lundi 30 avril 2007

34ème journée : la malédiction des dauphins

Dans mon ode répétée à la Ligue 1 qui vise à défendre contre TF1 et marées la plus glorieuse des compétitions nationales, la 34ème journée a apporté hier de l’eau à mon moulin. Comme si les meilleurs joueurs européens ne s’appelaient pas Gerrard, Cech et Rooney mais Emana, Rothen et Lloris, voire comble de non conformisme Job, Matuidi et Regnault. Le match Troyes – Sedan s’est fini sur le même score que la rencontre d’anthologie M.U – Milan AC. Avec en plus un scénario dramatique à faire pâlir les Mancuno-milanais. A la clé, 26 buts (dont un seul vraiment casquette), et, outre le Troyes – Sedan susmentionné, l’OM et Paris, qui, souvent unis dans la gloire et le malheur, ont livré 2 matches splendides face à 2 belles équipes de Toulouse et Sochaux. Le foot est beau quand des lobs de Rothen répondent à des déboulés de Mansaré ou quand des extérieurs de Ribery mettent Richert au tapis. On n’entendra pas ce soir non plus les analystes défendre la Ligue 1 en ces temps où, pourtant, l’identité nationale se porte bien dans les médias. On glose sur la fin de Nantes et de Barthez, annoncée dans ces colonnes depuis bien longtemps.

Pourtant, il existe bien un phénomène troublant en ces temps de pré-bilan (même si la lutte pour les places qualificatives en Ligue des Champions risque d’être acharnée jusqu’au bout) : l’incapacité d’être N°2. Dans les autres championnats européens, les N°2 sont comme les N°1, juste en un peu moins bien (Roma, Real, Chelsea). En France, c’est un carrousel où les victorieux d’un soir s’installent par dépit et qu’ils quittent au plus vite par crainte d’être repéré. Crainte de l’ogre Lyonnais ou d’enfiler un costume trop grand pour eux ? En tout cas, un gros tiers des équipes de L1 ont occupé cette place avant de la quitter vers le bas, en général précipitamment, pour n’y jamais revenir ou alors très longtemps après, à l’issue d’une bonne crise.

- Nancy : 2ème et 12ème journée
- Bordeaux : 1ère et 34ème journée
- Marseille : de la 6ème à la 11ème journée puis à la 21ème
- Lille : journée 13, 14, 15et 22
- Lens : de 16ème à la 20ème journée la puis de la 23ème à la 31ème
- Toulouse : 32ème journée
- Lyon : 3ème à 5ème journée

Le diagnostic est terrible car on pourrait croire que c’est l’assaut frénétique des poursuivants qui fait descendre las dauphins successifs mais en général ceux-ci butent sur leur propre médiocrité et ratent quelques matches, ce qui permet à d’autres de s’installer sur ce siège décidément éjectable. Si mon analyse est la bonne, Bordeaux devrait perdre rapidement sa place actuelle et Rennes, qui ne l’a jamais occupée devrait s’y installer au soir de la dernière journée. En fait, ce constat est révélateur d’une des tares (réelles) de la Ligue 1 : le niveau homogène des poursuivants de Lyon. Les équipes sont tellement proches qu’une simple baisse de régime (blessés, suspendus, changement tactique, décision arbitrale, situation de doute) suffit à plonger une écurie triomphante en ramassis de tanches. L’absence du PSG cette saison et le sous-régime permanent de Marseille malgré un "line-up" intéressant ont fait le reste.

A noter les échecs des équipes qui essaient de construire "à la Lyonnaise" une performance stable, de haut vol et établie sur des bases solides comme Lille ou Monaco.

Bref, la saison prochaine, nous aurons encore 2 bizuths en Champions League et ce sera de nouveau le carnage.

Aristotelicien

dimanche 22 avril 2007

33ème journée de League 1 : des buts comme s’il en pleuvait

Comme nos analystes l’annonçaient la semaine dernière tandis que la France du Foot déplorait le manque de buts de la Ligue 1, les artilleurs de notre championnat se sont déchaînés et ont offert un spectacle d’une très bonne qualité aux quelques rares qui avaient bravé les comptes-rendus des spécialistes, la semaine dernière. Etonnamment, ces bonnes performances n’ont absolument pas eu droit à un article de ceux qui étaient si prompts à dégaîner leur plume vengeresse. Ceux qui crachaient sur les attaquants préfèrent s’appesantir sur l’agonie du FCNA. Ce serait déchoir que de reconnaître quelques mérites aux Pauleta, Pagis, Pujol & Co.

Pourtant, à ceux qui désespéraient, la 33ème journée a offert quelques moments palpitants avec en prime :
- des buts à la pelle : 23 en 8 matches, avant Auxerre-Lyon et Saint-Etienne-Bordeaux
- plus que la quantité, c’est la qualité qui a compté. En vrac :
  • une frappe de 45 mètres d’Emana, qui "avait vu le gardien avancé"
  • un but de volée dans un angle impossible de Rothen
  • 2 superbes coups francs directs de Pauleta et Marveaux dans 2 genres très différents (subtil et en force),
  • une magnifique reprise de volée contre son camp d’Echouafni,
  • des arrêts incroyables de Pelé, Richert et Lloris, qui ont longtemps retardé l’échéance,
  • des attaquants, qui mettent les défenses à genoux, notamment lors d’actions rapides et tranchantes : Pauleta, Luyindula (simplement incroyable hier, impliqué dans les 4 buts parisiens), Cissé (le mal aimé), Gigax, Grax, Menez,
  • des arbitres inspirés qui, malgré un penalty peut être sévère (sifflé contre Sedan), ont, pris leurs responsabilités et n’ont pas faussé les résultats,
  • des fins de match palpitantes avec des retournements incroyables,

Et encore, si Steve Savidan n’avait pas été suspendu, on aurait sans doute connu une soirée encore plus riche.

Au niveau des résultats, rien de bien étonnant, si ce n’est l’étonnante capacité des dauphins de Lyon à perdre dès qu’ils atteignent cette seconde place maudite :
- Nantes et Sedan sont condamnés. Les analystes de footballistico versent une petite larme pour les ardennais qui ont toujours tenté de développer un jeu agréable et offensif malgré un classement uniformément médiocre.
- Pour Troyes, 18ème à 6 points de Nice, cela semble mal embarqué. Seul un miracle ou la déconfiture totale de Nice, V.A ou le PSG pourrait encore sauver les aubois.
- En revanche, on reste en plein flou du côté des places d’honneur. Toulouse ayant perdu, toutes les équipes situées entre la seconde place (Lens) et la 7ème (Sochaux) + Saint-Etienne (avec un match en moins) peuvent espérer jouer la Ligue des Champions.

Bref, pour ceux qui aiment simplement le vrai spectacle dénué de tout suspense, juste par amour du beau jeu : restez connecté sur la Ligue1 !



Aristotelicien

vendredi 20 avril 2007

Un champion en demi-teinte.

Le match en retard de la 31ème journée entre Lyon et Rennes a apporté l’éclatante confirmation de ce que l’on pressentait. Personne, malgré les dénégations de Jean-Michel Aulas, n’a rien à faire du 6ème titre de champion de l’OL. L’absence d’opposition sérieuse, alliée à la répétition des titres, a depuis longtemps lassé les joueurs, les spectateurs et même l’encadrement. Bref, ce qui devait être une fête s’est transformée en spectacle pénible, accompagné d’un geste probablement raciste de Baros et des huées des spectateurs. Entre Gérard Houllier prétendant que c’était fini et Aulas rappelant qu’il fallait "respecter" la Ligue 1, on a vraiment l’impression que la saison pour Lyon a déjà été trop longue, qu’elle s’est achevée un soir d’Avril face à Bordeaux ou plus sûrement de février face à la Roma. C’est dommage, car à l’automne l’équipe proposait sans doute un des jeux les plus alléchants d’Europe et aurait pu tenir la dragée haute à n’importe quelle grosse écurie avant de finir battue par Troyes et Henrique. A la fin des matches aller, Lyon avait déjà 50 points, soit seulement 20 de moins qu’aujourd’hui (2,63 point par match). 13 journées plus tard, Lyon possède un total de 70 points (soit 1,53 point par match retour). Pourtant dans cet intervalle, Lyon a accru son avance sur son poursuivant direct, de 3 points. Le drame Lyonnais est là : sans rival digne de ce nom, le titre n’a plus aucune valeur. « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». Jamais cette maxime ne s’est mieux appliquée à Lyon, aujourd’hui menacé d’implosion à cause de ses rivaux. A moins que ce ne soit un piège diabolique tendu par Toulouse, Rennes ou Lille pour ravaler l’OL au rang d’un club de L1.

Si l’on ne fait rien, l’OL pourrait même ne plus se présenter lors des derniers matches et finir quand même champion. De toute façon même s’il faut "respecter la L1" à quoi bon jouer ces matches pourris. Fort heureusement, toute l'quipe de footballistico (renforcé pour l'occasion par Yannick Noah) a établi un prgramme spécifique de motivation dans le cadre des 6 dernières journées afin d’aider le groupe à se remobiliser histoire de garantir le spectacle.
- 33ème journée (Auxerre) : faire jouer l’équipe avec Baros seul en pointe et porter un tee-shirt frappé du slogan « les blacks sont des lopettes ». Essayer de maintenir le but de Coupet et l’intégrité physique du tchèque inviolés (face à Issa, Akalé et N’Diaye).
- 34ème journée (Le Mans) : faire jouer l’équipe en 4-2-4 avec Malouda, Govou, Fred et Baros (s’il s’en est sorti) en pointe. Leur transmettre tous les ballons pour qu’ils se mettent en valeur. Inviter parallèlement tous les recruteurs des clubs européens à cette soirée. Si certains des 4 font un bon match, proposer une promo de 50% de type « cash & carry ». Si quelqu’un achète Fred ou Malouda, offrir Govou en prime.
- 35ème journée (PSG). Perdre. Afin de sauvegarder l’intérêt économique de la L1 (à défaut de son intérêt sportif).
- 36ème journée (Lens). Jouer bien, vite et fort. Ecraser les artésiens afin de bien faire mesurer à Lens le poids de sa culpabilité. Sa faute : ne pas avoir entretenu le suspense, alors que l’OL lui a offert 13 occasions de revenir sur ses traces.
- 37ème journée (Monaco). Aller se baigner. Ca sera la dernière occasion de rigoler tous ensemble avant de prendre des chemins différents.
- 38ème journée (Nantes). Encaisser 2 buts dans les 5 premières minutes afin de faire croire à Nantes qu’ils vont se maintenir. Puis faire entrer Benzema et Källström en 2de mi-temps. Marquer 3 buts (dont un sur une erreur de Barthez) et condamner le FCNA, histoire de lire leur désespoir dans les yeux des joueurs d'un ex-grand club français. S’en souvenir. C’est ce qui attend l’OL un jour.

Aristotelicien

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