lundi 18 octobre 2010

Du bon usage des remplaçants : Manchester City - Blackpool

Pour les citizens, le match de dimanche était une opportunité en or de mettre quelques points à leurs meilleurs ennemis d'United tenus en échec par les Wolves. Pour les tacticiens, il démontre à merveille l'utilisation des remplaçants, qui ne constituent pas seulement une réserve de sang frais mais une opportunité de modifier la disposition de l'équipe et de semer le trouble en face.

Le résultat : on a eu droit à une purge pendant plus d'une heure. Le 4-4-2 "à la PSG" des mancuniens (De Jong / Barry devant la défense, Johnson / Milner sur les ailes et devant Adebayor / Tevez) ne fonctionnait pas. En face de courageux blackpooliens (?), dont l'estimé Eliott Grandin, s'accrochaient et donnaient une réplique sans complexe, en 4-3-3 s'il vous plaît. On peut sans doute blâmer le système choisi par Mancini et notamment Emmanuel Adebayor pour ce manque d'efficacité des citizens. En plus d'une heure sur la pelouse, le togolais n'a réussi que 10 passes (dont 1 à Tevez) et n'a tenté aucun tir. De son côté, Tevez n'a pas réussi une transmission vers son homologue de l'attaque, multipliant au contraire les échanges avec Milner et Johnson.

A la 66ème minute, donc, Mancini, prenant acte du manque de complémentarité de sa paire d'attaquants, fit sortir le fantomatique Adebayor pour David Silva. L'espagnol est un joueur étrange : c'est plutôt un ailier mais il ne déteste pas repiquer, on l'emploie donc souvent de façon inversée par rapport à son pied naturel (le gauche). Très technique, plutôt petit, il ne semble pas très rapide, ni très incisif. Hier, il a simplement été incroyable pendant 34 minutes (1 passe décisive, un but et 16 passes réussies sur 17 !). En outre, comme il s'est promené sur tout le front de l'attaque, il a posé un problème insoluble à la défense de Blackpool. Il a d'abord jeté son dévolu sur l'aile gauche ou il a créé le surnombre avec Milner. Au bout d'une minute sur le terrain, il centre pour Tevez, qui marque d'un extérieur d'une subtilité incroyable (sur son premier tir !). Pourtant, Blackpool allait trouver la force de revenir suite à un coup franc. Mais Silva était encore là (au centre) pour gêner la relance et permettre à Tevez de marquer. Puis, 10 minutes plus tard, il héritait d'un ballon sur l'aile droite, effaçait 2 joueurs et scellait le sort de la rencontre...à défaut du score puisque Blackpool allait encore trouver les ressources morales pour revenir à 2-3, inscrivant ainsi le but inutile du week-end.

La leçon est claire : face à une équipe bien organisée défensivement, changer le dispositif en cours de match est sans doute une bonne idée. En outre, si vous utilisez un joueur atypique, dans un rôle étrange (pas à la place d'un ailier mais en plus des ailiers déjà présents) vous accroissez le trouble. La réponse du coach de Blackpool n'est jamais venue et Manchester City repart avec les 3 points. Vous avez dit "substitute" ?

Footballistico

jeudi 14 octobre 2010

Bilan EdF : un costume à Payet

Un match de foot tient parfois à peu de chose : l'épaisseur d'un poteau, les remplaçants, quelques minutes. L'EdF pourra se gargariser de ses 2 victoires face aux Roumains et au Luxembourg mais la réalité est que les satisfactions sont plus individuelles que collectives, plus sporadiques que régulières.

En fait, le problème de l'EdF semble être l'incapacité de choisir un dispositif et de tenter de s'y tenir. S'il n'est pas choquant d'adapter la tactique en fonction de l'adversaire (genre 1 à domicile, l'autre à l'extérieur, 1 face aux grosses écuries, l'autre face aux minots) mais, en l'espèce, on serait bien en peine d'y trouver un sens. On a e eu droit, en termes d'animation offensive en tout cas à tout un catalogue de systèmes avec une belle démonstration de leurs défauts supposés.

- le 4-4-2 diamant (1 ère mi-temps Norvège, 1ère mi-temps Luxembourg). Un "trequartista" (Nasri puis Gourcuff) derrière 2 attaquants. Le problème de ces dispositifs est le manque de largeur et c'est exactement ce qui s'est passé, notamment face au Luxembourg. Jamais les bleus n'ont su étirer la défense regroupée du grand duché. Le but de Benzema est intervenu sur un corner, concédé sur un tir de Mexes détourné par le gardien.
- le 4-4-1-1 (début de match face à la Biélorussie). Rémy très décroché avec Hoarau en point d'appui devant. Problème, Hoarau fut souvent isolé et n'avait personne pour remettre les rares ballons qui lui parvenaient.
- 4-2-3-1 : le dispositif de la peur ou de l'impuissance (36ème - 65ème Biélorussie, Roumanie : 1 - 75ème). Le match face à la Biélorussie tourne au cauchemar avec la blessure de Rémy qui s'ajoute aux absences de Benzema, Ribery, Gourcuff, Nasri, Ben Arfa, L. Diarra et Anelka. L'EdF joue pendant 30 minutes avec Menez en animateur offensif. Pas une bonne idée semble-t-il. Ce match raté coûtera sans doute définitivement sa place en bleu au romain tant que Blanc sera le coach national. Au delà de ce casting raté, le match face à la Roumanie a montré que face à une équipe assez défensive, le 4-2-3-1, en laissant 2 demis défensifs se révèle incapable de créer le surnombre... surtout quand l'un des couloirs (le gauche en l'occurrence) est quasiment inutilisé à cause de la dérive à gauche de Benzema, qui obligea Malouda à repiquer vers le centre. Résultat : l'équipe de France a joué plus d'une heure sans ailier gauche et sans avant-centre et la situation ne s'est débloqué qu'après les entrées en jeu des remplaçants.
- 4-3-3. (Bosnie, Roumanie dernier quart d'heure, fin du match Luxembourg). C'est a priori le dispositif le plus prometteur. Il a connu 2 versions.
  • L'une défensive, face à la Bosnie avec 3 milieux plutôt repliés (M'Vila, Diarra, Diaby) et 3 attaquants, Valbuena, Malouda et Benzema. L'objet était de casser la dynamique Bosniaque en 4-4-2. Dans ce schéma, l'EdF a plus souvent défendu en 4-5-1 mais l'objectif a été atteint.
  • L'autre plus ambitieuse (Roumanie : Malouda - Rémy - Payet / M'Vila - Diarra - Gourcuff, Luxembourg : Nasri - Rémy - Payet - Gourcuff - Diarra - Diaby). Cela a créé des opportunités, du mouvement, en profitant de l'envie et du mouvement apporté par les nouveaux entrants. Blanc semble privilégier ce dernier dispositif en cours de match.C'est à notre sens dommage, surtout à domicile, ou face à des défenses regroupées. Un petit mot sur la comète Payet. A chaque fois qu'il est entré, il a tout cassé et il trouve Gourcuff les yeux fermés. Ca l'a changé, Gourcuff. Avant, personne ne lui passait la balle.Là, y a un mec qui le cherche et qui le trouve les yeux fermés, qui lui a fait plus de passes en 2 quarts d'heure que toute l'EdF pendant le mondial. Payet passera-t-il l'hiver ? Non, probablement pas mais voir un gars sorti de nulle part marcher sur l'eau de telle façon : il nous aura ébloui.

Avant de se mettre à rêver, l'EdF doit selon nous, au delà des considérations tactiques exprimées plus haut améliorer :
- sa gestion des coups de pied arrêtés. Au delà du but de Benz face au Luxembourg (grosse faute de marquage), l'EdF a été rarement dangereuse sur coup de pied arrêté. Gourcuff et Nasri n'ont pas convaincu dans l'exercice. A travailler, parce que des joueurs de tête, on en a (Rami, A.Diarra, Hoarau, Diaby).
- le côté gauche : c'est la cata tant offensivement (le but Biélorusse, le poteau roumain) qu'offensivement : 1 seul but sur les 7 marqués par l'EdF depuis les débuts de l'ère blanc contre 3 à droite.C'est insuffisant : reviens Evra !

On en reparle en Mars !

dimanche 26 septembre 2010

OL - ASSE : avec les compliments de Payet

On ne sait pas si l'on a assisté au dernier match de Claude Puel sur le banc de l'OL hier soir mais au vu de la prestation de son équipe, ce serait injuste.

Les lyonnais se présentaient sur leur pelouse dans un ambitieux 4-3-3, avec Bastos et Briand encadrant Gomis, qui retrouvait sa place au centre de l'attaque, grâce à la 1157ème blessure de Lisandro. Au milieu, Gourcuff était basé à droite avec Toulalan en milieu reculé et Kallström à gauche. De leur côté, les verts se présentaient, en théorie dans un système hybride 4-3-3 / 4-5-1, qui ressembla de fait à un prudent 4-1-4-1, le 2 ailiers (Payet et Sako) descendant souvent au niveau des milieux. Dans cette configuration, le rôle du N°6, Matuidi, devant la défense est primordial.

Ce qui frappait hier, c'était le mouvement dans l'attaque Lyonnaise, Bastos et Gourcuff, notamment, dérivaient sans cesse antre leur côté et le centre et cela donnait une certaine fluidité au jeu des locaux pendant que la paire Kallström / Toulalan, retrouvée, remontait rapidement les ballons. Dès l'entame, sur un centre de Cissokho, Gomis touchait du bois. L'OL dominait le match et n'allait jamais lâcher la ballon.

Devant les chiffres de la domination lyonnaise (chiffre hallucinant de 44 centres), on est en droit de se demander ce qui n'a pas fonctionné et comment Saint-Etienne est parvenu à surnager. Plusieurs éléments de réponse :

- Lyon n'a pas su étirer suffisamment la défense stéphanoise. A force de repiquer au centre, de permuter entre ailiers "naturels" comme en deuxième mi-temps (un gaucher à droite, un droitier à gauche), l'une des conséquences fut l'innocuité des centres Lyonnais, déclenchés de trop haut, flottants, ils furent un régal pour la défense centrale Marchal / Monsoreau.
- le dispositif stéphanois sur corner. Il est inévitable qu'avec des tireurs aussi doués que Gourcuff et Bastos, les lyonnais allaient se procurer plusieurs occasions de but sur leurs 11 corners. Saint-Étienne a donc remis au goût du jour un vieux dispositif défensif : un joueur à chaque poteau. Le débat est connu : mettre un "piquet" à chaque montant diminue le surnombre en défense ou limite vos capacités en contre. Pourtant hier, Payet a sauvé 2 balles de but (Toulalan puis Briand) alors que Janot était archi-battu. Si le PSG avait adopté un tel dispositif, il n'aurait pas perdu face à Bordeaux.
- les coups francs mal tirés. Si l'OL a plutôt bien tiré les corners, les coup-francs furent une belle catastrophe : envolés, dans le mur, écrasés, toute la gamme des ratés y est passée. Bastos et Groucuff vont devoir réviser leurs gammes à Tola Vologe. Reviens Juni ! A comparer, donc, à l'insolente réussite des verts.
- les remplacements de Christophe Galtier. C'est passé inaperçu mais le but stéphanois intervient respectivement 6 et 3 minutes après les 2 changements opérés par le coach des verts. Cela a permis d'introduire Bergessio, qui, à la différence de Rivière, harcèle les défenseurs jusque très haut sur le pré.

Conclusion : l'OL a, selon nous, trouvé un réel équilibre même si elle doit gagner en efficacité, notamment sur coup franc. Quant aux Verts, footballistico est impressionné par le travail effectué par Christophe Galtier. Avec un effectif très peu remanié sauf en défense (arrivées de Bocanegra, Marchal et Ebondo), le coach stéphanois a su transformer une équipe de relégables en F1 de L1. Respects.

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