samedi 21 septembre 2013

Saint-Etienne - Toulouse : l'équipe de Casanova séduit

Les compos, après la sortie de Perrin
Avant ce match, Saint-Etienne disposait d'une renommée flatteuse de meilleure équipe française en dehors du Ca$hico de Dimanche soir. A force de rafler tous les joueurs techniques ou rapides d'équipes de seconde zone (Cohade, Hamouma, Mollo, Tabanou, Corgnet), les verts ont constitué une armada offensive impressionnante malgré le départ d'Aubameyang. L'ASSE se présentait en 4-4-1-1, avec Corgnet situé derrière Erding. Un nouveau dispositif, fait pour satisfaire l'ancien lorientais. Mais la principale originalité tactique ne se trouvait pas là mais dans le camp des visiteurs.

Alain Casanova affichait un 3-5-2, assez italien dans l'esprit, avec 2 joueurs de couloir (les "pistons" selon ses propres mots) : Ninkov et Sylla et un milieu assez technique : Didot, Chantôme et l'argentin Trejo.

Première mi-temps :

Le début du match fut totalement à l'avantage des verts qui mettaient une pression très forte sur les visiteurs : pressing haut et passes longues notamment sur les ailes où Tabanou s'attaquait bille en tête à Ninkov et Hamouma à Sylla. En théorie, Toulouse bénéficiait d'un avantage au milieu de terrain (3 contre 2) mais, dans les faits, fut incapable d'en bénéficier :

  • Corgnet se mêla à la lutte, souvent du côté gauche, et occupa Didot, sur le côté stéphanois très menaçant (Tabanou, Ghoulam),
  • Hamouma n'hésita pas à se recentrer  pour bousculer Chantôme. Théoriquement, cette situation aurait dû ouvrir des boulevards à Sylla mais le "piston" toulousain fut emprunté pendant toute la première période et, lors de ses montées, François Clerc put gérer sans problème
Toulouse fut également un peu emprunté défensivement sur les côtés de sa défense à 3 : Aurier eut tendance à dériver sur sa droite, pour obéir à son réflexe naturel de latéral de métier et les toulousains ne savaient pas comment traiter le cas Corgnet. Saint-Etienne se régala donc sur les côtés et commença à adresser des centres vicieux en profitant de ballons rapides transmis sur les ailes suite à une récupération haute.

Sur l'un d'entre eux, Tabanou faillit tromper Ahamada, peu inspiré, puis Lemoine s'enfonça dans un trou avant de centrer sur le malheureux gardien toulousain qui relâcha la balle sur Hamouma.

Les verts voulaient enfoncer le clou et c'est miracle si les visiteurs s'en sortirent sans plus de dégâts en rentrant à la pause :
  • 22ème minute : Hamouma reprit un second ballon de volée juste au-dessus de la barre,
  • 26ème : Sall tente un joli retourné dans la surface toulousaine
  • 33ème : Tabanou effectue un centre tir, que Corgnet est à 2 doigts de projeter dans les filets
Cependant, les visiteurs profitèrent de la baisse de régime des locaux en fin de première période et se mirent à jouer. Insensiblement, la technique de Trejo commença à faire son effet, comme apéritif de la période à venir.

Seconde mi-temps :

Assez logiquement, après 10 minutes assez intenses, les verts baissèrent de pied. Surtout, c'est là que les 3 du milieu toulousain émergèrent physiquement et techniquement. L'une de leurs particularités est la rotation qu'effectuent ces 3 joueurs. Trejo se promène sur tout le front derrière les attaquants. Chantôme est nominalement à gauche mais n'hésite à effectuer des incursions à droite et Didot permute alors avec l'ancien parisien. Enfin, la supériorité toulousaine au milieu s'imposait et Goeffroy-Guichard commença à trembler.

A la 53ème minute, sentant son équipe revenir dans le match, Casanova effectua un changement surprenant : Yago, un jeune défenseur central entra à la place du "piston" Ninkov :
  • Aurier retrouva ainsi son poste naturel
  • le serbe fut sans doute le toulousain le plus sollicité physiquement et sortit éprouvé 
Aussitôt, le changement produisit son effet et le jeu de Toulouse prit plus de profondeur. Tabanou restait défensivement très excentré pour contrer Aurier et les toulousains exploitèrent ainsi l'espace ainsi créé : l'égalisation fut un joli coup de complicité technique entre Chantôme et Didot, qui profita du 3 contre 2 au milieu et de l'écartement des ailiers toulousains.
Sur le second, 10 minutes plus tard, Didot lança Aurier en profondeur qui centra sur un Sylla enfin offensif. Sur les 2 buts toulousains, le surnombre des visiteurs dans la surface est marquant :

  • sur le premier, Aurier se trouve dérrière Braithwaite, sans aucun Vert à l'horizon
  • sur le second, Sylla bénéficie de la présence de Yedder au premier poteau qui occupe Ruffier
A 1-2, sur son terrain, Christophe Galtier réagit en lançant Mollo. Dans son style caractéristique et grâce à des coups de pied arrêtés, l'ancien nancéen tenta de dynamiser les verts face à des toulousains (trop) prudents. Mais les verts manquaient d'énergie pour aller chercher l'égalisation.

Conclusion : depuis plusieurs années, Footballistico cherche un émule de Walter Mazzarri en L1. Après quelques tentatives de Gillot, l'aurait-il trouvé en Alain Casanova ? Les toulousains manquent de talent à certains postes (un 2 de devant trop statique en attendant le retour de Ben Basat, un Sylla trop emprunté) mais de vrais atouts à d'autres postes indispensables pour ce dispositif (Aurier + les 3 du milieu). Quant à Saint-Etienne, on a sans doute un peu trop compté sur les verts cette saison. Surtout, il leur a manqué hier un plan B, leur permettant de gérer leurs temps faibles lorsque l'énergie pure n'est plus disponible suite à une première mi-temps jouée à 100 à l'heure.

Footballistico

lundi 2 septembre 2013

OM - Monaco : le règne du prince Ranieri ?



En termes d'équipe, l'AS Monaco est un curieux animal composé de stars (Moutinho et surtout Falcao), de vieux briscards (Carvalho, Abidal, Toulalan) et de jeunes formés au club ou achetés à l'étranger car "prometteurs" (Fabinho, Ocampos, Pi, Kurzawa).

Bref, un attelage étrange. C'est peu dire que sous la houlette de Claudio Ranieri, la mayonnaise a déjà pris et que, globalement, les monégasques se sont montrés supérieurs à de très bons marseillais.

L'OM de son côté, se présentait avec un dispositif identique à la saison dernière même si certains changements à des postes clés (Payet, Mendy, Imbula) démontrent  l'activité de Vincent Labrune sur le marché des transferts cet été.

Les 2 équipes affichaient un 4-2-3-1 mais en livraient une version très différente, à cause de leur animateur au centre du trident offensif : 

  • Valbuena, côté marseillais est un "ailier central". L'objectif est de porter le surnombre alternativement de chaque côté.

  • Moutinho est un N°10 plus classique qui se concentre sur l'animation depuis le centre du terrain.
    Moutinho : présent sur tout le terrain
    Valbuena : le "central winger"




Après quelques minutes de jeu marquées par les blessures de Diawara puis de Toulalan, l'OM imposait son rythme et son jeu sur les côtés aux visiteurs. L'ASM paraît au plus pressé mais se retrouvait souvent en infériorité numériques sur les ailes (3 contre 2) et l'OM concrétisait de nombreux centre. Cependant, l'OM se retrouvait face à un problème, ces centres ne trouvaient pas preneur à cause d'un manque de présence dans la surface. Gignac devait se débrouiller seul avec Abidal et Carvalho sur le dos. Aucun des 2 milieux défensifs marseillais ne prenait d'initiative, focalisé sur la perturbation du lien Moutinho / Falcao et la couverture du latéral (Fanni / Mendy), parti à l'assaut de son aile. Souvent pressés et perturbés par le rythme des marseillais, l'ASM ne céda jamais à la panique mais proposa peu. 

  •  Falcao : la déception monégasque de la première mi-temps. Le colombien, souvent, dut décrocher pour venir toucher le ballon et donner un peu de liant aux actions monégasques. Mais problème, sans support proche, à 45 mètres dos au but, il ne pouvait terminer ses actions que par une timide passe en retrait.

Dans ce schéma, il est donc logique que l'OM marque sur un coup de pied arrêté. Les locaux menaient 1 à 0 et au vu de leur première période et c'était mérité.

Evidemment, le but pris dès le retour des vestiaires fut une catastrophe, vu du côté marseillais s'entend. Si l'on peut attribuer le but de l'ASM à une faute d'inattention, on peut aussi mettre en lumière la présence de Moutinho ET Falcao ensemble à 10 mètres du but de Mandanda, ce que l'OM n'était jamais parvenu à faire.

Afin d'éviter une autre déconvenue, l'OM se rua à l'attaque et effectue un pressing plus haut. Pendant encore 10 minutes, l'ASM fut étouffé et cette bonne période phocéeene se conclut par l'occasion d'Ayew sur le poteau. Mais la technique monégasque allait peu à peu prendre le dessus grâce à 3 phénomènes :

  • Un  bagage technique et une maîtrise incroyable de la passe de l'intérieur du pied  (le geste le plus facile et le plus difficile du football
  • Le pressing marseillais qui découvrait l'arrière-garde et offrait des espaces
  • Enfin, l'entrée de Rivière. Confronté à un pressing haut, son profil de joueur d'espace était plus précieux que celui de Falcao. 
Dans les fait, l'OM ne tentera plus une frappe  après la 53ème minute. Pendant ce temps, Monaco se créait des occasion énormes, notamment sur des passes perforantes :

  • 63ème, Kurzawa met une tête sur le poteau, sur corner,
  • 65ème, Ocampos trouve Falcao tout seul dans la surface, qui manque son contrôle,
  • 75ème, Ocampos met une frappe de mule détournée par Mandanda,
  • 76ème, Rivière manque une première occasion, en profondeur.
Après le second but de Rivière, l'OM n'avait plus les moyens physiques de réagir : peut-être Elie Baup aurait-il dû effectuer ses 2 derniers changements avant mais toujours est-il que les phocéens avaient subi une démonstration en seconde période et qu'ils ont touché leurs limites : un jeu qui est devenu trop stéréotypé et une paire du milieu dont l'apport offensif est trop faible.

Quant à Monaco, Laurent Blanc a dû rêvasser dimanche soir devant sa télé : ah, si j'avais Ocampos à la place de Pastore...ah, si j'avais le talent de Ranieri...

Footballistico

lundi 26 août 2013

Nantes - PSG (1-2) : déroulé d'un match en 3 actes



Les dispositifs au début du match

Une fascinante bataille tactique entre 2 clubs qui ont fait évoluer leur dispositif en fonction des événements du match. Déroulé en 3 actes.

Acte 1 : 5-3-2 vs 4-3-3. Der Zakarian s'attendait à un 4-4-2 et avait adapté son dispositif en conséquence en prenant comme exemple les bonnes prestations défensives d'Ajaccio ou de Lyon la saison précédente avec une défense à 5 pour enquiquiner les 2 pointes parisiennes. L'idée était de garder un défenseur en surnombre. Sur les cotés, outre le latéral, un milieu pouvait se décaler pour conserver un 2 contre 2 en cas de montée des latéraux Maxwell / Van Der Wiel. 

Malheureusement pour les nantais, Laurent Blanc changeait son dispositif pour un 4-3-3 inédit avec un trio offensif Lavezzi / Ibra / et Thiago Motta en meneur reculé. Dès lors, la défense à  5 devenait inopérante :
  • pas de surnombre au centre de la défense ou alors 5 joueurs occupés à en marquer 3,
  • du coup, souseffectif sur les côtés, les 2 milieux latéraux étant occupés au centre du terrain,
  • liberté presque totale pour Thiago Motta dans son rôle d'animateur du jeu parisien.

Paris tentait donc de jouer à la fois sur son égalité numérique devant et d'occuper les ailes. A la décharge des Nantais, la défense à 5 était nouvelle pour eux et les 3 centraux ont semblé assez lents à comprendre les mouvements parisiens, à coordonner leurs montées ou à se déporter sur l'aile pour compenser le surnombre.

Paris jouait donc en profondeur : Motta tenait de trouver directement l'un de ses ailiers qui plongeait vers le centre ou de s'appuyer sur Ibrahimovic, typiquement en remise : 


  •  4ème minute, avec une passe de Motta en profondeur pour Ibrahimovic,
  • Jolie frappe de Cavani au ras du poteau,
  • tentative de coup du foulard d'Ibra pour Cavani, détournée du bout du crane par la défense nantaise,
  • et enfin, but de Cavani, à la 24ème minute sur une passe en pivot d'Ibra,

A l'issue de l'ouverture du score, on croyait que les nantais allaient se faire manger tout cru mais c'est ici qu'intervint le premier réajustement tactique.

Acte 2 : 4-3-3 vs 4-3-3

Bessat passait sur l'aile gauche et Veigneau montrait d'un cran au milieu. Du coup, la défense nantaise revenue à 4 était plus équilibrée et les locaux montaient d'un cran sur les parisiens. Ceux-ci pouvaient moins déployer leurs offensives librement jusqu'au 40 mètre et se mirent à perdre des ballons. La réaction nantaise à mis en évidence l'une des faiblesses récurrentes des parisiens depuis des lustres : leur incapacité à faire tourner le ballon pendant leurs temps faibles. A priori, face à une équipe plus faible techniquement mais remobilisée, le PSG a peiné pour aligner 3 passes de suite après la trentième minute. Le résultat : Paris pouvait s'estimer heureux de regagner les vestiaires à 0 - 1, les locaux ayant eu 2/3 occasions très franches, notamment sur coup de pied arrêté (autre faiblesse parisienne).

La même configuration durait au début de la seconde période et, inévitablement, Nantes allait rejoindre Paris au score, inévitablement sur coup de pied arrêté. Ouverture de l'acte 3.

Acte 3 : 4-3-3 vs 4-4-2

A la 63ème minute, Laurent Blanc faisait entrer Moura à la place de Pastore et Paris passait en 4-4-2. Brusquement, Lavezzi, un peu décevant jusque là, sortait la tête de l'eau et multipliait les déboulés côté gauche et les centres vers Cavani. On se serait cru à Naples, cru 2011-2012. Les 2 graphiques ci-dessous montrent l'apport de l'argentin entre la 1ère et la 62 et la 63ème et la 82ème.

Lavezzi 0-62 (source FourFourTwo)

Lavezzi 63-82 (source FourFourTwo)
 En 20 minutes l'argentin a créé autant d'occasions (flèches bleu ciel), réalisé plus de centres que pendant la première heure de jeu. Et bien entendu, il a scoré, suite à un jeu de billard.

A noter que Nantes payait aussi un pari dangereux, celui de positionner Bedoya, nominalement milieu offensif, face au rapide parisien.

Blanc pouvait blinder (Verratti puis Rabiot), Nantes n'avait plus les ressources même si le FCNA aurait pu trouver la faille dans les dernières minutes .

Pour Der Zakarian, ce match est plein d'espoir : il montre que son équipe a les moyens d'inquiéter les gros quand elle joue son jeu. Pour Laurent Blanc, beaucoup de chantiers sont ouverts :

  • Comment tenir le ballon dans les temps faibles,
  • Comment défendre sur coup de pied arrêté,
  • Comment mieux jouer les contres : Paris a paru beaucoup plus faible dans cet exercice que la saison dernière : ici, Cavani et Ibra ont paru se marcher dessus et l'absence de Menez prive les parisiens de vitesse.

 Footballistico

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