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jeudi 17 janvier 2008

1/4 de finale de la Coupe de La Ligue : OL et PSG, destins croisés.

Même si l'on redit une fois de plus que la Coupe de La Ligue est une compétition un peu médiocre, qui n'intéresse pas grand monde et qui surcharge les calendriers, on ne refuse tout de même pas une bonne série de quart de finale retransmis en continu sur le service public. De quoi déplaire aux employeurs des chroniqueurs de footballistico, qui avaient là une excuse toute trouvée pour s'opposer au diktat du "travailler plus pour gagner plus" au profit (?) du non moins fameux "on n'a jamais trop de foot". En dépit de conditions météo parfois difficiles, les matches ont été soit pétillants, soit riches en suspense :

- Le Mans – Lyon. Pour une équipe qui va se mesurer à Manchester United en février, l'OL a fait peur. Certes, on peut affirmer que les lyonnais n'ont pas placé la Coupe de la Ligue au 1er rang de leurs priorités mais tout de même le spectacle offert hier a laissé voir quelques faiblesses. Face à une équipe du Mans privée de 6 de ses titulaires, l'OL a joué avec 1 seul joueur(Benzema) + 1 tireur de coup franc (Juninho). Certes, côté rhodanien, quelques titulaires manquaient aussi mais on se demande si la vieille antienne des supporters déçus,g "trop payés" n'a pas un peu de vrai. Crosas, dont c'était le premier match sur le banc, a dû se demander s'il n'était pas tombé sur l'équipe B de Getafe, lui qui pensait "acquérir du temps de jeu" chez un cador. Côté manceau, l'équipe de footballistico commence à vouer un culte discret à Rudi Garcia et à la cellule de recrutement du Mans, menée par Daniel Jeandupeux. L'effigie de Rudi trône désormais sur l'étagère entre Aimé Jacquet et Didier Ollé-Nicolle. Ces mecs là vont tout déchirer lorsque la fameuse MMAArena sera érigée.
- Lens – Nancy. L'efficacité du duo d'attaque Leclercq – Papin commence à porter ses fruits. Et les limites du vice-champion d'automne aussi malgré l'invitation de quelques seconds couteaux et de Grégorini dans les cages, qui s'est d'ailleurs illustré par une relance bien foireuse. Les gants de plomb ?
- PSG – Valenciennes. On savait déjà que le PSG jouait mieux lorsque les remplaçants rentraient tôt. On sait désormais qu'il fonctionne mieux à 10. Il faut systématiser cette double approche : faire jouer les joueurs de la réserve en L1 et demander à un défenseur de quitter vite ses camarades. (on n'omettra pas de pré-transférer l'avant-centre au Qatar).
- Auxerre – Marseille. Benoît Pedretti "toute la France attendait l'OM, et ben ils auront Auxerre". C'est ben vrai Ben : personne n'attendait l'AJA.

Bref, des quart de finale surprenants voire plaisants, vivement une autre compétition de daube retransmise par une chaîne de la TNT !

lundi 28 mai 2007

38ème Journée. Toulouse : la pelouse et le tapis verts

« Au bout du suspense », Toulouse est donc devenu le 3ème club français qualifié pour la Ligue des Champions (du moins son tour préliminaire). Si, lors du match précédent, les toulousains avaient gagné grâce aux supporters nantais, ils ne doivent la victoire face à Bordeaux qu’à eux-mêmes et à la médiocrité consternante de leurs adversaires. Les girondins commençaient en effet leur partie bien aidés par le malheureux Douchez. Et ensuite, ils se sont laissés tranquillement dominer par des Toulousains, il est vrai, déchaînés. Au total, 60% de ballons laissés aux pensionnaires du Stadium. Apparemment, du côté de Toulouse, c'était la grosse fête : on était aussi surpris que les Rennais cueillis à froid par Fauvergue. Du côté de l’Aube, Lens faisait son pire match de la saison (ou Troyes son meilleur, c’est selon) : un expulsé à la 34ème minute, un but pris dès la 8ème, une défense passive, avec 342 mauvaises relances. Bref, un match catastrophique. On a beau invoquer « le manque de profondeur du banc », on se pose quand même des questions sur la préparation physique et le mercato lensois, surtout quand 9 lensois sont actuellement prêtés…

De son côté, Rennes échoue donc au pied du podium mais gagne probablement le titre d’équipe poissarde de la saison, après le match gagné par Toulouse sur tapis vert, et l’égalisation de Fauvergue dans les arrêts de jeu. S’il n’y avait pas cette détestable polémique sur le match gagné par Toulouse à Nantes, on la trouverait sympathique cette équipe rennaise, avec Utaka, Briand, Melchiot et Pouplin. On se prendrait même à lui souhaiter bonne chance pour la saisons prochaine.

Il est difficile de trouver un guide pour la saison prochaine tant l’intersaison devrait être riche en mouvements. Pas en joueurs, les clubs français n’ont apparemment toujours pas les moyens en dépit du bouclier fiscal mis en place par Nicolas Sarkozy. Mais les entraîneurs devraient valser en masse. Outre les partants sûrs (Houllier, Furlan, Hasek), il y a aussi ceux dont l’avenir s’inscrit en pointillés (Banide, Emon, Papin, Puel, Perrin, Hantz) sans compter les surprises toujours possibles. Si l’on ajoute les entraîneurs virés en cours de saison, les coachs qui auront connu le même banc 2 saisons de suite se compteront sur les doigts d’une main : Fernandez à Auxerre, Ricardo à Bordeaux, Antonetti, Correa, Baup, Kombouaré. La plupart de ces clubs ne conservent pas leur technicien à cause de leur immense talent tactique mais surtout parce qu’il est parvenu à maintenir le club et que dans le contexte financier, c’était tout ce qu’on lui demandait. Les cours de flute accélérés auxquels se livrent les dirigeants sur la « nécessaire stabilité » n’ont donc pas trouvé de conclusion dans les faits. En fait, la France reste prisonnière d’un atavisme hérité de la période des clubs des villes de foire où tout le monde donne son avis sur tout et où l’entraîneur n’est souvent qu’un des acteurs des jeux de pouvoir sourds qui se jouent en coulisse. Les 10 dernières années ont déjà vu un progrès énorme : les entraîneurs débarquent avec leur staff (adjoint, préparateur physique, voire une partie de l’équipe médicale). Il reste un pas énorme à franchir, celui de transformer les entraîneurs en « manager sportif », supervisant l’ensemble du domaine sportif (formation, recrutement, préparation d’avant-saison), laissant uniquement la gestion financière et le marketing aux « autres ». Cette transition semble en cours au PSG où Le Guen est arrivé en pleine déconfiture et a pu dicter ses conditions. Elle semble évidemment très lointaine à Lyon, où l’on a un président qui se mêle de tout et à Marseille où tout le monde s’occupe de tout et tous les autres, où le but de l'entraîneur est simplement de survivre.

Bref, on aura l'an prochain une saison mouvementée. Un seul pronostic, l'OL survolera moins que l'an passé.

mercredi 21 mars 2007

Après avoir voté non au référendum, les clubs français disent non à l'Europe


En dépit d’un match courageux à Lisbonne et d’une partie jouée sur un coup de dé, le PSG s’est donc incliné et quitte la coupe de l’UEFA sans trop de regrets, prêt à se consacrer à son objectif : le maintien. Pourtant, le verdict global est sans appel : aucun club français ne sera qualifié pour les ¼ de finale d’une coupe d’Europe cette année, pour la première fois depuis longtemps, éliminés par des clubs issus d’une nation puissante, comme l’Ukraine, le Portugal ou la République Tchèque. On ne peut pourtant pas dire que cette année (malgré l’exception parisienne), les clubs français présents étaient des billes. Tous de L1 et pas des plus mauvais : Lens, second, Marseille, Bordeaux, Auxerre… Après l’échec de Lyon et de Lille en coupe des champions, le foot français serait-il en fin de cycle : capable le temps d’un été de mobiliser des stars vieillissantes pour une glorieuse tournée d’adieux mais inapte à injecter du sang neuf dans leur championnat. Cette perte de statut est d’autant plus inquiétante qu’aujourd’hui les clubs nationaux, longtemps pleurnichards vis-à-vis des pouvoirs publics : trop d’impôts, mon bon monsieur, pas assez d’argent, a vu ses principaux rêves exaucés en quelques années :
- 30% des revenus des footballeurs sont désormais considérés comme des droits d’image (14/10/2004) et donc exempts de charges sociales.
- la guerre des droits télé aboutit à une bonne solution pour les clubs : la L1 touche 430 millions d’euros (sans compter les autres compétitions comme la coupe de la Ligue, Coupe de France et les compétitions internationales). Les autres revenus : sponsoring, autres diffuseurs (Téléphonie Mobile), etc ajoutent des somme rondelettes à ce total déjà croustillant.
- enfin, le statut des clubs de foot, un peu particulier jusqu’à présent (les SAOS) a fini par se craqueler suite à la pression de Bruxelles et à admettre sans révolution l’OL en Bourse.

Désormais, plus trop d’excuse, si les clubs français offrent un pauvre spectacle et se font sortir de l’UEFA par des buses, ils sont les seuls coupables et c’est bien ce qui fait peur. Car désormais, on pourra donc benoîtement clouer au pilori les Seydoux, Aulas et Triaud en cas d’élimination précoce. Donc, au vu des résultats, on peut commencer à tailler les troncs d’arbre.
Halte là, crient les plus farouches : les clubs français souffrent de 2 tares. D’une part, les ventes de produits dérivés (les maillots OL, les chaussures Cissé, les porte-clés ASSE) devraient représenter une part beaucoup plus importante du budget des clubs. D’autre part, si la France était un pays « normal », c'est-à-dire dense et urbain, Paris devrait posséder au moins 4 clubs en L1 (le PSG, Champ de Mars Rangers, le club de l’Arsenal et West Nanterre Albion), Lyon et Marseille, 2 (Jeunesse de Lyon et Athlétique de Marseille). Quant aux gentils clubs de Sedan, Auxerre ou Lorient, un peu de division inférieure ne leur ferait pas de mal. Seulement, on peut renverser le raisonnement : à cause de la faible concurrence, les clubs des grandes villes devraient vendre leurs bimbeloterie comme des petits pains, écraser le championnat et porter bien haut les couleurs de la nation en coupe d’Europe.
La conclusion est donc simple : dans notre beau pays, soit les dirigeants sont des nuls, soit les entraîneurs sont des brelles, soit les joueurs sont surcotés, soit les supporters sont des avares. Je préfère la première solution. En tout cas, la France semble bien partie, en dépit de moyens accrus, pour demeurer en seconde division du foot européen, derrière l’Angleterre, l’Espagne et l’Italie, à se battre avec l’Allemagne.

Aristotelicien

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