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vendredi 11 mars 2016

Chelsea - PSG : centralité vs pressing

Le PSG a franchi le cap des 1/8ème de finale pour la 4ème fois d'affilée. La victime s'appelle Chelsea et maintenant Paris devra sans doute affronter les cadors européens pour espérer franchir un palier.

Composition : le PSG se présentait en 4-3-3. Marquinhos prenait la place d'Aurier et Rabiot celle de Verratti. Chelsea possédait la même composition qu'à l'aller en 4-2-3-1, à l'exception de Kenedy, en latéral gauche.

Première mi-temps : le fait principal de la première mi-temps fut la centralité avec lequel joua le PSG. D'entrèe, les parisiens avaient décider de tenir le ballon et pour ce faire utilisaient la méthode suivante :

  • relancer depuis l'arrière en essayant de construire. Cela fut fait avec des fortunes diverses, quelques ballons furent perdus dans des zones dangereuses. 
  • dominer le centre du terrain ; nominalement sur les côtés Di Maria et Lucas se recentrèrent constamment, laissant les flancs aux seuls Marquinhos et Maxwell. Di Maria, notamment se mêla au jeu jouant plus comme un quatrième milieu. 
  • Comme d'habitude, Ibrahimovic décrocha pour offrir une solution de relance à ses milieux. 
  • Motta et Rabiot dominèrent les débats au centre du terrain, en jouant près l'un de l'autre et faisant parler leur technique, avec l'apport de Silva et Luis en cas de pressing.
Di Maria, nominalement ailier droit (source fourfourtwo)

Au début du match, Chelsea fut plutôt heureux de laisser le ballon aux parisiens en s'installant dans son camp et en pressant par moment : d'une part, le fait de jouer en contre n'était pas pour déplaire aux anglais comme le montra un ballon perdu par Rabiot à l'orée du match. D'autre part, les locaux avaient largement le temps de marquer pour remonter leur retard.
Les blues se montrèrent cependant assez nerveux face à la domination parisienne. Le duo du milieu Obi Mikel et Fabregas n'arriva pas pas à contrer suffisamment par maque de rapidité et d'agressivité. Chelsea adopta vite une espère de marquage individuel assez lâche, qui vit les 2 latéraux se recentrer progressivement pour perturber les ailiers parisiens, très en verve en début de rencontre (notamment Di Maria, 3 frappes pendant le premier 1/4  d'heure). Le but parisien vint donc de ce simple fait. Kenedy déserta son côté pour suivre Di Maria. L'argentin, trouva Ibrahimovic décalé sur le côté et complètement seul (Cahill n'osa pas le suivre dans son déplacement pour ne pas déserter sa surface). Celui-ci trouva intelligemment Rabiot, qui plongea au second poteau. 

Le but parisien obligea Chelsea à se montrer plus agressif au pressing : les londoniens remontèrent d'un cran et tentèrent de perturber davantage le jeu parisien, notamment le duo Rabiot / Motta. Willian, notamment, s'occupa de Motta et fut le londonien le plus perturbant. Assez vite, la sanction tomba : sur un ballon récupéré par Pedro sur Motta, WIllian trouva Diego Costa, qui enrhuma Thiago Silva et remit les londoniens à hauteur. 

Rabiot : le jeune parisien fut le janus de cette seconde mi-temps. Sa différence avec Verratti sauta aux yeux : moins à l'aise et moins complice avec Motta que le jeune italien, il perdit 1 ou 2 ballon près de son but et fut l'auteur d'une passe assez dangereuse pour Motta sur l'égalisation londonienne. Cependant, il eut le mérite d'être extrêmement dynamique défensivement et, surtout, de se porter devant  dès que l'occasion se présenta, comme sur l'ouverture du score. 

Après l'égalisation de Costa, les parisiens se montrèrent de plus en plus nerveux. S'ils dominaient la possession, ils e mirent à multiplier les fautes, dès que leurs adversaires s'emparaient du ballon, en général dans leur moitié de terrain.

Les récupération des Chelsea : très dangereuses en première période (source fourfourtwo)
Seconde période :

La seconde période reprit sur le même tempo  mais avec des parisiens plus prudents et moins dominateurs dans la possession. Chelsea éprouvait pourtant le plus grand mal à se montrer dangereux sur une attaque placée et le match prenait une allure d'affrontement à haute intensité, avec des londoniens situés de plus ne plus haut. A la 59ème minute eut lieu le premier tournant du match : Diego Costa dut sortir victime d'une blessure musculaire et son remplaçant, Traoré n'eut pas l'impact du bad boy hispano-brésilien. Toutefois, en s'insérant mieux dans le jeu de ses coéquipiers par ses décrochages, il fut impliqué dans la construction de la meilleure occasion de Chelsea, après un bon travail de Willians (4 tirs de suite - 66ème).

Dans la foulée, Chelsea allait de nouveau perdre le fil sur une erreur de ses latéraux. Sur un ballon errant au milieu, Azpi n'était pas assez vigilant et laissait s'enfuir Di Maria, lancé par Motta, qui centrait impeccablement pour Ibra.

A 1-2, le matche était fini, Chelsea devant marquer 3 buts en 20 minutes.

Conclusion : le résultat est plutôt flatteur pour Paris qui a dominé un gros 1/4 d'heure avant de conserver la possession mais de subir les coups de boutoir de Chelsea. Pour les parisiens, cette qualification a mis en évidence la qualité de leur finition mais également leurs difficultés à poser leur jeu lorsqu'ils sont mis sous pression. Qu'en sera-t-il en 1/4 face à une équipe qui leur contexte la possession (Barça / Bayern) ou qui est simplement extrêmement pénible à jouer (Atletico) ?

Footballistico

samedi 15 novembre 2014

PSG - OM : les leçons du classique

Le PSG a gagné mais l'OM lui a tenu la dragée haute pendant 78 minutes, jusqu'à l'expulsion (injuste) d'Imbula. Plutôt que d'effectuer une analyse classique, voici 4 leçons à tirer de ce classique qui a tenu ses promesses, entre nouveau riche et tacticien génial.

1ère leçon : pressing haut. C'est sans doute une évidence pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup. Tous les grands tacticiens (Guardiola, Mourinho, Villas Boas, Ancelotti et donc Bielsa) ont mis en place, dans des version différentes un dispositif qui permet, a minima de gêner la relance adverse par un premier rideau très agressif, a maxima de faire remonter tout le bloc. La version de l'OM implique une mobilisation des 3 attaquants du 4-2-3-1 (Gignac, notamment, fut énorme), de Payet et alternativement d'un des 2 milieux reculés, Imbula ou Lemina). On vit ainsi le PSG se débattre dans ses relances et Thiago Silva, pas dans son assiette, se fit prendre plusieurs fois à ce jeu, dans son propre camp. Paris ne fut pas en reste et tenta mais de façon notablement moins systématique de récupérer le ballon dans le camp marseillais. Ce pressing possède des conséquences assez importantes sur le déroulement d'un match de foot :
  1. L'immense majorité des fautes sont commises dans le camp adverse puisque c'est là que se déroulent la plupart des duels.
  2. Le prix à payer d'un tel pressing, dans sa version Bielsa, est cependant clair : l'OM marque l'essentiel de ses buts dans les premiers 1/4 d'heure de chaque mi-temps. En revanche, les marseillais encaissent presque 60% de leurs buts après l'heure de jeu (soit 33% du temps). En outre, le travail intense face à un adversaire de haut niveau peut expliquer le relatif manque de lucidité des attaquants olympiens dans le dernier geste (seulement 2 tirs cadrés). Ça n'a d'ailleurs pas loupé dimanche soir (82ème). 
Les fautes commises (rouges) et subies (vertes)  par le PSG.
19 sur 27 dans la moitié de terrain adverse (source squawka)

2ème leçon : Face à des organisations de plus en plus rigoureuses et des joueurs défensivement de plus en plus armés, ceux qui ont la clé sont les joueurs qui sortent de leur rôle. Exemple typique : une fois entré sur le terrain, Ibrahimovic a posé un problème insurmontable à Bielsa. Pourtant, la recette du suédois est toujours la même : décrocher pour offrir une solution de relance supplémentaire à ses partenaires et orienter le jeu vers les latéraux ou les ailiers qui prennent la profondeur. Il est étonnant de constater, match après match, que cette ritournelle semble insoluble pour les coachs adverses. Sur le second but parisien, Ibra allonge sur Aurier, qui centre magnifiquement vers Cavani, au premier poteau. Autre exemple, Thiago Silva sur le premier but, le central parisien s'avance profitant d'un lâchage de grappe de Gignac et effectue une longue passe vers Lavezzi, à l'origine de la passe décisive vers Lucas.

Les passes d'Ibra : 11/13 réussies. La balade. (source FourFourTwo)
3ème leçon : PSG, équipe de possession ou pas ? L'équipe de Laurent Blanc a probablement produit ses 2 meilleurs matches cette saison lorsqu'elle était dominée. En fait, et c'est un phénomène assez nouveau, les grandes équipes sont celles qui parviennent à marquer dans des phases très diverses : contres, coups de pied arrêtés et attaques placées. Le modèle cette saison étant le Real Madrid avec une capacité à trouver les filets quasiment dans n'importe quelle situation et à se transformer en caméléon, en fonction de l'adversaire. Le PSG n'est sans doute pas à ce niveau mais il est capable, et c'est déjà énorme, d'être performant même lorsque son jeu "naturel" est contrarié. Si Paris a eu du mal sans son grand suédois, il s'en est quand même sorti et il pourrait en sortir grandi quaud les grandes échéances approcheront.

4ème leçon : Cavani, joueur paradoxal ou avènement de l'avant-centre latéral ? Il est impossible de donner une note à Cavani sur ce match, L'uruguayen est décisif sur le premier but. Il marque le second mais tout le reste fut brouillon. Il vole une balle de but à Maxwell, écrase ses frappes et n'a pas suffisamment de vista pour trouver un partenaire dans la profondeur. Pourtant, il est là, toujours présent jusqu'à la 90ème pour combattre et se présenter dans la surface. Joueur précieux ou dispensable ? Dans les faits, le paradoxe se poursuit parce qu'il est probable que le retour d'Ibrahimovic, en occupant au moins un défenseur central va lui permettre de plonger sans cesse face à des arrières latéraux qui, moins costauds, ne font pas le poids face à l'uruguayen dans les duels. En fait, après l'irruption de l'ailier central (à la Valbuena) et du latéral central, bienvenue à l'avant-centre latéral, capable de défendre face à son latéral, de plonger, moins à l'aise dans les débordements et les centres mais inégalable dans la prise de profondeur.

Conclusion : le monde du football devient un jeu étrange, à la fois fait de rigueur tactique et défensive et de joueurs qui dépassent leur rôle et leur positionnement. Une aspirine et en route pour la prochaine chronique.

Footballistico

dimanche 17 juin 2012

Euro 2012 : Ukraine - France, après l'orage, le ciel bleu

L'EdF se présentait hier à la Donbass Arena dans un dispositif renouvelé et plus offensif par rapport au match face à l'Angleterre. Cabaye prenait place à côté de Diarra et Menez occupait le flac droit. Le 4 -2 -3 - 1 de Blanc faisait 2 victimes, l'une à cause de ce réaménagement tactique, l'autre poste pour poste afin d'"énergiser" le côté gauche de la défense (Clichy). Les ukrainiens se présentaient dans un dispositif similaire sans changement par rapport à la victoire face aux suédois.

On peut mettre en exergue comme tous les commentateurs l'excellence prestation des bleus mais on peut aussi dire que cette victoire s'est décidée en 3 minutes peu après la mi-temps. Que s'est-il passé ? La réponse en 4 points.

1 - Ribéry / Clichy. Une grosse partie du match s'est déroulé côté gauche français (56% des attaques, ce qui est énorme), le côté Clichy / Ribéry face à Yarmolenko / Gusev. Au fur et à mesure que le match avançait Ribéry a de moins en moins suivi les avancées nombreuses de son latéral. Ceci a eu comme implication d'exposer ce coté aux attaques ukrainiennes mais de laisser Ribéry posséder quelques mètres d'avance sur son défenseur. Le munichois a appliqué un plan simple, repiquer vers le centre, avant de transmettre. 
  • 15ème minute Ribéry lance Menez, but signalé hors-jeu,
  • 26ème minute Ribéry s'enfonce dans la défense et centre vers Menez : tir au-dessus du parisien,
  • 28ème minute, débordement du munichois, centre, Menez reprend au second poteau mais tombe sur Pyatov.
Comme offensivement, Yavkolenko et Gusev ne se trouvaient pas, il est étonnant qu'Oleg Blokhine n'ait pas effectué un changement à la mi-temps ou une reconfiguration tactique de ce côté, car il était évident que Menez finirait par trouver la mire (53ème).

2 - Voronin. Si les stats de l'attaquant russe sont médiocres, son travail sur Diarra permettait à l'Ukraine de ne pas subir un 3 contre 2 au milieu. Dès que celui-ci fut remplacé par un joueur situé plus haut, Devic, le 2 du milieu français se trouvait en large supériorité numérique et Cabaye se trouva libre de s'avancer pour trouver le second but (56ème) et manquer le troisième de peu.

3 - Benzema. Il est toujours étonnant de voir un attaquant de sa classe reculer. Mais hier, Benzema l'a fait avec talent. Le 9 français a réalisé autant de passes "clé" que de tirs et il a toujours proposé des solutions au 3 de devant. Sa passe à Cabaye sur le second but est une merveille (défenseur central attiré, espace ouvert) et il est probable que cette attitude dictée par la nécessité (les ballons n'arrivent pas) devienne un moteur de l'efficacité bleue.

4 - Les centres. Les 11 centres ukrainiens, souvent en l'air, n'ont pas trouvé preneur. La moitié des 13 centres français l'a été. D'une façon générale, les bleus ont été beaucoup plus précis que leurs opposants : pourcentage de passes réussies, tirs cadrés. Signe d'une technique supérieure.

Conclusion : les bleus ont renoué avec le succès dans une compétition internationale. Ce n'était pas arrivé depuis 2006. La victoire est méritée mais elle a été facilités par les décisions ou les non-décisions d'Oleg Blokhine.

jeudi 10 février 2011

France - Brésil : la bataille d'Hernanes


Que conclure du match France – Brésil, au-delà du sempiternel "destin", qui transforme les Auriverde en victime expiatoire du football national ?

Malheureusement, pas grand-chose : l'expulsion d'Hernanes, dès la 40ème minute (suite à un mawashi-geri sur Benzema)  empêche de se forger un avis sur le niveau véritable des 2 équipes d'hier.

Les Brésiliens se présentaient en 4 – 3 – 3, avec une attaque composée de Pato, Robinho à gauche et Augusto à droite. Ce dispositif n'est pas celui qu'a privilégié Menezes depuis son arrivée et il est possible que l'absence de Ganso et  Neymar, les 2 starlettes restées au pays, a pesé lourd dans ce choix. Les français eux avaient chois un 4 – 2 – 3 – 1  (Laurent Blanc a plutôt évolué en 4 – 3 – 3 depuis sa prise de fonction) qu'on pourra sans problème qualifier de défensif, l'idée étant de dominer le milieu brésilien sous le nombre et de ne pas plier au milieu. Dans les faits, la première mi-temps ne se déroula pas du tout comme ça : les brésiliens pressaient haut et récupéraient bon nombre de ballons dans le camp français. Ils montraient aussi une certaine agressivité. Des consignes ? Néanmoins, malgré une domination de possession de 58 %, les brésiliens se sont montrés assez peu dangereux, hormis sur des ballons perdus par les bleus dans leur camp.  La faute à une défense française presque exemplaire.
Dès l'expulsion d'Hernanes, les français allaient rebattre les cartes : Malouda écartait enfin, les ballons parvenaient rapidement aux avant-postes et on voyait les latéraux monter. 

On retrouvait les 21 mêmes acteurs au retour des vestiaires et les français allaient avoir leurs 20 minutes de gloire avec au moins 3 actions très franches (Benzema, Benzema et Benzema) qui encadraient un but de Benzema, sur un très beau débordement de Menez. 

Mené 0 – 1 et réduit à 10, Menezes cessait de bouder sur son banc et faisait entrer du sang neuf (enfin !) et la partie de rééquilibrait vers la 70ème minute. Les français, visiblement fatigués par leur défense héroïque de la première période se faisaient même quelques frayeurs en fin de match.

Que penser de tout cela ?

Les 2 équipes sont relativement jeunes (26 ans pour la France, 25 pour le Brésil) pour des raisons différentes. Blanc veut tourner une partie de la page AfSud et Menezes est focalisé sur 2014. Exit donc, tous les joueurs de plus de 28 ans.Le Brésil est donc programmé pour monter en puissance pendant 4 ans et sélectionner un Lucio (32 ans) ou un Ronnie n'aurait pas grand sens. L'équipe a cruellement manqué d'un buteur hier (Pato est en deçà des promesses annoncées il y a 2 ans) et d'un créateur malgré un niveau technique individuel de très haut niveau. Surtout, et ce mal devient récurrent, le Brésil n'a pas de plan B, jamais. Qu'elle se fasse maltraiter par les hollandais ou par les français hier, le Brésil continue, bardé de ses certitudes du joga bonito (ou moins bonito) sans se remettre en cause, sans procéder à des changements tactiques en cours de match. C'est parfois beau mais c'est souvent un peu casse-gueule et hier, l'équipe s'est contentée de faire descendre Robinho et Augusto, en attendant que le bourreau Benz ne les achève. A l'arrivée, les auriverde rendent une copie bien pâle : seulement 2 tirs cadrés pendant toute la partie.

Les français ont laissé entrevoir de belles possibilités mais aussi des limites inquiétantes. Tout le monde a noté la belle complémentarité du duo Rami / Mexes. Et l'on se demande où étaient ces 2 gars face au Mexique et à l'AfSud. Mais hier le 4 - 2 -3 -1, s'il s'est montré solide n'a pas montré des choses très intéressantes pendant toute une mi-temps. Peu de jeu sur les ailes, pas mal de ballons perdus, un Benzema coupé de ses milieux, qui décroche (mais la France se retrouve du coup sans attaquant) et une animation offensive à refaire. Ca devrait suffire face au Luxembourg en Mars mais face à l'Allemagne ou à l'Espagne, ça risque d'être un peu court.

On ne va quand même pas bouder, il y a 7 mois, on perdait face à l'AfSud, il y a 4 mois, face à la Biélorussie, hier, on a gagné face au Brésil. Même Gourcuff a montré des choses positives : comme quoi, toutes les résurrections sont possibles.

Footballistico

jeudi 14 octobre 2010

Bilan EdF : un costume à Payet

Un match de foot tient parfois à peu de chose : l'épaisseur d'un poteau, les remplaçants, quelques minutes. L'EdF pourra se gargariser de ses 2 victoires face aux Roumains et au Luxembourg mais la réalité est que les satisfactions sont plus individuelles que collectives, plus sporadiques que régulières.

En fait, le problème de l'EdF semble être l'incapacité de choisir un dispositif et de tenter de s'y tenir. S'il n'est pas choquant d'adapter la tactique en fonction de l'adversaire (genre 1 à domicile, l'autre à l'extérieur, 1 face aux grosses écuries, l'autre face aux minots) mais, en l'espèce, on serait bien en peine d'y trouver un sens. On a e eu droit, en termes d'animation offensive en tout cas à tout un catalogue de systèmes avec une belle démonstration de leurs défauts supposés.

- le 4-4-2 diamant (1 ère mi-temps Norvège, 1ère mi-temps Luxembourg). Un "trequartista" (Nasri puis Gourcuff) derrière 2 attaquants. Le problème de ces dispositifs est le manque de largeur et c'est exactement ce qui s'est passé, notamment face au Luxembourg. Jamais les bleus n'ont su étirer la défense regroupée du grand duché. Le but de Benzema est intervenu sur un corner, concédé sur un tir de Mexes détourné par le gardien.
- le 4-4-1-1 (début de match face à la Biélorussie). Rémy très décroché avec Hoarau en point d'appui devant. Problème, Hoarau fut souvent isolé et n'avait personne pour remettre les rares ballons qui lui parvenaient.
- 4-2-3-1 : le dispositif de la peur ou de l'impuissance (36ème - 65ème Biélorussie, Roumanie : 1 - 75ème). Le match face à la Biélorussie tourne au cauchemar avec la blessure de Rémy qui s'ajoute aux absences de Benzema, Ribery, Gourcuff, Nasri, Ben Arfa, L. Diarra et Anelka. L'EdF joue pendant 30 minutes avec Menez en animateur offensif. Pas une bonne idée semble-t-il. Ce match raté coûtera sans doute définitivement sa place en bleu au romain tant que Blanc sera le coach national. Au delà de ce casting raté, le match face à la Roumanie a montré que face à une équipe assez défensive, le 4-2-3-1, en laissant 2 demis défensifs se révèle incapable de créer le surnombre... surtout quand l'un des couloirs (le gauche en l'occurrence) est quasiment inutilisé à cause de la dérive à gauche de Benzema, qui obligea Malouda à repiquer vers le centre. Résultat : l'équipe de France a joué plus d'une heure sans ailier gauche et sans avant-centre et la situation ne s'est débloqué qu'après les entrées en jeu des remplaçants.
- 4-3-3. (Bosnie, Roumanie dernier quart d'heure, fin du match Luxembourg). C'est a priori le dispositif le plus prometteur. Il a connu 2 versions.
  • L'une défensive, face à la Bosnie avec 3 milieux plutôt repliés (M'Vila, Diarra, Diaby) et 3 attaquants, Valbuena, Malouda et Benzema. L'objet était de casser la dynamique Bosniaque en 4-4-2. Dans ce schéma, l'EdF a plus souvent défendu en 4-5-1 mais l'objectif a été atteint.
  • L'autre plus ambitieuse (Roumanie : Malouda - Rémy - Payet / M'Vila - Diarra - Gourcuff, Luxembourg : Nasri - Rémy - Payet - Gourcuff - Diarra - Diaby). Cela a créé des opportunités, du mouvement, en profitant de l'envie et du mouvement apporté par les nouveaux entrants. Blanc semble privilégier ce dernier dispositif en cours de match.C'est à notre sens dommage, surtout à domicile, ou face à des défenses regroupées. Un petit mot sur la comète Payet. A chaque fois qu'il est entré, il a tout cassé et il trouve Gourcuff les yeux fermés. Ca l'a changé, Gourcuff. Avant, personne ne lui passait la balle.Là, y a un mec qui le cherche et qui le trouve les yeux fermés, qui lui a fait plus de passes en 2 quarts d'heure que toute l'EdF pendant le mondial. Payet passera-t-il l'hiver ? Non, probablement pas mais voir un gars sorti de nulle part marcher sur l'eau de telle façon : il nous aura ébloui.

Avant de se mettre à rêver, l'EdF doit selon nous, au delà des considérations tactiques exprimées plus haut améliorer :
- sa gestion des coups de pied arrêtés. Au delà du but de Benz face au Luxembourg (grosse faute de marquage), l'EdF a été rarement dangereuse sur coup de pied arrêté. Gourcuff et Nasri n'ont pas convaincu dans l'exercice. A travailler, parce que des joueurs de tête, on en a (Rami, A.Diarra, Hoarau, Diaby).
- le côté gauche : c'est la cata tant offensivement (le but Biélorusse, le poteau roumain) qu'offensivement : 1 seul but sur les 7 marqués par l'EdF depuis les débuts de l'ère blanc contre 3 à droite.C'est insuffisant : reviens Evra !

On en reparle en Mars !

vendredi 3 septembre 2010

EdF : c'est grave, docteur Footballistico ?

En un mot, oui, c'est grave.

Cela semble incroyable, mais il y a 12 ans, l'EdF gagnait une compétition modeste (le coupe du monde) dans cette même enceinte, où elle a perdu, ce soir, face aux cadors biélorusses (0-1).

On peut penser ce que l'on veut de Domenech mais les problèmes semblent dépasser le seul sélectionneur. Ils sont d'ordre mental, individuel et tactique. C'est sur ce dernier point que notre équipe basera sa chronique puisque c'est sa spécialité même si ce type d'analyse ne peut évidemment pas tout expliquer.

Comme prévu par Footballistico, les bleus commençaient en 4-4-2. La seule surprise était la titularisation de M'Vila en lieu et place de Diarra en sentinelle devant la défense. Le problème c'est que jamais l'EdF n'a réellement joué dans ce dispositif, à cause du rôle étrange de Jérémy Menez. Au début, Menez a joué plutôt entre milieu avancé centre et droit. Ceci voulait dire que Bakary Sagna était tout seul en défense côté droit et, logiquement , les Biélorusses poussaient et avaient leurs premières incursions de ce côté-ci. Les co-équipiers de Hleb jouaient en 4-5-1 de façon assez défensive mais équilibrée. En conséquence, Rémy et Hoarau ne parvenaient pas à se trouver, privés d'espace par cette défense asse basse. Conscient du problème défensif, Laurent Blanc passait ensuite à un 4-3-3, en faisant coulisser Rémy à droite.Ce ne fut qu'un pis-aller, Rémy étant peu à l'aise dans ce rôle très excentré, tant offensivement que défensivement.Sagna ne délivra qu'un seul centre alors que ce type d'exercice semblait mettre la défense Biélorusse au supplice et tous les corners furent obtenus côté gauche. La sortie de Rémy, remplacé par Valbuena peu après la demi-heure de jeu stabilisait la défense côté droit. Menez de son côté, jouait son rôle d'électron libre, majoritairement du côté gauche où ça jouait mieux mais où les Biélorusses pouvaient masser les défenseurs. Les français furent dangereux une fois sur corner (Rémy) et une fois sur un ballon gratté au milieu de terrain, par Malouda.

On aurait pu penser qu'en seconde mi-temps, les biélorusses allaient baisser pavillon physiquement et que des ouvertures allaient se créer. En fait les français demeuraient avec les mêmes problèmes. Malouda repiquait souvent à l'intérieur mais Clichy s'avérait incapable de prendre l'espace ainsi libéré. Menez, évoluait de droite de gauche mais le romain s'avérait peu à l'aise dans ce rôle improvisé de meneur de jeu. Les français rebasculaient en 4-4-2 avec l'entrée de Saha (vite remplacé par Gameiro). C'est à peu près à ce moment où les français pouvaient compter sur leur fraîcheur physique pour s'imposer enfin, qu'en libérant une place au milieu du terrain, ils permettaient aux biélorusses de reprendre le contrôle du ballon, qu'ils allaient utiliser de la meilleure des façons, sur un très beau centre en retrait.

En seconde mi-temps, les français allaient avoir en tout et pour tout 3 occasions, une balle récupérée par M'Vila, un ballon en cloche de Valbuena et un ultime tir de Gameiro, sur corner.Trop peu, trop tard.

Conclusion : un match horrible à tous les points de vue. L'équipe de France a failli tactiquement, individuellement et mentalement. En termes d'organisation, les bleus n'ont jamais trouvé ni profondeur (balles par-dessus la défense, diagonales), ni largeur. Certes, les excuses sont nombreuses (absences conjuguée de certains "leaders") mais il semble que le mal soit vraiment profond. Il ne suffit pas de chanter la Marseillaise pour retrouver les accents de 98.

Footballistico

dimanche 29 août 2010

EdF : quel dispositif pour affronter Biélorussie et Bosnie ?

Derrière les débats sur le faible nombre de joueurs du mondial (9) retenus dans les 21 de Laurent Blanc ou l'absence de Toulalan, ce cache la vraie question : comment va jouer l'équipe de France.

La question mérite d'être posée car Laurent Blanc n'a pas livré beaucoup d'éléments en Norvège (4-4-2 diamant puis 4-5-1 avant de revenir en 4-4-2). En outre, il doit composer avec un groupe encore en phase de reprise (pour les italiens et les espagnols) et, surtout, privé de la seule certitude que l'on connaisse sur le sélectionneur, son goût pour un meneur axial (absences de Gourcuff, Nasri et même si c'est moins évident, Ribery). On connaît aussi la répugnance de Blanc à employer un de ses joueurs à contre-emploi par rapport à sa place en club.

En théorie, donc, le sélectionneur dispose de 2 systèmes possibles, un 4-4-2 "à plat" et un 4-3-3. Quels sont les avantages et inconvénients de ces 2 systèmes avec les hommes dont nous disposons ?

4-4-2 : Devant Lloris, on aurait donc un "back four" quasi sûr avec Sagna-Mexes-Rami-Clichy. Alou Diarra (ou M'Vila) devant la défense avec Diaby un peu plus avancé, Malouda à gauche, Menez à droite. Devant, Hoarau servirait donc de grand pivot autour duquel tournerait un inconnu puisque Blanc aura le choix entre l'inexpérimenté Gameiro ou des joueurs manquant singulièrement de rythme (Remy après ses ses aventures cardio-marseillaises et Benzema,Louis Saha, seulement 2 matches). Comme d'habitude, le problème avec ce type de dispositif est que face à une formation en 4-5-1 vous êtes dominé au milieu de terrain à moins de demander à l'un des attaquants de marquer le 6 adverse dans les phases défensives mais, a priori, aucun des 5 attaquants n'est paré pour ce type de jeu. Le but, donc, ressortir vite par les ailes mais ici les synergies entre défenseur latéral et ailier est essentielle et rien de ne dit qu'elle fonctionnera entre Clichy (n'est pas A.Cole qui veut) / Malouda et Sagna / Menez. L'autre possibilité consiste, en phase offensive à demander à Mexes de monter (comme il le fait à Rome) pour créer le surnombre au milieu au milieu, quitte à laisser un latéral aider Rami.En outre, avec Diaby, le jeu offensif devrait pencher à droite, vers Menez, donc.

4-3-3 : A priori, c'est le système le moins probable, car sinon, on se demande pourquoi Blanc aurait sélectionné 5 attaquants mais il peut très bien l'utiliser pour un seul match ou un bout de match. Ce dispositif peut néanmoins être intéressant car il possède l'avantage de stabiliser le milieu. Étonnamment, le casting varie assez peu. La défense reste la même, Malouda / Menez demeurent dans les couloirs en position un peu plus avancée avec Hoarau devant. Diarra est le milieu reculé, Diaby devrait glisser à droite. A gauche, ca se complique car aucun milieu ne joue à ce poste en club. Une possibilité : faire jouer Diarra au centre, M'Vila à gauche et Diaby à droite. Cela présente un avantage, l'équipe peut aisément (un changement, l'attaquant pour M'Vila) passer d'un système à l'autre.Outre le stabilisation du milieu,ce système offre de la largeur devant même si encore une fois il manque un milieu gauche. Il permet de remonter vite sur les côtés et de bloquer les latéraux adverses même si l'avant-centre peut se trouver isolé.Dans ce cas, toutefois, Hoarau est suffisament intelligent pour développer à gauche ou à droite un jeu en triange intéressant avec son ailier et son milieu gauche / droit.

Conclusion : Laurent Blanc devrait démarrer le 1er match en 4-4-2, "à plat". Seul le nom du second attaquant semble ouvert avec peut être un débat sur le milieu le plus reculé (M'Vila ou Diarra).Mais comme on le sait, ce dispositif, qui possède le mérite de placer 2 menaces permanentes face à la défense adverse peut priver l'équipe de ballons et l'empêcher de construire, surtout dans une équipe où la complémentarité milieu offensif / arrière latéral reste à prouver.

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