mardi 12 avril 2011

Présentation tactique : PSG - Lyon

Au mois d'Avril, Footballistico a décidé d'inaugurer une série de présentations tactiques pour les matches décisifs qui se déroulents sur les terrains aux 4 coins de l'Europe.

On commence par le match de dimanche de notre belle L1 avec la rencontre décisive au Parc entre Paris et Lyon.

A moins d'une énorme surprise, Lyon devrait se présenter à Paris en 4 - 2 - 3 - 1. C'est dans ce dispositif que Claude Puel après avoir tangué en 4 - 3 - 3 puis un peu en 4 - 4 - 2 a stabilisé son équipe, notamment à l'extérieur, à défaut de lui inculquer du génie. Les interrogations ont plutôt trait à la composition de celle-ci, notamment à 3 postes clé : en défense centrale (et corrélativement en N°6), en "tetraquista" (milieu central offensif) et en milieu gauche. Si l'on en croit le dispositif de dimanche dernier, Claude Puel devrait aligner Toulalan aux côtés de Lovren (reléguant Cris sur le banc). C'est un peu retour vers le futur (la grande tendance de cette fin d'année) puisque Toulalan était censé occuper ce poste au début de saison avant d'être rapatrié d'urgence en milieu défensif. Gonalons devrait donc débuter à ce poste avec Källström à ses cotés. En N°10, hésitation entre Gourcuff et Pjanic, le breton devant finalement garder son bien. Devant, à droite Briand, avec au centre Lisandro. Dernière hésitation : le côté gauche de l'attaque, Ederson, après des bouts de match, pourrait occuper ce poste, en l'absence de Bastos.

Pour Antoine Koumbouaré, le dilemme est beaucoup plus crucial. Le technicien Kanak a toujours privilégié le 4-4-2 mais confronté à l'inefficacité du duo Hoarau - Erding, il semble s'être résolu à afficher également un 4-2-3-1, pas vraiment par conviction mais pour mettre sur la pelouse ses 11 meilleurs joueurs. En ce moment, donc, c'est Bodmer qui replace le fantomatique Hoarau. Erding ne score pas tellement plus mais au moins, il s'arrache. Si toutes les autres places semblaient prises, le match remarquable à droite de la doublette Jallet / Ceara contre Caen devrait donner des idées au coach parisien. Le fait que Jallet défende mieux que Giuly permet à Ceara d'être plus offensif et de combiner avec son ailier.En outre, le brésilien a relativement peu joué et arrive donc en forme à un moment où le reste de l'équipe tire la langue.

Malheureusement, si les 2 équipes jouent en 4-2-3-1, le risque est qu'elles se neutralisent. Côté parisien, Makélélé s'occuperait de Gourcuff et Gonalons de Bodmer. Sur les côtés, ni les parisiens, ni les lyonnais ne partiront à l'abordage, Tiéné restant souvent en couverture lorsque Néné joue devant lui. La seule inconnue concerne la forme d'Ederson, qui à gauche pourrait manquer encore un peu de gaz. Il est probable que Claude Puel le remplace pendant le match.

Quelles pourraient être les options offensives des 2 équipes dans ces dispositifs mutuellement annihilant ?

1 - Pour le meneur de jeu, descendre pour venir cherche les ballons ou sans doute mieux, s'excentrer.A ce dernier jeu, Gourcuff est sans doute meilleur que Bodmer qui aime plus orienter le jeu depuis le centre. En se décalant sur la droite, comme il le fait souvent, le breton pourrait échapper à son garde-chiourme et retrouver Briand, voire Lisandro, lui aussi capable mieux qu'Erding de s'excentrer.

2 - Le rôle du 8. Si Gourcuff et Bodmer ont de bonnes chances d'être annihilés, Chantôme et Kälström auront beaucoup plus de latitude et pourraient venir soit chercher leur attaquant, soit combiner à 3 avec l'ailier et le latéral, soit enfin, tenter un 2 contre 2 au centre du terrain avec leur N°10. Sur ce point, aucun des 2 joueurs ne semble disposer plus de prédispositions que l'autre.

3 - Les côtés. Sur ce point, au vu des dernières sorties, Paris possède un avantage.On a déjà parlé de Jallet / Ceara (mais l'alternative Giuly/Jallet est pas mal non plus) et à gauche, Néné est capable de terroriser toute une défense à lui tout seul.

Conclusion : il est probable que le match soit très serré, surtout au vu des enjeux pour les 2 équipes qu'une défaite condamnerait à l'abandon définitif du titre (OL) et de la ligue des champions (Paris). La différence pourrait se faire non pas avec les grands joueurs mais avec les porteurs d'eau de service, Källström et Chantôme.

samedi 9 avril 2011

Ligue des champions : le retour en grâce du 4-4-2 ?

Dans le grand débat tactique de ce début du XXIème siècle, presque théologique (4-2-3-1 vs 4-4-2), les quarts de finale de LdC offraient un visage innovant avec le retour au premier plan du fameux 4-4-2, intronisé par Arrigho Sacchi (cf. photo). Parmi les 8 équipes qui concouraient cette semaine :

- 5 affichaient donc un 4-4-2 (Tottenham, Chelsea, Manchester, Schalke, Inter),
- 2 un 4-2-3-1 (Donetsk, Real),
- 1 seul en 4-3-3, le Barça (évidemment).

Ce qui nous a paru intéressant c'est de voir la plasticité de ce système dans les différentes versions que les coachs lui ont donné :

- une version en 4 - 4 - 1 - 1 : Manchester United et Tottenham,
- une en 4 - 4 - 2, "à plat" : Chelsea,
- une en 4 - 1 - 3 - 2 : Schalke 04
- enfin, le 4 - 4 - 2 diamant (Inter).

Le seul regret de cette semaine prolifique, c'est l'exclusion de Crouch, dès la 15ème minute. Cette faute de l'attaquant anglais nous a privé du seul affrontement 4 - 4 - 2 / 4 - 2 - 3 - 1 de la soirée. Footballistico ne lui pardonnera jamais.

Les autres systèmes ont pu mettre en évidence leurs forces et leurs faiblesses :

- la version diamant de l'Inter était une belle démonstration des limites de ce dispositif. Schalke avait simplement positionné un chien de garde, Papadopoulos, sur Sneijder (la tête du losange). Celui-ci décrchait donc rapidement laissant les 2 attaquants seuls. Le seul moyen de les trouver était donc de balancer devant. Le manque de largeur inhérent à ce système (les 2 milieux positionnés sur les côtés) laissent une grosse responabilité aux latéraux. Malheureusement pour l'Inter, Schalke a très bien su utiliser les couloirs (Farfan, notamment) et ceux-ci furent donc vite cantonnés à un rôle défensif. On peut quand même s'interroger sur le choix tactique de Leonardo, qui savait, notamment depuis un certain Schalke - Lyon, que les hommes de couloir allemands sont capables de terroriser toute une défense.

- le 4 - 4 - 2 à plat de Chelsea a plutôt montré les limites individuelles des joueurs que Carlo Ancelotti avait choisi. Dans ce système, beaucoup de responsabilités offensives reposent sur les épaules des 2 ailiers (Zirkhov et, oui, Ramires) et de leur entente avec les latéraux. Malheureusement, à gauche, Zhirkov - Cole, sur le papier la paire la plus intéressante, fut totalement éteinte par Valencia et Rafael. Paradoxalement, c'est le côté droit (Ramires - Boswinga), qui fut le plus interessant offensivement. Ramires ne prenant pas son côté, il laissa paradoxalement le champ libre au portugais, qui maltraita Patrice Evra. Autre problème, récurrent, Torres. A priori, l'espagnol a du mal à se glisser dans une équipe qui a tissé son succès sur un jeu patient de passes ou sur les coups de pied arrêtés. La vitesse de démarrage de l'espagnol semble superflue dans ce système. Et son manque de déplacement latéral a privé les londoniens d'un point d'appui pour leurs offensives.

- Manchester, enfin, fut innovant sur 2 aspects. Tout d'abord, le rôle très différent des attaquants, Rooney décrochant pour faire le lien avec les milieux et Hernandez toujours à la limite du hors-jeu. L'autre particularité du jeu de M.U fut les permutations entre Giggs et Park. Nominalement, le gallois était derrière le coréen mais, dans les faits, Giggs pris souvent le couloir, et sur l'une de ses montées que Rooney allait scorer. Il ne faut tout de même pas exagérer la domination de Manchester, souvent, les balles furent perdues et si Valencia a bien défendu, il a aussi peu produit offensivement. Enfin, en termes de façon de jouer, l'un des aspects intéressants de la tactique mancunien fut les renversements de jeu d'un côté à l'autre du terrain, la balle de Carrick vers Giggs sur le but en fut l'illustration. L'idée était de prendre à revers l'offensif Boswinga et de déséquilibrer la défense de Chelsea. Pari réussi.

Le bon vieux 4 - 4 - 2 de Sacchi a donc encore une vie. Plus plastique que l'exigeant tacticien italien l'avait initialement conçu, cette évolution montrée en LDC devrait se retrouver bientôt dans notre championnat (très 4-2-3-1, 4-3-3).

Footballistico

mardi 29 mars 2011

EdF: retour vers le futur

Que conclure des 2 matches de l'EdF, version "retour des bannis" ? (Luxembourg - France et France - Croatie, ce soir)

Tout d'abord, bannis ou pas, Laurent Blanc a fixé la "colonne vertébrale" de l'équipe de France. Quel que soit l'adversaire, quel que soit le système, 5 ou 6 joueurs sont toujours présents et jouent à un poste attitré, les autres tournent autour :

- Lloris dans les buts,
- Mexes et Rami au centre : la priorité de Blanc après l'AfSud était de stabiliser la défense centrale : pari réussi. On peut aussi ajouter Sagna à droite même s'il semble s'agir en l'occurrence plus d'un choix par défaut que d'une véritable conviction du sélectionneur,
- M'Vila devant la défense. Dans certains systèmes, à 2 devant la défense, M'Vila peut partager ce rôle avec Diarra mais il est toujours présent en situation de premier relanceur,
- Benzema devant : qui d'autre ?
- Malouda à gauche, son rôle évoluant légèrement dans les différents dispositifs (4-3-3, 4- 2-3-1, 4-4-2) mais lui aussi il est toujours titulaire..

On peut dire ce que l'on veut de Blanc mais il a choisi ses hommes (des maudits de l'ère Domenech, des ptits nouveaux, des anciens) et il s'y tient. En outre, on peut peut dire qu'avec Mexés et M'Vila, le président a choisi une rampe de lancement très technique capable d'orienter le jeu depuis très bas (à la Piqué / Busquets, si l'on veut).

En revanche, les autres postes subissent une rotation infernale et c'est là que le bât blesse car de fait c'est toute l'animation offensive des bleus qui est en chantier.

1°) Le côté gauche. Laurent Blanc, nostalgique de 2006, a voulu reconstituer le flanc gauche de l'EdF : Abidal / Malouda mais la maladie du barcelonais met ce plan à terre, au moins pour un temps.
Alors, Clichy ou Evra ? Aucun des 2 n'a été très convaincant, sans jamais démériter pour Clichy. Quant à Malouda, il est toujours un peu emprunté en bleu. Et le danger vient rarement de ce côté.

2°) Le dispositif : Laurent Blanc fait évoluer sa tactique au gré des matches, 4 - 4 - 2 (en perte de vitesse, depuis la Biélorussie), 4 - 3 - 3, version défensive, 4 - 3 - 3 plus offensif (avec Gourcuff) et 4 - 2 - 3 - 1 (face au Brésil). Notons que c'est plutôt une caractéristique des équipes faibles de faire évoluer leur dispositif en fonction de l'adversaire. La composition change aussi très souvent (il est vrai que Blanc a dû se dépatouiller avec les blessures et les suspensions), pas moins de 10 joueurs ont occupé les postes offensifs en plus de Benzema et Malouda (Gourcuff, Nasri, Menez, Valbuena, Remy, Hoarau, Gameiro, Ben Arfa, Ribéry et Payet). C'est clair, on se cherche et si certains joueurs ont des passages intéressants (Menez, Nasri), aucun ne s'est encore imposé même si Gourcuff jouit d'une cote d'amour forte auprès du sélectionneur.

3°) L'animation offensive : corollaire du point précédent, le jeu d'attaque a du mal à se poser. Ni réellement via le centre (avec un jeu de passes courtes et rapides), ni par les côtés, ni en plongeant avec des passes en profondeur.

L'EdF a marqué souvent soit en s'imposant physiquement en fin de match (Bosnie, Roumanie), soit sur des faits de jeu isolés (éclair de Ben Arfa face à la Norvège, expulsion d'Hernanès)


Blanc a un an pour trouver : la défaite ridicule de la Biélorussie en Albanie offre un matelas de 4 points aux français qui pourrait suffire, sauf catastrophe de grande ampleur, à se rendre en PolUkraine (à moins qu'il ne s'agisse d'Ukrogne). Mais en 2012, les approximations ne suffiront plus face à l'Espagne ou l'Allemagne.

Ceci dit, il suffira peut-être de passer le ballon à Benzema. Pendant des années, la France a eu des milieux offensifs géniaux et des attaquants oubliés (Lacombe, Guivarc'h, Bravo, Six, Bellone). Cela ne l'a pas empêché de gagner des titres. On peut envisager que la situation inverse fonctionne également. (Qu'entends-je : comme dans les années 90 : Papin ,Cantona).

Footballistico

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