croit son seul pourcentage de passes réussies.
  • les challengers : Monaco, Saint-Etienne et Lille, tous européens, finissent avec un nombre de points supérieurs à ce que l'on serait en droit d'attendre.
  • les décevants. Rennes, Nice et Toulouse. On était en droit d'attendre mieux cette saison de Nice (4ème la saison dernière), Rennes (Montanier) et Toulouse.
Comment expliquer ces anomalies ?
  • tout d'abord, les dispositifs n'expliquent que peu de choses. Des tactiques très différentes (4-3-3, 4-2-3-1, 4-4-2) sont sur la droite ou totalement en marge. Il existe cependant un fait troublant. Les 3 dispositifs les plus "originaux" (le 3-5-2 toulousain et les 4-4-2 losange de Monaco et Lille) font partie des équipes "à l'écart de la droite". Pourquoi ? On peut penser que les équipes adverses ont eu du mal à adapter leur système tactiques par manque de repères. Le cas de Toulouse est inverse : on pourrait arguer que la formation de Casanova a eu du mal à s'adapter à ses adversaires, surtout défensivement. Les toulousains ont concédé un nombre de penalty invraisemblables, qui laisse penser que dans la surface, les 3 défenseur centraux occitans ont souvent du courir pour combler des brèches laissés par les "pistons" montés jouer les filles de l'aile.
  • un certain nombre de variables offensives échappe à la seule efficacité des passes et de la possession. Globalement, si une équipe est tueuse en contre (même si cela implique une prise de risque importante sur la passe et donc un taux d'échec significatif) ou très efficace en coups de pied arrêté, alors, elle arrive au-dessus de la courbe. Et c'est exactement ce qui se passe :
    • St-Etienne est une équipe particulièrement tueuse sur coup de pied arrêté : 16 buts sur corner ou coup franc (la plupart du temps indirect). 
    • Dans une moindre mesure, Lille (10 buts) et Monaco sont également à la fête sur ces phases arrêtées. Lille est également à l'aise dans les contres, ce qui peut sembler contradictoire pour une équipe qui a eu plutôt tendance à bien tenir le ballon.  
  • Certaines caractéristiques qui aident à marquer sur coup de pied arrêté aident aussi sur les phases aériennes défensives. A ce titre, les cas de Saint-Etienne, Monaco et Lille sont éclairants : ce sont les 3 meilleures équipes de L1 en duels aériens derrière... le PSG. En revanche, en termes défensifs, Rennes possède certains des pires ratios de L1 : pire équipe en % de duels aériens et peu de fautes commises. Les bretons, coachés par un ancien entraîneur de Liga semblaient cette année comme les doux agneaux d'une L1 qui demeure très physique.
  • Nice constitue un cas à part. Les Niçois possèdent l'une des meilleures possession de L1 et un taux très respectable de passes réussies. Tout cela pour avoir le 19ème nombre de tentatives de buts (devant Ajaccio) et le dernier nombre de passes décisives (15). Les aiglons ont fait la preuve d'une inefficacité terrifiante, qui ne peut pas être imputée au seul manque de réussite de Cvitanitch mais bien à la construction offensive tout entière. On peut penser que sans les performances d'Ospina et de Bodmer / Pejtinovic derrière, l'OGCN aurait pris la direction inférieure. Que s'est-il passé ? En fait et c'est intéressant, les aiglons sont sans doute l'équipe la plus traditionnelle de L1. Dans le 4-2-3-1 de Claude Puel, les ailiers jouent sur les ailes, aidés (un peu) par les latéraux, qui se replient souvent prudemment, l'avant-centre reste devant et participe peu au jeu, le N°10 (Eysseric souvent) reste derrière Cvitanitch et les 2 milieux demeurent prudemment au centre. Il s'en suit une équipe organisée, cohérente mais parfaitement inoffensive car elle manque cruellement d'inventivité (pas de déplacement) et de percussion. Une leçon à méditer. 
  • Concernant Ajaccio et Valenciennes, un petit mot tout de même : pour Ajaccio, le changement continu de personnel et de dispositif a complètement fait déjouer les corses. Quant aux nordistes, ils ont simplement arrêté de jouer à la 29ème journée fin mars, après une humiliante défaite face à Ajaccio. Le mental fait partie du foot aussi.
Conclusion : clap de fin sur cette Ligue 1 2013/14, bientôt des chroniques sur la Coupe du Monde viendront peupler ces colonnes.

dimanche 13 mars 2011

Rennes - OM : Ayew + Ayew = 2 passes décisives

Un match plaisant au Stade de la Route de Lorient où l'OM, aidé par des rennais peu inspirés dans les 30 derniers mètres, a emporté la seconde manche de son marathon épique du mois de Mars, pendant lequel elle affronte les 1er, 2d et 5ème du championnat avec, en interlude, le match retour à Old Trafford.

Didier Deschamps avait tiré les leçons du match raté face à Lille : Kaboré et Cissé étaient sur le banc et Heinze rebasculait en défense centrale au côté de Diawara. Taiwo faisait son retour à gauche de la défense et Cheyrou prenait place à droite du milieu à 3, avec M'Bia en récupérateur et Lucho à gauche. Evidemment, Gignac remplaçait Brandao au centre de l'attaque olympienne suite aux aventures alcoolo-érotiques du brésilien. De son côté, Rennes possédait nominalement le même dispositif en 4 - 3 - 3, même si l'ailier droit Jérôme Leroy jouissait d'une liberté forte de se promener sur tout le front de l'attaque. Montano était au centre de l'attaque, Boukari à gauche soutenu par un milieu Dalmat - M'Vila - Tettey pas dégoutant sur le papier.

Le fait du match fut l'incroyable manque de largeur de l'attaque rennaise. Leroy et Dalmat repiquaient sans cesse vers le centre pour s'enférer dans la toile marseillaise, qui s'employait dur pour les stopper (cartons jaunes pour Diawara, auteur de son attentat de la semaine et M'Bia). Comme Jérôme Leroy fut assez imprécis sur ses coups de pied arrêtés et que Montano ne décrocha que très peu pour venir créer du lien avec ses milieux, les offensives rennaises furent assez stériles. De son côté Marseille ne parvenait pas trop à prendre le jeu à son compte mais réagissait via son flanc gauche : Ayew - Lucho. Les marseillais allaient obtenir 2 actions en 2 minutes de ce côté et concrétiser la seconde : Lucho récupérait le ballon remettait intelligemment à Ayew qui centrait pour la tête de Rémy. But. Marseille avait une réussite maximale (50% donc) et allait tenir ce score pendant la fin de la mi-temps.

2de mi-temps : Marseille allait reculer petit à petit et laisser l'initiative du jeu aux bretons. Antonetti remplaçait Dalmat (trop juste physiquement) et Leroy. Lemoine allait réimpulser du dynamisme mais Rennes se heurtait toujours au même problème : comment franchir la muraille olympienne ? Un homme allait s'y risquer, le latéral Romain Danzé, sur le côté gauche. Malheureusement, ses tentatives de centre, nombreuses, furent trop longues et Rennes allait se créer sa meilleure occasion sur un coup franc repris au second poteau par M'Vila. Les rennais se découvraient petit à petit et allaient concéder de plus en plus d'espace aux attaquants marseillais. Ici se pose le dilemme Lucho, l'argentin est précis dans ses passes mais il ralentit souvent le jeu par des contrôles intempestifs. Il est très mobile et très actif mais aussi très lent. Résultat : l'OM a parfois du mal à perforer en contre mais lorsqu'elle est en surnombre, la passe de l'argentin trouve à coup sur un partenaire. Ce fut le cas à la 66ème (A. Ayew), la 76ème (J. Ayew) et à la 80ème, Lucho était là pour reprendre la passe en retrait du cadet des Ayew. A noter l'étonnant changement de Deschamps, qui replaçait Gignac (un avant-centre puissant) par le jeune feu follet ghanéen. Cette décision allait donc s'avérer décisive face à la défense centrale rennaise, excellente jusque ici, mais peu à l'aise avec un changement de profil d'attaquant, plus mobile, moins attiré par le but et plus collectif.

Pour Rennes, cette défaite marque-t-elle le début de la fin ? Chez Footballistico, on se plaît à le croire tant l'équipe bretonne a été assez inoffensive vendredi soir. Quant à l'OM, toujours le même refrain, sans être extrêmement brillante, l'équipe est solide, avec des joueurs mystères (Lucho et Rémy) et son joyau du moment (André Ayew). L'équipe en tout cas faisait meilleure figure dans sa configuration d'hier (technique) que de la semaine dernière (musculeuse). S'en souvenir face à Manchester.

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