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vendredi 18 mai 2007

Ligue 1 : un été en pente raide

Le championnat n’est pas encore terminé mais tandis que Troyes essaie désespérément de se sauver et Lens, Bordeaux et Marseille d’accrocher une place en Ligue des Champions, les jeux sont quasiment faits. Et les équipes peuvent donc faire leur introspection. Pour beaucoup d’entre elles, ce bilan est largement insatisfaisant, d’autant plus que pour certaines il a semblé briser un élan prometteur. Pour d’autres, il est logiquement décevant, à l’aune des saisons précédentes. Enfin, pour quelques unes, on a frisé voire atteint l’apocalypse (la Ligue 2). Dans tous les cas, dans une Ligue de petites villes qu’on se plaît à décrier, l’été devrait être agité entre règlements de compte intra-staff, « volonté de construire une équipe compétitive » et prétentions salariales de joueurs déçus, qui lorgnent vers l’Espagne, l’Angleterre ou le Qatar. En vrac, voici l'état des lieux des principales écuries de L1, alimenté per les nombreuses rumeurs (qui feront l’objet de démentis formels dans les prochains jours comme Aulas avec Essien), remontées par notre équipe terrain, ainsi que nos prévisions pour la saison 2007-08.

- Marseille. Déçu par le coaching d’Emon en finale de la Coupe de France, RLD prend les commandes opérationnelles du club, vire le malheureux entraîneur ainsi qu’Anigo et Diouf, engage Rijkaard, qui rameute Zenden, Cocu et Van Der Sar sur la canebière. Après un mercato d'hiver agité suite à un mois de Décembre catastrophique, le club finit 12ème du championnat et perd en finale de la Coupe de la Ligue face à Auxerre.
- Lille, déçu par des résultats très mitigés et des salaires peu en rapport avec l’ambition du «petit Lyon», le club se disloque. Puel quitte le club, comme Jean II Makoun, Plestan, Bodmer, Tavlaridis, Odewingie et Tafforeau. Le club est rétrogradé en Ligue 2 en 2008, malgré l’embauche de Courbis en Avril.
- Nantes est rétrogradé en National, jugeant la L2 « trop physique ».
- Lyon vit un été compliqué avec le départ de 8 titulaires et de Gérard Houllier, pour le Rotor Volgograd. Didier Deschamps est appelé à la rescousse. Exceptionnellement, le club fait un bon parcours en Ligue des Champions (finale perdue face à Barcelone) mais finit troisième de Ligue 1. A la fin de la saison, J.M. Aulas renouvelle toute sa confiance à Deschamps tout en s’activant en coulisse pour débaucher Mourinho.
- Après avoir débarqué tous ses titulaires (à l’exception de Landreau et Traoré), l’intégralité du staff médical et l’équipe technique, Paris vit un début de saison grandiose : 1er à la dixième journée, le club est encore 3ème à la pause. Malheureusement, un changement d’actionnaire, qui amène ses « hommes de confiance » modifie l’équilibre de l’équipe parisienne. Le club de la Capitale finit 13ème (juste dérrière Marseille) mais remporte la Coupe de France, face à Lens.
- Ricardo teste à Bordeaux pour la première fois une organisation en 10-0-0, après les départs de Chamakh, Darcheville, Obertan et Faubert et le recrutement de Plestan, Diakhaté et Signorino. Le club de gironde finit 10ème avec la meilleure défense mais la moins bonne attaque du championnat.
- Saint-Etienne débarque Hasek et la moitié de son effectif au profit de Roussey et de joueurs d'un niveau "international" (mais international slovaque et burundais). Après une bonne première partie de saison, le club loupe la qualification pour une compétition européenne et retombe dans la crise.
- Metz et V.A sont rétrogradés en Ligue 2 malgré une grande stabilité d’effectif, comme quoi, la stabilité…
- Malgré une armada de recrues croato-libéro-argentines, Monaco se traîne tristement en seconde partie de classement. Banide est remercié au profit de Claude Puel. L’équipe de la Principauté remonte en flèche mais échouera au pied du titre
- En effet, Sochaux est champion après un recrutement équilibré de « joueurs moyens » mais constants. Richert et Jérôme Leroy deviennent respectivement le gardien et l’animateur offensif de l’équipe de France. Grégory Coupet et tous les nostalgiques de Zidane se suicident avant l’Euro.

Aristotelicien

lundi 30 avril 2007

34ème journée : la malédiction des dauphins

Dans mon ode répétée à la Ligue 1 qui vise à défendre contre TF1 et marées la plus glorieuse des compétitions nationales, la 34ème journée a apporté hier de l’eau à mon moulin. Comme si les meilleurs joueurs européens ne s’appelaient pas Gerrard, Cech et Rooney mais Emana, Rothen et Lloris, voire comble de non conformisme Job, Matuidi et Regnault. Le match Troyes – Sedan s’est fini sur le même score que la rencontre d’anthologie M.U – Milan AC. Avec en plus un scénario dramatique à faire pâlir les Mancuno-milanais. A la clé, 26 buts (dont un seul vraiment casquette), et, outre le Troyes – Sedan susmentionné, l’OM et Paris, qui, souvent unis dans la gloire et le malheur, ont livré 2 matches splendides face à 2 belles équipes de Toulouse et Sochaux. Le foot est beau quand des lobs de Rothen répondent à des déboulés de Mansaré ou quand des extérieurs de Ribery mettent Richert au tapis. On n’entendra pas ce soir non plus les analystes défendre la Ligue 1 en ces temps où, pourtant, l’identité nationale se porte bien dans les médias. On glose sur la fin de Nantes et de Barthez, annoncée dans ces colonnes depuis bien longtemps.

Pourtant, il existe bien un phénomène troublant en ces temps de pré-bilan (même si la lutte pour les places qualificatives en Ligue des Champions risque d’être acharnée jusqu’au bout) : l’incapacité d’être N°2. Dans les autres championnats européens, les N°2 sont comme les N°1, juste en un peu moins bien (Roma, Real, Chelsea). En France, c’est un carrousel où les victorieux d’un soir s’installent par dépit et qu’ils quittent au plus vite par crainte d’être repéré. Crainte de l’ogre Lyonnais ou d’enfiler un costume trop grand pour eux ? En tout cas, un gros tiers des équipes de L1 ont occupé cette place avant de la quitter vers le bas, en général précipitamment, pour n’y jamais revenir ou alors très longtemps après, à l’issue d’une bonne crise.

- Nancy : 2ème et 12ème journée
- Bordeaux : 1ère et 34ème journée
- Marseille : de la 6ème à la 11ème journée puis à la 21ème
- Lille : journée 13, 14, 15et 22
- Lens : de 16ème à la 20ème journée la puis de la 23ème à la 31ème
- Toulouse : 32ème journée
- Lyon : 3ème à 5ème journée

Le diagnostic est terrible car on pourrait croire que c’est l’assaut frénétique des poursuivants qui fait descendre las dauphins successifs mais en général ceux-ci butent sur leur propre médiocrité et ratent quelques matches, ce qui permet à d’autres de s’installer sur ce siège décidément éjectable. Si mon analyse est la bonne, Bordeaux devrait perdre rapidement sa place actuelle et Rennes, qui ne l’a jamais occupée devrait s’y installer au soir de la dernière journée. En fait, ce constat est révélateur d’une des tares (réelles) de la Ligue 1 : le niveau homogène des poursuivants de Lyon. Les équipes sont tellement proches qu’une simple baisse de régime (blessés, suspendus, changement tactique, décision arbitrale, situation de doute) suffit à plonger une écurie triomphante en ramassis de tanches. L’absence du PSG cette saison et le sous-régime permanent de Marseille malgré un "line-up" intéressant ont fait le reste.

A noter les échecs des équipes qui essaient de construire "à la Lyonnaise" une performance stable, de haut vol et établie sur des bases solides comme Lille ou Monaco.

Bref, la saison prochaine, nous aurons encore 2 bizuths en Champions League et ce sera de nouveau le carnage.

Aristotelicien

mardi 20 mars 2007

L'OL, champion des phases de poule

Ainsi, encore une fois, Lyon est tombé piteusement entre hiver et printemps, face à une bonne équipe, mais pas forcément un cador, en Ligue des Champions. Pour la cinquième fois, le champion de France a chuté sans avoir réellement lutté, sans s’être transcendé, après avoir joué petit bras à l’aller et bafouillé son football au retour. A quoi sert donc d’être champion, pour la 53ème année consécutive (record national battu) avec 34 points d’avance sur le second pour arriver à CA ? La question mérite d’être posée, surtout à la lumière de nos 2 (seuls) champions d’Europe, l’OM et le PSG. Voilà 2 clubs, décriés, méprisés, en passe pour le premier d’être repris par un mystérieux homme d’affaires canadien (le mot « affaire » mérite bien ici sa polysémie) et l’autre à la dérive, perdu quelque part entre Sedan et Troyes dans les tréfonds d’un championnat dominé par les rhodaniens. L’OL, donc, impressionnante machine à écraser tranquillement l’ASSE ou Valenciennes. Seulement, voilà, l’Europe, c’est autre chose et Totti, ça reste au dessus de Savidan et les ambitions de l’OL se brisent régulièrement sur le mur de solides équipes Luso-Italo-Hollandaises. Alors, on pourra dire que les exploits des Phocéo-Parisiens sont d’une autre époque, que le Rapid de Vienne, c’était quand même pas le Milan AC et que Juninho comme tireur de coup franc c’est mieux que N’Gotty (ceux la n’osent quand même pas critiquer Basile Boli). Mais justement, c’est cette fantastique capacité à transformer le plomb du championnat en Or des coupes qui fait les grandes équipes, les souvenirs émus et la passion dans les chaumières, la certitude que le talent sans la hargne n’est rien et que les teignes (Heinze est leur Dieu) ont leur place au Panthéon du foot. D’une autre époque les exploits de l’OM et du PSG ? Allons donc, en 2004, l’OM, égale à elle-même en championnat, c'est-à-dire très loin des bourgeois lyonnais, arrive en finale de la coupe de l’UEFA. Plus récemment, une équipe de remplaçants parisiens allait humilier le champion en titre grec avec un but superbe de Mendy (Mendy !), une patate dans la lucarne, après avoir effacé 2 défenseurs. Et cela sans parler des exploits de Monaco (qui n’a pas repassé en boucle le but de Giuly face au real ?). Même la réaction de Lille, très excessive face au but du rusé Giggs, apparaît comme ce qu’elle est : la rage énorme et finalement saine de joueurs moyens, qui, pendant un soir, se sont élevés à la hauteur de l’événement en tenant tête à l’une des meilleures équipes d’Europe. Pendant ce temps, l’OL se promène en poule, fait le beau et passe de temps en temps les huitièmes face à la Real Sociedad. Mais voila, dès que les tueurs se pointent, plus personne. Réveillez-moi quand Réveillère mettra un tir à la Mendy, quand Gérard Houllier sortira Juninho en plein match comme Luis Fernandez avec Ronaldinho ou quand il aura l’accent belge comme le regretté Goethals.

En fait, Aulas incarne tellement Lyon qu’il a intégré les complexes naturels de la capitale des Gaules : capitale de la Province du foot mais incapable de s’élever plus haut, Beaujolais, plus que Bourgogne, ainsi va l’OL. Mais que pouvaient-ils faire face à la cité éternelle ?

Dernière remarque : je suggère de nommer en début de saison l’OL champion de France et de qualifier en Ligue des Champions l’OM, le PSG (même en L2), plus une équipe au hasard (Lorient, Nantes ou Lille, par exemple). Comme ça, le suspense en Ligue 1 sera au même niveau qu’aujourd’hui mais nos chances en Ligue des Champions plus fortes.

Aristotelicien

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