lundi 16 août 2010

Le PSG "tactiquement énorme" autoproclamé

Antoine Kombouaré a le sens de la formule. Après avoir voulu "casser mentalement" les lillois au retour des vestiaires, il a assuré que son équipe avait été "tactiquement énorme".

Footballistico ne pouvait pas passer au travers d'une telle autosatisfaction et se devait d'analyser un peu plus la performance du PSG face à Lille.

En termes de dispositif, pas de nouveauté. Toujours en 4-4-2 (presque devenu une rareté en L1), le PSG enregistrait le retour de Jallet à droite et Ceara glissait à gauche pour constituer un axe 100% brésilien avec Néné. Lille de son côté affichait aussi le 4-3-3 qui a fait sa réputation (et son surnom de "Barcelone à la française") avec Gervinho à gauche, Hazard à droite et De Melo au centre.

Paris se retrouvait donc face à une équipe qui dispose d'un potentiel offensif intéressant, capable d'écarter avec notamment un arrière latéral droit (Debuchy) au tempérament très offensif, de combiner au centre et d'effacer en solo (Hazard, Gervinho). Face à une telle équipe, l'option prise par Kombouaré était simple : défendre bas pour priver les Lillois d'espace. Éventuellement, faire des fautes lorsque l'on risque d'être dépassé individuellement.

Paris a laissé les Lillois venir : le PSG a la possession la plus faible de toute la journée de L1 (39%, ce qui est très faible). Paris a dû beaucoup regarder les cassettes de Barça - Inter pendant les vacances.

Les points positifs à retirer de cette terre du nord sont évidemment nombreux. D'une part, Néné et Sessegnon ont prouvé qu'ils étaient capables d'aller au charbon défensivement, bloquant les latéraux lillois assez bas. Néné n'est pas un bon défenseur (carton sur un dribble où il était dépassé) mais il a fait preuve d'une grosse activité en étant le seul parisien présent à la fois devant et derrière. De son côté, Bodmer jouait un peu plus bas que lors du premier match et a dû se cantonner aux tâches défensives. A noter également le bon match et le calme de la charnière centrale Sakho / Camara. Le prix à payer était toutefois important puisque Paris n'a jamais pu prendre le jeu à son compte et a dû se contenter des miettes. La raison en est simple. D'une part le fait de faire descendre ses milieux offensifs plus bas empêchait les parisiens de trouver des relais en phase de contre. D'autre part, au milieu l'axe Makélélé / Bodmer se trouvait assailli dès la récupération par les très actifs Balmont / Cabaye empêchant une relance propre.

Alors, quoi ? Lors de ses rares tentatives offensives, Paris a fait 2 choses :

- balancer devant. Le péché mignon des parisiens. Hier soir, en pure perte.
- par l'axe gauche, Néné / Ceara, qui a montré des choses intéressantes, malheureusement trop rares, car après 2 ou 3 incursions dans le camp lillois, le latéral brésilien a vite été repositionné plus bas.

En fin de match, la baisse de régime physique des lillois associée à l'entrée de 2 hommes frais (Clément + Luyindula) a apporté incontestablement un plus à l'entre-jeu parisien, Lille se contenant de remplacer ses 3 attaquants. Paris s'est alors prudemment porté vers l'avant et on a un peu vu Sessegnon et Jallet. Insuffisant, toutefois, pour faire basculer le match.


Enfin, au delà de sa performance individuelle, excellente dans le contexte, Néné apporte aux parisiens, ce qui leur manquait l'année dernière, la performance sur coup de pied arrêté. Les 3 actions parisiennes les plus dangereuses l'ont été sur ces phases de jeu (1 corner, 1 coup franc rapidement joué et le coup franc aux 20 mètres direct).

Quant aux Lillois, ils sont désormais attendus et il faudra qu'ils trouvent la solution car de nombreux entraîneurs de L1 vont trouver que défendre bas face à cette équipe est un bon moyen de les bloquer.

En conclusion : un match défensif qui permet au PSG de se rassurer mais il faudra montrer autre chose, notamment à domicile, pour espérer quelque chose cette saison.

Footballistico

dimanche 15 août 2010

Chelsea : le rouleau compresseur est de retour

La campagne de recrutement de Chelsea a été plutôt prudente jusqu'à présent et les experts de tout poil jugent que l'équipe est toujours efficace, certes, mais vieillissante et en perte de vitesse avec 7 joueurs de l'équipe-type au-dessus de 30 ans et des départs (Carvalho, Ballack, Joe Cole) non compensés (arrivée du seul Benayoun).

En fait, le gros transfert de l'année à Chelsea s'appelle Michael Essien : il est de retour (et il semble content) et avec lui, Chelsea sera encore plus impitoyable cette année, ne laissant que des miettes à ses opposants plus faibles (hier West Bromwich Albion). Il reste à voir comment se comportera Chelsea face aux gros bras de la Premier League et lors des joutes européennes, face à des équipes qui n'auront comme défenseur central un rebut de l'AJ Auxerre (Tamas).

D'une façon plus personnelle, cela faisait plaisir de revoir quelques héros de l'été (Malouda, Anelka) et de les situer dans un autre contexte. C'est très simple : ils ont tout déchiré, à l'instar de toute l'équipe. 6-0 avec des buts réussis dans quasiment toutes les phases de jeu possibles (coup franc direct, corner, tir de loin, combinaison dans la surface, départ dans le dos de la défense).

En termes tactiques, Chelsea applique toujours sa fameuse formule 4-3-3, qui lui a si bien réussi l'année dernière (Ferreira/Ivanovic-Alex-Terry-A.Cole, Lampard-Mikel-Essien, Malouda-Drogba-Anelka). Comme souvent, ce n'est pas seulement le dispositif en lui-même mais les détails donnés par Ancelotti, qui lui donnent toute sa richesse.

Face à une équipe défensive comme WBA, Chelsea joue en 2-1-4-3 dès qu'ils ont la possession du ballon. John Obi Mikel descend au niveau de ses défenseurs centraux pour servir de relais pendant que les 2 latéraux montent comme des balles devant. En fait, on pourrait argumenter qu'Ashley Cole a joué comme un ailier (2/3 des ballons touchés dans la moitié de terrain de WBA). Devant, Malouda joue à gauche mais se trouve donc un peu plus libre d'évoluer vers le centre qu'un véritable ailier tandis qu'Anelka est beaucoup plus libre de ses mouvements. On l'a vu dans 2 des buts de Chelsea où, sur le premier Anelka se situe à gauche pour servir de relais à Ashley Cole avant le but de Lampard. Sur le second, il est à droite et lance Malouda. Anelka en passeur décisif, donc. Tout cela (le rôle et le talent d'A.Cole, les décrochages d'Anelka, le rôle plus avancé de Lampard qu'Essien) fait que le jeu de Chelsea penche incontestablement vers la gauche, ce qui pourrait donner des idées à  d'autres équipes mais pour l'instant la domination territoriale, l'activité inlassable d'Obi Mikel et d'Essien et l'efficacité sur coup de pied arrêté (une autre arme fatale de Chelsea) a lancé un avertissement à tous les autres cadors de Premier League.

En conclusion, une équipe impressionnante, encore plus soudée que l'année dernière et qui avec le retour Michael Essien devrait dominer la possession de balle encore davantage. Bon courage à leurs opposants à Stanford Bridge. Ça risque d'être difficile...

Footballistico

mardi 10 août 2010

PSG : un 4-4-2 pour quoi faire ?

Footballistico a décidé de réorienter légèrement sa ligne éditoriale en devenant plus tactique dans ses analyses sans abandonner toutefois le ton parfois décalé qui a fait sa légende.

Il était logique de commencer par notre club de coeur (comme disait Frédéric Dehu) après sa brillante prestation de Samedi (7/08) face à l'ogre stéphanois à l'occasion de la première journée de Ligue 1.

Tout d'abord un petit mot sur les transferts : le PSG a donc réussi (du moins, a priori) à conserver ses meilleurs éléments grâce à un marché atone et à faire venir 2 renforts en la personne de Néné et Bodmer. Sans crier au génie, on peut affirmer que ces joueurs pallient 2 faiblesses récurrentes du PSG de la saison dernière : l'inefficacité chronique sur les coups de pied arrêtés et le manque de banc au milieu de terrain.

En termes de tactique, Antoine Koumbouaré souhaite donc se fixer sur un 4-4-2 strict avec 2 "vrais" attaquants, Erding en percussion, Hoarau en pivot. Néné se fixe donc à gauche, Sessegnon arrêtera de râler en étant repositionné à droite. Makélélé garde sa place préférée devant la défense et Bodmer de son côté devrait être légèrement plus avancé que Clément.

Le problème, c'est qu'il est difficile de tirer des conclusions définitives sur le match de samedi puisque Saint-Etienne a toujours été mené au score à l'exception de 6 minutes de jeu et que le reste du temps, Paris s'est livré à son péché mignon : reculer. On peut quand même avancer quelques pistes :
- Paris est une équipe de contre ou plutôt d'explosivité. Dès qu'une balle est récupérée,on se projette très vite vers l'avant en privilégiant plutôt les départs dans le dos de la défense qu'un travail sur les ailes. A cette aune, l'entrée en jeu de Giuly est très intéressante, au vu de sa rapidité (en général, Giuly parvient à être rapide 20 minutes par match). Un joker intéressant, donc.
- Sessegnon dispose d'une certaine liberté en repiquant parfois au centre tandis que Néné colle plus à gauche même s'il leur arrive de permuter.
- les arrières latéraux sont assez peu impliqués dans le jeu offensif tandis que les avants le sont assez peu dans le jeu défensif (sauf sur coup de pied arrêté où Hoarau a détourné un nombre invraisemblable de corners).

Au vu de cette tactique, Paris demeure toutefois avec plusieurs problèmes qui devraient lui coûter des points (et occasionner des psychodrames) si les scénarios des rencontres lui sont moins favorables que samedi dernier.

Premier problème : face à une équipe jouant en 4-5-1 (de plus en plus nombreuses en L1) ou, encore mieux, en 3-5-2, Paris sera dominé au milieu de terrain et ne pourra donc pas compter sur une possession de balle supérieure pour construire.

Second problème : l'utilisation des ailes. Défensivement, Néné et Sessegnon ne sont pas des cadors. En outre, le béninois a l'habitude de se balader au milieu pour aller titiller les défenses en s'appuyant notamment sur Hoarau. Paris risque donc d'être fragile, notamment sur le côté droit de sa défense. Conclusion : les latéraux parisiens (Ceara, à droite, Armand/Jallet/Makonda à gauche) se cantonneront à des tâches défensives et il est donc vraisemblable que le danger ne viendra pas des ailes.

Troisième problème : une sur-utilisation du centre du terrain pour la relance. C'est un corollaire du point précédent : il est vraisemblable que la courroie de transmission Makélélé - Bodmer soit l'une des clés du jeu parisien, cette année, afin de projeter vite le ballon vers l'avant. Si les équipes d'en face réussissent à bloquer l'ancien Lyonnais dans les phases de récupération (pas trop dur avec un milieu de plus, sur un joueur qui n'est pas réputé pour sa mobilité), ben, faudra balancer devant...

Néanmoins, tout n'est pas noir, Paris, en dépit d'une possession de balle très médiocre (46%) est l'une des équipes qui a le plus tiré au but (et cadré, d'ailleurs) mais, simplement, les observations ci-dessus incitent à la prudence. L'affrontement, la semaine prochaine face à Lille (a priori en 4-3-3) risque d'être un révélateur plus cruel que les gentils stéphanois.

Footballistico

PS : un petit mot sur Lassana Diarra. Hier en conférence de presse, il a défendu Raymond Domenech. Dans la curée actuelle et alors que rien ne l'y obligeait, c'est à mettre à son crédit.

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